Andries Treurnicht

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Andries Treurnicht
Illustration.
Andries Treurnicht au séminaire théologique au début des années 1950
Fonctions
Chef du parti conservateur
Successeur Ferdinand Hartzenberg
Ministre de l'administration nationale et des statistiques
Premier ministre Pieter Botha
Gouvernement Gouvernement PW Botha
Ministre des travaux publics et du tourisme
Premier ministre Pieter Botha
Gouvernement Gouvernement PW Botha
Prédécesseur Louis Le Grange
Successeur Dawie de Villiers (tourisme)
Chef du parti national au Transvaal
Prédécesseur Connie Mulder
Successeur Frederik de Klerk
Membre du parlement pour la circonscription de Waterberg
Prédécesseur Jaap Marais
Successeur Circonscription supprimée
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Piketberg, Province du Cap
Blue Ensign of South Africa (1912–1928).svg Union Sud-Africaine
Date de décès (à 72 ans)
Lieu de décès Le Cap, Province du Cap
Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud
Nationalité sud-africaine
Parti politique parti national (1967-1982)
parti conservateur (1982-1993)
Diplômé de Université de Stellenbosch
Université du Cap
Profession prédicateur calviniste
éditorialiste

Andries Petrus Treurnicht (né le 19 février 1921 à Piketberg et mort le 22 avril 1993 au Cap en Afrique du Sud) était un homme politique sud-africain, député du Waterberg (1971-1993), ministre (1979-1982) et chef de l'opposition parlementaire (1987 à 1993). D'abord membre du parti national (1967-1982), il est ensuite le fondateur et le premier dirigeant du parti conservateur (1982 à sa mort).

Issu de la communauté Afrikaner, A.P. Treurnicht fut d'abord un pasteur de l'église réformée hollandaise puis, au début des années 60, l'éditorialiste et le directeur de rédaction de Die Kerkbode, la revue publiée par l'église réformée. Membre du Broederbond, il dirige le quotidien Hoofstad à partir de 1967 et entame en 1970 une carrière politique en étant élu au parlement. Vice-ministre en 1976 dans le gouvernement Vorster puis ministre en 1979 dans le gouvernement de Pieter Botha, il est aussi élu chef du parti national du Transvaal en 1978 avant d'être mis en minorité et de démissionner du gouvernement et du parti national en 1982 pour fonder le parti conservateur sur une ligne pro-apartheid.

Origines et études[modifier | modifier le code]

Né le à Piketberg dans une famille afrikaner de 9 enfants du nord de la province du Cap, Andries Treurnicht fait des études de théologie à l'université de Stellenbosch et préside l'association des étudiants chrétiens. Pasteur de l'église réformée hollandaise (NGK) à partir de 1946 et sportif accompli, il est sélectionné en 1949 comme demi de mêlée dans l'équipe régionale de rugby des South Western Districts pour jouer contre les All Blacks.

Un pasteur de l'église réformée hollandaise[modifier | modifier le code]

Andries Treurnicht exerce son sacerdoce d'abord à Oudtshoorn puis à Rondebosch, Stellenbosch et enfin à Pretoria. Lors de son affectation à Rondebosch, il poursuit des études de 3e cycle en philosophie à l'université du Cap et rédige une thèse de doctorat sur Abraham Kuyper et les relations entre l'État et l'Église.

En 1960, il dirige Die Kerkbode, la revue de la NGK ce qui lui confère un rôle influent au sein de l'Église. Après le massacre de Sharpeville, il rédige notamment des éditoriaux favorables à la poursuite et à l'accentuation de la politique de développement séparé des races. En 1965, il est élu assesseur au synode du Cap et en 1966 et élu au synode général de l'église réformée hollandaise.

Un nationaliste afrikaner, président du Broederbond[modifier | modifier le code]

Partisan de l'apartheid dont le principe l'emporte au sein de l'église, il se voit confier en 1967 par le premier ministre John Vorster la direction de Hoofstad, le quotidien pro-gouvernemental de Pretoria. Il préside de 1972 à 1974 le Broederbond, société secrète afrikaner, dont est issue la quasi-totalité des ministres sud-africains.

Un parlementaire et un ministre du parti national[modifier | modifier le code]

En 1970, il se présente aux élections générales et remporte au nom du parti national, la circonscription de Waterberg dans la région très conservatrice du Nord Transvaal battant le député sortant Jaap Marais, membre du parti d'extrême droite, (Parti national reconstitué) qui avait quitté le parti national en 1969, quand John Vorster autorisa la présence de joueurs et de spectateurs Maoris lors de la tournée de l'équipe de Nouvelle-Zélande de rugby à XV en Afrique du Sud en 1970.

Membre de l'aile dure du parti, Andries Treurnicht est nommé en 1976 vice-ministre de l'administration et de l'éducation bantoue dans le gouvernement du premier ministre John Vorster. C'est lui qui mit en application un décret imposant l'enseignement obligatoire en afrikaans pour les écoliers noirs ce qui provoqua les émeutes de Soweto en 1976.

Élu à la présidence du parti dans le Transvaal en 1978, il est nommé en 1979 par le successeur de Vorster, Pieter Botha, comme ministre des travaux publics, du tourisme et ministre de l'administration d'état et des statistiques l'année suivante, en dépit d'être devenu ministre au parlement il a continué à avoir des opinions contraires à la politique du parti national. En 1978, il réitère son opposition à toute idée de parlement et de cabinet racialement mixte.

En 1980, il s'oppose à la participation d'une équipe de collégiens métis à la Craven Week une compétition de rugby junior créée en 1964 par le président de la fédération sud-africaine de rugby à XV Danie Craven, opposé à la politique d'Apartheid et se met en porte à faux avec la réforme racialement libérale en droit du travail du ministre de l'emploi Fanie Botha, un proche de Vorster.

En 1982, Andries Treurnicht est le premier opposant à la réforme constitutionnelle de Pieter Botha instituant un parlement tricaméral composé de trois chambres séparées, l'une pour les métis, une pour les indiens et une pour les blancs. Mis en minorité dans le Transvaal par l'action conjointe du ministre des affaires étrangères Pik Botha et de Frederik de Klerk, il quitte le Parti National avec 22 autres parlementaires.

Le fondateur et président du Parti conservateur[modifier | modifier le code]

Le , il fonde le Parti Conservateur et reçoit le soutien de Betsie Verwoerd (veuve d'Hendrik Verwoerd), de John Vorster[1], de Jimmy Kruger ancien ministre de la justice et ancien président du sénat sud-africain, aboli en 1981 et de la plupart des groupuscules d'extrême-droite. Il est également rejoint par Connie Mulder, chef du Parti national-conservateur et ancien rival de Pieter Botha au poste de 1er ministre de l'Afrique du Sud et de président du Parti National.

En 1982, Treurnicht fait campagne pour conserver son siège de député à Waterberg à l'occasion d'une élection partielle, durant cette campagne, Treurnicht recevra le soutien actif d'Eugène Terre'Blanche, le chef de l'AWB, (un mouvement de l'extrême droite sud-africaine), (Terre'Blanche et ses militants perturbèrent à cette occasion les réunions politiques du parti national, notamment celles du ministre de la réforme constitusionelle Chris Heunis.

Le comportement de l'AWB amena le ministre de la Loi et de l'Ordre, Louis le Grange à diligenter une enquête sur l'AWB et ses militants que le premier ministre Pieter Botha qualifiait de « barbares blancs »[2]. Appelé par Botha à condamner les militants de l'AWB, Treurnicht répliqua que ces demandes d'enquêtes sur le mouvement de Terre'Blanche ne seraient jamais suivies d'effets et qu'il n'y voyait qu'une manipulation politique dans la requête qui avait été faite par le ministre de la Loi et de l'Ordre. (Terre'Blanche avait pourtant perturbé le la réunion de Treurnicht à Fochville quand celui-ci était alors président de la fédération du parti national du Transvaal)[3], Treurnicht sera facilement réélu contre le candidat du parti national, il devient à l'issue des élections générales de 1987 le chef de l'opposition officielle au parlement, à la tête de 23 députés conservateurs.

En 1988, lors des élections municipales le CP s'empare de 60 des 110 municipalités du Transvaal dont Pietersburg et Boksburg et d'une municipalité sur 4 dans l'État libre d'Orange. Avec 45 % des suffrages, il manque de peu de s'emparer de la capitale Pretoria.

Sépulture d'Andries Treurnicht au cimetière de church street (Pretoria)

En 1989, à l'occasion des élections générales anticipées organisées par le nouveau président, Frederik De Klerk, le KP atteint son apogée. Avec 39 députés et 33 % des votes. Il recueille 43 % du vote afrikaner et 7,5 % du vote anglophone. et Treurnicht devient l'ennemi irréductible à toute négociation avec les partis noirs. En , il participe à une manifestation de protestation à Pretoria contre le renoncement à l'apartheid par l'église réformée hollandaise.

Andries Treurnicht prend la tête des opposants au démantèlement de l'apartheid lors du référendum de mars 1992. La victoire du « oui » avec 68 % des suffrages est une gifle électorale pour les partisans de l'apartheid qui voient là s'évanouir leur dernière chance de faire marche arrière au gouvernement. Hormis le Nord Transvaal, fief de Treurnicht, toutes les régions ont basculé dans le camp de De Klerk et des réformateurs, y compris Pretoria et Bloemfontein. Les succès ininterrompus depuis la formation du parti en 1982 sont définitivement stoppés. Contesté et otage des plus extrémistes, Treurnicht se voit obligé de reconnaître la convention pour une nouvelle Afrique du Sud (CODESA) où il fait siéger le CP en tant qu'observateur.

Dans la nuit du , Andries Treurnicht, âgé de 72 ans, décède à la suite d'un pontage coronarien au City Hospital du Cap. Il est enterré le au cimetière central de Pretoria. Les funérailles ont lieu un an jour pour jour avant les premières élections au suffrage universel non racial en Afrique du Sud. Plusieurs milliers de personnes assistent, que ce soit dans l'église, dans la rue ou sur church square, à la célébration religieuse qui a lieu dans la grande église réformée hollandaise de Bosman Street[4].

Ferdinand Hartzenberg, le vice-président du parti et député de Lichtenburg, lui succède comme chef de l'opposition officielle et président du parti conservateur.

Famille[modifier | modifier le code]

En 1949, Andries Treurnicht avait épousé Engela Dreyer avec laquelle il eut quatre filles.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Auteur de nombreux éditoriaux de Hoofstad, il est également l'auteur d'un livre politique intitulé Credo van ’n Afrikaner.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Haski, L'Afrique blanche : Histoire et enjeux de l'apartheid, Seuil, 1987, p. 137
  2. Arthur Kemp, op. cit. p. 21-22
  3. Arthur Kemp, Victory Or Violence - The Story of the Awb of South Africa, Ostara Publications, 2004 p. 16-17
  4. Jacob Manenzhe, The politicisation of funerals in South Africa during the 20th century (1900-1994), Faculty of Humanities, Université de Pretoria, janvier 2007,p. 23-25

Liens externes[modifier | modifier le code]