Andon (gestion)

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Un andon.

Dans l'industrie, l'andon est un système d'alarme qui permet à un opérateur de signaler qu'il rencontre une anomalie sur son poste de travail[1].

Issu du système de production de Toyota, et mis en place dans de très nombreuses industries manufacturières, il s'agit concrètement d'un panneau lumineux ou d'une simple balise lumineuse visible de loin qui peut être activée manuellement par un opérateur ou déclenchée automatiquement par une machine dès que le poste de travail rencontre un problème, que ce soit une panne ou un problème de qualité[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'andon, 行灯 (japonais), composé des caractères , « aller », et , « lampe électrique », pourrait se traduire tout simplement par « lumière où il faut aller » ou par « lumière mobile ». Dans la culture japonaise, l'andon est en effet un objet tradionnel très courant : une petite lampe à huile entourée de papier ou petite lanterne japonaise qui permet de se déplacer dans l'obscurité[2].

Toyotisme[modifier | modifier le code]

Chaque poste de travail possède son andon et lorsque l'un d'eux est activé, certains employés accourent pour résoudre le problème qu'ils soient opérateurs, contremaîtres, managers ou ingénieurs. Sur une ligne de montage, c'est d'abord un moniteur ou formateur, ou un conducteur d'installation attaché à ce segment de ligne qui arrive, guidé par la lampe allumée visible dans l'allée de circulation à la hauteur du poste concerné. C'est un concept très important lié à l'autonomation (jidoka) et au lean manufacturing. La plupart des problèmes sont résolus en quelques secondes, mais s'il s'agit d'un problème grave, celui-ci est pris en compte dans les délais les plus courts, avant qu'il ne génère de la non-qualité en aval dans le process de production. L'andon permet donc d'éviter les coûts de non-qualité (retouches, rebuts, allongement des délais de livraison) ou de non-fiabilité (réparation) en échange de très courts arrêts de ligne. Une fois résolu le problème est enregistré dans une base de données qui est gérée par l'andon et qui permettra de résoudre plus vite ce type de problème la prochaine fois qu'on y fera face[1].

Avantages[modifier | modifier le code]

L'andon contribue à intégrer le contrôle qualité dans la ligne de production en ajoutant un point de contrôle à chaque poste de travail au lieu de reporter le contrôle à la sortie de la ligne. Il favorise la montée en compétence des opérateurs. En effet lorsqu'un manager de terrain répond à l'appel de l'andon, il va vérifier si les standards sont bien maîtrisés et expliquer à l'opérateur comment mieux appliquer ces standards le cas échéant. Enfin, l'andon augmente la réactivité car les managers de terrain doivent réagir en direct pour limiter le temps d'arrêt de la ligne[3].

Les andons modernes possèdent différents niveaux d'alertes sonores et lumineuses avec un résumé ou un intitulé du problème rencontré[4].

Par ailleurs, l'andon est aussi un concept qui tend à se généraliser en dehors des activités industrielles, au travers du management visuel qui assure la mise en évidence d'un problème, et qui permet de déclencher une réaction rapide du management[5].

Limites[modifier | modifier le code]

Le risque, comme avec tout système visuel, est de finir par ne plus y faire attention. Le management doit donc travailler quotidiennement avec les opérateurs afin d'expliquer l'intérêt de l'andon et comment l'utiliser. Ensuite, les managers de terrain doivent jouer le jeu d'une intervention immédiate. En effet, si l'opérateur actionne l'andon et qu'il ne passe rien, il va naturellement cesser de l'utiliser. Enfin, l'opérateur doit être convaincu que l'effet de l'andon est positif pour lui et qu'il ne risque pas de remontrance[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Michael Ballé, « Jidoka, le deuxième pilier du lean », sur http://www.lean.enst.fr/, (consulté le 22 novembre 2020), p. 6-9
  2. Siti Zuraida Bt Ismail, « Design and development of Andon sytem for machining machin at FKP Lab », sur https://core.ac.uk/, (consulté le 22 novembre 2020), p. 10
  3. a et b « Pourquoi les opérateurs n'utilisent pas le Andon ? », sur Institut Lean France, (consulté le 22 novembre 2020)
  4. (en) A. T. Shivleel, Rekha et S. Anuradha, « Performance analysis of ANDON system using wireless communication », Indian Journal of Scientific Research,‎ , p. 360–364 (lire en ligne, consulté le 22 novembre 2020)
  5. (en) Liu Yinglian, Jørgen Bøegh et Sun Qi, « Who Can Haul the ANDON-CORD in the Software Development Process », Trustworthy Computing and Services, Springer, communications in Computer and Information Science,‎ , p. 714–720 (ISBN 978-3-642-35795-4, DOI 10.1007/978-3-642-35795-4_90, lire en ligne, consulté le 22 novembre 2020)

Articles connexes[modifier | modifier le code]