Angluzelles-et-Courcelles

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Angluzelles-et-Courcelles
Église Saint-Blaise d’Angluzelles.
Église Saint-Blaise d’Angluzelles.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Marne
Arrondissement Épernay
Canton Vertus-Plaine Champenoise
Intercommunalité Communauté de communes du Sud Marnais
Maire
Mandat
Jean-François Courjan
2014-2020
Code postal 51230
Code commune 51010
Démographie
Population
municipale
152 hab. (2014)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 39′ 35″ nord, 3° 52′ 49″ est
Superficie 13,7 km2
Localisation

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Angluzelles-et-Courcelles (prononcé [ɑ̃ɡlyzɛlə e kuʁsɛlə]) est une commune française, située dans le département de la Marne en région Grand Est. Ses habitants sont appelés les Angluziots et les Angluziottes.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune d'Angluzelles-et-Courcelles est située dans le canton de Fère-Champenoise, au sud-ouest du département de la Marne. Elle se trouve à 45 kilomètres au nord de Troyes et à 75 kilomètres au sud de Reims. La commune se divise en deux villages : Angluzelles à l'ouest et Courcelles à l'est. Située à 87 mètres d'altitude, elle est entourée par les communes de Marigny, Thaas, Faux-Fresnay, Corroy, Ognes et Pleurs. Angluzelles-et-Courcelles se trouve également à 9 kilomètres de la N4 reliant Paris et Strasbourg, à 30 kilomètres de l'A26 allant de Calais à Troyes, et à 22 kilomètres de la gare de Romilly-sur-Seine située sur la ligne Paris-Mulhouse.

Communes limitrophes d’Angluzelles-et-Courcelles
Pleurs Ognes Corroy
Marigny Angluzelles-et-Courcelles Faux-Fresnay
Thaas

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie locale est essentiellement basée sur l'agriculture, et notamment la production de céréales.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Signification de Courcelles.

Le nom d'Angluzelles est noté sous les formes latinisées Angledura au XIIe siècle, Engleurella au XIIIe siècle. La forme romane Anglurelles apparaît au XVIe siècle, avant que le [r] intervocalique ne s'assibile en [s][1]. Ce nom semble représenter une formation gallo-romane °ANGLITURA, dérivé en -ITURA du latin angulus « angle », soit « la terre comprise dans l'angle »[2]. L'origine du nom d'Angluzelles a autrefois donné lieu à une étymologie populaire selon laquelle on risquait de s'engluer dans les marais situés sur le territoire de la commune[3]. Quant à Courcelles, à l'instar de nombreuses communes homonymes du Nord de la France, son nom est issu du gallo-roman °CORTICELLAS « les petits domaines »[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime, Courcelles était un hameau de la communauté d'Angluzelles, toujours dénombré avec celle-ci, d'où le nom d'Angluzelles-et-Courcelles permanent à partir de 1746[5].

Angluzelles possédait autrefois un prieuré, situé à proximité de l'église, puis dans l'église elle-même. En 1121, Hatton, évêque de Troyes, fit don de la paroisse à Gauthier, abbé de Montiéramey[3]. À la suite de cette donation et jusqu'à la Révolution française, les abbés successifs de Montiéramey sont restés les collateurs du prieuré d'Angluzelles, alternativement avec le prieur. La paroisse faisait partie du diocèse de Troyes.

Angluzelles a certainement compté plus d'habitants au Moyen Âge que par la suite, ce déclin s'expliquant par les guerres de religion du XVIe siècle. La population de la paroisse a toutefois augmenté sensiblement à partir du XVIIIe siècle. En 1735, elle comptait au total 40 foyers[6]. En 1784, Angluzelles rassemblait 60 foyers (représentant 120 communiants), tandis que Courcelles en comptait une vingtaine[3]. À cette époque, la seigneurie d'Angluzelles relevait du marquisat de Pleurs, et Courcelles était une seigneurie distincte disposant d'une justice particulière. Il s'agissait d'un terroir assez fertile, produisant beaucoup d'oignons et de chanvre. La messe était dite à Angluzelles, tandis que la chapelle de Courcelles n'accueillait qu'une messe annuelle et était entretenue par les habitants. Leurs saints patrons respectifs étaient saint Blaise pour Angluzelles, et saint Marcoul pour Courcelles.

Révolution française[modifier | modifier le code]

A la veille de la Révolution française, la paroisse comptait, selon le dénombrement de 1773-1788, 98 hommes, 94 femmes, 14 garçons et 24 filles, soit un total de 230 habitants. Le seigneur d'Angluzelles était l'abbé de Morlan, prieur d'Angluzelles, tandis que le seigneur de Courcelles était Nicolas-Antoine Chambault de Fresnay, seigneur de Tortepée et de Faux-Fresnay. Les récoltes étaient essentiellement constituées d'avoine (60 %), de seigle (30 %) et de sarrasin (6 %). Le blé et l'orge étaient cultivés en très faibles quantités, tandis que 3 arpents de vignes étaient plantés en 1787, à titre d'essai.

C'est dans ce contexte que, le 8 mars 1789, l'avis pour la convocation des États généraux a été lu et publié dans la paroisse d'Angluzelles-et-Courcelles. Le même jour, les habitants se réunirent au presbytère d'Angluzelles sous la présidence du syndic municipal, Nicolas Truffé. Ils indiquèrent dans leurs doléances que les mauvaises récoltes, la cherté des grains et les dépenses dues à la rigueur de l'hiver passé étaient trop importantes pour que de nouvelles contributions financières leur soient imposées. Ils demandèrent également que l'impôt soit proportionné à la richesse et que tous soient égaux devant la justice. En outre, ils insistèrent sur la nécessité de prendre des mesures sévères à l'encontre des vagabonds qui pillaient régulièrement leurs légumes. Les habitants de Courcelles rappelèrent ensuite le conflit qui les avaient opposés au curé de la paroisse, Jean-François Navel, qui se refusait à dire la messe dans l'église de Courcelles, ne desservant ainsi que l'église d'Angluzelles[7].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La population de la commune a fortement augmenté au cours de la première moitié du XIXe siècle, passant de 200 habitants en 1793[8] à 354 habitants en 1856[9]. Cette augmentation est particulièrement importante à Courcelles, qui compta jusqu'à une cinquantaine d'habitants de plus qu'Angluzelles en 1846, alors que cette dernière était trois fois plus peuplée que Courcelles au siècle précédent. La commune a également compté jusqu'à une douzaine d'habitants au château et à la ferme du Hulot, lieu situé à proximité de la commune de Thaas. Au cours du siècle, quelques habitants ont également résidé, par intermittences, aux lieux-dits des Buttes et du Four à Chaux.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

À partir des années 1870, le phénomène d'exode rural a conduit à une diminution progressive de la population de la commune. Le nombre d'habitants s'est en effet réduit à 237 en 1906[10], puis 180 en 1962, avant de se stabiliser autour de 140 habitants depuis les années 1970.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
    Denis Noblot[11]    
  1796 Joseph Besset    
1796 1798 Joseph Danton    
1798 1806 Pierre Guillemot    
1806 1820 Vincent Savinien Coffinet    
1820 1871 Pierre Dominique Guillemot    
1871 1876 Pierre Gabriel Fossoyeux    
1876 1878 Gabriel Billebaut    
1878 1888 Pierre Gabriel Fossoyeux    
1888 1888 Parre Désiré Vry    
1888 1896 Joseph Julien Mangin    
1896 1901 Gabriel Fossoyeux    
Les données manquantes sont à compléter.
1995 en cours
(au 4 juillet 2014)
Jean-François Courjan   Réélu pour le mandat 2014-2020[12],[13]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[15],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 152 habitants, en augmentation de 11,76 % par rapport à 2009 (Marne : 0,82 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
200 226 295 269 332 346 329 348 344
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
354 329 345 349 324 300 292 279 260
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
255 237 224 196 198 191 186 201 196
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
180 152 137 137 140 143 136 147 152
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Blaise.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Pierre Dominique Guillemot (1791-1877), maire de la commune pendant 51 ans, chevalier de la Légion d'honneur[18], membre de la Chambre consultative d'agriculture d’Épernay.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Auguste Vincent, Toponymie de la France, 1937.
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, 1990.
  3. a, b et c Jean-Charles Courtalon-Delaistre, curé de Sainte-Savine, Topographie historique de la ville et diocèse de Troyes, 1784.
  4. Auguste Longnon, Les noms de lieu de la France : leur origine, leur signification, leurs transformations, 1920.
  5. H. Boucher, J.-P. Bardet et C. Motte, Paroisses et communes de France - Marne, 1984.
  6. Louis-Urbain Le Fèvre de Caumartin, Procès-verbal de la recherche de la noblesse de Champagne, réimpression de 1832.
  7. Gustave Laurent, Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789, Tome second, 1909.
  8. Louis Marie Prudhomme, Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, 1804.
  9. Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne (France), 1861.
  10. Adolphe Laurent Joanne, Géographie du département de la Marne, 1909.
  11. « État civil de la commune de 1793 à 1901 », sur site des archives départementales de la Marne
  12. Liste des maires au 1er août 2008, site de la préfecture de la Marne, consulté le 22 décembre 2008
  13. « Liste des maires du département de la Marne » [PDF], Renouvellement des exécutifs locaux, Préfecture de la Marne, (consulté le 2 septembre 2015).
  14. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  18. Bulletin des lois de la République Française, volume 19, page 600, 1862