Anatole de La Forge

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Anatole de La Forge
Anatole de La Forge.png
Portrait photographique de La Forge par Théodore Truchelut.
Fonction
Député
Titre de noblesse
Comte
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Surnom
Le défenseur de Saint-QuentinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Anatole de la forge grave.jpg
Sépulture au Père-Lachaise surmontée de la statue de Barrias (1893).
Plaque commémorative avec médaillon d'Aimé Millet au n° 1 de la cité de Trévise à Paris où naquit Anatole de La Forge

Anatole de La Forge, né le [1] à Paris où il est mort le , est un journaliste et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anatole de La Forge entame sa carrière dans la diplomatie comme chargé de mission à Madrid. Démissionnaire en 1848, il entre dans le journalisme politique et mène dans L’Estafette et dans le Siècle de vigoureuses campagnes en faveur des idées républicaines.

Le , lors de la guerre franco-allemande, il devient préfet de la défense nationale. Il s'acquiert le nom de « défenseur de Saint-Quentin » pour avoir forcé à battre en retraite, à la tête des gardes nationaux, des pompiers et des francs-tireurs, une colonne de soldats prussiens venue envahir et occuper la ville, le . Pendant cette journée, il reçut une grave blessure à la jambe[2]. Le gouvernement le félicita de sa brillante conduite et le nomma officier de la Légion d’honneur[2]. Quelque temps après, un corps d’armée ayant fait un retour offensif et le comité de défense s’étant opposé à une seconde reprise des armes, il préféra donner sa démission de préfet, et se rendit auprès de Léon Gambetta à Tours[2].

Le , il est nommé préfet de l’Aisne. En janvier 1871, le ministre de l’Intérieur l’ayant nommé préfet des Basses-Pyrénées, il organisa, dans ce département, les légions de mobilisés qui se distinguèrent à Dijon pour suivre plus tard la fortune de l’armée de Bourbaki[2].

Il tenta une rentrée politique comme candidat républicain dans le 7e arrondissement aux élections de 1877, mais il fut battu par l’amiral Touchard[2]. Quelque temps après, le ministre Jules Dufaure le nommait directeur de la presse au ministère de l’intérieur, mais il crut devoir adresser à son chef hiérarchique Émile de Marcère un rapport sur la liberté de la presse. Cet acte d’indépendance ne fut pas gouté en haut lieu et il donna sa démission[2].

En 1882, le 9e arrondissement de Paris l’envoya à la Chambre en remplacement d’Émile de Girardin. Réélu député de la Seine en 1885 aux élections générales par 222 334 voix, ses collègues le nommèrent vice-président de la Chambre des députés par 458 voix sur 497 votants[2].

Il avait été choisi, en 1883, comme président, par la Ligue des patriotes en remplacement d’Henri Martin, mais il donna sa démission lorsque cette société entra dans le mouvement boulangiste[2]. En novembre 1888, ne partageant pas l’opinion de la majorité de la Chambre sur certaines questions, il se démit de ses fonctions de vice-président et persista malgré sa réélection[2].

Il ne fut pas réélu en 1889 et, après cette époque, vécut très retiré[2]. Il venait fréquemment apporter à la Lanterne ses « Lettres Démocratiques » qui étaient très appréciés des lecteurs[2]. La sympathie dont l’entouraient ses collègues lui avait fait une situation d’arbitre presque officielle dans les duels et les affaires d’honneur[2].

Dans ses derniers temps, on lui avait offert la succession d’Étienne Arago comme conservateur du musée du Luxembourg, mais ayant subi une attaque d’apoplexie, il n’entendait plus que très difficilement et crut devoir résigner les fonctions qui lui étaient offertes comme une retraite honorable[2]. Dans la matinée du , à dix heures, il se donne la mort, dans l’appartement qu’il occupait, 72, avenue de Villiers, en se tirant un coup de revolver sous l’œil droit[3]. Il a reçu des obsèques civiles au cimetière du Père-Lachaise[4], où sa sépulture érigée par Louis-Ernest Barrias grâce à une souscription nationale, porte l'inscription : « À la mémoire d’Anatole de La Forge, le vaillant défenseur de Saint-Quentin, le fidèle défenseur de la démocratie[5]. »

Hommages[modifier | modifier le code]

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Rapport sur l'instruction publique en Espagne, Paris, E. Proux, 1847.
  • Des vicissitudes politiques de l'Italie, dans ses rapports avec la France, 2 vol., 1850.
  • Histoire de la République de Venise sous Manin, 2 vol., 1852.
  • L'Autriche devant l'opinion, 1859, disponible sur Gallica.
  • La Question des duchés, 1859.
  • La Guerre, c'est la Paix, 1859, disponible sur Gallica.
  • Les Utopistes en Italie, réponse à MM. Arthur de La Guéronnière et Eugène Pelletan, 1862.
  • La Liberté, deuxième réponse à M. Eugène Pelletan, 1862, disponible sur Gallica.
  • Lettre à Mgr Dupanloup sur les événements de Pologne, Paris, S. Castel, 1863.
  • La Pologne devant les chambres, 1863.
  • La Pologne en 1864, lettres à M. Émile de Girardin, 1864.
  • Petit Mémoire pour servir d'appendice édifiant aux « Questions de mon temps » (une des œuvres de M. Émile de Girardin), 1869, disponible sur Gallica.
  • Les Serviteurs de la démocratie, 1883.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La notice biographique de l'Assemblée nationale le fait naître le 1er avril 1821, mais la plupart des sources, ainsi que la plaque commémorative apposée sur son lieu de naissance à Paris, indiquent 1820.
  2. a b c d e f g h i j k l et m « Anatole de La Forge : Anatole de La Forge », La Lanterne, Paris, no 5527,‎ 16e année, p. 1 (lire en ligne).
  3. Ph. Dubois, « Suicide de M. Anatole de La Forge », L’Intransigeant, no 4347,‎ (lire en ligne) .
  4. « Les Obsèques d’Anatole de La Force », La Justice, vol. La Justice (journal), no 4531,‎ (lire en ligne).
  5. Site des amis et passionnés du Père-Lachaise : appl-lachaise.net

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]