Anne-Marie Lagrange

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Anne-Marie Lagrange, née le en région Rhône-Alpes, est une astrophysicienne française.

Elle travaille depuis 1990 à l'Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble (anciennement LAOG). Elle a également travaillé pour l'Institut national des sciences de l'univers et le CNRS. En parallèle, elle fait partie de plusieurs conseils d'institutions et de programmes scientifiques. Titulaire de nombreux prix scientifiques et décorations honorifiques, elle est membre de l'Académie des sciences depuis 2013.

Ses travaux portent sur l'étude des systèmes planétaires extrasolaires (exoplanètes). Elle est notamment connue pour avoir fait la première observation directe d'une exoplanète autour d'une naine brune en 2005 et avoir découvert l'exoplanète Beta Pictoris b en 2008 avec le Très Grand Télescope (VLT) de l'Observatoire européen austral (ESO).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Anne-Marie Lagrange est née le [1] en région Rhône-Alpes dans un famille de cultivateurs. Au lycée, elle se passionne pour la physique et les mathématiques et décide de faire des études supérieures. Sur les conseils de sa professeur de français et du Rotary Club local, elle va en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) après avoir obtenu son baccalauréat C en 1979. Elle y découvre les métiers de la recherche scientifique et trouve ainsi sa vocation[2],[3],[4].

En 1982, elle intègre l'École polytechnique et fait son service militaire la première année comme chef de section dans le 8e régiment de transmissions. Elle découvre l'astrophysique lors d'un cours d'option donné par Jean Audouze et trouve cette discipline passionnante, associant la pratique des sciences fondamentales à un côté exploratoire. À l'école, elle donne naissance à un enfant et parvient à concilier sa maternité et ses études grâce à la confiance de ses professeurs. Elle ressort diplômée de Polytechnique en 1985. L'année suivante, elle obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) en astrophysique à l'université Paris-Diderot. Puis, elle prépare une thèse à l'Institut d'astrophysique de Paris sous la direction d'Alfred Vidal-Madjar et obtient son doctorat en 1989[2],[3],[4],[5].

Carrière[modifier | modifier le code]

Après ses études, Anne-Marie Lagrange fait une année de postdoctorat à l'Observatoire européen austral (ESO) en Allemagne de 1989 à 1990. Lors d'une mission au Chili, elle rencontre Pierre Léna qui met au point l'optique adaptative et comprend tout son potentiel dans la recherche et l'étude d'exoplanètes. En 1990, elle intègre le Laboratoire d'astrophysique de Grenoble (LAOG) sous la direction d'Alain Omont et constitue un petit groupe de recherche sur les systèmes planétaires extrasolaires. En 1994, elle obtient son habilitation à diriger des recherches et devient chargée de recherche au CNRS[2],[4]. De 1997 à 2002, elle est la responsable scientifique de l'instrument NAOS, la première optique adaptative mise en place sur le Très Grand Télescope (VLT) de l'Observatoire européen austral. À partir de 2003, elle fait partie du groupe scientifique de l'instrument SPHERE, successeur de NAOS[2],[4],[6].

De 1999 à 2003, elle est chargée de mission à temps partiel à l'Institut national des sciences de l'univers (INSU) et au département Sciences de l'univers du CNRS, tout en continuant ses recherches au LAOG. En 2000, elle obtient le titre de directrice de recherche au CNRS. De 2004 à 2006, elle est directrice adjointe à l'INSU et au CNRS, responsable de la division Astronomie et Astrophysique. À partir de 2007, elle est de nouveau chercheuse au LAOG qui devient en 2011 l'Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble (IPAG)[4].

En parallèle de ses recherches, elle est membre de plusieurs comités de programmes scientifiques du Très Grand Télescope (VLT), de l'Observatoire européen austral (ESO), de l'Agence spatiale européenne (ESA) et du CNRS. Elle fait également partie de plusieurs conseils d'administration tels que l'Observatoire de la Côte d'Azur (OCA), le THEMIS, l'EISCAT et l'Institut d'astrophysique de Paris[4].

Elle est faite chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur par décret du [7] et promue au grade d'officier par décret du [8]. Elle est élue membre de l'Académie des sciences le [9]. Elle est nommée au Conseil stratégique de la recherche par décret du [10].

Travaux[modifier | modifier le code]

Les travaux d'Anne-Marie Lagrange portent sur la recherche et l'étude de systèmes planétaires extrasolaires. À partir des années 1990, elle se met à rechercher des exoplanètes en imagerie directe grâce aux premiers instruments d'optique adaptative. Dans les années 2000, elle cherche plus particulièrement des planètes géantes autour de jeunes étoiles. Ainsi, en 2005, elle fait la première observation directe d'une exoplanète autour d'une naine brune. Dans cette recherche, elle utilise également la méthode des vitesses radiales et étend cette technique à d'autres types d'étoiles. De plus, elle étudie l'impact de l'activité stellaire sur la détectabilité des planètes[11].

Elle a consacré une grande partie de sa carrière à l'analyse de l'étoile Beta Pictoris dans la constellation du Peintre. Lors de sa thèse dans les années 1980, elle étudie le disque de débris qui vient d'être découvert autour de cette étoile . Pour la jeune chercheuse, plusieurs éléments indiquent la présence d'une planète massive mais la communauté scientifique reste sceptique et ne prend pas au sérieux ses travaux[2],[12],[13],[14]. Dans les années 2000, elle fait plusieurs observations de ce disque de débris avec une optique adaptative couplée à un spectro-imageur dans le proche infrarouge monté sur le Très Grand Télescope (VLT) de l'Observatoire européen austral (ESO). En 2008, elle découvre une planète, Beta Pictoris b, orbitant autour de l'étoile comme elle l'avait prévu. Cette exoplanète est alors la plus proche de son étoile ce qui a un retentissement international[5],[13],[15].

Publications et ouvrages[modifier | modifier le code]

Françoise Combes est l'auteur de nombreuses publications scientifiques et de plusieurs livres[4],[16].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Françoise Combes a reçu de nombreuses distinctions[4] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF]« Biographie d'Anne-Marie Lagrange », sur femmesetsciences.fr (consulté le 19 février 2017).
  2. a, b, c, d et e Claire Schlenker, « Anne-Marie Lagrange : une astrophysicienne à l'Académie des sciences », Reflets de la physique, no 49,‎ mai-juin 2016, p. 38-39 (lire en ligne).
  3. a et b « Anne-Marie Lagrange : "Je n'étais pas destinée à faire des études" », sur allezlesfilles.wordpress.com, (consulté le 19 février 2017).
  4. a, b, c, d, e, f, g et h [PDF]« CV d'Anne-Marie Lagrange », sur le site de l'université Grenoble-Alpes (consulté le 19 février 2017).
  5. a et b « Anne-Marie Lagrange (82) à la découverte des exoplanètes », sur lajauneetlarouge.com, (consulté le 20 février 2017).
  6. Antoinette Fouque (dir.), Mireille Calle-Gruber (dir.) et Béatrice Didier (dir.) (ill. Sonia Rykiel), Le dictionnaire universel des créatrices, Paris, Éditions des femmes, , 4982 p. (ISBN 978-2-7210-0631-8, notice BnF no FRBNF43735144, lire en ligne).
  7. « Décret du 2 avril 2010 portant promotion et nomination », sur Légifrance, (consulté le 21 février 2017).
  8. « Décret du 20 novembre 2015 portant promotion et nomination », sur Légifrance, (consulté le 21 février 2017).
  9. « Anne-Marie Lagrange », sur le site de l'Académie des sciences (consulté le 21 février 2017).
  10. « Décret du 3 février 2014 portant nomination au Conseil stratégique de la recherche », sur Légifrance, (consulté le 21 février 2017).
  11. « Anne-Marie Lagrange - Quelques résultats », sur le site de l'université Grenoble-Alpes (consulté le 25 février 2017).
  12. (en) Bradford A. Smith et Richard J. Terrile, « A circumstellar disk around Beta Pictoris », Science, vol. 226, no 4681,‎ , p. 1421–1424 (PMID 17788996, DOI 10.1126/science.226.4681.1421, Bibcode 1984Sci...226.1421S).
  13. a et b « ß Pictoris : la course d'une exoplanète autour de son étoile », sur le site du CNRS, (consulté le 20 février 2017).
  14. « Anne-Marie Lagrange - Astrophysicienne », sur le site de France Inter (consulté le 20 février 2017).
  15. (en) « Beta Pictoris planet finally imaged? », sur le site de l'Observatoire européen austral, (consulté le 24 février 2017).
  16. « Ouvrages d'Anne-Marie Lagrange », sur le site de l'université Grenoble-Alpes (consulté le 20 février 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]