Anne-Marie Garat

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Anne-Marie Garat
Anne-Marie Garat-Festival international de géographie 2011.jpg
Anne-Marie Garat au Salon du livre Amerigo Vespucci du Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges, en octobre 2011..
Fonction
Présidente
Maison des écrivains et de la littérature
-
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Autres informations
Genre artistique
Site web
Distinctions
Œuvres principales
  • Aden
  • Les Mal Famées

Anne-Marie Garat, née en 1946 à Bordeaux est une romancière française. Elle a obtenu le prix Femina et le prix Renaudot des lycéens pour son roman Aden en 1992 et le prix Marguerite Audoux pour son roman, Les Mal Famées en 2000. De à , elle est présidente de la Maison des écrivains et de la littérature.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en 1946 à Bordeaux où elle a fait des études de lettres, Anne-Marie Garat a un DEA de cinéma à l'université Panthéon-Sorbonne. Elle vit à Paris où elle enseigne le cinéma et la photographie. Elle a été chargée de mission, auprès de Jack Lang, pour l'enseignement du cinéma à l'école.

Elle a publié de nombreux romans, dans lesquels les personnages féminins ont une importance très grande et une psychologie très fine.

Ces romans se passent souvent à diverses époques du XXe siècle (les années 1910 pour Dans la main du diable, la Seconde Guerre mondiale pour Les Mal Famées) sans que la volonté de reconstitution historique soit trop pesante comme dans beaucoup de romans historiques[1].

Après Dans la main du diable qui se déroule avant la Guerre de 1914, Anne-Marie Garat poursuit en 2008, avec L'Enfant des ténèbres, sa magistrale fresque sur le XXe siècle, en évoquant les années 1930 et la montée des dictatures totalitaires.

Dans la foulée de ce roman à tonalité antifasciste marquée, Anne-Marie Garat a pris, en , une position publique contre ce qu'elle juge être des dérives liberticides du gouvernement français. Elle y dénonce le sort réservé aux sans-papiers, les brutalités policières et l'interpellation d'un journaliste, évoquant :

« Criminalisation systématique de qui s'insurge, dénis de justice, inhumanité érigés en principe de gouvernement. Presse paillasson, muselée par ses patrons, industriels des armes. Intimidations, contrôles au faciès, humiliations, brutalités, violences et leurs dérapages – quelques précipités du balcon, quelques morts de tabassage accidentel –, sitôt providentiellement dilués dans le brouhaha des crises bancaires, de l'affairisme et du sensationnel saignant[2]. »

Le , elle est élue membre du jury du Prix Femina, en remplacement de Paule Constant, démissionnaire après son élection à l'Académie Goncourt[3].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Elle est l'épouse du linguiste Jean-Claude Chevalier, mort en 2018[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur quelques livres[modifier | modifier le code]

La Source[modifier | modifier le code]

La narratrice principale est une assez jeune professeure, enseignant la sociologie dans une université de province, à la recherche de terrain d'enquête de travail pour ses étudiants, au début des années 1980 : un village français relativement isolé avec des archives d'état-civil suffisamment riches. Née entre 1945 et 1958, elle ne porte pas de nom. Le compagnon actuel de sa mère réveille en elle quelques souvenirs, quand il s'adresse à elle : Tilou (P'tit loup). Son récit s'adresse à son compagnon Abel Maître-Grand, rencontré à Vancouver (Canada, où a vécu son père Jacques), accompagné en Nouvelle-Zélande, vers 1990.

Elle choisit le village perdu du Mauduit, vaguement médiéval, autrefois bourg, sur le bord de la Flane, dans le bassin de la Saône, quelque part entre la vallée de la Saône, Besançon, Dijon, Langres, Chaumont, Auxerre, Saulieu. Elle a déjà été dans ce village, de passage avec son père (de Luçon), un été, à 10 ans. Le bon Docteur Maître-Grand, père de Pierre, Alain, Jacques et Marie, grand-père d'Abel, y a été actif. La secrétaire de mairie, Marie-France Lantier, facilitatrice, lui indique un logement possible, si affinité, chez Mlle Carmeaux, Lottie des Ardenne, qui loge parfois des randonneurs.

La narratrice secondaire est cette vieille dame, née en 1892, atypique, qui héberge, restaure, et raconte sa vie, les histoires de famille, les secrets de village. Elle habite la maison des Ardenne, depuis ce jour d'août 1904, où un passant polonais (peut-être François) a déposé un enfant sur la table de cuisine de Vitalie Ardenne. La petite Anaïs (Onayena Anaïs, ) trouve alors la paix seulement à suçoter le doigt de Lottie (12 ans, un peu limitée, douée de ses mains, et depuis peu en formation chez la modiste Mlle Sorbet).

Par un lent cheminement, en longues phrases, par les deux voix, le lecteur découvre le village d'aujourd'hui, la mairie, le maire (M. Bertoux), le café Barjo (ancien café Gilain, vétilles agricoles et considérations alcooliques), l'épicerie de Mme Quenotte (rue Basse-du-Cimetière, avec sa très vieille belle-mère, Berthe, 92 ans, la doyenne, ancienne amie de Lottie, revenue au village en 1914), le val de Flane. Mais surtout l'histoire croisée et tortueuse des gens, sur des décennies : Delphine (office), Gentil (jardin, jument), Armise, le curé, le docteur, Justin Ardenne (père drapier lyonnais, exploitant forestier aux colonies, commerçant de bois rares, revenu en Comté faire soigner sa femme chlorotique Joséphine (1830-1861), désormais exploitant, artiste, forban en bois de traverse pour les chemins de fer), ses deux enfants à son veuvage (Fernand, 10 ans ; Séverine, 13 ans ; leur répétitrice anglaise ; Mme Fortin sa gouvernante), Vitalie Ardenne (qui épouse en 1880 Fernand (1852-1909), capitaine d'active, enfermé à Bouvier-les-Eaux), Victoire, Thérèse, Edmond, Bénito, François (un temps trappeur à Dawson (Klondike)), Colette, Joël, José, Léone, etc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Gérard Gengembre, professeur à l’université de Caen, Quel(s) roman(s) que l’Histoire ! : « En tout état de cause, le roman historique est une des voies les plus fécondes de la littérature contemporaine, où le meilleur certes côtoie le pire, quand il s’agit de romans populaires fabriqués à coup de recettes éprouvées et bien peu scrupuleux quant à la qualité de l’information. »
    Sur le site du CNPP.
  2. Article paru dans Télérama (http://www.telerama.fr/livre/coup-de-colere-de-anne-marie-garat,36525.php) et évoqué dans un article de Mediapart (Le coup de colère d'Anne-Marie Garat, 8 décembre 2008, par Pascale Arraou).
  3. lemonde.fr et AFP, « Deux nouvelles jurées Femina : Josyane Savigneau et Anne-Marie Garat », lemonde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 18 janvier 2014)
  4. Gabriel Bergounioux, « Mort du linguiste Jean-Claude Chevalier », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. « Critiques de La source - Anne-Marie Garat (46) - Babelio », sur babelio.com (consulté le 10 octobre 2020).
  6. Christine Rousseau, « « Mes romans m’écrivent autant que je les écris » : L’écrivaine publie depuis plus de trente ans, mais il lui en aura fallu la moitié pour accepter celle qu’elle est, une amoureuse des mots et du romanesque. En témoigne « La Nuit atlantique », conte contemporain », Le Monde,‎ , p. 10

Liens externes[modifier | modifier le code]