Années 1250

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XIIe siècle | XIIIe siècle | XIVe siècle

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Événements[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Enclos de pierre en Afrique du Sud-Est, incluant les bâtiments elliptiques du Grand Zimbabwe[1].
    • Avant son déclin au XVe siècle, le Grand Zimbabwe couvre 40 (ha). On compte une centaine d’enclos dans la région, certains abritant de simples familles, mais d’autres comme à Tchoumnougoua et Manékouéni sont des capitales territoriales. L’ensemble forme un système intégré relié à la côte.
    • Les vastes enclos de pierre du Grand-Zimbabwe sont certainement les résidences de l’oligarchie qui contrôle la production de l’or du plateau. Peut-être sont-ils utilisés religieusement car de nombreux objets rituels, dont des figurines de stéatite, ont été retrouvés sur le site.
Tête d'un roi d’Ife, British Museum
  • Apogée des royaumes Yorouba d’Ife et du Bénin. À son apogée, le royaume du Benin s’étend sur environ 350 km de long sur 200 de large.
    • L’économie du Bénin est fondée sur le commerce, celui des esclaves surtout, d’abord avec les peuples des savanes, puis avec les Européens.
    • La civilisation Yorouba est impressionnante : technique de la cire perdue, cours nombreuses dans de vastes palais de bois, villes très peuplées, sociétés secrètes… À Bénin, selon la tradition orale, un des successeurs d’Eweka, l’oba (roi) Obvola, aurait favorisé, au début du XIIIe siècle, l’usage du bronze par les artisans de Bénin. À la fin du XIVe siècle, le roi Evaré, séduit par le travail d’un artiste originaire d’Ife, encourage la sculpture sur bois et sur ivoire.

Europe[modifier | modifier le code]

  • Le Portugal est le premier État européen à atteindre ses frontières actuelles. Il sera longtemps le seul.
  • Début du règne des Folkkungar en Suède. Il marque l’affirmation de l’autorité royale, soutenue par l’Église, et la création d’un État. Le système fiscal est profondément modifié. Le roi précise le statut de la noblesse qu’il exempte d’impôts. Cette noblesse va coopérer avec le pouvoir royal. Un régime féodal commence à s’instaurer. La période est marquée par un développement très rapide de la civilisation urbaine.
  • Crise entre l’Église et la royauté au Danemark.

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Culture et religion[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Science et technique[modifier | modifier le code]


Religion et philosophie[modifier | modifier le code]


  • L'enseignement d'Averroès débute en France.
  • En Inde, le Bouddhisme, en décadence depuis le VIIe siècle, disparaît pratiquement avec les invasions musulmanes.
  • Au milieu du XIIIe siècle, à Damas, ‘Izz al-Dîn ibn Nadjâ renonce au devoir de prière, rassemble autour de lui des Musulmans sunnites et chiites, mais aussi des Chrétiens, des Juifs et des Samaritains, également passionnés par les « sciences des Grecs »[12].
  • Traité de l’âme d’Albert le Grand, tentative pour rendre Aristote accessible aux clercs (1254-1257).

Art et culture[modifier | modifier le code]

  • 1252-1284 : règne d'Alphonse le Sage, roi humaniste avant l’heure, qui aura l’initiative de travaux divers tel les Tables alphonsines en astronomie, la traduction du Coran et de la Cabale… Il est aidé dans ses recherches par des savants juifs (Abulafia, Ben Sid, Wakkar, Samuel et Abraham Shoshan, « Don Çag » de la Maleha, Itzhak ibn Sadoq).

Littérature[modifier | modifier le code]

  • 1258 : publication en Perse du Gulistan (La roseraie) par Saadi[13].
  • Le dominicain français Vincent de Beauvais publie son encyclopédie Speculum doctrinale, historiale et naturale.
  • Le Miroir du Roi (Konungsskuggsjá), ouvrage didactique écrit en norvégien pendant la seconde moitié du XIIIe siècle.
  • lma Monogatari (Contes du temps présent), rédigés au Japon.
  • Rédaction au milieu du XIIIe siècle de l’Histoire secrète des Mongols.

Art plastique[modifier | modifier le code]

  • Sépulture du roi Roy Mata, puissant chef mélanésien, sur l’île de Retoka, avec 49 victimes sacrificielles (date approximative).
  • Apparition du style cassé, Zacken Stil, dans le vitrail allemand.
  • Début de l'élaboration des vitraux de la cathédrale de Tours (achevé en 1270).
  • Rédaction et enluminure de l'Apocalypse de Trinity College entre 1250 et 1255 dans le sud de l'Angleterre

Architecture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décennie 1250 en architecture.

Économie et société[modifier | modifier le code]

  • 1250-1290 : apogée de la révolution commerciale en Europe médiévale. Les cités italiennes créent un vaste empire commercial, de l’Angleterre à la mer Noire, des oasis du Sahara jusqu’au cœur de l’Asie.
  • De 1250 à 1270 : c'est l'apogée de la création des bastides dans le Sud-Ouest de la France.
  • Vers 1250, c'est la fin des grands défrichements sur le territoire de la France.


  • Première utilisation avérée de l'assolement triennal dans le Nord de la France.
  • Activité du commerce anglais de la laine.
  • Rédaction des Lois et coutumes des Anglais par Henry de Bracton (common law).
  • Opérations de banque : les Génois avancent plus de 100 000 livres tournois à Louis IX lors de sa croisade, que le roi paye par mandats sur son trésor à Paris. Les mandats envoyés à Gênes sont remis à une compagnie de Plaisance qui, par l’intermédiaire de ses représentants aux foires de Champagne, les recouvre à Paris. Les Placentins payent immédiatement les Génois au reçu du mandat : c’est le premier exemple d’escompte connu. Au change s’ajoute le bénéfice du prêt, et les Génois gagnent près de 20 % à ces opérations.
  • Agitation dans les métiers parisiens[15].
  • Plusieurs monastères d’Île-de-France libèrent leurs serfs contre l’octroi d’une franchise payée en argent, de nouvelles constructions et le versement de décimes pour la croisade, ayant mis à mal leurs réserves financières[16].
  • Le système de la possession héréditaire des titres semble ne pas avoir existé en Scandinavie. Le bénéficiaire d’un fief (län) l’est à titre personnel en liaison avec l’exercice d’une fonction. Les princes de la famille royale se voient confier d’importantes provinces, afin de combler les désirs des branches royales écartées du trône (fyrstelän). Les charges liées à certaines fonctions sont compensées par la détention d’un fief : les intendants, ou « baillis » (norrois fóguti, danois foged, suédois fut), les commandants de places ou des districts militaires (danois hovedsmand, suédois hövitsman), les chefs de circonscription juridique et administratives (lagmän), les préfets administrant une circonscription territoriale (suédois häradshövding). Ces chefs territoriaux ne sont pas forcément issus de l’aristocratie. Ils sont installés dans des demeures fortifiées et servent les intérêts du roi dans leur circonscription. Certain fiefs sont donnés en gage contre un prêt en argent (suédois pantlän, « fief-gage »). D’autres rétribuent totalement le service demandé (tjänstelän, « fief de fonction »). Parfois les bénéficiaires doivent rendre des comptes au suzerain (räkenskapslän). La Scandinavie a adopté également la chevalerie (riddari, chevalier). On distingue les nobles issus des grandes familles, les stormœnd (« optimi viri ») des landmœnd (« gentilshommes »), qui souvent ne se distinguent des plus gros propriétaires terriens (storbœnder) que par leur exemption d’impôt.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Balans, Michel Lafon, Le Zimbabwe contemporain, Karthala Éditions, (ISBN 9782865375578, présentation en ligne)
  2. Jean Dufournet et Claude Lachet, La littérature française du Moyen Âge: Théâtre et poésie, Flammarion, (ISBN 9782080711724, lire en ligne)
  3. H. C. D. de Wit, Histoire du développement de la biologie, PPUR presses polytechniques, (ISBN 9782880742331, lire en ligne)
  4. (en) Andrew Ede, The Chemical Element: A Historical Perspective, Greenwood Publishing Group, (ISBN 9780313333040, lire en ligne)
  5. « Qantara - Madrasa Karatay », sur www.qantara-med.org (consulté le 21 janvier 2017)
  6. Minje Byeng-sen Park et Pyŏng-sŏn Pak, Histoire de l'imprimerie coréenne: des origines à 1910, Maisonneuve et Larose, (ISBN 9782706817076, lire en ligne)
  7. Charles Marie Gabriel Bréchillet Jourdain, La philosophie de saint Thomas d'Aquin, L. Hachette, (lire en ligne)
  8. Marie-Dominique Chenu, Introduction à l'étude de saint Thomas d'Aquin, Vrin, (ISBN 9782711601370, lire en ligne)
  9. Catherine König-Pralong, Avènement de l'aristotélisme en terre chrétienne: l'essence et la matière : entre Thomas d'Aquin et Guillaume d'Ockham, Vrin, (ISBN 9782711617524, lire en ligne)
  10. Georges Zainaty, La morale d'Avempace, Vrin, (ISBN 9782711641734, lire en ligne)
  11. Jacques Guy Bougerol, Introduction à Saint Bonaventure, Vrin, (ISBN 9782711609857, lire en ligne)
  12. (it) Rivista degli studi orientali, G. Bardi, (lire en ligne)
  13. Sadi Gulistan ou le parterre des roses, F. Didot, (lire en ligne)
  14. Evelyne Berriot-Salvadore, Le mythe de Jérusalem: du Moyen Age à la Renaissance, Université de Saint-Etienne, (ISBN 9782862720760, lire en ligne)
  15. Émile Coornaert, Les corporations en France: avant 1789, Gallimard, (lire en ligne)
  16. Marie Anne Polo de Beaulieu, La France au Moyen âge: de l'an mil à la peste noire (1348), Les Belles Lettres, (ISBN 9782251410197, lire en ligne)