André Lafargue

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André Lafargue
André lafargue 2012.jpg
André Lafargue en 2012.
Biographie
Naissance
Décès
Pseudonymes
Robert Desniaux
La FlècheVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie
Claude Lafargue (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjointe
Parentèle
Jean-Noël Lafargue (petit-fils)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Lieu de détention
Distinction

André Lafargue, né le à Paris, ville où il est mort le [1], est un journaliste et résistant français.

Collaborateur du Parisien, dont il est le doyen, il est critique de cinéma et de théâtre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean André Lafargue naît le dans le 15e arrondissement de Paris[2],[3], [4]. Son père Jean deviendra directeur général d'Électricité et gaz du Nord, quand sa mère Florence Chamier est britannique[2] d'origine française huguenote. Il a un frère, Claude, médecin, qui prit également part à la Résistance[2] et fut lui aussi déporté, mais à Dachau[5].

Résistance[modifier | modifier le code]

En , à presque 23 ans, André Lafargue est mobilisé dans le régiment de Fontenay-le-Comte, en Vendée. « Avec quelques camarades, on s'est rendu à pied vers le port de La Rochelle avec l'espoir d'embarquer pour l'Angleterre[6] », après l'appel de Charles de Gaulle. Mais n'y parvenant pas, il revient vers Paris. Il est alors étudiant à l'École libre des sciences politiques[2] et partage un appartement avec Marcel Renet, qui fonde le journal clandestin Résistance (deuxième du titre, entre 1942 et 1944), où il signe ses articles sous le nom Robert Desniaux, et le mouvement du même nom, où son pseudonyme est La Flèche[7],[8]:

« Moi, c'est davantage mon tempérament de me battre avec ma plume, c'était mon fusil. […] Je suis allé en zone sud pour voir comment fonctionnait Franc-Tireur, j'ai vu Claudius Petit qui m'a appris qu'un représentant du général de Gaulle se trouvait en France mais qu'il n'était pas encore venu en zone occupée. Il s'agissait de Jean Moulin. Il est ensuite venu à Paris et nous avons pris contact avec d'autres mouvements. Il avait été question, via Jean Moulin, que j'aille en Angleterre pour faire connaître le mouvement et leur demander du matériel et des armes. Mais alors que je devais partir, j'ai été arrêté par la Gestapo. »

Arrêté par la Gestapo le au Mans[9], torturé puis déporté via Compiègne[10] dans les camps de concentration de Buchenwald (24/01/1944)[10], de Mauthausen[10] (25/02/1944) et, enfin, dans son annexe, Ebensee (24/07/1944)[10], où il est témoin de l'arrivée des troupes américaines, le  »[11]. Pendant sa captivité, ses doigts sont victimes de la gangrène et doivent être amputés[12].

Participant à son retour à l'accueil des déportés survivants au Lutetia à Paris, il évoque en 2005 ce souvenir de sa déportation : « Son matricule 53 858 lui vient encore aux lèvres en allemand, automatiquement[13] ».

Journalisme[modifier | modifier le code]

André Lafargue dans les locaux du Parisien en 2007.

Après la Libération, André Lafargue revient au journal Résistance, devenu Paris-Matin. Le titre fusionne avec Le Pays et devient Ce Matin-Le Pays. Quand il cesse de paraître, le journaliste entre au Parisien libéré, qui devient en 1986 Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Le , il est officiellement retraité et commence dès le lendemain, le , une activité de « pigiste permanent » au Parisien[2]. La même année, il se marie avec sa seconde épouse, l'actrice Monique Morisi, qui était sa compagne depuis 1957[2].

Il y mène une carrière de critique de cinéma et de théâtre inlassable ; à 95 ans, raconte son petit-fils Jean-Noël Lafargue[14] en 2012, « chaque soir il va voir une pièce de théâtre et chaque jour il occupe son bureau à la rédaction du Parisien où, en qualité de pigiste retraité, il écrit des critiques des spectacles vus la veille » (en 2016, à la veille de ses 99 ans, il publie une critique[15] de la pièce Mère Teresa).

Son métier et les domaines qu'il traite, raconte son petit-fils, « le cinéma, le théâtre, et les arts en général, lui ont permis de connaître ou de rencontrer des gens comme Audrey Hepburn, Michèle Morgan, André Bourvil, Alain Saint-Ogan, ou Michel Audiard, qu’il se vante d’avoir présenté à André Hunebelle, grâce à qui il a pu commencer la carrière du futur dialoguiste des Tontons flingueurs. »

Le , ses cent ans sont fêtés dans les locaux du Parisien[16].

Mort[modifier | modifier le code]

Alors qu'il est « le plus vieux journaliste de France encore en activité[17] », il meurt dans son sommeil[16] dans la nuit du 17 au [18].

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. État civil trouvé dans la base MatchId des fichiers de décès en ligne du Ministère de l'Intérieur avec les données INSEE (consultation 20 juin 2020)
  2. a b c d e f g et h Pierre Vavasseur, « André Lafargue : 100 ans de résistance », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  3. Tweet de son petit-fils Jean-Noël Lafargue, 5 juillet 2016.
  4. Archives de Paris 15e, acte de naissance no 1621, année 1917 (page 11/21)
  5. « Claude Lafargue / Personal Files - Concentration Camp Dachau », sur Collection Arolstein
  6. Témoignage d'André Lafargue, recueilli pour le site gouvernement.fr, 15 juin 2010.
  7. LES MOUVEMENTS DE RESISTANCE / Résistance : De l'écrit à l'action, publié dans Le Lien des amitiés de la Résistance, no 16 (décembre 2004).
  8. Fiche dans la base des médaillés de la résistance sur le site Mémoires des Hommes du Ministère de la Défense
  9. Typologie du sauvetage des juifs dans le département de la Sarthe, Limore Yagil, dans Guerres mondiales et conflits contemporains (2009/4, no 236), Presses universitaires de France) : « Sabine Aste, Mme et M. Dangerard cachaient des réfractaires ainsi que plusieurs Juifs. En septembre 1943, ils donnèrent asile à André Lafargue, dit La Flèche, un des responsables nationaux du mouvement Résistance et au lieutenant américain Mac Gorvan abattu au-dessus de la région. Après l'arrestation de Lafargue au Mans le 30 septembre, la Gestapo chercha à arrêter le couple Dangerard. »
  10. a b c et d « Lafargue, André », sur http://www.monument-mauthausen.org/
  11. « Le jour où nous avons été libérés » , Le Parisien, 27 janvier 2015, Caroline Bonacossa.
  12. Armelle Heliot, « Pour saluer André Lafargue, résistant et journaliste », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  13. « Au Lutetia, le silence des survivants », Libération, Marc Semo, 24 janvier 2005.
  14. « Presse clandestine », blog de Jean-Noël Lafargue, 27 septembre 2012.
  15. « Mère Teresa » : ombre et lumière », Le Parisien, .
  16. a et b Pierre Vavasseur, « Adieu André Lafargue, notre André », sur leparisien.fr, .
  17. « Disparition d'André Lafargue, le journaliste centenaire du «Parisien », sur liberation.fr, .
  18. « Mort du doyen du journal « Le Parisien », André Lafargue », sur lemonde.fr, .

Liens externes[modifier | modifier le code]

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