Anna Wood (étudiante)

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Anna Wood
Naissance
Southport (Queensland), Australie[1]
Décès (à 15 ans)
St Leonards, New South Wales, Australie
Nationalité Australienne
Pays de résidence Drapeau de l'Australie Australie
Activité principale
Étudiante

Anna Wood (27 mai 1980 – 24 octobre 1995) est une étudiante australienne originaire de Sydney décédée des suites d'un coma lié à une ingestion d'ecstasy lors d'une rave party. Son décès semblait au départ être lié à une tablette contaminée, mais il est finalement lié à une hyperhydratation. Le décès de Wood a été grandement médiatisé et a engendré une panique morale concernant la prise de drogues chez les adolescents.

Description[modifier | modifier le code]

Wood achève ses études au Forest High School pour se lancer dans la cosmétique dans un salon de beauté situé à Sydney[2]. Le 21 octobre 1995, Anna et un groupe d'amies se dirigent dans une rave party Apache au Phoenician Club (en) localisée à Broadway. Anna et ses amies consomment, dès leur arrivée, une tablette d'ecstasy devant l'entrée du club[2]. À approximativement h du matin (heure locale) le 22 octobre 1995, Anna ne se sent pas à son aise dans le club et se dirige aux toilettes dans lesquelles elle est trouvée en train de vomir[3].

Elle est amenée à Belrose (en) où elle est alitée au domicile d'une amie. Aucune amélioration n'est perçue chez Anna : elle expose notamment des signes de confusion, des convulsions possibles passagères, suivi d'une perte de conscience. À 10 h du matin (heure locale), les parents d'Anna, informés de son état, appellent une ambulance. Anna est amenée au Royal North Shore Hospital, à St Leonards, où elle restera un moment dans le coma, puis décédera finalement le mardi 24 octobre 1995. Le décès d'Anna serait dû à un œdème cérébral causé par une hyperhydratation (hyponatrémie)[4]. En effet, l'ecstasy entraîne une hausse de la température plus ou moins importante ; ce qui fait que, paniqué à l'idée d'être en hyperthermie, le consommateur boit de très grandes quantités d'eau pendant un court laps de temps jusqu'à en être gravement malade du fait de la chute du taux de sodium dans le sang.

Couverture médiatique et panique morale[modifier | modifier le code]

Le décès de Wood est largement médiatisé et représente un changement dans la prise d'ecstasy chez les jeunes. Habituellement, les histoires liées à l'ecstasy étaient associées à la catégorie de la criminologie, tandis que le décès de Wood a su attirer l'attention des médias sur l'ingestion des drogues illicites dans la société[5]. Selon les médias, l'ecstasy ingéré par Wood était mélangé à de l'héroïne ou de la morphine[6] — la cause apparente de son décès — mais il est finalement rapporté après autopsie qu'elle avait uniquement ingéré de l'ecstasy[4]. Les funérailles de Wood prennent place le 1er novembre 1995 au Northern Suburbs Memorial Gardens.

Peu après les événements, les médias se focalisent sur les drogues répandues chez les adolescents en Australie, accusant les raves et musiques techno d'influencer le comportement des jeunes[7],[8]. Le Phoenician Club est en particulier visé[9]. Le décès d'Anna Wood a également fait polémique en ce qui concerne la drogue chez les jeunes, bien qu'un rapport NSW AMA ait établi que seulement 3 % des 14–19 ans avait déjà ingéré de l'ecstasy[10]. Les raves australiennes et le décès de Wood ont été le sujet d'un documentaire diffusé sur la chaîne télévisée australienne 60 Minutes en 1996, ce qui a fait polémique.

Une telle médiatisation intense peut s'expliquer du fait que la vie de Wood, une « étudiante sans histoire », s'est tragiquement terminée. Elle pouvait « refléter la vie de n'importe qui[11] » et elle est, par conséquent, devenue une référence pour la lutte contre les drogues illicites. Le décès de Wood a également été cité dans l'ouvrage de Bronwyn Donaghy (en) intitulé Anna's Story en 1996[12]. Des critiques ont été faites concernant les amies de Wood, peut être trop effrayées par le fait qu'elles aient ingérées de l'ecstasy, ne l'aient pas immédiatement emmenée à l'hôpital où elle aurait pu être sauvée à temps[13]. Le décès de Wood semble continuer à faire surface dans la société dix ans après les faits ; durant les élections de 2007 dans le New South Wales, le leader Peter Debnam (en) cite le décès de Wood expliquant qu'aucune mesure réelle n'a encore été prise pour prévenir de tels drames.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Donaghy, Anna's Story, pp 1–15
  2. a et b (en) Donaghy, Bronwyn, Anna's Story, Sydney, SydneyHarperCollins, , 147–148 p. (ISBN 978-0-207-19184-8)
  3. (en) Donaghy, Anna's Story, pp 156–157
  4. a et b (en) « The publicly released coroner's report/autopsy on Anna Wood's death », sur www.erowid.org (consulté le 4 mai 2008)
  5. (en) Gibson, Chris et Pagan, Rebecca, « Rave culture in Sydney, Australia: mapping youth spaces in media discourse », (consulté le 28 décembre 2009), p. 16
  6. (en) Alicia Larriera, « Ecstasy pill laced with hard drugs, say experts », Sydney Morning Herald,‎
  7. (en) Gibson & Pagan, Rave culture in Sydney, Australia: mapping youth spaces in media discourse, p. 5
  8. (en) Homan, Shane, « After the Law: the Phoenician Club, the Premier and the death of Anna Wood », (consulté le 28 décembre 2009), p. 14–15 "Perhaps the most acute linkage between the music, club activities, and deviancy can be found in the book published subsequent to Wood's death by Sydney Morning Herald journalist, Bronwyn Donaghy, with assistance from Anna's parents."
  9. (en) Homan, After the Law: The Phoenician Club, the Premier, and the Death of Anna Wood, p. 25
  10. (en) Homan, After the Law: The Phoenician Club, the Premier, and the Death of Anna Wood, p. 12
  11. (en) Homan, After the Law: The Phoenician Club, the Premier, and the Death of Anna Wood, p. 18
  12. (en) Donaghy, Anna's Story, pp 188-90. "We will never make any progress until we get rid of the propaganda that says drugs can be reliably used" (quote from Athol Moffitt, former president of the NSW Court of Appeal) and "While other countries are reducing illegal drug use…in Australia and New Zealand it is increasing so much that we now have the highest adolescent usage rate in any part of the world where records are kept" (quote from John Malouf, then president of the Australian Pharmacists Against Drug Abuse).
  13. (en) Marx, Jack, « Bless the beasts and the parents of dead children », sur Fairfax (consulté le 2 mai 2013)