André Japy (architecte)

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André Japy
Décès
Versailles
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
Activité principale
Architecte en chef du domaine de Versailles
Autres activités
Commandes privées
Distinctions

André Japy, né en 1883[1], mort le à Versailles, dans le département des Yvelines, est un architecte français.

De 1940 à 1954, il est architecte en chef du domaine national de Versailles et des Trianons. Son nom est attaché à la réhabilitation de l'Opéra royal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premier second grand prix de Rome d'architecture, André Japy commence sa carrière aux Bâtiments civils et palais nationaux en 1922 comme architecte ordinaire du domaine de Versailles. Il est ensuite nommé architecte en chef de Saint-Cloud et de la manufacture nationale de Sèvres (le ), du domaine de Rambouillet (le ) puis de l'Observatoire de Meudon (le )[2],[3],[4].

André Japy développe parallèlement une activité de commandes privées et participe à divers concours d'architecture. En 1923, il emporte celui du monument aux morts de Montdidier dans la Somme (recensé depuis à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques[5]).

Il retrouve Versailles en 1940 où il est nommé architecte en chef. Sa période d'activité correspond à la présence de Charles Mauricheau-Beaupré en tant que conservateur en chef. Tous deux passent les années de guerre à constater le délabrement progressif des bâtiments du domaine, les crédits alloués par Vichy ne permettant aucune opération de fond.

L'immédiat après-guerre est ainsi consacré, comme le souligne Pierre Ladoué[6], aux « travaux de restauration les plus urgents ». La première des opérations porte sur les toitures — en état de nécessité absolue — et consiste à mettre le château hors d'eau[7]. Les infiltrations ont provoqué des dégâts considérables (le , le plafond de Coypel dans la salle des Gardes de la reine s'est effondré). Une vaste campagne de restauration des plafonds commence, qui s'achèvera en 1957, après la mort de Mauricheau-Beaupré (1953) et le départ de Japy (1974). La plupart de ces travaux sont lourds et d'ordre structurel : témoin, les planchers hauts de l'antichambre du Grand Couvert sont repris par des poutrelles d'acier en 1953[8].

En 1951, au magazine Time qui l'interroge sur son travail[9], André Japy décrit Versailles comme « un château de cartes » : « Si une partie commence à s'écrouler, tout le reste suit. Il n'est plus question de réparer par endroits, tout l'ensemble doit être restauré. » Outre ces travaux, assisté de ses futurs successeurs Marc Saltet et Jean-Louis Humbaire, Japy réaménage l'éclairage, le chauffage et l'aération du palais[10].

Hors Versailles, il a par ailleurs le temps d'édifier en 1946 l'actuel bâtiment de l'École nationale du génie rural à Paris[11].

Il a reçu la Francisque[12].

La réhabilitation de l'Opéra royal[modifier | modifier le code]

Opération fréquemment attachée au nom d'André Japy, la restauration de l'Opéra royal est menée de 1952 à 1957.

En 1952, cet édifice est dans un état de délabrement et de dénaturation avancé. Son occupation par le Sénat entre 1871 et 1879, après la guerre de 1870 et la Commune, lui a été funeste : les loges dans la salle n'existent plus, les locaux de scène et ateliers de théâtre ont disparu, un badigeon recouvre les dorures et le plafond a été percé pour l'installation d'une verrière. Celle-ci, fuyant de toutes parts, a provoqué le pourrissement et l'effondrement des charpentes, soutenues, depuis, par d'immenses échafaudages. En 1902, le Sénat restitue à Pierre de Nolhac une salle fantôme dont il semble impossible de pouvoir retrouver le lustre.

En 1947, le château de Versailles obtient de Gaston Monnerville, président du Conseil de la République, et du bureau du Sénat, un plan de cinq milliards de francs (de l'époque) sur cinq ans pour restaurer l'Opéra royal[13]. Les travaux commencent en 1952 en s'appuyant sur les plans de Gabriel retrouvés aux archives. Les mémoires des commandes passées vers 1760 aux soyeux lyonnais, aux peintres et aux miroitiers, sont également utilisés. Dans un débarras, André Japy a la surprise de découvrir, soigneusement roulée, la toile peinte par Durameau pour le plafond. De même, les restaurateurs retrouvent les scènes de « bergeries » sous les badigeons et, dans des encoignures, des fragments du tissu d'origine[14].

Cette restauration menée par André Japy, « d'une ampleur considérable » souligne aujourd'hui l'Établissement public du domaine de Versailles[15], permet de retrouver la décoration initiale de la salle : faux-marbres sérancolin, porphyre, griotte, rétablissement des proportions de la loge royale, des panneaux d'arabesques de la loge de Marigny, etc. Elle ne peut cependant éviter, entre autres, la création d'un coupe-feu devant la scène et l'amputation de la machinerie du XVIIIe siècle pour l'installation de locaux techniques[16] (irrégularités qui seront réparées lors d'une seconde restauration en 2009).

André Japy quitte son poste en 1954 mais son successeur, Marc Saltet, continue son travail. L'inauguration de la salle, rendue à son utilisation d'origine, a lieu le [15] lors d'une soirée de gala présidée par René Coty, président de la République, et en présence de la reine Élizabeth II. Les invités assistent à une représentation des Indes galantes de Jean-Philippe Rameau.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. IdRef (Identifiants et Référentiels), « Japy, André (1883-1960) » (consulté le 24 décembre 2014)
  2. « Nécrologie », Les Monuments historiques de la France, vol. 5-6,‎ , p. 45
  3. « Nécrologie », Bulletin de la société d'histoire de l'art français,‎
  4. Henri Temerson, Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année, Hachette,
  5. Base Mérimée, « Notice n° IA80000064 »
  6. Pierre Ladoué, Et Versailles fut sauvegardé : souvenirs d'un conservateur, 1939-1941, Paris, Henri Lefebvre, , 101 p.
  7. Jacques Charles, De Versailles à Paris : le destin des collections royales, Centre culturel du Panthéon, , 288 p. (ISBN 978-2950407009)
  8. Dossier de presse, Antichambre du grand couvert de la reine : réouverture, EPV, (lire en ligne), p. 7
  9. (en) Non signé, « Royal House of Cards », Time,‎ (lire en ligne)
  10. Gérald Van der Kemp, Directoire - Consulat - Empire : guide officiel, Musée national de Versailles, éditions des Musées nationaux, , 43 p.
  11. AgroParisTech, « Histoire d’AgroParisTech », Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement
  12. Henry Coston, L'Ordre de la Francisque et la révolution nationale, Paris, Déterna, coll. « Documents pour l'histoire », (ISBN 2-913044-47-6), p. 102.
  13. André Japy, L'Opéra royal de Versailles, Versailles, Comité National pour la Sauvegarde du Chateau de Versailles - Draeger, , 126 p.
  14. Claude Baignères, « Le théâtre Gabriel ressuscité », Plaisir de France, no 219,‎ , p. 29-31
  15. a et b Dossier de presse, « Réouverture de l'Opéra royal », Établissement public du domaine national de Versailles,‎ , p. 9 (lire en ligne)
  16. Vincent Noce, « Coup de théâtre à Versailles », Libération,‎ (lire en ligne)

Publications[modifier | modifier le code]

  • André Japy, L'Opéra royal de Versailles, Versailles, Comité National pour la Sauvegarde du Chateau de Versailles - Draeger, , 126 p. et 16 hors-texte couleur, grand in-quarto.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]