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Andreï Lavrov

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Andreï Lavrov
Andreï Lavrov en 2008
Andreï Lavrov en 2008
Fiche d’identité
Nationalité Drapeau de la Russie Russie
Naissance (63 ans)
Lieu Krasnodar, Drapeau de l'URSS Union soviétique
Taille 1,98 m
Poste gardien de but
Surnom(s) Dédé
Parcours professionnel *
SaisonsClub M. (B.)
1978-1992 SKIF Krasnodar
1992-1993 TuS 04 Dansenberg
1993-1994 CSM Livry-Gargan
1994-1996 US Ivry
1996-1999 TV Niederwürzbach
1999-2001 Badel Zagreb
2001 inconnu[1]
2001-2003 TuS Nettelstedt
2004 SG Kronau-Östringen
2004-2005 Melsungen Böddiger
*Statistiques en compétitions nationales et continentales.
Sélections en équipe nationale
Année(s)Équipe M. (B.)
1988-1991 Union soviétique 082 (?)
1992 Drapeau : Équipe unifiée Équipe unifiée 007 (?)
1992-2004 Russie 320 (1)[3]

Andreï Ivanovitch Lavrov (en russe : Андрей Иванович Лавров), né le à Krasnodar, est un handballeur international soviétique puis russe.

Seul triple champion olympique[4] de handball jusqu'en 2021, il est considéré comme l'un des meilleurs gardiens de buts de handball de tous les temps.

Quatorze ans à Krasnodar

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Andreï Lavrov est originaire de Krasnodar[5]. Très attiré par le football, ses parents membres de l'Intelligentsia lui interdisent[5].

Andreï commence donc le handball à l'âge de dix ans[5],[6] au SKIF Krasnodar. Il devient membre de l'équipe première en 1978, âgé de 16 ans à peine[6].

En championnat soviétique, le club obtient trois troisième place entre 1988 et 1990. Qualifié en Coupe de l'IHF 1989-1990, le SKIF remporte la compétition. Il enchaîne sur un titre de champion d'URSS en 1991 puis un doublé coupe soviétique-championnat de la CEI l'année suivante.

Dernière décennie à l'Ouest

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À partir de 1992, les anciens états membres de l'URSS permettent à leurs sportifs d'obtenir des contrats professionnels à l'étranger. Lavrov choisit l'Allemagne et rejoint le club de deuxième division du TuS 04 Dansenberg[7].

Il s'engage en 1993 en France avec le CSM Livry-Gargan[8] où il voit l'émergence d'Olivier Girault, futur capitaine des Bleus et président de la LNH[9]. « Il m’a couvé, témoigne-t-il, enseigné le respect des règles du vivre ensemble »[9]. L'équipe dispute la finale de la Coupe de France 1993-94 face à Nîmes. Girault se souvient : « lors [du] retour en avion (...) Interpellant l’hôtesse, il lui avait demandé de servir à boire à tous les joueurs sauf à l’entraîneur »[9].

Lavrov s'engage la saison suivante avec l'US Ivry[10], retrouvant ses compatriotes Valery Sidorenko sur le banc et Vassili Koudinov[11],[9]. Il dispute à nouveau la finale de la Coupe de France 1995-96 et remporte cette fois la compétition[12].

En 1996, il quitte la France pour retourner en Allemagne[13], championnat plus rémunérateur[6], en s'engageant avec son coéquipier Philippe Schaaf pour le TV Niederwürzbach[14]. Le club est situé à proximité de la frontière française, Lavrov réside alors en Lorraine. Il y passe trois saisons et dispute une finale de Coupe d'Allemagne en 1998, perdue face au THW Kiel. En 1999, il quitte le club après la relégation en championnat amateur à la suite de problèmes financiers.

Lavrov s'engage alors avec le club croate du Badel Zagreb[15]. En Croatie, il étoffe son palmarès de club avec deux titres de champion en 2000 et 2001 et une coupe nationale. En proie à des difficultés financières, le Badel Zagreb ne le paye plus et il quitte le club en [6],[16].

Il revient alors temporairement garder les buts de Niederwürzbach (qui n'évolue plus qu'au niveau régional) pour se rapprocher de sa famille restée à Forbach, en Moselle[6].

Il signe dès mars 2001 avec le TuS Nettelstedt pour la saison suivante[17],[18]. Lors de son arrivée, l'équipe vient d'être reléguée en deuxième division allemande et Nettelstedt est champion de 2.Bundesliga en 2002 et retrouve l'élite pour une saison seulement. Il se retrouve alors sans club à l'été 2003, ce qui ne l'empêche d'être le titulaire de la Russie au championnat d'Europe 2004[19],[20].

En mars 2004, il signe au SG Kronau-Östringen[19], sans pouvoir empêcher la relégation du club au terme des barrages. Pour sa dernière saison, il évolue avec le Melsungen Böddiger, une nouvelle fois en 2.Bundesliga qu'il remporte.

Parcours en équipe nationale

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Lors des Jeux olympique 1988, malgré des difficultés en qualification, les Soviétiques réalisent une phase de groupe parfaite et se donne le droit de jouer la finale. Face à l'équipe hôte de Corée du Sud, l'URSS remporte confortablement le match (32-25). Pour la première fois depuis 1972, le champion olympique a remporté tous ses matchs. À titre individuel, Lavrov termine la compétition en étant distingué comme meilleur gardien.

Pour les Mondiaux en mars 1990, l'URSS est battue 23 à 27 en finale par la Suède, qui débute ici douze années de succès. L'été arrivé, l'URSS remporte la deuxième édition des Goodwill Games devant la Yougoslavie et l'Espagne.

Lavrov lors des Jeux olympiques de 1992.

Lors des Jeux olympiques de Barcelone à l'été 1992, les athlètes de la CEI concourent en tant qu'Équipe unifiée. Lavrov remporte son deuxième titre olympique[21] en s'imposant en finale face à la Suède, Lavrov étant élu meilleur gardien de la compétition.

Passé sous les couleurs de la Russie pour du Mondial 1993 en Suède, Lavrov et les Russes dominent les Suédois lors du dernier match de poule (20-30) et se qualifient ainsi pour la finale. La France y fait illusion pendant quarante-deux minutes (16-16) avant de craquer physiquement par manque de rotation, évitant de peu la défaite de dix buts (28-19)[21].

En juin 1994, championne olympique et championne du monde en titre, la Russie retrouve la Suède en finale de la première édition du Championnat d'Europe mais s'incline très lourdement 21 à 34. Le mois suivant, pour la troisième et dernière édition des Goodwill Games, la Russie s'incline en finale contre la France.

Au Championnat du monde 1995, la Russie, tenante du titre, est éliminée en quart de finale.

Finaliste de la première édition deux ans avant et revancharde du Mondial raté, la Russie remporte la compétition en s'imposant en finale 23-22 face à l'Espagne, hôte de la compétition. Lavrov devient avec ses coéquipiers Valeri Gopine, Oleg Grebnev, Oleg Kisselev et Vassili Koudinov les premiers handballeurs à remporter les trois principales compétitions internationales après avoir été champions olympiques en 1992 puis champions du monde en 1993. Deux mois plus tard, la Russie prend part aux Jeux olympiques d'Atlanta. Elle subit les performances de la Suède et de la montante Croatie, pour être ainsi éliminée dès la phase de groupe et remporter le match pour la cinquième place.

Pour les JO 2000, il est choisi comme porte-drapeau de sa délégation à la cérémonie d'ouverture. Lavrov dispute sa troisième finale consécutive, cette fois contre la Suède[5]. Andrei Lavrov livre un dernier quart d'heure de haut niveau et multiplie les arrêts-réflexes au point de faire basculer la partie en sa faveur[5].

À l'Euro 2002 en Suède, sa Russie se hisse jusqu'au match pour la cinquième place face à la France[6].

Andrei Lavrov participe à l'élimination des Français en quart de finale des Jeux olympiques d’Athènes en 2004[9]. Grâce à ses vétérans Lavrov (42 ans), Toutchkine (40 ans), Koudinov (35 ans) et Gorpichine (34 ans), la Russie remporte la médaille de bronze.

Après carrière

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À la fin de sa carrière de joueur, Lavrov fait de la politique et travaille à la Fédération de handball de Russie[22]. Dès , il devient représentant au sein du Conseil de la fédération de l'Assemblée fédérale de la Douma régionale de Riazan, et membre du Comité du conseil de la fédération de Russie au budget, ainsi que vice-président de la Commission du conseil de la fédération de Russie à la jeunesse et aux sports.

Un an et demi après sa retraite des terrains, Lavrov s'installe à Strasbourg avec sa famille[22] quand son fils, Sergueï, y effectue une formation de tennisman[21]. Il se rend du lundi au jeudi à Moscou pour son rôle de sénateur avant de retrouver son foyer français[9]. Ex-adversaire international et en championnat de France, Denis Lathoud lui propose de devenir entraîneur des gardiens du club local alors qu'il en prend la gestion en Proligue (D2), de 2019 à 2022[21]. Pendant plusieurs mois, Lavrov tient ce rôle à titre bénévole[21],[22], le club ne pouvant lui proposer un poste.

Marié, il est père de deux enfants.

Style de jeu

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À l'image de son compatriote Lev Yachine au football, Andreï Lavrov est un gardien de but capable à lui seul d'inverser le cours d'une rencontre[5]. Habillé d'un sweat-shirt gris, il présente un faciès marmoréen[5] et un large torse[6].

Équipe nationale

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Lavrov est le premier triple champion olympique de handball[21] (1988, 1992, 2000)[5] et un des quatre handballeurs, avec la sud-coréenne Oh Seong-ok et les français Nikola Karabatic et Michaël Guigou, à avoir participé à cinq Jeux olympiques. Il réussit cette performance sous trois drapeaux différents : performance unique pour un athlète. Il connaît le maillot de l'Union soviétique en 1988, puis de l'Équipe unifiée en 1992, et enfin de la Russie en 2000. En plus des trois titres olympique, il remporte à 42 ans la médaille de bronze aux Jeux olympiques de 2004.

Il compte également à son palmarès deux titres mondiaux en 1993 et en 1997[5], échouant en finale à deux reprises en championnat du monde 1990 et championnat du monde 1999.

Sur la scène européenne, il remporte l'Euro 1996 deux ans après avoir glané l'argent lors de la première édition.

Liste des résultats d'Andreï Lavrov en équipe nationale nationale
Année Jeux olympiques
5 participations
Championnats du monde
7 participations
Championnats d'Europe
5 participations
Autres
1988 Médaille d'or, Jeux olympiques médaille d'or aux JO 1988 - - -
1989 -
1990 - Médaille d'argent, monde finaliste du Mondial 1990 - Médaille d'or vainqueur des Goodwill Games de 1990
1991 -
1992 Médaille d'or, Jeux olympiques médaille d'or aux JO 1992 - - -
1993 - Médaille d'or, monde vainqueur du Mondial 1993 - -
1994 - - Médaille d'argent, Europe finaliste de l'Euro 1994 Médaille d'argent finaliste des Goodwill Games de 1994
1995 - 5e place au Mondial 1995 - -
1996 5e place aux JO 1996 - Médaille d'or, Europe vainqueur de l'Euro 1996 -
1997 - Médaille d'or, monde vainqueur du Mondial 1997 - -
1998 - - 4e place de l'Euro 1998 -
1999 - Médaille d'argent, monde finaliste du Mondial 1999 - -
2000 Médaille d'or, Jeux olympiques médaille d'or aux JO 2000 - Médaille d'argent, Europe finaliste de l'Euro 2000 -
2001 - 6e place au Mondial 2001 - -
2002 -
2003 - 5e place au Mondial 2003 - -
2004 Médaille de bronze, Jeux olympiques médaille de bronze aux JO 2004 - 5e place de l'Euro 2004[19] -

Avec Krasnodar, il remporte la coupe de l'IHF (C3) en 1990, ainsi que le championnat d'championnat d'URSS en 1991 puis le championnat de la CEI en 1992. Il remporte également six Coupe d'URSS/CEI consécutives entre 1987 et 1992.

compétitions internationales
compétitions nationales

Distinctions individuelles en handball

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Lavrov, assis au centre-gauche, parmi l'équipe-type du Mondial 1999.

De nombreuses distinctions honorent la carrière de Lavrov. En 2000, il est distingué par l'IHF comme le 3e meilleur handballeur du XXe siècle derrière Magnus Wislander et Talant Dujshebaev[23]. En 2001, la Fédération russe le désigne « joueur de handball russe du siècle » dans son pays[24]. En 2010, il est élu par l'IHF 2e meilleur gardien de tous les temps derrière Thierry Omeyer[25]. Il n'est toutefois élu qu'à deux reprises meilleur gardien de but d'une compétition internationale : aux Jeux olympiques de 1992 puis au Championnat du monde 1999.

Distinctions civiles

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Notes et références

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  1. Soit le TV Niederwürzbach au niveau régional, soit le SKIF Krasnodar dans l'élite russe.
  2. (en) « Russie », dans Brochure des résultats officiels, Athènes, (lire en ligne [PDF]), p. 219 (Compos. équipe) et 448 (Statistiques cumulées).
  3. 312 sélections et 1 but avant les Jeux olympiques de 2004 plus 8 matchs et aucun but à Athènes[2].
  4. « Andrey Lavrov », sur olympic.org, Comité international olympique (CIO) (consulté le ).
  5. a b c d e f g h et i Frédéric Potet, « Andreï Lavrov, l'araignée noire du handball russe », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  6. a b c d e f et g Jean-Louis Le Touzet, « Andrei Lavrov, dernière star de toutes les Russies » Accès payant, sur Libération, (consulté le ).
  7. (de) « Dossier: Top-Thema des Jahres 1992 » [archive], sur abendblatt.de, Hamburger Abendblatt, (consulté le ).
  8. « Championnat de France - Effectifs 1993-1994 », Handball Hebdo, Fédération française de handball, no 36,‎ , p. 5 (lire en ligne, consulté le )
  9. a b c d e et f « Bons baisers de Russie » Accès libre, sur www.lnh.fr, (consulté le )
  10. « Championnat de France - Effectif 1994-1995 », Handball Hebdo, Fédération française de handball, no 71,‎ , p. 10 (lire en ligne, consulté le )
  11. « Andreï Lavrov, une légende ivryenne ! » Accès libre, sur Ivry Handball - Site officiel, (consulté le )
  12. « Ivry fait la fête aux marseillais », Hand mag, Fédération française de handball, no 8,‎ , p. 18-19 (lire en ligne, consulté le )
  13. « Effectif de l'US Ivry 1996-1997 », Hand mag, Fédération française de handball, no 11,‎ , p. 22 (lire en ligne, consulté le )
  14. (de) « Gegnerkader TV Niederwürzbach Saison 1997/98 », sur archiv.thw-handball.de, THW Kiel (consulté le ).
  15. (de) « Gegnerkader Badel Zagreb Saison 1999/2000 », sur archiv.thw-handball.de, THW Kiel (consulté le ).
  16. (en) « Andrey Lavrov », sur history.eurohandball.com, Fédération européenne de handball (consulté le ).
  17. (de) « Sport: Fakten : Nettelstedt verpflichtet Lawrow », Der Tagesspiegel, (consulté le ).
  18. (is) « Lavrov til Nettelstedt », Morgunblaðið, (consulté le ).
  19. a b et c (de) « Handball: Torwart-Legende kommt nach Östringen », Rheinische Post, (consulté le ).
  20. « Statistiques cumulées de la Russie au championnat d'Europe 2004 » [PDF], sur activitiesarchive.eurohandball.com, Fédération européenne de handball (EHF), (consulté le ).
  21. a b c d e et f Yann Hildwein, « « Il restera à jamais dans mon coeur et dans celui de ma famille » : la légende russe Andreï Lavrov pleure son ami Denis Lathoud » Accès libre, sur L'Équipe, (consulté le )
  22. a b et c Luc Dreosto, « Andreï Lavrov, légende du handball, entraîneur bénévole à Strasbourg Schiltigheim - ICI » Accès libre, sur francebleu.fr, (consulté le )
  23. a et b « Turtschina et Wislander dans l'histoire », Hand mag, Fédération française de handball, no 46,‎ , p. 16 à 21 (lire en ligne, consulté le )
  24. a et b (ru) « Meilleurs handballeurs russes du XXe siècle », Fédération russe de handball, (archivé sur Internet Archive)
  25. a et b (en) « Voting of the IHF users: Omeyer world’s best goalkeeper », sur Site officiel de l'IHF, (consulté le ).

Liens externes

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