André Lichtenberger

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André Lichtenberger
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André Lichtenberger en 1930

Naissance
Strasbourg
Décès (à 69 ans)
Paris
Activité principale
Professeur agrégé d'histoire
Distinctions
Prix Montyon de l'Académie française[1] (1899, 1901, 1909)
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

  • Mon Petit Trott (1898)
  • La Mort de Corinthe (1900)

Émile André Lichtenberger, né le [2] à Strasbourg, mort le [3] à Paris, est un historien spécialiste du socialisme, un essayiste et romancier français, connu surtout comme auteur de Mon Petit Trott (1898).

Biographie[modifier | modifier le code]

André Lichtenberger naît alors que Strasbourg vient d'être occupée par les troupes prussiennes et peu de temps avant l'annexion de l'Alsace-Lorraine en 1871.

Il semble que la famille Lichtenberger ait quitté l'Alsace devenue allemande pour la France, car elle fait un séjour à Saint-Jean-de-Luz en 1872[4]. André Lichtenberger a un frère (Henri Lichtenberger[5]) et une sœur (Jeanne Lichtenberger). En 1877, sa mère[6], devenue veuve, s'installe définitivement au Pays basque[7] de sorte qu'André est d'abord élève au lycée de Bayonne[8]. André Lichtenberger restera toujours attaché au Pays basque sur lequel il a écrit plusieurs livres ; dans sa notice biographique de 1924, il indique, à la rubrique sports pratiqués : « lawn-tennis, pelote basque ».

Il est ensuite élève au lycée Louis-le-Grand à Paris[9], puis fait des études d'histoire-géographie à la Sorbonne, où il retrouve un compatriote strasbourgeois réfugié, Charles Andler, étudiant en allemand.

En 1891, il est reçu deuxième à l'agrégation d'histoire et géographie[10]. À cette époque, il est réformé du service militaire actif en raison d'une faiblesse de constitution[11]

En 1895, il soutient sa thèse pour le doctorat ès lettres sur Le Socialisme au XVIIIe siècle. La même année, il épouse à Boucau Jeanne Sautereau[12], originaire de cette commune.

De 1897 aux années 1930, il publie de nombreux ouvrages dans des domaines très divers, allant des essais politiques à la littérature enfantine : ce sont d'ailleurs ses deux romans liés au personnage de Trott qui sont les plus connus à l'heure actuelle, au moins dans les générations nées avant 1980.

En 1900, il publie un roman historique, La Mort de Corinthe, qui évoque la fin de l'indépendance des cités grecques au IIIe siècle av. J.-C. ; mais le thème qui sous-tend ce roman est le sentiment de la décadence de la France. Cet ouvrage est remarqué par Paul Doumer au moment de son retour d'Indochine en 1902. Il prend contact avec André Lichtenberger qui devient son assistant personnel[13]. En 1905-1906, il est son chef de cabinet en tant que président de la Chambre des députés[8]. Ils sont aussi tous deux au départ d'une publication L'Opinion[14], dont André Lichtenberger est rédacteur en chef.

Une autre personnalité à laquelle il a été lié est Gustave Hervé.

Pendant la Première Guerre mondiale, il collabore successivement[11] avec les généraux Gallieni (gouverneur militaire de Paris, mort en 1916), Lyautey (gouverneur du Maroc) puis Gouraud (notamment pour l'organisation de la Légion polonaise).

Il meurt d'une hémorragie cérébrale quelques semaines avant le désastre de 1940, que, malgré son pessimisme, il n'avait jamais envisagé aussi extrême[3].

L'œuvre d'André Lichtenberger[modifier | modifier le code]

Comme le stipule l'Encyclopédie Larousse en 1932, Lichtenberger est « un écrivain varié, érudit, un psychologue humoriste, plein de vigueur et de finesse ».

Trott[modifier | modifier le code]

Mon Petit Trott

Publié en 1898, Mon Petit Trott a été un ouvrage de référence pour les dictées d'école primaire durant les années 1940 et 1950, tout comme Poum, aventures d'un petit garçon de Paul et Victor Margueritte, et Poil de carotte de Jules Renard.

Trott, un enfant âgé de six ou sept ans, vit avec sa mère, une vieille bonne et une gouvernante, dans une villa de Nice. Son père, officier de marine, est absent depuis très longtemps. Le récit prend la forme d'une suite de tableaux anecdotiques retraçant généralement une confrontation de Trott avec la pauvreté, la vieillesse, la maladie ou la mort. Un élément plus romanesque apparaît à la fin : le père de Trott revient et rapidement, un climat très tendu s'instaure entre lui et son épouse, sans que la cause précise de la brouille soit clairement expliquée (car le point de vue est toujours celui de Trott, qui ne comprend pas tout du monde des adultes, en particulier les relations entre hommes et femmes), mais à certains indices bien ménagés au cours du récit, le lecteur devine que le père de Trott reproche à son épouse sa coquetterie et une conduite un peu légère. Trott forcera pour ainsi dire une réconciliation finale.

D'une grande finesse psychologique, Mon Petit Trott est un classique de la littérature enfantine qui a obtenu le Prix Montyon de l'Académie française[1].

La Petite Sœur de Trott

Publié en 1898, ce livre dépeint finement la psychologie enfantine, dans une famille de la grande bourgeoisie française. Il a lui aussi obtenu le Prix Montyon de l'Académie française[1]

Papiers sur une suite de Trott

Parmi les papiers retrouvés après la mort d'André Lichtenberger, figurait une esquisse de Vie de Trott[15], dans laquelle le héros, après une vie plutôt décevante, aurait trouvé la mort au cours de la Première Guerre mondiale.

Nane[modifier | modifier le code]

Série dont il confie l'illustration à Henry Morin

  • Nane au Maroc
  • Marraine chez Nane ,
  • Le règne de Nane,
  • Nane et ses bêtes ,
  • Les vacances de Nane ,
  • Nane policière,
  • Nane fait du cinéma

Publications[modifier | modifier le code]

Histoire
  • Le Socialisme au XVIIIe siècle, thèse, 1895
  • Le Socialisme utopique, étude sur quelques précurseurs inconnus du socialisme, Fernand Alcan, Paris, 1898, 277 p[16].
  • Le Socialisme et la Révolution française, 1898
  • Trois familiers du grand Condé : l'abbé Bourdelot, le père Talon, le père Tixier, Paris, 1909 [17]. En collaboration avec Jean Lemoine. Prix Montyon de l'Académie française en 1909[1])
  • Bugeaud, Paris, Plon, 1931, collection « Les grandes figures coloniales ».
Essais
  • Tous héros, Librairie des Annales politiques et littéraires, Paris, 1910, 299 p. (notice BnF no FRBNF36565933)
  • La Guerre européenne et la question d'Alsace-Lorraine, Éditions Chapelot, Paris, 1915, 132 p. [18] En collaboration avec Henri Lichtenberger (1864-1941).
  • Un coin de la guerre. La France au Maroc, Berger-Levrault, Paris, 1918, 64 p. (notice BnF no FRBNF36565925)
  • Pourquoi la France est en guerre, Comité protestant des amitiés françaises à l'étranger, Paris, 1940, 15 p.[19].
Livres pour enfants
  • Mon Petit Trott, 1898 (rééditions : Plon, Paris, 1923... 1951 ; Éditions G. P., coll. « Rouge et Or », 1954, 1961)
  • La Petite Sœur de Trott, 1898 (rééditions : Plon, 1920, 1933, 1944 ; Nelson, sans date ; G.P., 1956)
  • Le Petit Roi, 1910
Romans et contes
  • Contes héroïques. 1789-1795, Éditions Fischbacher, Paris, 1897, 224 p. [20]. Épisodes de la période révolutionnaire.
  • La Mort de Corinthe, 1900 (roman archéologique. Prix Montyon de l'Académie française en 1901[1])
  • Portraits de jeunes filles, 1900
  • Père, 1901
  • Rédemption, Férenczi, 1902
  • Portraits d'aïeules, 1903
  • M. de Migurac ou le marquis philosophe, 1903
  • Les Centaures, 1904 (sorte de poème en prose)
  • Line, 1905
  • Gorri le Forban, Calmann-Lévy, 1906
  • L'Automne, 1907
  • Notre Minnie, 1907
  • La Folle Aventure, 1908
  • La Petite, 1909
  • Tous Héros, 1910
  • Le Petit Roi, 1910
  • Juste Lobel, Alsacien, 1911
  • Petite Madame, 1912
  • Kaligouça le Cœur Fidèle, Calmann-Lévy, 1913
  • Le Sang nouveau, 1914
  • Biche, 1920
  • Raramémé, Férenczi, 1921
  • Scènes en famille, 1921
  • Les Vacances de Nane, Nane et ses Bêtes, Le Règne de Nane, Nane au Maroc, Gautier et Languereau, 1925
  • L'Automne, Plon, 1927
  • Le Cœur de Lolotte, 1927
  • L'Enfant aux yeux de chat, Férenczi, Le Beau livre, no 7, 1932
  • La Main de Sang, Férenczi, 1939
Varia
  • En Alsace, Les Arts Graphiques, coll. « Les Beaux Voyages », Vincennes, 1912, 118 p.
  • Le Tennis. Notes, méditations, souvenirs, Oudin, Paris, 1914, 111 p[21].

Hommages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Foessel, « Émile André Lichtenberger », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 24, p. 2358
  • Qui êtes-vous ? Annuaire des contemporains. Notices biographiques, Paris, Delagrave, 1909.
  • Qui êtes-vous ? Annuaire des contemporains. Notices biographiques, Paris, G. Ruffy Éditeur, 1924, disponible en ligne[22].
  • Encyclopédie Larousse (en 6 volumes), 1932.
  • Marguerite Lichtenberger, Le Message d'André Lichtenberger, Calmann-Lévy, Paris, 1946, 225 p. L'auteur, née en 1900, docteur ès lettres en 1934, traductrice de plusieurs livres anglais, est la fille d'André Lichtenberger[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Cf. notice de l'Académie française
  2. Peut-être. Cf. *site www.tophrase.com ;
    • Archives départementales de Strasbourg, Tables décennales 1863-1872 (etat-civil.bas-rhin.fr), vue 346, qui indique bien un Lichtenberger à cette date, quoique le prénom soit différent (registres complets présents aux archives municipales, sur microfilm) ;
    • Marguerite Lichtenberger, Le Message d'André Lichtenberger, p. 21, confirmant le mois de novembre.
  3. a et b Message, p. 219.
  4. Message, page 69.
  5. Celui-ci, né le à Mulhouse, a aussi des attaches au Pays basque, et ils ont écrit un livre ensemble. Ils sont les enfants de Paul Émile Lichtenberger et de Sophie Mathilde Stolz : les actes de naissances sont disponibles en ligne sur le site des Archives Départementales du Haut-Rhin (archives.cg68.fr), actes de naissances de Mulhouse, 1863-1865, vue 605, acte 405 pour Henri, et sur le site des Archives Départementales du Bas-Rhin (etat-civil.bas-rhin.fr), actes de naissances de Strasbourg, 1870, cinquième volume, 1er novembre-31 décembre, vue 54, acte 2614 pour André.
  6. Décès de sa mère en 1921. Message, p. 37.
  7. Message, p. 70.
  8. a et b Qui êtes-vous ?, 1924.
  9. Site du Lycée Louis-le-Grand Historique. Il s'agissait peut-être de préparer l’École normale supérieure, mais il ne semble pas qu'il ait été reçu.
  10. Après Georges Goyau et avant Arthur Kleinclausz, voir André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1950 », sur Ressources numériques en histoire de l'éducation (consulté le 19 juin 2014).
  11. a et b Message, p. 36.
  12. Qui êtes-vous ?, 1924, et site de Boucau : [1].
  13. Message, p. 23.
  14. L'Opinion : publication disponible à la Bibliothèque de l'Hôtel-de-Ville de Paris.
  15. Message, p. 20-21.
  16. (notice BnF no FRBNF36565932)
  17. (notice BnF no FRBNF41662466)
  18. (notice BnF no FRBNF34099299)
  19. (notice BnF no FRBNF32384224)
  20. (notice BnF no FRBNF35997743)
  21. (notice BnF no FRBNF30816832)
  22. [2], faire "Aperçu du livre", puis aller à la vue 485. Contenu intéressant de la notice : Officier de la Légion d'honneur. Marié à Mlle Jeanne Sautereau. Educ. : lycée de Bayonne ; Sorbonne. Chef du cabinet de M. Doumer à la Présidence de la Chambre des Députés (1905-1906) ; directeur-adjoint du Musée social ; rédacteur en chef de l'Opinion. Prix de l'Académie française (1900). Sports : lawn-tennis ; pelote basque. Club : Cercle artistique et littéraire (Volney).
  23. Message, chapitre 1.

Liens externes[modifier | modifier le code]