André Caza

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André Caza
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Portrait de André Caza en 1991.

Nom de naissance André Cazaumayou
Alias
CAZA
Naissance
Dax - Landes
Décès
Passy - Haute-Savoie
Nationalité Flag of France.svg France
Profession
journaliste, caricaturiste
Créateur-Animateur de la Plage de la Beunaz, Haute-Savoie 1951 à 1995
Créateur-Animateur de la Station de ski de Bernex, Haute-Savoie 1950 à 1963
Plongeur français tremplin
Distinctions
Famille
Marié, 4 enfants, 9 petits-enfants

Compléments

Recordman du Monde vétéran Kilomètre Lancé à 63 ans - 138,880 km/h à La Plagne, Savoie, en mars 1975

De son nom complet, André Cazaumayou, Caza est né à Dax (Landes) le 30 octobre 1911, décédé 14 décembre 2003 à Passy (Haute-Savoie). Il est basco-béarnais, fils d’Alfred Cazaumayou pharmacien à Dax et de Lucie Barnetche, quatrième d'une famille de neuf enfants.

Grand sportif français et compétiteur en plongeon puis en ski alpin, catégorie vétéran, journaliste-caricaturiste à l'Auto puis l'Équipe, créateur de deux stations touristiques en Haute-Savoie : la station de ski de Bernex (1950) et la station d’été avec la Plage du Lac de La Beunaz à Saint-Paul-en-Chablais (1951).

Marié à Geneviève Rigaud, fille du peintre Pierre-Gaston Rigaud, il est le père de 4 enfants, Michel, Vincent (peintre), Philippe Caza, Maylis. Neuf petits-enfants.

Bon sang ne saurait mentir : un de ses petits-fils, Laurent Chrétien est entraîneur à la Fédération française de ski alpin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Élève au collège de "Cendrillon" de Dax, dès la 6e, c'est la marche ou le vélo deux fois par jour avec - déjà - l'esprit de compétition.

Puis la pelote basque sous toutes ses formes: de la "main nue" à la chistéra, le foot: d'ailier droit à gardien de but, le hockey sur gazon, le rugby, le vélo de piste (sur le bel anneau de ciment du Vélodrome de Dax. Pendant les vacances, c’est aussi l'aviron, la natation et le plongeon.

1925, à 14 ans, il gagne à Bordeaux le Championnat Scolaire du Sud-Ouest en catégorie minime.

1926, au Sporting d'Hossegor tout neuf, c’est la brasse, crawl, plongeon, water-polo, toutes les spécialités y passent : champion des Landes, puis de la côte basque, puis, à l'Aviron bayonnais, en plongeon : champion du Sud-Ouest sans parler des multiples traversées des fleuves des villes du Sud-Ouest de la France.

10 ans d'études classiques au collège de Dax, 2 baccalauréats: Bac Latin-Sciences et Bac Philosophie.

Puis étudiant dilettante en pharmacie à Paris où il gagne le Critérium de France 2e catégorie. Entraînement au SCUF avec les meilleurs plongeurs de l'époque: Lepage, Émile Poussard, Roger Heinkelé et les premières compétitions au niveau 1re série nationale. Les concours sont très rares. Il s'agit surtout d'exhibitions dans toutes les fêtes de natation avec beaucoup d'invitations en province ou à l'étranger, avec des plongeons comiques et des figures de compétition.

Plongeur, journaliste-caricaturiste[modifier | modifier le code]

Après l’échec des études de pharmacie qui ne l’intéressent pas, Caza travaille ses dons pour le dessin en suivant les "cours ABC" par correspondance et édite son premier album "Les martyrs de la rue Gît-le-Cœur" à Paris. Il loge à la Cité universitaire- Maison suédoise, puis sort un 2e album : "Labo 1".

Bientôt solidement installé au 3e rang des plongeurs français avec quelques victoires de ci, de là en championnat de Paris. Un exploit en 1933: médaille d'argent des Jeux Olympiques Universitaires à Turin. Champion de France au tremplin en 1936. Et déjà une vocation naissante d'entraîneur qui va lui permettre de donner le départ au plus grand plongeur des dix prochaines années : Raymond Mulinghausen qui vécut dans la ville du Bourget dans le département de la Seine.

Benjamin, l'Auto, l'Équipe, la Plage de l'Isle-Adam[modifier | modifier le code]

Au début des années 1930, il est embauché par Jean Nohain, ou Jaboune, comme dessinateur puis reporter et finalement secrétaire de rédaction pour le premier vrai journal réservé aux enfants : « Benjamin ». Il y travaille avec Pinchon et en dit que c'était « une merveilleuse école de journalisme » où il reste jusqu’en 1939. En 1933, il entre à L'Auto d'Henri Desgrange avec ses premières caricatures. Il reste à L'Auto devenue « L'Équipe » jusqu'en 1950 avec un espace personnel pour ses caricatures : « La Case à Caza » ; avec une interruption de deux ans en 1949-50, où directeur de la Plage de L'Isle-Adam, il y crée le fameux Bassin-Record surélevé, le Club de la Plage faisant venir beaucoup de vedettes nautiques et autres, pour de grandes fêtes… avec ses amis plongeurs français et étrangers, et Jean Taris, Johnny Weissmuller etc.

Pendant cette période, il travaille aussi à la Radio au Petit Palais et au Poste parisien… À côté de la caricature sportive, la caricature des vedettes du théâtre, du cinéma, du music-hall et des courses de chevaux. « L'Album n° 1 du Turf » de Caza est un succès ! Des expositions, beaucoup de ventes aux particuliers, aux grands cracks-jockeys, entraîneurs, propriétaires etc. de Chantilly, Maisons-Laffitte, Enghien-les-Bains et autres.

Entraîneur de l'Équipe de France de plongeon[modifier | modifier le code]

Après guerre, il reprend le tremplin. 1946, il devient entraîneur de l’Équipe de France de Plongeon section Tremplin de 3 m. avec Mady Moreau qui arrive de Saïgon, Roger Heinkelé. À la même époque, Raymond Mulinghausen, Nicole Pellissard-Darrigrand, eux, étaient en haut-vol. (plate-forme de 10 m).

En 1947 : avec ces 2 surdoués, il bouleverse les méthodes d'entraînement de l'époque en y incorporant footing, jogging, acrobatie, équilibrisme, yoga, sauna, préparation scientifique de chaque concours et même un stage d'oxygénation et de SKI à l'École nationale de ski et d'alpinisme aux Praz de Chamonix. Les résultats sont pour tous les deux, les titres des champions de Paris, puis de France, puis d'Europe à Monaco en septembre 1947.
Cette année-là avec 3 médailles d'or sur 4, les plongeurs français viennent immédiatement derrière les États-Unis sur le plan mondial.
Ses 2 élèves enlèvent 12 concours sur 13 au cours d'une tournée d'entraînement, en vue des Jeux olympiques d'été de 1948, dans les pays nordiques. Aux Jeux olympiques à Londres, les américains dont au tremplin, ses amis étrangers, l'américain Bruce Harlan et la danoise Birte Christoffersen-Hanson, le suédois Brunehage Lennart raflent tout, c’est l’échec à Londres et la fin de sa carrière d’entraîneur. C’est la carrière qui l’a rendu le plus heureux jusque là.

Le ski et la création de deux stations touristiques en Haute-Savoie[modifier | modifier le code]

En 1943 à Val-d'Isère. À 32 ans, il découvre le ski et une passion qui ne le quittera plus. Il comprend vite que la technique est essentielle dans ce sport anti-naturel. Et dès 1945, il commence à faire pour le journal l'Équipe, les reportages des grands événements du ski international, C’est l’époque des James Couttet, Henri Oreiller, Jean Blanc Rominger, Zeno Colò, etc.

Il commence à courir la moindre course dont le fameux Derby de la Parsenn de Davos avec 14 km de descente.

1950 : il quitte Paris et à la recherche d’une station de ski pour une société financière qui le laissera tomber, mais il emmène sa famille en Haute-Savoie, à Bernex.

Il crée la première école de ski, le premier Syndicat d'Initiative. C’est la naissance de cette station de ski de moyenne montagne en décembre 1950.

Et au printemps 1951, découverte du Lac de La Beunaz sur la commune de Saint-Paul-en-Chablais à côté de Bernex, il y crée une petite plage rustique près de ce lac pur et tempéré qui restera préservé en tout cas, tout le long de sa vie. La Plage acquiert une bonne renommée, grâce à son génie de la communication et de l’animation et elle restera dans la famille jusqu’en 1995.

Parallèlement, il va commencer les compétitions de ski, catégorie Vétéran. En 25 ans de compétition, il gagne 14 fois le Derby des Vétérans du Ski, la dernière fois en 1986 (75 ans !) sa 25e participation, plus de 100 courses de vétérans régionales, en épinglant parfois à son palmarès, quelques grands noms du ski français comme François Tissot ou Émile Allais qui appartenaient à la même catégorie d'âge.

Émile Allais l’initie à la descente et au kilomètre lancé ou KL que celui-ci avait implanté à la Plagne. En 1966, (55 ans), il entre au sein du "Club des Cent" avec un honorable 108 km/h.

Chamois, flèches, fusées, slaloms parallèles, KL, Parachute, il profite à cent pour cent de toutes les possibilités sportives de la Plagne devenue son QG. Au rythme des courses, il se déplace à travers l'Europe et vit plusieurs mois par an dans son camping-car, au pied des pistes.

Entre temps, le mouvement du Ski Vétéran se développe de plus en plus. Il fait la liaison avec le grand leader du ski vétéran italien, Enzo Virbino qui organisait déjà le Championnat du Monde Vétéran en Géant. Il devient Champion du Monde de descente pour la 1re fois en 1978 à Courmayeur.

Parallèlement, il continue le KL à la Plagne, gagnant tous les concours dans sa catégorie, et il progresse jusqu'à 138,880 km/h en 1974 (63 ans). Il participe aussi au célèbre KL de Cervinia en 1972 (131 km/h) et 1973 (135 km/h) et en 1975, il enlève la 1e Coupe de France de Vitesse à la Plagne.

La Coupe du Monde des Vétérans bien organisée avec une vingtaine de courses dans huit pays différents et, en outre, un Championnat du Monde annuel où en 1981, il prend le titre de la Descente et du Combiné avec une énorme avance sur les autrichiens, allemands, italiens et autres. Il court en slalom géant et en descente, au classement général, 2e en 1982 et 1983 et 2e du Championnat du Monde de Géant.

En 1982 aussi, après 6 ans d'arrêt, à l'occasion du renouveau du KL grâce à l'action des sœurs Catherine et Annie Breyton, il renoue avec le ski de vitesse.

Il skie en compétition jusque vers 80 ans.

Caza, pionnier visionnaire de son époque[modifier | modifier le code]

  • en journalisme: journaliste-caricaturiste de renom pour le premier journal pour enfants "Benjamin" créé par Jean Nohain et une rubrique tout-sports "La Case à Caza" pour "L'Auto", puis "L'Équipe", pour le Turf, le théâtre, et pour l'hebdomadaire de sports suisse « la Semaine Sportive ».
  • en communication: "déjà roi de la com", de la pub grâce à ses 1000 idées par jour, les dessins, les clins d'œil humoristiques et poétiques et surtout avec l'invention de l'Étoile orange-fluo symbole de la Plage de la Beunaz et autocollante pour les voitures qui eut un énorme succès.
  • en sport: l'entraînement en plongeon avec les stages en altitude, l'usage du sauna, qu'il importe de Suède, aux Rousses pour le premier en France et à la Plage de l'Isle-Adam, une nouvelle forme de préparation physique polyvalente et multi-sports, des idées pour la conception des vêtements de compétition de ski, l'invention avec son ami Roger Heinkelé, des "Cazenkel", porte-habits pour cabines en piscine.
  • en loisirs et animation: le bassin-record surélevé de la Plage de l'Isle-Adam - le vrai sauna finlandais, le mini-golf fait de ses mains, le Télébeune: une tyrolienne au-dessus du Lac de la Beunaz (St Paul-en-Chablais) dès 1959 et tant d'autres choses à la Plage de la Beunaz -
  • en tourisme: le tourisme rural, sportif et ludique, familial dès 1950 dans un coin perdu de Haute-Savoie, à Bernex et à La Beunaz, St Paul-en-Chablais, ainsi précurseur du retour à la campagne, à la vie simple, loin des turbulences de la capitale.

Caza a vécu en homme libre, proche de la nature, aux choix marqués et sa devise aurait pu être une devise d'aujourd'hui : « Moins mais mieux ».

Liens externes[modifier | modifier le code]