Annales royales assyriennes

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Les Annales royales assyriennes sont des textes racontant essentiellement les campagnes militaires entreprises par les souverains d'Assyrie, année par année. Elles apparaissent à l'époque médio-assyrienne (XIVe-XIIe siècles av. J.-C.), avec le développement de l'idéologie royale dans ce pays, peut-être sous l'influence des annales royales hittites, qui existaient déjà à cette même époque. Les inscriptions royales assyriennes se développent sous les règnes des grands rois du XIIIe siècle (Salmanazar Ier, Tukulti-Ninurta Ier), mais le premier exemple d'annale au sens propre du terme apparaît sous le règne de Teglath-Phalasar Ier (1114-1076). Le modèle n'est ensuite repris que par les rois des débuts de l'époque néo-assyrienne, Teglath-Phalasar II et son fils Assurnasirpal II (IXe siècle). Par la suite, tous les grands rois assyriens font de même.

Le support sur lesquels les annales étaient gravées peut varier. Du fait de leur longueur, on privilégiait plutôt des prismes ou des cônes d'argiles plutôt que de simples tablettes. Quand on voulait les exposer à la vue des gens, on les gravait sur des stèles, ou même sur les murs des palais, accompagnées parfois de longs bas-reliefs qui les illustraient. A Dur-Sharrukin, on a retrouvé des textes d'annales rédigés sur le revers des orthostates placées contre les murs du palais royal. Ils étaient probablement destinés à des lecteurs appartenant au monde divin.

Les annales étaient écrites à la première personne, comme un récit relaté par le roi en personne, qui se présente comme ayant été celui qui a mené ses troupes à la victoire. Dans les faits, il arrivait souvent que les souverains ne mènent pas eux-mêmes leurs troupes aux combats. Ces textes étaient avant tout destinés à glorifier la figure royale, et donc les défaites que subissaient l'armée assyriennes sont passées sous silence, quand on ne les transforme pas en victoires comme dans le cas de la bataille de Qarqar, perdue par Salmanazar III, qui la célèbre pourtant comme une victoire. De ce fait, si elles constituent une source très importante pour connaître l'histoire de l'Assyrie, on ne doit jamais perdre de vue que les annales royales restent des textes idéologiques.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Talon, Annales assyriennes, Nouvelles Etudes Orientales, EME, 2 volumes, 2011.
  • P.Villard, « Annales royales », dans F.Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, 2001, p. 53-55.