André Guelfi

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André Guelfi
Biographie
Surnom Dédé la Sardine
Date de naissance
Lieu de naissance Mazagan, Doukkala-Abda (Maroc)
Date de décès (à 97 ans)
Lieu de décès Saint-Barthélemy
Nationalité Drapeau de France Français
Carrière
Années d'activité 1958
Qualité Homme d'affaires
Pilote automobile
Équipe Cooper privée
Statistiques
Nombre de courses 1

André Guelfi dit Dédé la Sardine est un homme d'affaires français né le à Mazagan (Maroc) et mort le (à 97 ans) à Saint-Barthélemy[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un officier corse de la Royale devenu commandant de port et d'une mère espagnole et chanteuse, il est principalement élevé par sa grand-mère maternelle[2].

À l'âge de 10 ans, il conduit les touristes en auto sur la plage. Engagé dans une banque locale en 1936, il récupère les créances et les dettes oubliées et empoche 15 % de commission au passage. Il devient ainsi mieux payé que son directeur. André Guelfi investit ensuite sa fortune dans le développement de la pêche à la sardine et met au point les premiers bateaux-usines, d'où son surnom de « Dédé la Sardine »[2].

En 1939, il est engagé dans un régiment de tirailleurs marocains en Italie. Incorporé comme chauffeur, il développe une passion pour les courses automobiles. En 1943, il intègre le BCRA d'Alger. Puis en 1945 rejoint le commando Conus en Indochine.

De retour au Maroc, son ami le pilote Jean Lucas le recrute au sein de l'écurie « Los Amigos » pour écumer les courses locales du Maroc (Casablanca, Safi, Agadir, Marrakech) et en Europe (Montlhéry, Le Mans, Tour de France auto). Guelfi remporte le Grand Prix d'Agadir en 1953 dans deux catégories sur Gordini (1500 et 2300), et il court au Grand Prix automobile du Maroc 1958 sur une F2. Il court aussi pour l'écurie Gordini où il côtoie Jean Behra, Pollet, Trintignant, Schell.

En 1971, André Guelfi part pour Paris et se lance dans l'immobilier en rachetant trois palaces. Ses bénéfices et ses relations personnelles (grâce à son mariage avec la nièce de Georges Pompidou) lui permettent d'acquérir 128 immeubles dans la ville.

En 1975, André Guelfi déménage en Suisse, à Lausanne. Il restera 25 ans dans ce pays. Il s'installe dans une maison de maître surplombant le lac Léman, entre le Musée de l'Élysée et le Musée olympique. Il la vend en 1993 au CIO. La villa abrite aujourd'hui les bureaux du comité directeur du CIO.

L'homme d'affaires rachète Le coq sportif, se rapproche du patron d'Adidas France pour mettre la main sur la régie publicitaire de la FIFA et des jeux olympiques[2]. Il se lie d'amitié avec Juan Antonio Samaranch, président du CIO installé à Lausanne.

À partir de 1992, fort de son réseau d'influence, il devient entremetteur d'affaires, entre autres pour Elf, et met à disposition sa société suisse pour alimenter les systèmes de commissions/rétro-commissions, une activité qui le mène en 1997 à être condamné à 36 jours d'incarcération (pour soupçon d’avoir empoché 50 millions de francs de commissions sur un contrat en Ouzbékistan)[2]. Lors de son séjour en prison, il fait la rencontre de Bernard Tapie[3].

Ensuite, André Guelfi parcourt le monde à bord de son jet privé, qu'il pilote lui-même. En 2000, il s'établit à Malte, dans la Méditerranée. Il a ensuite déménagé à Saint-Barthélemy, en raison d'une assignation à résidence en France[4].

Il a été condamné dans l'affaire Elf par la cour d'appel de Paris en 2003, pour recel d'abus de biens sociaux, à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et 1,5 million d'euros d'amende[5].

Le 12 janvier 2009, le Tribunal de commerce de Paris rend son jugement dans l’affaire qui opposait la société Blue Rapid, appartenant à André Guelfi, et le Comité olympique russe d'une part, à Elf Aquitaine d'autre part : la société d'André Guelfi est déboutée et condamnée à verser 100 000 euros de frais de procédure à Elf Aquitaine tandis que la demande du Comité olympique russe est jugée irrecevable[6]. Ce jugement devant le tribunal de commerce de Paris a été critiqué. En effet, le juge président semblait lié à la société Total[7]. Les plaignants ont fait appel de cette décision. Sur cette même affaire, les régions russes de Saratov et Volgograd ont déposé une plainte pénale contre Elf Aquitaine/Total[8].

Il fait partie du Grand Orient de France[9].

Publication[modifier | modifier le code]

  • L'Original : d'un village marocain aux secrets de l'affaire Elf, le parcours d'un aventurier de la vie, Robert Laffont, 1999 (ISBN 2221086473)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « André Guelfi alias « Dédé la sardine » est mort » (consulté le 28 juin 2016)
  2. a, b, c et d Stephen Smith, « Le commissionnaire voyageur », sur Liberation.fr,
  3. « Tapie est à l’affût d’un magot encore plus gros », sur Parti-socialiste.fr,
  4. « Balkany, Cahuzac, Guérini : les « affaires » françaises passent par le Panama », sur lemonde.fr, 5 avril 2016
  5. Mathieu Delahousse, « La fin des ennuis judiciaires d'André Guelfi », Lefigaro.fr, 18 décembre 2007
  6. « André Guelfi perd son procès contre Elf », Latribune.fr, 13 janvier 2009
  7. Bakchich.info, 22 mai 2008
  8. La Russie réclame170 milliards de dollars à Total
  9. Ghislaine Ottenheimer, « Le vrai pouvoir des francs-maçons », sur Lexpress.fr,

Liens externes[modifier | modifier le code]