André Koechlin

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André Koechlin
Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait d'André Koechlin par Édouard Louis Dubufe.

Naissance
Mulhouse
Décès (à 85 ans)
Paris
Nationalité française
Activité principale
Entrepreneur industriel
Autres activités
Maire de Mulhouse
Conseiller Général
Député
Distinctions
Légion d'honneur
Famille

Compléments

  • Pionnier du chemin de fer : constructeur de locomotives

André Koechlin (Mulhouse, - Paris, ), est un industriel et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petit-fils de Samuel Koechlin et de Jean-Henri Dollfus (cofondateurs de l'industrie textile mulhousienne en 1746) et cousin de Jean-Jacques et Nicolas Koechlin[1], il prit la direction des usines textiles Dollfus-Mieg et Compagnie (DMC) à la mort de son beau-père, en 1818.

Il se lança dès 1826 dans la construction mécanique en créant la société André Koechlin et Compagnie (AKC) et sa fonderie mulhousienne (ancêtre de la SACM et d'ALSTHOM). De ses usines sortirent les premières locomotives alsaciennes, notamment, en 1839, la première locomotive – plus tard appelée « Napoléon[2]» – pour le chemin de fer de Mulhouse à Thann de son cousin Nicolas.

Il se constitua une fortune considérable, son patrimoine étant passé de 25 000 francs en 1813 à environ vingt millions de francs en 1875[3]. Attentif au sort de ses ouvriers, il fit construire, vers 1835, de petites maisons qu'il louait pour la modique somme de 12 à 13 francs par mois à certains de ses employés. Ces derniers devaient alors s'engager à cultiver leur jardin, à envoyer leurs enfants à l'école, à ne pas contracter de dettes, à déposer chaque semaine une somme à la caisse d'épargne et, enfin, à verser 15 centimes par semaine dans la « caisse des malades » de l'usine[4].

En 1836, il devint chevalier de la Légion d'honneur[5].

Il est l'un des principaux actionnaires de la Société civile des houillères de Ronchamp, dont le charbon alimente l'industrie mulhousienne.

L'ingénieur Maurice Koechlin, concepteur de la tour Eiffel, n'est autre que son petit-neveu.

Carrière politique locale[modifier | modifier le code]

Nommé deux fois maire de Mulhouse, des lendemains des Trois Glorieuses jusqu'en 1831, puis de 1832 à 1843, il administra la ville avec autorité et fermeté, interdisant notamment la mendicité après avoir réorganisé les institutions d'assistance municipales (1832).

Il devança la loi Guizot en créant dès 1831 une grande école primaire municipale et interconfessionnelle et fit construire un nouvel hôpital (dont l'aile nord a été conservée et abrite aujourd'hui les locaux actuels de la mairie). Il encouragea et subventionna également la création de salles d'asiles.
Ayant rencontré une opposition au sein du conseil municipal au sujet d'une affaire mineure (la construction d'un entrepôt), il démissionna à la fin de l'année 1842.

Il fut également conseiller général du Haut-Rhin de 1839 à 1848.

Carrière politique nationale[modifier | modifier le code]

Orléaniste conservateur, proche du parti de la Résistance, il soutint la politique de Guizot en tant que député d'Altkirch (1832-1834 et 1846-1848) et de Mulhouse (1841-1846) et fut souvent en rivalité avec son cousin Nicolas Koechlin, proche de l'opposition dynastique et du parti du Mouvement. En 1833, il était classé en tant que "ministériel dévoué" (soutenant le gouvernement Soult I, majoritairement conservateur)[6]. Après les élections de 1846, il faisait partie du groupe des « conservateurs progressistes », des libéraux qui souhaitaient pousser Guizot à concéder quelques réformes afin de calmer la montée du mécontentement. En décembre 1847, Koechlin était à la tête d'un groupe d'une soixantaine de députés qui signèrent une déclaration réformiste. Celle-ci, transmise au roi par Guizot, fut rejetée avec dédain par Louis-Philippe[7].

La révolution de 1848, en provoquant la chute de Louis-Philippe et de Guizot, entraîna son retrait de la vie politique. Il continua cependant à contribuer au bien-être de ses concitoyens par ses dons très généreux en faveur des institutions d'assistance et des communautés religieuses.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un autre cousin d'André Koechlin, Joseph Koechlin-Schlumberger, devint maire de Mulhouse une dizaine d'années après lui. De même, un oncle d'André Koechlin, Jean-Henri Dollfus fils fut également maire de cette ville sous la Restauration.
  2. Raymond Oberlé, « Kœchlin André : industriel, maire, député (Mulhouse 3/3/1789 - Paris 14/4/1875) », dans Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine : Alsace, Volume 2, éditions Beauchesne, 1987 (ISBN 9782701011417) p. 241 (extrait)
  3. Michel Hau, L'Industrialisation de l'Alsace (1803-1939), PUS, Strasbourg, 1987, p. 344.
  4. Thouvenin, De l'influence que l'industrie exerce sur la santé des populations dans les grands centres manufacturiers, 1846.
  5. Édouard Sitzmann, Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l'Alsace : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, II (K-Z), Sutter, Rixheim, 1909-1910, p. 55-56.
  6. Edouard Bucquet, "Aide-toi, le ciel t'aidera." Comptes-rendus des sessions législatives. Sessions de 1831 et 1832, Paulin, Paris, 1833, p. 22 et 197.
  7. Laurent Theis, François Guizot, Fayard, Paris, 2008 (ISBN 9782213636535), pp. 455-456.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Oberlé, « André Koechlin », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 21, p. 2052
  • Adolphe Robert, Dictionnaire des parlementaires français..., Bourloton, Paris, 1889, vol. III (Fes-Lav), p. 467.
  • Paul Schmitt, Mulhouse au XIXe siècle - La montée du catholicisme, Coprur, Strasbourg, 1992, pp. 85-87, 89-92, 98-99, 115-117, 126, 133, 134, 174 et 179.

Liens externes[modifier | modifier le code]