Anders Osterlind

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (janvier 2017).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Anders Osterlind
Naissance
Décès
(à 72 ans)
Paris, France
Nationalité
Activité
Maître
Influencé par

Anders Örm Osterlind, né à Lépaud (Creuse) le , et mort à Paris le , est un peintre français.

Il est le fils du peintre suédois Allan Österlind et père de l’aquarelliste Nanic Osterlind. Bien qu’ayant connu dans sa jeunesse le mouvement impressionniste avec Armand Guillaumin et Auguste Renoir vieillissant qu’il assistait dans ses travaux, côtoyé, à leur apogée, les Fauves et noué des liens d’amitié et d’estime réciproque avec certains des artistes les plus marquants de l’École de Paris tels Amedeo Modigliani, Michel Kikoine, Chaïm Soutine, Othon Friesz, Jacques Villon, André Dunoyer de Segonzac, Osterlind manifeste très tôt un caractère indépendant, une sensibilité extrême aux grands souffles de la nature, et un souci de maîtrise picturale qui lui feront poursuivre, pendant un demi-siècle, indifférent aux modes, un œuvre de paysagiste original et fort d’une intense poésie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, 1887-1907[modifier | modifier le code]

Durant toute cette période, Anders Osterlind vit avec ses parents soit à Paris, soit en Bretagne (Bréhat, Penvern), soit en Creuse (Gargilesse-Dampierre).

Dans le cercle des amis de ses parents, il rencontre en Bretagne le philosophe Ernest Renan, le critique d'art Armand Dayot, Charles Le Goffic, les poètes Edmond Haraucourt et Max Jacob, le peintre Maxime Maufra, en Creuse, le poète Maurice Rollinat, en région parisienne, l'importante société d'artistes scandinaves vivant dans la capitale à la fin du siècle, particulièrement August Strindberg, le prince Eugène de Suède et le peintre Per Ekström (sv), et aussi, lorsqu'il a cinq ans, Auguste Renoir qui habitait non loin de ses parents au pied de Montmartre, et qui l'emmène marcher au jardin du Luxembourg. Il retrouvera l'illustre peintre à Cagnes en 1918-1919.

Ses études primaires se déroulent au gré de nombreux déplacements de sa famille, dans les écoles de Penvern, de Bréhat en Bretagne, ou Gargilesse-Dampierre et Fresselines en Creuse. Ses études secondaires sont brèves et s'achèvent au collège Sainte-Croix de Neuilly. Il ne fréquente aucune école d'art ni atelier. Sa formation artistique se fait par son père, le peintre-graveur-aquarelliste Allan Osterlind, de tendance post-impressionniste et naturaliste, et de ses amis français, Maurice Rollinat, Maxime Maufra, Jean-François Raffaëlli, et surtout scandinaves, notamment le Suédois Per Ekström qui lui enseigna la pratique de la peinture au couteau qui sera une des caractéristiques de sa peinture.

En 1905, au Salon de la Société nationale des beaux-arts, Anders Osterlind expose un pastel, L'Aurore, et une huile sur toile, Effet de neige, sa première toile dont il fait don à son maître Per Ekström en reconnaissance.

Maturité, 1907-1960[modifier | modifier le code]

À partir de 1907, il commence à vendre sa peinture, notamment en Suède. Il fréquente le milieu artiste de Montparnasse et, à partir de 1918-1919, au sein des artistes de Montparnasse qui formeront l'École de Paris ; il compte parmi ses amis Michel Kikoine, Amedeo Modigliani, etc.

Anders Osterlind est avant tout un paysagiste. À la recherche de la lumière, de l'émotion, il parcourt de nombreuses régions de France et séjourne aussi à l'étranger. Il puise son inspiration en région parisienne (Versailles, Moret-sur-Loing, forêt de Rambouillet), en Bretagne du Nord (Penvern, Ploumanac'h, Tonquédec, Bréhat, Lannion, Saint-Quay-Portrieux), dans le Finistère (Bénodet, Portsall), en Normandie (Honfleur, Barfleur, Yport, Martagny, etc.), dans le Midi (Arles, Cagnes-sur-Mer, Aix-en-Provence, Vaison-la-Romaine), dans la Creuse, la Corrèze, la Sarthe et la Touraine, dans les Alpes, en Lozère (Florac) et dans le Cantal (Thiézac), en Charente, au Pays basque. Il séjourne aussi en Tunisie, aux Pays-Bas, à Stockholm et à Copenhague.

Osterlind est sociétaire du Salon d'automne, du Salon des indépendants, membre du comité du Salon des Tuileries, vice-président du Salon du dessin et de la peinture à l'eau.

Par acte reçu, en la mairie de Neuilly-sur-Seine, le 13 avril 1909, il reconnait pour son fils un enfant, né le 11 février précédent, sur le dix-huitième arrondissement de la commune de Paris, et inscrit sur les registres dudit arrondissement, sous le nom d'Anders Allan Bakra, fils de Rachel Bakra (1889-1920) et de père non dénommé.

Il épouse, en premières noces, le 5 mars 1914, à Paris, Rachel Bakra que Modigliani immortalisera, en 1919, légitimant ainsi leur fils.

Il épouse, en secondes noces, le 21 juin 1922, à Versailles, Yvonne Marie Madeleine Destrez.

À sa mort, il laisse un œuvre riche de plus de 2 000 toiles, dont certaines sont conservées dans des musées en France et à l'étranger.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

1907-1926[modifier | modifier le code]

Échappant sous la poussée des fauves et des cubistes, aux tendances impressionnistes et réalistes du milieu artistique de son père, Osterlind affirme, dès sa première participation au Salon de la Société nationale des beaux-arts, un goût certain pour une pâte riche, au service d’un lyrisme qui ne cessera de s’affirmer le temps passant : toiles de Neuilly-sur-Seine, Colombes, Bretagne, Cagnes. La palette se simplifie, tons ocre, fauve et vert dominent dans des paysages de Versailles, de Creuse et des forêts de l’Orne. L’homme atteint sa pleine maturité. La critique le place au niveau de Maurice de Vlaminck dont il n’est pas disciple, mais dont l'influence est sensible.

La maturité 1926-1940[modifier | modifier le code]

À partir de 1926, jouant audacieusement des blancs et des noirs, Osterlind livre des paysages aux étangs et rivières argentés, sous de grands ciels gris, qui feront identifier ces années de « période grise » par la critique.

À partir de 1932, à l’étonnement des mêmes critiques, qui qualifieront alors ces années de « période verte », les paysages de Lozère, de Charente, et de la Somme déclinent toutes les tonalités du vert.

Le choc de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La défaite, la mort de son fils, l’arrivée brutale de la nouvelle peinture bouleversent l’artiste dont les œuvres prennent alors souvent un caractère tragique : paysages neigeux du Cantal, toiles d’Île-de-France et de Bretagne, éclaboussées de jaune de chrome, bleu outremer, carmin, sombres descentes de croix aux cieux rougeoyants, natures mortes chahutées qui déconcertent les amateurs des toiles des périodes grise et verte et leur douce et étrange poésie.

Le retour au calme, 1948-1960[modifier | modifier le code]

Des séjours en Bretagne, des étés en Vexin et surtout le calme ensoleillé de la campagne d’Aix-en-Provence où il peint en songeant à Paul Cézanne, seul maître qu’il se reconnaisse à côté de son père, d’Ekstrom et de la Creuse de son enfance. Son œuvre s’achève par d’amples toiles où tons chauds et froids se retrouvent dans des bouquets aux chairs profondes et des paysages éclatants d’une vie intérieur apaisée.

1960[modifier | modifier le code]

Sa mort sera, aux yeux d’artistes tels que Marc Chagall[réf. nécessaire] ou de critiques comme celle de René Huyghe, académicien, auteur de l’Art et l’Âme, comme celle d’un grand artiste de cette époque[réf. nécessaire].

Anders Osterlind repose au cimetière Saint-Louis de Versailles.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Les œuvres d'Anders Osterlind figurent dans les collections des musées de La Haye, Rotterdam, Liège, Genève, Stockholm, dans les collections de l'État français et de la ville de Paris au musée d'art moderne de la ville de Paris et au musée Carnavalet, au musée du Domaine départemental de Sceaux, au musée des Années Trente de Boulogne-Billancourt, ainsi que dans ceux d'Aix-en-Provence, Belfort, Cagnes-sur-Mer, Collioure, Colombes, Guéret, Honfleur, La Châtre, Le Cateau-Cambrésis, Le Havre, Libourne, Limoges, Marseille, Montpellier, Roubaix, Saint-Amand-Montrond, Saint-Quentin, Tours, etc. On peut aussi voir sa fresque à l'église Notre-Dame-de-la-Gare de Paris.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Fierens, l’Art et les artistes, 1926[réf. incomplète].
  • Eddy Mac Farlane, l’Art et l’Industrie, 1935[réf. incomplète].
  • Nesto Jacometti, Journal des beaux-arts, 1935[réf. incomplète].
  • Georges-Armand Masson, Voyages avec des peintres, 1958[réf. incomplète].
  • Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, Éditions de L'amateur, 1976.
  • Franck Claustrat, Le paysagiste Anders Osterlind et la critique française, Université Sorbonne Paris I, mémoire de DEA, 1986.
  • Franck Claustrat, Les artistes suédois en France de 1913 à 1935, Université Sorbonne Paris I, thèse de doctorat, 1994.
  • Christophe Rameix, École de Crozant, Éditions Souny, 1995.
  • Les maîtres de la Creuse, [catalogue d’exposition], Dun-Le-Pelestel, 1998.
  • Anders Österlind, [catalogue d’exposition], musée des beaux-arts de Pont-Aven, 2000.
  • Jean-Paul Potron Paysages de Cagnes-Antibes, Éditions Civetta, 2003.
  • Kerlo-Duroc Peintres des Côtes de Bretagne, de Saint Brieuc à Brest, Éditions Chasse Marée, 2004.
  • Les 3 Osterlind à Gargilesse, [catalogue d’exposition], 2005.
  • La Roche-Jagu, [catalogue d’exposition], 2005.
  • Kerlo-Duroc Peintres des Côtes de Bretagne, de Brest au pays bigouden, Éditions Chasse Marée, 2005.
  • Benoît Noël, Christianne Tatham, Frédéric Dombre Saint Céneri-le Gérei, Barbizon des Alpes Mancelles, Éditions BVR, 2010.
  • Denise Delouche Les peintres de la Bretagne, Éditions Palantines, 2011.
  • Peintres de Cagnes, Antibes, Juan les Pins, [catalogue d’exposition], château-musée de Cagnes, 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]