André Theuriet

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André Theuriet
Description de cette image, également commentée ci-après

André Theuriet dans les années 1870.

Nom de naissance Claude-Adhémar André Theuriet
Naissance
Marly-le-Roi, Yvelines, Drapeau de la France France
Décès (à 73 ans)
Bourg-la-Reine, Hauts-de-Seine, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Claude-Adhémar André Theuriet, né à Marly-le-Roi le , et mort à Bourg-la-Reine le , est un poète, romancier et auteur dramatique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Théodore Perron, Monument à André Theuriet (1913), Bourg-la-Reine.

André Theuriet voit le jour à Marly-le-Roi, d'un père bourguignon et d'une mère lorraine de Bar-le-Duc. En 1838, son père est nommé receveur des Domaines à Bar-le-Duc, toute la famille déménage. Il passe beaucoup de temps avec sa grand-mère qui lui apprend à lire. Un de ses grands plaisirs d'enfant est de rendre visite à une grand-tante un peu originale qui se déguise avec des rideaux, et qui déclame des vers.

Il est inscrit à la bibliothèque de la ville et ses préférences vont en matière de prose à Mérimée, Vigny, Balzac[réf. nécessaire] et en matière de poésie à Hugo, Musset, Vigny, Lamartine[1]. Il fait son entrée en 1843 au collège Gilles de Trèves. On raconte qu'en rhétorique, il fait des vers[1]. Il compose en grand secret des odes, des satires, des épîtres, et c'est dans un de ses cahiers de classe, (celui qui était réservé aux mathématiques,) qu'il transcrit ses premières productions[1]. Il s'avise même de faire publier, par un journal de la ville, une de ses poésies[1]. Mais il en est sévèrement puni[1]. Son professeur, ayant eu vent de la chose, s'amuse en classe à se moquer de ses vers[1]. Il est à Civray en 1849, bachelier ès lettres le [réf. nécessaire]. Il s'inscrit à la faculté de droit et participe au concours de l'Académie[1], en 1853, en présentant un poème de 400 vers sur l'Acropole, qui sera fort remarqué. Quelques mois après, il fait la connaissance de la fille du sous-préfet de Civray qui mourra en 1855 d'une angine de poitrine. Après avoir fait ses études à Bar-le-Duc (bachelier en droit le ), il est employé à la direction des Domaines à Auberive (Haute-Marne) de 1856 à 1859, au poste de surnuméraire de l'enregistrement et des domaines ; à Tours de 1859 à 1863, puis à Amiens, avant de devenir chef de bureau à l'enregistrement en 1863, au ministère des Finances[2]. Il commence à publier des poèmes et des nouvelles à la Revue des deux Mondes. En 1859, il fait la connaissance de celui qui allait être son meilleur ami : Camille Fistié.

À la guerre de 1870, il est au 19e bataillon de la 2e compagnie de la Garde nationale de la Seine. En 1871, il participe à la bataille de Buzenval. Il fera cette même année la rencontre d'Hélène Narat, sa future épouse.

En 1872, son drame, Jean-Marie, est représenté au Théâtre de l'Odéon.

En 1880, il épouse Hélène Narat[3], veuve du peintre Gabriel Lefebvre, un artiste renommé sous le Second Empire. D'après François Carez, c'était « une jeune fille charmante qu'il avait chantée — en amoureux rossignolant — dans le Livre de la Payse »[1]. En 1893, il vend son appartement du no 30 rue Bonaparte à Paris et achète une maison au no 14 avenue Victor Hugo à Bourg-la-Reine qu'il nomme Bois-Fleuri, en souvenir de son roman Boisfleury[2].

Élu au conseil municipal de la ville en 1894, il en devient maire le 14 avril au décès de M. Jallon[2]. Il fait réaliser deux grands tableaux par le peintre Menu pour orner la salle des mariages. Il démissionne de sa charge le [2]. Il est élu membre de l'Académie française le , au fauteuil d'Alexandre Dumas fils[4], et il y est reçu par l'écrivain Paul Bourget. Le conseil municipal de Bourg-la-Reine fait réaliser à Pierre-Adrien Dalpayrat deux assiettes en porcelaine qui lui sont offertes. Il fut également membre de l'Académie de Stanislas[5].

Son épouse meurt le .

André Theuriet est un écrivain qui chante les terroirs, les forêts, les petites villes bourgeoises avec une étonnante facilité à communier avec tous les pays où le mène sa profession. Ainsi, en Lorraine, en Argonne, dans la Haute-Marne et dans le Poitou, on le considère comme un du pays.

Sépulture d'André Theuriet, cimetière de Bourg-la-Reine.

Il publie de nombreux romans sur Bar-le-Duc, le pays d'Auberive, la Touraine et le Poitou, la Savoie — il séjourna plusieurs étés à Talloires[6], sur les bords du lac d'Annecy — et l'Argonne. L'intrigue de ses romans est souvent conventionnelle et les personnages, dont le caractère est fixé d'emblée et n'évolue guère, incarnent tous les grands sentiments de l'époque, parfois d'une façon stéréotypée, moralement et politiquement modérée. L'auteur se défie également des parvenus et des démagogues, des révolutionnaires et des aristocrates réactionnaires et privilégie les caractères francs et honnêtes, qu'un heureux mariage, socialement convenable, vient souvent récompenser. Mais son œuvre laisse un témoignage précis et fidèle de la vie quotidienne dans les villes et villages de province où les passions semblent magnifiées par les paysages où elles naissent et le lyrisme de l'auteur. Theuriet connaît bien la nature et n'a pas son pareil en sa génération pour brosser, d'une plume certes académique, un beau paysage. « Le ciel, qui avait été brumeux pendant la matinée s’éclaircissait par places ; des trouées de soleil éclairaient brusquement tantôt la prairie, tantôt un des versants de la forêt. Cette illumination intermittente donnait au paysage une brève splendeur printanière. La chanson discrète des rouges-gorges, les fleurs lilas des veilleuses éparses dans les près aidaient encore à l’illusion. Les parties restées dans l’ombre n’avaient pas, du reste, une coloration moins vivace : le brun pourpré des poiriers sauvages, le rouge sanglant des cerisiers, l’or pâle des sycomores et les retroussis argentés des saules semaient de taches éclatantes les frondaisons encore vertes des chênes et la rousseur fauve des hêtres. De loin en loin, au moindre souffle d’air, l’effeuillement soudain de quelques trembles ressemblait à une envolée de frêles papillons blancs. »

Atteint d'un cancer du colon, il s'éteint le 23 avril 1907. Il est inhumé au cimetière de Bourg-la-Reine.

Sans enfant, il laissa ses biens à ses amis M. et Mme Archambault, de Beaune, qui vivaient avec le couple et qui s'occupèrent de lui après la mort de son épouse[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Le Chemin des bois, poèmes et poésies (1867) 1er recueil couronné par l'Académie française
  • Le Legs d'une Lorraine, Paris, Alphonse Lemerre, , 8 p. (lire en ligne)
  • Le Bleu et le Noir, poèmes de la vie réelle (1873)
  • Le Livre de la payse : Nouvelles poésies, Paris, Alphonse Lemerre, , 175 p. (lire en ligne)
  • Nos oiseaux (ill. Hector Giacomelli et gravures sur bois de Jules Hoyot), Paris, H. Launette et Cie, , 206 p. (lire en ligne)
  • Carillons de Noël en hommage à Léon Lhermite (année non communiquée)
  • La Ronde des saisons et des mois (1882)
  • Jardin d'automne (1894)
  • Contes pour les Soirs d'Hiver

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Bigarreau, suivi de La Pamplina, de Marie-Ange, de L'Oreille d'ours et de La Saint-Nicolas, Alphonse Lemerre, s.d.
  • Mademoiselle Guignon, Paris, Charpentier, , 320 p. (lire en ligne)
  • Le Mariage de Gérard, Paris, Ernest Flammarion, , 255 p. (lire en ligne)
  • Raymonde : le Don Juan de Vireloup, Paris, G. Charpentier, , 352 p. (lire en ligne)
  • Sous bois : impressions d'un forestier, Paris, G. Charpentier, , 326 p. (lire en ligne)
  • Le Fils Maugars, Paris, G. Charpentier, , 320 p. (lire en ligne)
  • La Maison des deux Barbeaux : Le sang des Finoël, Paris, Paul Ollendorff, , 317 p. (lire en ligne)
  • La Sauvageonne, Paris, Paul Ollendorff, , 311 p. (lire en ligne)
  • Toute seule, Paris, G. Charpentier, , 333 p. (lire en ligne)
  • Les Enchantements de la forêt, Paris, Librairie Hachette, coll. « Bibliothèque des écoles et des familles », , 220 p. (lire en ligne)
  • Madame Heurteloup (1882)
  • les secret de Gertrude (ill. Émile Adan, Eaux fortes gravées par Auguste Boulard et vignettes dans le texte gravées sur bois par Jules Huyot), Paris, H. Launette et Cie, , 213 p. (lire en ligne)
  • Michel Verneuil, Paris, Paul Ollendorff, , 325 p. (lire en ligne)
  • Tante Aurélie (1884)
  • Eusèbe Lombard, Paris, Fayards frères, , 191 p. (lire en ligne)
  • Péché mortel (1885)
  • Contes pour les jeunes et les vieux (1886)
  • Mœurs d'employés (1887)
  • Contes de la vie de tous les jours. Les œillets de Kerlaz[8] (1887)
  • La Vie rustique (ill. Léon Lhermitte, gravures sur bois de Clément Bellenger), Paris, Librairie Charles Tallandier, , 336 p. (lire en ligne)
  • L'Affaire Froideville : Mœurs d'employés, Paris, Ernest Flammarion, , 70 p. (lire en ligne)
  • Contes de la vie de tous les jours. Les œillets de Kerlaz[8] (1887)
  • Amour d'automne (ill. S. Macchiati), Paris, Alphonse Lemerre, , 346 p. (lire en ligne)
  • Contes de la forêt (1888)
  • Contes de la vie intime, Paris, Martinet, , 213 p. (lire en ligne)
  • Josette (1888)
  • Contes pour les soirs d'hiver (1889)
  • Deux sœurs, Paris, Alphonse Lemerre, , 301 p. (lire en ligne)
  • L'Amoureux de la préfète (1889)
  • Le Bracelet de turquoises (1890)
  • L'Oncle Scipion, Paris, Alphonse Lemerre, , 314 p. (lire en ligne)
  • Reine des bois, Paris, Bibliothèque Charpentier, , 308 p. (lire en ligne)
  • Charme dangereux, Paris, Alphonse Lemerre, , 422 p. (lire en ligne)
  • L'Abbé Daniel (1893)
  • La Chanoinesse 1789-1793 (« Bibliothèque des romans historiques ») (1893)
  • Contes forestiers (1894)
  • Rose-Lise (1895)
  • Cœurs meurtris (1896)
  • Boisfleury (1897)
  • Contes de la primevère (1897)
  • Le Refuge, Paris, Alphonse Lemerre, , 329 p. (lire en ligne)
  • Dorine (1899)
  • Dans les Roses (1899) où il évoque les querelles entre ses concitoyens
  • Frida (ill. par la photographie d'après nature), Paris, Nilsson - Per Lamm, coll. « La voie merveilleuse », , 163 p. (lire en ligne)
  • Villa tranquille (1899)
  • Claudette, contes et propos rustiques (1900)
  • Jours d'été, Paris, Société d'éditions littéraires et artistiques, Librairie Paul Ollendorf, illustré par Clémentine-Hélène Dufau, 1901, 188 p.
  • La petite dernière, Paris, Ernest Flammarion, , 85 p. (lire en ligne)
  • Le manuscrit du chanoine, Paris, Alphonse Lemerre, , 295 p. (lire en ligne)
  • La Sœur de lait (1902)
  • Histoires galantes et mélancoliques (1903)
  • Les Revenants (1904)
  • Souvenirs des vertes saisons : Années de printemps - jours d'été, Paris, Société d'éditions littéraires et artistiques, , 344 p. (lire en ligne)
  • L'Oncle Flo (1906)
  • Colette (posthume, 1908)
  • Au Paradis des Enfants (1887) Editeur Paul Ollendorff, 28 rue Richelieu Paris. Ouvrage tiré en 10 exemplaires.

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Avant-propos aux 'Fables' de Florian en 1899
  • Préface du recueil de poèmes de Hégésipe Moreau, Le myosotis, publié à Paris chez L. Conquet en 1893
  • Préface de 'Le Vieil Annecy' de C. Pinet vers 1900

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie, drame en 1 acte, en vers, Paris, théâtre de l'Odéon, 11 octobre 1871.
  • La Maison des deux barbeaux, comédie en 3 actes (en collaboration avec Henri Lyon), Paris, Odéon-Théâtre de l'Europe, 4 février 1885.
  • Raymonde, comédie en 3 actes, (en collaboration Eugène Morand), Paris, Comédie-Française, 28 mai 1887.
  • Les Maugars, pièce en 4 actes (en collaboration avec Georges Loiseau), Paris, théâtre de l'Odéon, .

Récompenses[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Une rue porte son nom dans les villes de Aulnay-Sous-Bois, Metz, Clermont-Ferrand, Brest, Annecy, Saint-Dizier, Chaumont, Nice, Marly-le-Roi, Bar-le-Duc et Talloires où se trouve aussi un collège à son nom, et à Civray, un lycée.
  • Le , le Monument à André Theuriet est inaugurée à Bourg-la-Reine par le président de la République Raymond Poincaré et le sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts Léon Bérard, dans une rue portant son nom. Il est due au sculpteur Charles Théodore Perron, qui demeurait également à Bourg-la-Reine ; le fondeur est René Fulda, à Paris.
  • Dans la version parue en France en 1906 du livre sur les Bucegi, Nestor Urechia lui rend un chaleureux hommage par cette dédicace[9] : « À ANDRÉ THEURIET, au maître écrivain, chanteur des bois, des fleurs et des doux sentiments. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Auteurs contemporains : études littéraires : Paul Verlaine, Anatole France, André Theuriet, Maurice Maeterlinck, Paul Déroulède / François Carez par François Carez, aux Éditions Demarteau (Liège), 1897, 331 pages
  2. a, b, c et d Xavier Lenormand, Histoire des rues de Bourg-la-Reine, p. 18.
  3. D'après Xavier Lenormand[Qui ?].
  4. « André THEURIET (1833-1907) », sur Académie française (consulté le 14 juin 2009)
  5. (fr) « THEURIET Claude-Adhémar-André », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 25 octobre 2013)
  6. où il fréquentera le peintre Albert Besnard
  7. Philippe Chaplain, « André Theuriet (1833-1907) », in Les grands personnages au cimetière de Bourg-la-Reine, Éd. Bibliothèque de l'Association Historique de Bourg-la-Reine, no 7, 2007, p. 4-9.
  8. a et b André Theuriet, Contes de la vie de tous les jours. Les œillets de Kerlaz, A. Lemerre, 1887, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k68818d/f5.image.r=Ploudaniel.langFR
  9. Nestor Urechia, Dans les Carpathes roumaines : les Bucégi, Paris, Plon, (SUDOC 056477848)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine Albalat, Souvenirs de la vie littéraire, Arthème Fayard et Cie éditeurs à Paris, 1921, 319 p.
  • Jacques Bonnaure: André Theuriet de la Meuse à la Coupole, in Bulletin des Sociétés d'histoire et d'archéologie de la Meuse, no 38-39, p. 125-140.
  • Emmanuel Besson, A la veille d'un centenaire: Souvenirs personnels sur André Theuriet (1/4) Le Domaine no 97 de novembre 1930, pages 438 à 455, (2/4), Le Domaine, no 98-99 de décembre 1930/janvier 1931, pages 49 à 56, (3/4), Le Domaine no 100 de février 1931, pages 78 à 88, (4/4, Le Domaine no 497 de mars 1931, pages 113 à 122.
  • Jean David, André Theuriet en Touraine, dans: Mémoires de l'Académie de Touraine, 2004, p. 83 à 97.
  • Théophile Gautier, Histoire du Romantisme , éd. Charpentier et Cie Libraires-éditeurs, Paris, 1874, 410 p.
  • Maurice Guillemot, Villégiatures d'artistes, éd Ernest Flammarion, 1897, 260 p.
  • Ernest Jungle, Profils parisiens, première série, éd. A. Melet, Paris, 1898, 212 p.
  • Bernard Lazare, Figures contemporaines. Ceux d'aujourd'hui et ceux de demain, Libraires-éditeurs, Perrin et Cie, Paris, 1895, 281 p.
  • Jules Lemaître, Les contemporains 5e série, H. Lecène & H. Oudin, Paris, 1892, 355 p.
  • Jules Tellier, Les écrivains d'aujourd'hui -Nos poètes, éd. A. Dupret, Paris, 1888, 258 p.
  • Paul Verlaine, André Theuriet, monographie publiée dans la revue Les Hommes d'aujourd'hui, no 406 ; texte sur wikisource

Liens externes[modifier | modifier le code]

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