Aller au contenu

Anjela Duval

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Añjela Duval
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
LannionVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de Plouaret (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Marie Angèle DuvalVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Poétesse, écrivaine, femme politique localeVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Archives conservées par
Médiathèque Alain-Gouriou (d)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Vue de la sépulture.

Anjela Duval, nom de plume de Marie-Angèle Duval, née le au Vieux-Marché (dans les Côtes-du-Nord), et morte le à Lannion (Côtes-du-Nord), est une des rares poètes de langue bretonne contemporaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anjela Duval est née en 1905 au sein d'une famille de cultivateurs modestes[2],[3]. Refusant de suivre un marin fréquenté dans les années 1920, elle reste célibataire[2].

Elle reprend la ferme de ses parents, après la mort de son père en 1941, et de sa mère en 1951. Elle est, en effet, devenue leur fille unique, sa sœur aînée Maia (morte à dix ans, mais restée présente dans certains poèmes) ainsi qu'un frère Charles étant morts avant sa naissance. Elle reste une paysanne pauvre et simple qui écrit ses poèmes après sa journée de travail aux champs sur un cahier d'écolière dans sa petite maison du Vieux-Marché à Traoñ an Dour, un hameau isolé.

Elle lit le breton depuis sa jeunesse, mais ne se met à l'écrire que dans les années 1960. Elle fréquente l'école, chez les sœurs, dans la commune voisine de Trégrom, de huit à douze ans. Puis, victime d'une maladie des os, elle suit ensuite quelques cours par correspondance pour les jeunes filles du milieu rural.

Elle rédige de premiers poèmes en breton à la fin des années 1950. Ses textes commencent à être publiés en 1962 dans plusieurs revues[2]. S'étant mise en quête de quelques revues en langue bretonne, on lui aurait indiqué Ar Bed Keltiek, une revue généraliste dirigée par Roparz Hemon. Selon d'autres sources, on doit à l'abbé Marsel Klerg, directeur de la revue catholique Barr-heol, de l'avoir découverte.

Gilles Servat, qui a appris en grande partie le breton à Traoñ an Dour, lui consacre une chanson justement intitulée Traoñ an Dour, la première qu'il a créée en breton[2]. Gilles Servat raconte que quand on lui disait que l'on comprenait le breton sans le parler, elle répondait pour plaisanter : « comme mon chien… »

Anjela Duval se fait connaître plus largement du public français par l'émission d'André Voisin Les Conteurs en 1971[3]. Quelques années plus tard en France, en 1975, la parution du livre Le Cheval d'orgueil de Pierre-Jakez Hélias, révèle également l'ancrage de la culture bretonne[4].

Elle meurt en 1981, à l’hôpital de Lannion, à 76 ans[5]

Ses œuvres complètes ont paru sous le titre Oberenn glok en 2000. Tirées à 1 000 exemplaires et rapidement épuisées, elles ont été rééditées en 2005, à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Kan an douar. Brest, Al Liamm, Le Chant de la terre, 1973.
  • Traoñ an Dour (recueil posthume), éditions Al Liamm, 1982.
  • Tad-kozh Roperz-Huon (1822-1902), Hor Yezh, 1982, 1992.
  • Me, Anjela, Mouladurioù Hor Yezh, 1986, (ISBN 2-86863-023-5).
  • Rouzig ar gwiñver, Éditions An Here 1989.
  • Stourm a ran war bep tachenn, Éditions Mignoned Anjela, 1998.
  • Oberenn glok (œuvre complète), 2000, 2005, Éditions Mignoned Anjela (ISBN 2951266839).

En traduction[modifier | modifier le code]

  • Lenora Timm, A Modern Breton Political Poet, Anjela Duval A Biography and an Anthology, Studies in French Literature Number 5, Edwin Mellen Press, (ISBN 0-88946-570-3), 1990.
  • Au fil des saisons - Gant ar mareoù-bloaz, (bilingue, version française de Pierre-Jakez Hélias), Coop Breizh, 1995.
  • Quatre Poires, (bilingue, version française de Paol Keineg), Éditions Mignoned Anjela, 2005.

Hommages[modifier | modifier le code]

On retrouve quelques-uns de ses plus célèbres poèmes chantés par divers artistes de la chanson bretonne contemporaine[5] comme An alc'hwez aour (La Clé d'or) interprété par Gwennyn dans son album En tu all, ou Karantez vro (L'Amour du pays) mis en musique et interprété par Véronique Autret et repris par Nolwenn Leroy dans son album Bretonne. On retrouve plusieurs de ses poèmes dans l'album EUSA de Yann Tiersen, sorti en 2016. En octobre 2021, Annie Ebrel sort l'album Lellig, inspiré des poèmes d'Añjela Duval[5].

La poétesse Jeanne Bluteau lui consacre un poème de son recueil Petite Navigation celtique, en 1979.

Un chant venu de la terre, chanson du collectif Unité maü maü, évoque Anjela.

De nombreuses rues[5]Plérin, Châteauneuf-du-Faou, Bain-de-Bretagne, Concarneau, Pordic, Lannion, Plabennec, Carhaix-Plouguer, Thorigné-Fouillardetc.) portent son nom.

En 2011, à l'occasion du trentième anniversaire de sa mort, l'Association Chas plasenn Anjela-Duval organise une collecte de fonds afin d'ériger un granite à son effigie, sur la place du Vieux-Marché. L'œuvre de Roland Carrée a été inaugurée le [6].

En octobre 2021, Annie Ebrel sort l'album «Lellig», inspiré des poèmes d'Añjela Duval.

Un service médico-psychologique dans l'hôpital Morvan à Brest porte son nom et arbora pendant longtemps dans la salle d'attente l'un de ses poèmes sur l'enfance : ainsi elle aura nourri les pensées de nombreux jeunes en difficulté et son nom sera gardé en mémoire pendant longtemps au-delà de son œuvre initiale. Pour beaucoup de jeunes, "Anjela Duval" représente un lieu de paix et de reconstruction, un endroit de soin et d'aparté du monde. Anjela Duval aura su laisser sa patte là où on ne s'y attend pas.

En 2023, la ville de Tréguier a également commémoré la poétesse, en inaugurant le Parc Añjela Duval, présent au cœur de la ville et ouvert à tous.

La série de France.tv Slash Déter a lieu dans le lycée fictif Anjela Duval.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « https://twitter.com/Prueret/status/1369365593359585283 » (consulté le )
  2. a b c et d Catherine de Floris, « Anjela Duval : un chant venu de la terre », Revue Limite,‎ (lire en ligne)
  3. a et b C. Lamy, « Duva, Anjela [Vieux-Marché 1905 - Lannion 1981] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Dictionnaire universel des créatrices, Éditions Des femmes, , p. 1361-1362
  4. Yvette A. Guillemin-Young, « Anjela Duval: le chant de la terre et du combat », The French Review, vol. 71, no 1,‎ , p. 66-73 (lire en ligne)
  5. a b c et d Renée-Laure Euzen, « Les mots d’Anjela Duval résonnent toujours en Bretagne », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  6. « Vieux-Marché. En souvenir d'Anjela », Le Télégramme,‎ =2011 (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Laouenan, Anjela Duval, Éditions Nature et Bretagne, 1988 ; rééd. Yoran embanner, 2012.
  • (en) Lenora Timm, « A Modern Breton Political Poet, Anjela Duval A Biography and an Anthology », Studies in French Literature, no 5, Edwin Mellen Press, 1990 (ISBN 0-88946-570-3).
  • Marcel Diouris, Anjela Duval, une histoire de deuils impossibles, Éditions Emgleo Breizh, 2011.
  • Guillaume Le Berre, Anjela Duval, la littérature bretonne comme thérapie, Mémoire de Master 1 en Psychologie clinique et psychopathologie, 2014, 71 p.
  • Christelle Le Guen, Anjela, roman graphique bilingue, édité par l'Association Mignoned Anjela (les amis d'Anjela), 2018 (ISBN 2951266855).
  • Archives d’Anjela Duval, médiathèque de la Ville de Lannion [présentation en ligne]
  • Interview de Ronan Le Coadic disponible sur le site An Tour Tan[réf. incomplète].
  • La Littérature en langue bretonne des origines à nos jours, collectif, Ed. des Montagnes Noires, 2024. Voir Anjela Duval aujourd'hui, par Ronan Le Coadic (p. 287-306), et passim.

Liens externes[modifier | modifier le code]