Andreas Peter von Bernstorff

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Andreas Peter von Bernstorff est un homme politique du Danemark. Né le 28 août 1735 à Hanovre, il est décédé le à Copenhague.

Jeunesse et début de carrière[modifier | modifier le code]

Né au Hanovre, A. P. von Bernstorff était le neveu du politicien Johann Hartwig Ernst Bernstorff, ce qui lui facilita probablement son introduction dans la vie politique danoise. Après avoir effectué un tour d'Europe, il rejoignit le service public danois, d'abord en tant que courtisan puis à partir de 1760 comme un fonctionnaire d'État travaillant à la fois sur des questions financières et de politique étrangère. Sa progression dans la carrière fut lente mais continue. Durant les années 1760, il se montra un fonctionnaire capable mais pas extraordinaire, étroitement lié à son oncle. De son mariage avec Augusta-Louise zu Stolberg-Stolberg, naquit en 1769 Christian Günther von Bernstorff. Il fut démis de ses fonctions durant les années Struensee (1770-1771) mais fut rappelé aux affaires sous le nouveau régime de Ove Høegh-Guldberg.

Ministre des Affaires étrangères (1773-1780) et traversée du désert[modifier | modifier le code]

En 1773, il fut nommé ministre des Affaires étrangères. Il mena à la résolution de la question du Gottorp lors d'un échange immobilier avec la famille du Tsar en même temps qu'il obtenait une alliance avec la Russie. De manière générale, il soutint une ligne pro-russe mais indépendante afin de maintenir la Suède sous contrôle et éviter un conflit avec le Royaume-Uni. La guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique menaça sa politique de « neutralité active » mais il parvint à conclure en 1780 une première Ligue de neutralité armée avec la Russie et la Suède tout en obtenant en même temps du Royaume-Uni un accord spécial protégeant le commerce danois.

S'il avait obtenu une position remarquable au sein du gouvernement, il se fit de nombreux ennemis par sa prétendue obstination et des rivalités politiques. Du fait d'une temporaire mais profonde désaffection russe pour le traité de neutralité permis ainsi à ses rivaux d'obtenir son renvoi par Ove Høegh-Guldberg en 1780.

Andreas von Bernstorff resta dans l'ombre entre 1780 et 1784 mais, conservant ses ambitions politiques, fut un observateur attentif de la situation politique tout en continuant à bénéficier du soutien des milieux marchands de Copenhague. En 1783, il publia une L'économie de la nature.Il se lia rapidement avec le prince héritier Frédéric et prit part à la conspiration et au coup d'État de 1784 qui renversa O. Guldberg et fit de Frédéric le Prince-régent.

Ministre des Affaires étrangères, 1784-1797[modifier | modifier le code]

Bernstorff fut nommé une seconde fois ministre des Affaires étrangères en mai 1784, date à laquelle il parvient à son apogée politique. Jusqu'à sa mort, il exerça en réalité les fonctions de Premier ministre du Danemark en dirigeant le cabinet du prince-régent. Il fut également de manière temporaire le président de la chancellerie danoise entre 1788 et 1789.

En matière de politique scandinave, il mena une prudente politique pro-russe tout en évitant le conflit avec la Suède. La guerre russo-suédoise mena à une brève implication militaire du Danemark dans le conflit à laquelle il tenta de mettre un terme avec le moins de dommages possibles en sortant progressivement de l'alliance russe et en améliorant les relations avec la Suède. La paix fut signée en juillet 1789.

Le plus important dossier auquel dut faire face Bernstoff dans cette période est celui de la Révolution française et de ses guerres. Il tint une ferme politique de neutralité et parvint à garantir le commerce danois en s'appuyant fermement sur le droit international tout en évitant toute provocation envers la France ou le Royaume-Uni

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Si A. von Bernstorff fut bien entendu un spécialiste des affaires étrangères mais son rôle de chef de file au sein du gouvernement l'amena à influencer fortement les politiques intérieures du royaume. Très tôt, il fut connu comme un partisan des fermiers indépendants et des grandes réformes agraires comme le montre l'abolition du servage en Slesvig et Holstein en 1788. Bien que loyal partisan de la monarchie absolue, il se montra assez libéral, notamment en matière de liberté de la presse. Il fut certainement influencé, en totale contradiction de son oncle, par ses sympathies pour le Royaume-Uni. Son action politique toucha également le commerce, la marine, l'agriculture et l'industrie[1]

Andreas von Bernstorff, qui fut également président de l'Académie royale danoise des sciences et des lettres de 1788 à sa mort en 1797, reste considéré comme l'un des plus grands hommes d'État du Danemark du XVIIIe siècle, au point d'éclipser son oncle. Pour ses contemporains, sa disparition relativement précoce fut considérée comme une grande infortune — bien qu'il soit impossible de dire s'il lui aurait été possible de maintenir sa ligne politique. Il fut l'un des derniers représentants de l'aristocratie allemande servant au sein de l'État danois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Andreas Peter Bernstorff » (voir la liste des auteurs).
Notes
  1. Charles Dezobry, Théodore Bachelet et al., Dictionnaire générale de biographie et d'histoire, etc., vol. 2, t. 1, Paris, C. Delagrave, , 10e éd. (1re éd. 1876), 1581 p., in-8 (notice BnF no FRBNF30339469, lire en ligne), p. 294
Bibliographie
  • Aage Friis, Andreas Peter Bernstorff Og Ove Hegh Guldberg, 2009 (réédition de l'ouvrage de 1889)

Liens externes[modifier | modifier le code]