André Neher

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André Neher
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André Neher
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André Neher, né le à Obernai et mort le à Jérusalem, est un rabbin honorifique, écrivain et philosophe français et israélien du XXe siècle, d'origine juive alsacienne.

Chef de file, avec Emmanuel Levinas et Léon Ashkenazi, de « l'école de pensée juive de Paris », il est l'un des principaux artisans du renouveau du judaïsme en France après la Shoah.

Biographie[modifier | modifier le code]

André (Asher Dov) Neher naît en 1914 à Obernai dans le Bas-Rhin puis la famille déménage à Strasbourg redevenue française en 1918.

Son père est Albert Neher né en 1879 à Langensoultzbach, Alsace, et mort le 18 janvier 1945 à Lyon[1]. Sa mère est Rosette Neher (née Srauss) née en 1888 et morte en 1963 à Strasbourg[2].

Son frère aîné est Richard Neher, né à Obernai, Bas-Rhin en 1910 et mort le 8 avril 1981. Il a deux sœurs: Hélène Samuel (Neher) née le 14 janvier 1912 à Obernai et morte le 11 novembre 2005 à Jérusalem en Israël[3] et Suzanne Suzel Neher (Revel)[4].

Albert Neher[5] est un juif traditionaliste qui enseigne à ses fils la Torah[6]. Durant la Seconde Guerre mondiale, Albert Neher écrit et illustre une Haggadah, pour chacune des quatre années[7].

L'éducation d'André Neher développe en lui l'amour de la France. Dès l'âge de 22 ans, il enseigne l'allemand au collège de Sarrebourg et continue en parallèle d'étudier le judaïsme notamment à la yechiva de Montreux, en Suisse.

Il est mobilisé en 1939 et après la débâcle rejoint sa famille réfugiée à Brive-la-Gaillarde où il reprend l'enseignement avant d'être nommé à Lanteuil. Il fait partie de la communauté de David Feuerwerker, alors rabbin de Brive et de toute la région. Le 2 décembre 1940, il est chassé de l'enseignement de par le statut des Juifs décrété par le gouvernement de Vichy. Il est sensible à l'indifférence de ses collègues enseignants à cette injustice. Ceci le conduit, après la guerre, à abandonner ses études de la littérature allemande pour se tourner vers le judaïsme et la littérature juive.

Il épouse en 1947 Renée Bernheim (1922-2005), fille du médecin André Bernheim (1877-1963), avec laquelle il cosigne plusieurs ouvrages. Les Neher n'ont pas d'enfants et consacrent leur vie à l'enseignement, à la recherche, et à la publication de leurs travaux.

En 1954, le rabbin David Feuerwerker introduit l'hébreu comme langue vivante au baccalauréat français, et fait passer cette épreuve, à Paris. À Strasbourg, André Neher remplit les mêmes fonctions[8].

En 1955, il est nommé professeur de littérature juive à l'université de Strasbourg et obtient l'enseignement de l'hébreu comme langue vivante par l'université française.

En 1962, il publie avec son épouse L'Histoire biblique du peuple d'Israël puis Le Puits de l'exil.

Après la guerre des Six Jours, il émigre en Israël, à Jérusalem. Cette émigration, par un intellectuel juif français de renom, est ressentie vivement en France comme en Israël, elle constitue une réponse aux propos du général de Gaulle qualifiant le peuple juif de « peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur » lors de la conférence de presse du 27 novembre 1967[9]. Il enseigne la pensée juive à l'université de Tel Aviv.

Il est enterré au cimetière juif du mont des Oliviers à Jérusalem.

Il a eu comme élèves Théo Dreyfus (1925-2007), Bernard Picard (1925-1998) et Beno Gross (1925-2015).

Honneurs[modifier | modifier le code]

  • En 1993 a été créé sous l'égide du Fonds social juif unifié un centre de formation des maîtres et de cadres pour l'école juive portant son nom, puis rebaptisé depuis 2006 Institut André-et-Rina-Neher.
  • Depuis 2013, le groupe local des EEIF de Cannes porte le nom de Cannes André Neher.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • "Le risque" :

(...) En créant l'homme libre, Dieu a introduit dans l'univers un facteur radical d'incertitude, qu'aucune Sagesse divine ou divinatoire, qu'aucune mathématique, qu'aucune prière même, ne peuvent ni prévoir, ni prévenir, ni intégrer dans un mouvement préétabli: l'homme libre, c'est l'improvisation faite chair et histoire, c'est l'imprévisible absolu, c'est la limite contre laquelle viennent se heurter les forces directrices du plan créateur, sans que nul ne puisse dire par avance si cette limite consentira à se laisser franchir ou si, par la puissance du barrage qu'elle leur oppose, elle n'obligera pas ces forces créatrices à rebrousser chemin mettant en danger, par ce choc en retour, le plan créateur dans son ensemble."

  • "Faisons l'homme !" C'est le grand défi lancé par Dieu à son propre être, qu'Il limite en décidant d'introduire dans la création une créature qui soit libre".
  • in Faust et le Maharal de Prague : le mythe et le réel, PUF

Bibliographie[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]