Ankyloglossie

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Brièveté linguale d'orgine organique
Brièveté linguale par attache anormale du frein de la langue sur sa pointe

Étymologie[modifier | modifier le code]

D'origine grecque « ankyloglossie » est un mot qui signifie étymologiquement « langue serrée », « courbée » pour certains ou « langue déformée » pour d'autres auteurs en fonction des époques et des écoles, mais en aucun cas une langue fusionnée avec le plancher de la bouche ou dite encore « ankylose linguale totale » car constituant une situation d'une extrême rareté qu'elle peut bien être qualifiée de mythe.

Définitions[modifier | modifier le code]

L'évolution de la définition[modifier | modifier le code]

Le terme d'ankyloglossie est à bannir, d'ailleurs il n'est plus retenu par l'OMS depuis 2010 qui lui préfère la dénomination anglaise de « tongue-tie » pour traduire toutes les formes pathologiques d’une langue dont la liberté est entravée par un frein ou une attache anormale car plus évocatrice des difficultés à parler ou à allaiter d'une langue considérée comme mal liée, langue en cravate ou en papillon, néanmoins certains auteurs préfèrent continuer parler d'« ankyloglossie partielle » pour traduire les différents degrés de la brièveté du frein de la langue et réserver le nom d'« ankyloglossie totale », « complète » voire d'« ankyloglossie vraie » à une situation réelle mais très rare, alors que le même terme d'ankyloglossie complète peut signifier pour d'autres comme Kotlow , une brièveté du frein lingual très sévère où le frein de la langue est tellement trop court qu'on a l'impression que la pointe linguale est en continuité avec le plancher de la bouche.

Pour Scaffe Juliurs (1951) : « l’ankyloglossie ou la langue attaché "tongue-tie" est une condition congénitale qui résulte de la conséquence de la fusion entre la langue et le plancher buccal, cette condition peut être de degrés variables allant d’une ankyloglossie partielle à une ankyloglossie complète ».

Pour Wallace (1963) : « La langue mal liée "tongue-tie" est une condition dans laquelle la pointe de la langue ne peut être tirée au-delà des incisives inférieures à cause du frein lingual »[1].

Pour Sedano (1975) : « l’ankyloglossie est l’incapacité d’étendre la pointe de la langue au-delà du vermillon labial ou jusqu’au modiolus avec des troubles de la parole associés »[2].

Pour Scully Crispian (2001): « l’ankyloglossie résulte d’un frein lingual court et fibrosé ou d’un muscle génioglosse très attaché, l’ankyloglossie est complète en cas de fusion totale entre la langue et le plancher de la cavité buccale ou partielle lorsqu’elle est causée par la brièveté du frein lingual, cette dernière possibilité étant la plus fréquente »[3].

Pour Ruffoli (2005) : « l’ankyloglossie est la persistance d’un frein court responsable des anomalies anatomiques »[4].

La définition la plus répondue aujourd’hui est celle de Messner (2000) : « La langue attachée, mal liée ou "the tongue-tie" est une anomalie congénitale, caractérisée par un frein anormalement court pour entraver la mobilité linguale »[5].

Nouvelle taxinomie médicale : La brièveté linguale (The lingual brevity)[modifier | modifier le code]

L'ankyloglossie (the tongue-tie en anglais avant ou La brièveté linguale en français maintenant) est un état pathologique d'une langue caractérisée par une posture habituelle basse associée ou non à la réduction de sa liberté lors d'exécution des différentes praxies; d'origine purement fonctionnelle par dysoralité, dyspraxie ou apraxie, voire d'origine organique par ankyloglossie vraie congénétale ou post-traumatique, sinon liée à un frein linguale considéré comme anormal [Abdessamed ABDESSADOK en 2015][6].

La brièveté du frein de la langue (The lingual frenulum brevity)[modifier | modifier le code]

L'une des causes considérées comme les plus fréquentes pour être responsables d'une brièveté linguale.

Il s'agit d'une anomalie congénitale caractérisée par un frein considéré comme court, altéré ou/et possédant des modalités d’insertion anormales et ayant pour conséquence la modification du comportement physiologique de la langue pouvant induire une brièveté linguale [Abdessamed ABDESSADOK] [6]

Il semblerait qu’il existe deux types de frein pathologiques ayant en commun une composante dure qui se traduit;

> Soit par une insertion crestale dans le cas d’un frein à position antérieure, plus fréquent, il entrave plutôt la mobilité de la langue en freinant ses déplacements, il est plus riche en fibres élastiques et en collagène;

> Alors que le second se traduit par une texture dure dans le cas d’un frein à position postérieure, il entrave plutôt la plasticité musculaire de la langue en bridant sa topogénèse illimitée, il est plus riche en fibres musculaires issues des génioglosses.

Les deux types du frein ne présentant pas le même aspect anatomique et histologique, par conséquent l’abord chirurgicale est différent.

Définition et épidémiologie[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

Le terme de brièveté du frein de la langue reste la traduction d’usage en français du mot anglais tongue-tie dont l’adjectif tongue-tied signifie à la fois "muet" et langue attachée (oxford dictionaries 2014).

La langue attachée (ou tongue-tie) est une anomalie congénitale, caractérisée par un frein anormalement court pour entraver la mobilité linguale . Cette brièveté se manifeste par une attache anormale du frein liant la partie mobile de la langue au plancher de la cavité buccale [7]. La conséquence finale est la modification du comportement "normale" de la langue [8]. La brièveté du frein lingual (ou the tongue-tie selon l’OMS) est la désignation médicale officiellement retenue par l’organisation mondiale de la santé depuis 2010; elle remplace le terme d'ankyloglossie bien qu'encore employé [9].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Le manque d’uniformité quant à la définition de la brièveté du frein lingual est la principale source de la grande variabilité de sa prévalence, qui varie du 0.1% jusqu’à 10.7 % entre les différentes études tous les âges confondus [10]. Par contre, il est à souligner que l’incidence chez les nouveau-nés et les jeunes enfants est plus élevée (jusqu’à 12.11%) que celle observée chez les enfants en période scolaire (2%) ou chez les adultes du 0.1% jusqu’à 2.08%, liée probablement à la résorption continue du frein avec l’allongement du sillon alvéolo-lingual pendant les premières années de vie entre l’âge de 6 mois et de 6 ans [4]. Plusieurs études ont montré un sex-ratio plus élevé chez les hommes de presque 3/1 [11], d’autres ont identifié 20% des cas avec des antécédents familiaux et sans incidence suivant le type de population [10],[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. A. F. Wallace, « TONGUE TIE », Lancet (London, England), vol. 2, no 7304,‎ , p. 377–378 (ISSN 0140-6736, PMID 14044288, lire en ligne)
  2. (en) Heddie O. Sedano, « Congenital oral anomalies in Argentinian children », Community Dentistry and Oral Epidemiology, vol. 3, no 2,‎ , p. 61–63 (ISSN 1600-0528, DOI 10.1111/j.1600-0528.1975.tb00281.x, lire en ligne)
  3. (en) Scully, Crispian., Handbook of oral disease : diagnosis and management, Martin Dunitz, (ISBN 9781841840871, OCLC 49673407, lire en ligne)
  4. a et b (en) R Ruffoli, Ma Giambelluca, Mc Scavuzzo et D Bonfigli, « Ankyloglossia: a morphofunctional investigation in children », Oral Diseases, vol. 11, no 3,‎ , p. 170–174 (ISSN 1601-0825, DOI 10.1111/j.1601-0825.2005.01108.x, lire en ligne)
  5. (en) Anna H. Messner, M. Lauren Lalakea, Janelle Aby et James Macmahon, « Ankyloglossia », Archives of Otolaryngology–Head & Neck Surgery, vol. 126, no 1,‎ (ISSN 0886-4470, DOI 10.1001/archotol.126.1.36, lire en ligne)
  6. a et b Abdessamed ABDESSADOK, Thèse de Doctorat : La brièveté linguale, Toulouse (France), Université Paul Sabatier de Toulouse, , 143 p. (lire en ligne)
  7. (en) So-Jeong Jang, Bong-Kuen Cha, Peter Ngan et Dong-Soon Choi, « Relationship between the lingual frenulum and craniofacial morphology in adults », American Journal of Orthodontics and Dentofacial Orthopedics, vol. 139, no 4, Supplement,‎ , e361–e367 (DOI 10.1016/j.ajodo.2009.07.017, lire en ligne)
  8. Annie Soulet, « Rôle de la langue au cours des fonctions oro-faciales », Revue d'Orthopédie Dento-Faciale, vol. 23, no 1,‎ , p. 31–52 (ISSN 0337-9736, DOI 10.1051/odf/1989005, lire en ligne)
  9. (en) World Health Organization, International Statistical Classification of Diseases and Related Health Problems, 10 révision., WHO,
  10. a et b Valérie G.A. Suter et Michael M. Bornstein, « Ankyloglossia: Facts and Myths in Diagnosis and Treatment », Journal of Periodontology, vol. 80, no 8,‎ , p. 1204–1219 (ISSN 0022-3492, DOI 10.1902/jop.2009.090086, lire en ligne)
  11. A. H. Messner et M. L. Lalakea, « Ankyloglossia: controversies in management », International Journal of Pediatric Otorhinolaryngology, vol. 54, no 2-3,‎ , p. 123–131 (ISSN 0165-5876, PMID 10967382, lire en ligne)
  12. Devauchelle, B. (Bernard), Langue et dysmorphie, Masson, (ISBN 2225851999, OCLC 35778980, lire en ligne)