Anna Grodzka

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Anna Grodzka
Anna Grodzka.jpg
Anna Grodzka en 2011.
Fonction
Députée de la Diète de Pologne
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (66 ans)
OtwockVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Krzysztof Bogdan BęgowskiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Faculté de psychologie de l'université de Varsovie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Domaine
Militant social (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Partis politiques
Mouvement
Site web

Anna Grodzka, née sous l'identité de Krzysztof Bęgowski le à Otwock (non loin de Varsovie), est une militante et femme politique polonaise, co-fondatrice de la Fondation Trans-Fusion, députée à la Diète de Pologne (Sejm) de 2012[1] à 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anna Grodzka (alors Krzysztof Bęgowski) fait des études de psychologie clinique à l'université de Varsovie. Pendant ses études, elle est membre de l'Association des étudiants polonais, proche du Parti ouvrier unifié polonais au pouvoir. Sa carrière professionnelle se déroule dans le monde de l'édition (notamment Alma Press) et de la culture (radio, production cinématographique). Elle appartient à des organisations de gauche comme la social-démocratie de la République de Pologne (SdRP) puis l'Alliance de la gauche démocratique (SLD).

En liaison avec sa transition de genre, aboutie en 2010[2], elle est engagée publiquement en faveur des questions de libertés pour les homosexuels, bisexuels et personnes transgenres et rejoint le Mouvement Palikot, dont elle devient une des députés lors des élections législatives de 2011[3], pour une circonscription de Cracovie.

En , Anna Grodzka change d'affiliation politique et rejoint Les Verts[4].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Anna Grodzka est une femme transgenre. Assignée homme sa naissance, elle portait les prénoms Krzysztof Bogdan[5],[6],[7],[8],[9] et le nom de famille Bęgowski[5],[10]. Dans l'enfance, elle a été adoptée par Józef et Kazimiera, ce qu'elle a appris en 2007[5],[9].

En tant que Krzysztof Bęgowski, elle était mariée à une femme depuis la fin des années 1970 ; elle a divorcé en 2007[11],[7],[9]. La procédure judiciaire et sa transition physique se sont déroulés alors que le fils issu du mariage était déjà adulte[7]. Elle a été opérée dans une clinique de Bangkok[12]. Un documentaire produit en 2010 par HBO est consacré à sa transition[9].

En 2013, elle a écrit son livre autobiographique Mam na imię Ania (Mon nom est Anna)[13].

Études[modifier | modifier le code]

Elle est diplômée en psychologie clinique à l'université de Varsovie[14]. Elle obtient le grade militaire de sergent-chef et le poste d'aspirant de réserve[11]. Pendant la République populaire de Pologne (NPD), elle a milité dans l'Association des étudiants polonais (notamment en tant qu'instructeur politique pour les jeunes cadres[15]) et dans le Parti ouvrier unifié polonais (PZPR), notamment en prenant la parole lors de l'état de siège)[15]. À partir de 1980, elle est employée à plein temps par ZSP[Quoi ?], et, en 1984, elle est embauchée chez Alma Press[15],[16]. En 1986, elle en devient la directrice. Mi-1986, elle effectue un voyage à Cuba avec la brigade de la jeunesse polonaise[5].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

En 1989, elle dirige sa propre entreprise dans l'industrie de l'édition, de la publicité et de la polygraphie. Elle est également productrice exécutive de la deuxième saison de la série Defekt en 2005.[réf. nécessaire]

En 2003-2006, elle siège au conseil d'administration de Radio dla Ciebie[17].

Initialement membre de la Social-démocratie de la République de Pologne, elle rejoint en l'Alliance de la gauche démocratique à Varsovie[7]. Elle a également rejoint l'Association Ordynacka[18].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Anna Grodzka interviewée dans le bâtiment du Sejm en 2013.

Elle s'est présentée sans succès aux élections municipales de 1998, puis au conseil régional de Mazovie sur la liste de l'Alliance de la gauche démocratique[19].

En 2011, elle est candidate aux élections législatives. Elle figure en première place sur la liste électorale du Mouvement Palikot dans le district de Cracovie (suite à cela, elle est exclue du parti SLD en )[7]. Elle est élue députée, obtenant 19 451 voix[20]. Elle devient ainsi la première personne ouvertement trans en Pologne et en Europe à être élue à un parlement national[21],[22],[Note 1].

Elle devient vice-présidente du groupe parlementaire du Mouvement Palikot, vice-présidente du comité Culture et Médias, membre du comité parlementaire sur la justice et les droits de l'homme et vice-présidente du groupe parlementaires des femmes[23],[24]. Pendant son mandat, elle rejoint le parti Twój Ruch (TR). En , elle change à nouveau de parti pour adhérer aux Verts, tout en restant membre du groupe parlementaire TR[25]. Elle en est pourtant exclue le de la même année[26].

Elle est à l'origine d'une loi sur le changement de genre mais qui reçoit le véto du président Andrzej Duda[27].

Anna Grodzka a déclaré sa candidature à l'élection présidentielle de 2015, mais elle n'a pas réussi à recueillir les 100 000 signatures de soutien lui permettant de prendre part au scrutin[28]. Elle quitte les Verts après un an[29]. Elle ne se représente pas aux élections législatives de 2015. Elle a été classée par l'hebdomadaire Polityka comme l'une des dix « meilleurs députés » de la septième législature du Sejm[30].

Milliantisme[modifier | modifier le code]

Andrzej Rozenek, Anna Grodzka et Robert Biedroń lors de la campagne de soutien aux enfants homosexuels en Russie (2013).

En 2008, elle a participé à la création de la Fondation Trans-Fusion (Trans-Fuzja)[31]. Cette organisation s'est fixée comme objectifs la diffusion des connaissances sur les trans, ainsi que l'adoption de mesures en faveur des personnes transgenres et travestis[32]. De 2009 à 2011, elle en est la présidente[33]. Plus tard, elle devient la présidente du conseil de la fondation[34].

Fin 2011, elle devient vice-présidente de la Commission du dialogue social pour l'égalité de traitement sous la présidence de la capitale Varsovie[pas clair][35]. Elle est également membre du Conseil de la fondation des journalistes sociales[style à revoir][36] et membre du conseil de programme[style à revoir] du Congrès de l'Association des femmes[37]. En 2012, elle figure parmi les fondateurs de la Fondation LGBT Bussiness Forum[38]. Elle a enfin co-fondé et est devenue présidente de la Société pour le développement social durable Społeczeństwo FAIR[34].

Récompense[modifier | modifier le code]

La fondation Isabelle Jarugi-Nowackiej lui a décerné le prix Okulary Równości en 2012[39].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) [http://Bbc.co.uk Georgina Beyer, en Nouvelle-Zélande, a été la première députée du monde à subir un processus complet de changement de sexe. Vladimir Luxuria vit en général en tant que femme, mais il est toujours un homme et il se décrit comme « ni homme, ni femme » (voir les « droits des homosexuels à l'élection italienne » et l'article droits LGBT en Italie) (24 février 2006). La Britannique Nikki Sinclaire a été élue au Parlement européen en 2009, mais elle n'a pas publié qu'elle était trans avant 2013 (voir « L'eurodéputée Nikki Sinclaire révèle qu'elle fait une transition à l'âge de 23 ans ») (17 novembre 2013).]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.leparisien.fr/international/pologne-anna-grodzka-la-premiere-deputee-transsexuelle-10-10-2011-1647561.php.
  2. Maud Descamps avec AFP, « Anna Grodzka, députée et transsexuelle », sur europe1.fr, (consulté le 18 septembre 2020).
  3. « Anna Grodzka, la première députée transsexuelle en Pologne », L'Express,‎ (lire en ligne, consulté le 18 septembre 2020).
  4. (pl) « Anna Grodzka : Wstępuję do Zielonych », sur Zielone Wiadomości, (consulté le 18 septembre 2020).
  5. a b c et d (pl) « Informacje w BIP IPN » (consulté le 18 décembre 2017).
  6. (pl) Igor Ryciak, « Z parady do Sejmu », Newsweek, vol. 40,‎ , p. 38–39 (lire en ligne, consulté le 18 décembre 2017).
  7. a b c d et e (pl) Leszek Konarski, « Krakowski test tolerancji », „Przegląd”, vol. 39,‎ (lire en ligne, consulté le 18 décembre 2017).
  8. (pl) « To nie moje ciało », sur kobiecyporadnik.pl (consulté le 18 décembre 2017).
  9. a b c et d (pl) Piotr Pacewicz, « Skazana na płeć », sur gazeta.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  10. (pl) « Największa tajemnica posłanki Anny Grodzkiej z Ruchu Palikota », sur se.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  11. a et b (pl) « Była przystojnym facetem », sur wprost.pl, 3 lutego 2013 (consulté le 18 décembre 2017).
  12. (pl) « Posłanka Palikota o zmianie płci: To było jak poród », sur dziennik.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  13. (pl) « Recenzja: „Mam na imię Ania” Anna Grodzka », sur onet.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  14. « Grodzka: Polityka bez wartości »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur krytykapolityczna.pl, .
  15. a b et c (pl) « Anna Grodzka: od PZPR, przez biznes, do Ruchu Palikota », sur tvn24.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  16. Sejm Rzeczypospolitej Polskiej. VII kadencja. Przewodnik, Wydawnictwo Sejmowe, Warszawa 2012, s. 136.
  17. (pl) « Krzysztof Bogdan Bęgowski », sur imsig.pl (consulté le 18 décembre 2017).
  18. (pl) « Kwaśniewski z „Ordynacką” planują kongres lewicy », sur polskieradio.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  19. (pl) « Grodzka w polityce od lat », sur wsumie.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  20. (pl) « Serwis PKW – Wybory 2011 » (consulté le 18 décembre 2017).
  21. (pl) Ewa Siedlecka, « Jedyna transpłciowa parlamentarzystka na świecie », sur wyborcza.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  22. (pl) Magda Wrzos-Lubaś, « Anna Grodzka: Stworzę prawo o określaniu płci », sur gazetakrakowska.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  23. (pl) « Strona sejmowa posła VII kadencji » (consulté le 18 décembre 2017).
  24. (pl) « Parlamentarna Grupa Kobiet – czym się zajmie, kto w prezydium? », sur dziennik.pl (consulté le 18 décembre 2017).
  25. (pl) « Anna Grodzka odchodzi z Twojego Ruchu », sur rp.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  26. (pl) « Anna Grodzka poza klubem Twojego Ruchu », sur onet.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  27. Florian Bardou, « Tomoya Hosoda, premier homme transgenre élu au Japon (et dans le monde) », sur Libération, (consulté le 22 décembre 2017).
  28. (pl) « Anna Grodzka kończy kampanię prezydencką. „Należało się tego spodziewać” », sur dziennik.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  29. (pl) « Anna Grodzka odchodzi z Partii Zieloni », sur polskieradio.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  30. (pl) « Trzynaścioro najlepszych posłów ostatniej kadencji », sur polityka.pl, (consulté le 18 décembre 2017).
  31. (pl) « Anna Grodzka », sur wysokieobcasy.pl (consulté le 18 décembre 2017).
  32. (pl) « Płeć jako pomyłka », sur transfuzja.org (consulté le 18 décembre 2017).
  33. (pl) « Statut fundacji », sur transfuzja.org (consulté le 18 décembre 2017).
  34. a et b (pl) « Informacje w wyszukiwarce podmiotów w KRS » (consulté le 18 décembre 2017).
  35. (pl) « Protokół z IX posiedzenia Komisji Dialogu Społecznego ds. Równego Traktowania działającej przy Gabinecie Prezydenta m.st. Warszawy » [PDF], sur um.warszawa.pl, 11 stycznia 2011 (consulté le 18 décembre 2017).
  36. (pl) « O nas », sur mediumpubliczne.pl (consulté le 18 décembre 2017).
  37. (pl) « Rada Programowa Kongresu Kobiet », sur kongreskobiet.pl (consulté le 18 décembre 2017).
  38. (pl) « Statut Fundacji LGBT Business Forum »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur lgbt.biz.pl.
  39. « Laureaci i laureatki 2011 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur jaruga-nowacka.pl.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]