Image animée

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L'image animée est une technique dont le but est de donner l'illusion à des spectateurs que des personnages ou des objets inanimés, sous la forme de dessins, peintures photographies, dossiers numériques, etc, sont doués de vie et peuvent ainsi bouger, se déplacer, avoir des mimiques, éventuellement parler... Elle est en fait l'inverse du procédé de décomposition photographique et de recomposition du mouvement, qu'est le cinéma. Elle compose le mouvement par une suite chronologique de représentations, le décompose en enregistrant chacune de ces représentations, et le recompose par le visionnement.

Technique[modifier | modifier le code]

Figure 1.2
Cette animation comprend dix images par seconde. À cette cadence, l'illusion d'un mouvement continu est possible.
Figure 1.1
Cette animation comprend deux images par seconde. À cette cadence, chaque image est perçue individuellement. L’illusion d'un mouvement continu est impossible.

Quelles que soient les techniques utilisées, le principe est donc identique : le mouvement est représenté dans une succession d'images fixes que l'on enregistre — quel que soit le moyen d'acquisition employé — et dont la vision à une fréquence donnée donne l'illusion d'un mouvement continu.

  • Représentation Image par image : il faut représenter chacune des phases du mouvement, après avoir étudié en combien de secondes un geste, une mimique, un déplacement, est souhaité se dérouler et l'adapter au média utilisé. Il faut ensuite les enregistrer l'une après l'autre, dans l'ordre chronologique.
  • Restitution par Cadence continue : les images sont restituées à une cadence déterminée et en principe fixe, suffisante pour que la persistance rétinienne, et les illusions d'optique (l'effet phi notamment), jouent leur rôle dans la perception de ce mouvement. En 1832, le Belge Joseph Plateau détermine cette cadence ou fréquence en étudiant la roue dentée du Britannique Michael Faraday (roue de Faraday) : « Pour obtenir cette sensation, il remarque par expérimentation qu'il est nécessaire que la roue tourne à raison de 12 dents passant en un point en une seconde[1]. » Les premiers films, ceux réalisés avec la première caméra de cinéma, le Kinétographe, de 1891 à 1895 par William Kennedy Laurie Dickson pour le compte de Thomas Edison, étaient basés sur une fréquence de 18 photogrammes par seconde. Le standard de 16 images par seconde s'impose avec le film 35 mm, ce qui correspond à une longueur de pellicule d'un pied exactement. Le cinéma muet tourne et projette à raison d'un pied par seconde (30 cm environ). Une plus haute cadence est imposée par l'arrivée du son optique dont le défilement optimal à 45 cm par seconde fait passer la fréquence des films de 16 à 24 images par seconde.

Les cadences standard des films passant à la télévision sont de 25 images par seconde (en Europe), ou de 30 images par seconde (aux États-Unis), et ne sont que l'adaptation de la vitesse de défilement des films dans des procédés basés sur la fréquence du courant électrique alternatif, 50 Hz ou 60 Hz.

Figure 2 : décomposition des 6 images des figures 1.1 et 1.2, permettant la restitution du mouvement.

Histoire de l'image animée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'animation.
Disque de phénakistiscope (1832)

L'histoire de l’image animée commence bien avant celle du cinéma. Le folioscope, petit carnet de dessins successifs qui donne l’illusion de personnages ou d’animaux en mouvement lorsqu'on l’effeuille avec le pouce, est sans doute l'un des premiers procédés d'animation complexe. Dans les premières décennies du XIXe siècle apparaissent des dispositifs appelés couramment jouets optiques, « qui vulgarisaient sous des formes récréatives les expériences scientifiques de laboratoire sur la décomposition et la restitution du mouvement à partir de dessins. Comme à cette époque, les scientifiques connaissaient tous le grec et le latin, ils donnaient à leurs machines des noms aussi étranges que savants. Ces jouets de salon suscitaient dans les dernières décennies du XIXe siècle l’engouement d’un public fortuné en même temps qu’ils ouvraient le chemin des rêves aux artistes[2]. » C'est ainsi que Joseph Plateau, voulant mettre en évidence la persistance rétinienne, invente le Phénakistiscope en 1832, un disque pivotant sur son axe, muni sur son pourtour de fentes verticales par lesquelles on observe, en reflet dans un miroir, une suite de dessins disposés en rayons sur le disque (un dessin voisine chaque fente), dessins qui représentent une personne ou un animal en mouvement en autant de positions immobiles[3]. Zootrope, Praxinoscope, Zoopraxiscope, et d’autres machines suivent celle de Plateau.

Il faut cependant attendre la dernière décennie du XIXe siècle pour que naisse réellement l’animation, basée sur une histoire complète (de 1 minute 30 à 5 minutes), mettant en place plusieurs personnages et diverses péripéties : les Pantomimes lumineuses, dessinées et coloriées directement sur une bande continue de carrés de gélatine reliés entre eux. Leur auteur s’appelle Émile Reynaud et il a déjà inventé le Praxinoscope. Il projette ces premiers dessins animés du cinéma sur grand écran dès le au musée Grévin, dans ce qu'il nomme le Théâtre optique, soit 3 ans avant la première séance de projection du Cinématographe des Frères Lumière[4].

Le dessin animé filmé image par image avec une caméra chargée d'une pellicule photographique voit le jour en 1906 avec Humorous Phases of Funny Faces (traduisible par : Phases amusantes de figures rigolotes), réalisé par le comédien américain James Stuart Blackton. En trois minutes, sur un tableau noir où sont tracés, puis modifiés, des traits à la craie blanche, une histoire complète est racontée, celle d'un jeune couple qui s'aime, puis vieillit, grossit, s'aigrit, et finit par se détester. Un coup d'éponge final, donné par le dessinateur, les plonge dans le noir. La technique est alors appelée « en France, "mouvement américain". Il était encore inconnu en Europe[5] ». Le film est tourné photogramme après photogramme, à la manière d’un appareil photo, grâce à ce qu’on nomme le « tour de manivelle », un tour de la manivelle de la caméra déplace la pellicule d'un seul pas d'image (4 perforations) et enregistre un unique photogramme.

Travail d'animation[modifier | modifier le code]

Techniques d'animation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Technique d'animation.

À peu près tout peut être utilisé pour faire un film d'animation, l'élément principal étant souvent l'imagination. Voici une liste des principales techniques.

Logiciels d'animation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Logiciel d'animation.
  • Adobe Flash anciennement Macromedia flash. Logiciel de 2D, de très bonne qualité, pouvant aller jusqu'à des animations très poussées.
  • Anime Studio (en) (anciennement Moho) Logiciel, au prix abordable pour le grand public, spécialisé en animation 2D incluant quelques fonctionnalités 3D.
  • Beneton Movie GIF Logiciel complètement gratuit d'animation GIF.
  • Blender Logiciel libre d'animation 3D, de rendu, de compositing.
  • Gimp Logiciel libre de dessin permettant de créer des animations.
  • CTP Pro Logiciel d'animation traditionnelle 2D surtout utilisé pour tester l'animation.
  • Ktoon (en) Logiciel libre d'animation sous linux.
  • Media PEGS du studio d'animation Pixibox a été, vers la fin des années 1990 un logiciel professionnel d'animation 2D et de colorisation comptant parmi les plus répandus au sein de nombreux studios internationaux.
  • PackshotCreator Logiciel de capture et de gestion d'images et d'animations 3D en temps réel.
  • Pencil est un logiciel libre d'animation 2D (vectorielle/bitmap).
  • Swift 3D (en) Logiciel de 3D particulièrement.
  • Synfig Logiciel libre d'animation vectorielle 2D.
  • Stop Motion Logiciel d'animation utilisé avec une caméra
  • ToonBoom Logiciel spécialiste en animation 2D utilisé par Warner Bros et Disney.
  • Toonz (en) utilisé par les Studio Ghibli.
  • TVPaint Animation - Logiciel d'animation bitmap présentant la majorité des techniques d'animation traditionnelle.
  • iStopMotion Logiciel sur MacOSX, capture et traitement d'images en stop motion.
  • ToonLoop Logiciel libre d'animation en direct
  • Daz Studio 3 (en)
  • pencil traditionnal softwareLogiciel d'animation traditionnel en bitmap et en vectoriel, libre et gratuit

Métiers de l'animation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Métiers de l'animation.

Écoles de cinéma d'animation[modifier | modifier le code]

Studios d'animation[modifier | modifier le code]

Associations et Festivals[modifier | modifier le code]

Associations de cinéma d'animation[modifier | modifier le code]

Voir: Catégorie:Association du domaine de l'animation

Festivals de cinéma d'animation[modifier | modifier le code]

Voir: Catégorie:Festival de cinéma d'animation

Europe[modifier | modifier le code]

France
Autres

Hors Europe[modifier | modifier le code]

Le cinéma d'animation dans le monde[modifier | modifier le code]

Personnalités du domaine de l'animation[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire :

  • Olivier Cotte, 100 ans de cinéma d'animation, Dunod, 2015, 416p. (ISBN 9782100728411)
  • Giannalberto Bendazzi, Cartoons, Liana Levi, 1991, 704p. (édition originale en italien : Marsilio Editori, 1988) (ISBN 2-8674-6073-5)
  • Bernard Clarens, André Martin, écrits sur l'Animation.1, Dreamland éditeur (ISBN 2-9100-2763-5)
  • Olivier Cotte, Il était une fois le dessin animé, Éditions Dreamland, 2001 (ISBN 2-9100-2777-5)
  • Bernard Génin, Le cinéma d'animation : dessin animé, marionnettes, images de synthèse, Cahiers du cinéma, Scéren-CNDP, coll. « Les petits cahiers », 2003 (ISBN 2-8664-2370-4)
  • René Laloux, Ces dessins qui bougent, Cent ans de cinéma d'animation, Dreamland éditeur, 2006 (ISBN 2-9100-2708-2)
  • Bernard Lonjon, Emile Reynaud, le véritable inventeur du cinéma, Éditions du Roure, 2007 (ISBN 978-2-9062-7865-3)
  • Anima Mundi, Animation Now!, Taschen, Cologne/ Londres, 2004
  • Dominique Willoughby, Le cinéma graphique : une histoire des dessins animés'", éditions Textuel, 2009.

Esthétique :

  • Marcel Jean, Le Langage des signes et autres essais sur le cinéma d’animation, éditions Les 400 coups, 2006.
  • Hervé Joubert-Laurencin, La Lettre volante, quatre essais sur le cinéma d’animation, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 1997, collection « Œil vivant ».
  • Xavier Kawa-Topor (sous la direction de) , Le Cinéma d’animation, éditions 303, 2014.
  • Jayne Pilling, Cartoons and the movies, éditions Dreamland, 1997
  • Georges Sifianos, Esthétique du cinéma d’animation, Editions du Cerf, 2012, collection « 7ème Art ».

Dossiers sur le cinéma d'animation publiés dans des magazines de cinéma :

  • Positif no 54-55 p. 1 ; no 297 p. 31 ; no 316 p. 46 ; no 345 p. 36 ; no 346 p. 44 ; no 370 p. 83 ; no 371 p. 83 ; no 398 p. 78 ; no 412 p. 76 ; no 415 p. 86 ; no 447 p. 80 ; no 472 p. 78 ; no 508 p. 74
  • Écran no 11 p. 2
  • Cinématographe no 6 p. 20.
  • Cinémaction n°51, avril 1989.

Technique :

  • S. De Marchi & R. Amiot, Le Dessin Animé d'Amateur et l'Animation, publications Photo-cinéma Paul Montel, 1971
  • Preston Blair, Cartoon, l'animation sans peine, éditions Taschen, 1994
  • Richard Williams, Techniques d'animation, édition en langue française publiée par le groupe Eyrolles, 2003
  • Olivier Cotte, Les Oscars du film d'animation : Secrets de fabrication de 13 courts métrages récompensés à Hollywood, Eyrolles, 2006 (ISBN 2-2121-1568-7)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Zarch, De l'idée de l'image à l'image en mouvement, in Corps en mouvement, sous la direction d'Alain Vaillant, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 1996 (ISBN 2-86272-093-3)
  2. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, Grammaire du cinéma, Paris, Nouveau Monde,‎ , 588 p. (ISBN 978-2-84736-458-3), p. 13
  3. Joseph Plateau, Sur un nouveau genre d'illusions d'optique, Bruxelles, Correspondance mathématique et physique n°6,‎
  4. Vincent Pinel, Dictionnaire technique du cinéma, Paris, Armand Colin,‎ , 369 p. (ISBN 978-2-200-35130-4), p. 296
  5. Georges Sadoul, Histoire du cinéma mondial, des origines à nos jours, Paris, Flammarion,‎ , 719 p., p. 407-408
  6. Site du Festival Court mais bon.
  7. Site de l'ITFS (en)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]