Ange (groupe)

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Ange
Description de cette image, également commentée ci-après
Ange en concert à Compiègne, le .
Informations générales
Autre(s) nom(s) Christian Décamps et Fils
Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical Rock progressif[1], rock français[2]
Années actives Depuis 1969
Labels Verycords, Artdisto, Musea, Sergent Major Cie (ancien), Philips Records (ancien)
Site officiel www.ange-updlm.com
Composition du groupe
Membres Christian Décamps
Tristan Décamps
Thierry Sidhoum
Benoit Cazzulini
Hassan Hajdi
Anciens membres Francis Décamps
Jean-Michel Brézovar
Daniel Haas
Gérard Jelsch
Frederick Chojnacki
entre autres...

Ange est un groupe de rock français, originaire de Belfort, d'Héricourt et de Vesoul, en Franche-Comté. Il est formé à la fin de 1969, par Christian Décamps et Jean-Michel Brézovar. Francis, frère de Christian, les rejoint vite. Au début, la musique du groupe s'inspire de textes médiévaux-fantastiques intégrés à du rock progressif.

Après de nombreux changements de musiciens et le retrait de Francis, le groupe tourne encore, conduit par Christian Décamps et son fils Tristan Décamps avec de multiples déclinaisons du rock progressif, offrant au groupe un univers plus étendu quoique très éloigné de l'inspiration et du son originels. Le groupe aura, durant sa période années 1970, cumulé six disques d'or et plus de trois millions d’albums vendus[réf. nécessaire].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et débuts[modifier | modifier le code]

Le groupe est formé au quatrième trimestre 1969[2], de la fusion de l'orchestre de bal de Christian Décamps, Les Anges, et du groupe de son frère Francis, Évolution. Christian a déjà plusieurs années de pratique de « groupe pop et de bal » et Francis tend plutôt vers le rock. Le , Ange se fait connaître à Belfort, au centre culturel de La Pépinière, avec un très long opéra de trois heures, La fantastique épopée du général Machin, composé par Christian sur son tout nouvel orgue Hammond. Des extraits live de ce concert se trouvent sur le double album publié par RCA en 1978, sans l'accord du groupe, 1970-1971 - En concert. Après plusieurs passages à Paris, au Golf Drouot, le groupe finit par remporter le Tremplin, et signe chez Philips Records, enregistrant immédiatement son premier single, Tout feu, tout flamme, à la fin de 1971.

Soutenu par le magazine Best, notamment par le journaliste Hervé Picart et par Jean-Bernard Hebey sur RTL, Ange sort son premier album, Caricatures, en 1972. Sur leur rock théâtral et poétique, Christian Décamps, le leader et chanteur du groupe, utilise des mots et des tournures de phrases rares dans le milieu musical rock, donnant au groupe une originalité qui le démarque des autres formations françaises de l'époque. Pendant l'été 1972, le groupe tourne en première partie de Johnny Hallyday et de son Johnny Circus. Leur premier succès vient par leur reprise de Ces gens-là de Jacques Brel, sur l'album Le Cimetière des Arlequins, paru en 1973[2].

Le , Ange joue devant trente mille spectateurs au Reading Festival, au même programme que Genesis, The Spencer Davis Group et John Martyn. Le groupe est ovationné après un show très enlevé de quarante minutes[3]. En 1974 paraît l'album Au-delà du délire contenant des titres mémorables et emblématiques comme : Les Longues nuits d'Isaac, Fils de Lumière, Si j'étais le messie, ainsi que le titre qui donne son nom à l'album. Ces morceaux marqueront durablement le rock progressif français. En 1977, les concerts du Ange Tour 77, véritable show-marathon, durent jusqu'à h 20. Christian Descamps avoue : « Le show est peut-être un peu long quand même. Il faut vraiment tenir la distance, et puis, je ne peux plus me donner comme avant depuis que je me suis cassé les pieds. Il y a toujours une douleur qui vient me le rappeler. Cette tournée est très fatigante[4]. »

Dans ses premières années, les autres membres du groupe sont Jean-Michel Brézovar à la guitare, Francis Décamps aux claviers, Gérard Jelsch à la batterie et Daniel Haas à la basse (et à la guitare acoustique). Jusqu'à l'album Au-delà du délire (1974), la formation sera celle d'origine, puis se succéderont plusieurs musiciens autour du duo des frères Décamps avec, entre autres, les passages de Jean-Pierre Guichard, Claude Demet, Robert Defer, Frederick Chojnacki et Serge Cuénot.

Années 1980–2000[modifier | modifier le code]

En 1981, dans la foulée de l'album Moteur, le groupe tourne dans le téléfilm Les Rats de cave, réalisé par Jean-Claude Morin, comédie loufoque policière écrite par Marie-France Briselance, avec les acteurs Sim et Romain Bouteille.

Les « anciens », Daniel Haas et Jean-Michel Brézovar, retrouvent le groupe en 1987 pour une nouvelle version de Tout feu tout flamme sur l'album C'est pour de rire, et suivent à nouveau l'aventure du groupe. Robert Defer réintègre le groupe en 1988. Suivront les albums Sève qui peut (1989) puis Les Larmes du Dalaï Lama (1992). Christian Décamps, accompagné de son fils Tristan, après avoir sorti, en 1994, l'album Nu sous l'appellation Christian Décamps et Fils, sort, en 1997, l'album Troisième étoile à gauche... sous la même appellation, avec un livret titré Le Nouvel Ange[5]. En début 1995, le groupe retrouve sa formation d'origine avec le retour de Gérard Jelsch et commence une tournée d'adieu qui s'achève en décembre de la même année, au Zénith de Paris.

En 1999, le groupe reprend officiellement le nom de Ange et sort les albums La Voiture à eau (1999), Culinaire Lingus (2001), ? (2005), Souffleurs de vers (2007), Le bois travaille même le dimanche (2010), Moyen-âge (2012). La formation se compose alors de Christian Décamps, Tristan Décamps, Hassan Hajdi, Thierry Sidhoum, et Benoit Cazzulini.

En 2001, Xavier de Fontenay propose au groupe de participer à l'élection de Miss France 2002 en direct de Mulhouse sur TF1 à travers une séquence tournée à Belfort pendant un concert donné à la Maison du Peuple, à la demande de Jean-Pierre Chevènement. En 2002, le réalisateur Jean-Claude Morin raconte l'histoire du groupe dans le documentaire Un Ange passe, et met en lumière le conflit larvé, qui existait entre les deux frères, dont le groupe a souffert. En 2003, dans le téléfilm Fragile de Jean-Louis Milesi, on peut voir les deux jeunes acteurs assister à un concert d'Ange (l'action se déroule en 1974)[réf. nécessaire]. Des plans dans la salle alternent avec des extraits d'un concert de l'époque, où Ange interprète Fils de lumière.

En juin 2006, le groupe se produit aux États-Unis, lors du NEARfest, le plus important festival international de rock progressif. De son côté, Francis Décamps, accompagné de Gérard Jelsch, forme son nouveau groupe Gens de la Lune et sort, en 2008, l'album éponyme, premier opus de ce groupe. Le 12 août 2006, dans le cadre de sa convention à Bergerac (Dordogne) et pour le soixantième anniversaire de Christian Décamps, Ange invite Lazuli à faire sa première partie. Le 25 novembre 2007, Ange invite Nelson Monfort à faire leur première partie à l'Olympia[2]. Au cours de l'été 2009, Christian Décamps et son fils participent aux quelques représentations de l'opéra rock celtique Anne de Bretagne, du Nantais Alan Simon. Christian y tient le rôle de François II, duc de Bretagne, et Tristan, celui de Charles VIII.

Années 2010[modifier | modifier le code]

Le 31 janvier 2010, précisément quarante ans jour pour jour après la première scène du groupe à Belfort, Ange assure un concert spécial à l'Olympia de Paris, qui lance la tournée La 40e rugissante, marquant le quarantième anniversaire du groupe. En mai 2012 sort l'album Moyen-âge. Le 2 septembre 2013, le guitariste Claude Demet meurt des suites d'une longue maladie[6]. En avril 2013, Ange joue à Tokyo, au Japon, pour deux concerts exceptionnels au Yamaha Ginza Studio. En juin 2014, sort l'album Emile Jacotey Résurrection[7].

Le 5 novembre 2016, Un Pied Dans La Marge (UPDLM), le « fan clan » officiel du groupe, fête ses vingt ans d'existence et les 70 ans de Christian Décamps, à Harfleur (Normandie). En début 2018, le groupe est annoncé pour un concert à Bagnols-sur-Cèze[8].

Instruments[modifier | modifier le code]

Avec le groupe britannique Spooky Tooth, Ange est l'un des rares groupes de rock alignant deux organistes. Pendant les années 1970, le son des claviers du groupe est unique, imaginé et créé par Francis Décamps, qui tient à posséder un son personnel. Ses nappes harmoniques rappellent le son du mellotron, obtenu en réalité avec un orgue Viscount « trafiqué » par Francis, aidé des techniciens d'un importateur d'instruments de musique basé à l'époque à Lyon, le tout passé au travers d'une réverbération Hammond B. Le mellotron à proprement parler est utilisé sur l'album Guet-apens en 1978. Christian Décamps, quant à lui, utilise un orgue Hammond L, et le son caractéristique du groupe provient du mélange des sonorités produites par les deux instruments.

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie d'Ange.
  • 1972 : Caricatures
  • 1973 : Le Cimetière des Arlequins
  • 1974 : Au-delà du délire
  • 1975 : Émile Jacotey
  • 1976 : Par les fils de Mandrin
  • 1978 : Guet-apens
  • 1980 : Vu d'un chien
  • 1981 : Moteur !
  • 1982 : À propos de...
  • 1983 : La Gare de Troyes
  • 1984 : Fou !
  • 1986 : Egna
  • 1987 : Tout feu tout flamme... C'est pour de rire
  • 1989 : Sève qui peut
  • 1992 : Les Larmes du Dalaï Lama
  • 1999 : La Voiture à eau
  • 2001 : Culinaire Lingus
  • 2005 : ?
  • 2007 : Souffleurs de vers
  • 2010 : Le bois travaille, même le dimanche
  • 2012 : Moyen-âge
  • 2014 : Émile Jacotey Résurrection
  • 2018: Heureux

Membres[modifier | modifier le code]

Membres actuels[modifier | modifier le code]

  • Christian Décamps - chant, claviers (depuis 1970)
  • Tristan Décamps - claviers, voix (depuis 1997)
  • Hassan Hajdi - guitare (depuis 1997)
  • Thierry Sidhoum - basse (depuis 1997)
  • Benoît Cazzulini - batterie (depuis 2003)

Anciens membres[modifier | modifier le code]

  • Francis Décamps - claviers, chant (1970-1995)
  • Jean-Michel Brézovar - guitare (1970-1977, 1988-1989, 1991-1995)
  • Jean-Claude Rio - guitare rythmique (1970)
  • Patrick Kachanian - basse, flûte (1970)
  • Daniel Haas - basse (1971-1977, 1988-1995)
  • Gérard Jelsch - batterie, percussions (1970-1974, 1994-1995)
  • Guénolé Biger - batterie, percussions (1975)
  • Jean-Pierre Guichard - batterie (1976-1981, 1988-1992)
  • Claude Demet - guitare (1978, 1990)
  • Gérald Renard - basse (1978-1979)
  • Mauro Serri - guitare (1979)
  • Jean-Marie Schreiner - batterie (1979,1990)
  • J. Frieden - claviers (1979)
  • J. Migaud - claviers (1979)
  • Robert Defer - guitare (1980-1981, 1990)
  • Didier Viseux - basse (1980-1981)
  • Frederick Chojnacki - basse (1980-1981)
  • Serge Cuénot - guitare (1982-1987, 1990)
  • Laurent Sigrist - basse (1982-1987)
  • Gabriel Troyan - basse - sur Tout feu tout flamme (1987)
  • Jean-Claude Potin - batterie (1982-1986)
  • Francis Meyer - batterie (1987)
  • Martine Kesselburg - chœurs sur Tout feu tout flamme (1987) - vocaux (1990)
  • Eva Santi - chœurs sur Tout feu tout flamme (1987)
  • Bruno Nion - la voix du chêne dans Sève qui peux (1989)
  • Fabrice Bony - batterie (1993)
  • Jean-Pascal Boffo - guitares (1995)
  • Hervé Rouyer - batterie, percussions (1995, 1997-2002)
  • Caroline Crozat - chant, chœurs (2001-2010)

Chronologie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Pierre Arnould, sous la direction de Raymond Pouilliart, Les poètes du rock français : Ange, mémoire de licence en études romanes, Université catholique de Louvain (Belgique), 1984, 144 p.
  • Jean-Marc Oudet, sous la direction d'Anne-Marie Green et de Pierre-Louis Spadone, Ange : mythes et réalité d'un rock provincial. Mémoire de maîtrise de sociologie à l'Université de Franche-Comté (Besançon), 1999.

Livres[modifier | modifier le code]

  • Thierry Busson, Xavier Chatagnon et Bruno Versmisse : Ange, le livre des légendes sous-titré L'anthologie définitive sur le groupe mythique du rock français, Éclipse éditions, Besançon, 1995, 292 pages. Préface de Jean-Noël Coghe. (ISBN 2-911494-00-8)
  • Michel Buzon : Ange Les croyances féeriques. Entretien avec Christian Décamps. Erti éditeur, 1989, 80 pages + 24 p. de photos N&B. (ISBN 2-903-524-28-9)
  • Jean-Paul Germonville (journaliste de rock à l'Est-Républicain) : Au-delà du système : Ange, vingt ans de musique, Presses universitaires de Nancy, 1990. (ISBN 2-86480-449-2)
  • « Coup de pouce » reçoit Christian Décamps et fils. Association Coup de pouce (Les Ulis), 50 pages, 1997.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Ange et Motis, rock progressif d'aujourd'hui », Le Progrès,‎ (lire en ligne).
  2. a, b, c et d « Le grand retour d'Ange », sur Le Parisien, (consulté le 5 mai 2018).
  3. Jean-Paul Germonville (journaliste de rock à l'Est-Républicain) : Au-delà du système : Ange, vingt ans de musique, Presses universitaires de Nancy, 1990. (ISBN 2-86480-449-2), p. 33-34.
  4. Magazine Best no 108, juillet 1977 p. 55.
  5. « CHRISTIAN DÉCAMPS & FILS - "3ème Étoile À Gauche" », sur Big Ban Mag (consulté le 5 mai 2018).
  6. Jean-Michel Ogier, « Mort de Claude Demet : la guitare d'Ange s'est éteinte », sur culturebox.francetvinfo.fr (consulté le 5 mai 2018).
  7. « ANGE: EMILE JACOTEY RÉSURRECTION (2014) », sur MusicWaves (consulté le 5 mai 2018).
  8. « Ange, groupe légendaire de la scène rock française, à Bagnols-sur-Cèze », sur MidiLibre (consulté le 5 mai 2018).

Liens externes[modifier | modifier le code]