André Jacques Fonteny

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

André Jacques Fonteny, né le à Nanteuil-le-Haudouin (Oise) et décédé en 1953, est un journaliste et, dans l'entre-deux-guerres, le président-fondateur d'une association d'anciens combattants marquée à gauche, la Fédération nationale des combattants républicains (FNCR).

Biographie[modifier | modifier le code]

André Jacques Fonteny (André Fonteny ou A. J. Fonteny) est bachelier ès-lettres. Il collabore avant 1914 à des journaux de gauche, Le Rappel, La Guerre sociale, Armée et démocratie[1].

Sous-officier rengagé en 1914, il finit la Première Guerre mondiale capitaine au 46e régiment d'infanterie, commandant sa 4e compagnie. Il est blessé une première fois par une balle le 8 septembre 1914, et une seconde fois le 4 août 1918, au bras droit et à la jambe droite, par un éclat d'obus. Il reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur en 1919, à titre militaire, et est promu officier en 1932, par le ministère des pensions, et commandeur en 1937, par le ministère de la guerre, en tant que réserviste. Trois fois cité, il est aussi titulaire de la médaille militaire et de la croix de guerre avec palme[2].

Il est inscrit en 1922 au carnet B du département de la la Seine dans la mesure où il milite à l'extrême gauche depuis la fin des hostilités : il a adhéré à la 5e section de la Section française de l'Internationale ouvrière en 1919, a assisté à des réunions socialistes avec son uniforme de capitaine et aurait même porté un drapeau rouge[3]. Il milite aussi à l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC), rassemblant des socialistes, ce qui lui vaut d'être éloigné de Paris par l'autorité militaire et d'être déplacé plusieurs fois[1]. Officier d'active, il démissionne de l'armée.

Il est radié du carnet B en 1926. C'est qu'il est désormais proche des radicaux-socialistes. Il est le secrétaire du député André Escoffier[1]. Il s'est présenté aux élections législatives de 1928 comme candidat radical-socialiste à Nancy, contre Louis Marin, sans succès[4]. Il est alors exclu définitivement de la SFIO, pour s'être présenté contre un candidat socialiste[5].

Il est journaliste au journal Le Quotidien, proche des radicaux; il y tient une rubrique dédiée aux anciens combattants. Il collabore aussi au quotidien Paris-Soir en 1924-1925[1].

Puisque l'ARAC est devenue une association communiste, il fonde en 1922 et préside une association politisée d'anciens combattants, se classant à gauche, qui ne rassemble que des « républicains », c'est-à-dire des radicaux et des socialistes[6], dénonçant le faux apolitisme des grandes fédérations du monde combattant, l'Union Fédérale des Associations Françaises d'Anciens Combattants (UF) et plus encore l'Union nationale des combattants (UNC) et protestant contre la présence de l'Église catholique à des manifestations d'anciens combattants[7].

Il est alors un dignitaire de la franc-maçonnerie[8], membre du conseil de l'ordre du Grand Orient de France. Son affiliation et les liens étroits entre la FNCR et la franc-maçonnerie ne sont pas secrets. Ainsi en 1925, un représentant du Grand Orient est invité au banquet de l'association et son discours est reproduit par le périodique de la FNCR, Le Poilu républicain[9]. L'année suivante, c'est au nom du conseil de l'ordre du Grand-Orient qu'il donne un discours - reproduit également en « une » du Poilu républicain - à la mémoire d'un président d'honneur de la FNCR, le général Augustin Gérard, membre également du conseil de l'ordre. Des banquets de la FNCR se tiennent dans les salons du Grand Orient, rue Cadet[10].

La FNCR qu'il préside jusqu'en 1940 revendique plus de 100 000 adhérents. Il est membre du conseil d'administration de l'Office national des combattants, de la Commission supérieure de révision des pensions, constituée en 1933, et de la Confédération nationale des anciens combattants, mise en place en 1928, qui fédère notamment l'UF, l'UNC et l'AGMG[11]. Il polémique avec l'UNC après le 6 février 1934[12].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « André Fonteny », Paris-Soir,‎ (lire en ligne, consulté le 18 avril 2019).
  2. Cf. son dossier de la Légion d'honneur, L'Action française, 20 février 1924, Le Petit Troyen, 21 mars 1937
  3. Jean-Pierre Deschodt, La preuve par le carnet B, Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques (En ligne), 45/2010, mis en ligne le 27 février 2012, consulté le 16 avril 2019
  4. Thérèse Vautrin, Les Elections législatives en Meurthe-et-Moselle, 1929-1936: L'évolution vers la gauche, Annales de l'Est, n° 3, 1958, p. 117-122
  5. Le Populaire, 23 avril 1928
  6. Le Radical, 19 octobre 1930
  7. Le Poilu républicain, 19 mai 1922
  8. Antoine Prost, Les Anciens Combattants et la société française (1914-1939), Les Presses de Sciences Po, 1977, p. 89
  9. Le Poilu républicain, décembre 1925
  10. Ibid., janvier 1927, Ibid., mai 1925
  11. Le Petit Troyen, 21 mars 1937
  12. La Voix du combattant, 3 mars 1934