Anarchisme au Japon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'anarchisme est un mouvement influent au Japon au XIXe et XXe siècles. Le mouvement anarchiste est influencé par la première et la Seconde Guerre mondiale, dans laquelle le Japon joue un rôle majeur. Le mouvement anarchiste japonais peut être divisé en trois périodes: de 1906 à 1911, de 1912 à 1936 et de 1945 à nos jours[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Les idées anarchistes sont popularisées au début du XXe siècle par le journaliste radical Shūsui Kōtoku[1]. Emprisonné en 1904 pour « propagande subversive » après avoir milité contre la guerre russo-japonaise,il découvre en prison Fields, Factories and Workshops de Pierre Kropotkine. Dès sa sortie, il émigre aux États-Unis où il rejoint l'Industrial Workers of the World (IWW). Il retourne au Japon en 1906 et, lors d'un meeting le 28 juin 1906 à Tokyo, expose les idées qu'il a découverte aux États-Unis. Il publie ensuite un certain nombre d'articles, il écrit "J'espère qu'à partir de maintenant le mouvement socialiste va abandonner ses engagements pour un parti parlementaire et va adapter ses méthodes et sa politique pour l'action directe des ouvriers unis".

Dans les années qui suivirent, les anarcho-communistes se concentrent sur la diffusion de leurs idées grâce à des messages oraux et écrits. Ils agissent dans des conditions difficiles, et subissant les attaques de la police, certains anarchistes pensent à adopter des méthodes plus violentes.

En 1926, deux institutions anarchistes nationales sont formées. La Black Youth League (Ligue Noire de la Jeunesse), Kokushoku Seinen Renmei en japonais, est plus communément connue sous l'abréviation Kokuren. À sa création, le Kokuren était principalement composé de jeunes anarchistes de l'Est du Japon (la région de Kantô), mais il grandit rapidement afin d'accueillir toutes les générations et pour étendre son organisation fédérale à travers tout le Japon et même plus loin, dans les colonies japonaises qu'étaient alors la Corée et Taiwan.

Cette création est parallèle à la naissance d'un autre groupe anarchiste, le Zenkoku Rôdô Kumiai Jiyû Rengôkai (Fédération libertaire des syndicats japonais), simplifié en Zenkoku Jiren ou Zenjiren.

Dans les années suivantes, le mouvement anarchiste est caractérisé par un débat intense entre anarcho-communistes et anarcho-syndicalistes. Lors de la conquête de la Mandchourie par le Japon, l'État commence à faire taire l'opposition intérieure; une nouvelle vague de répression est lancée. Bien que le mouvement anarchiste adopte plusieurs stratégies pour survivre, l'État met tout en œuvre pour l'emporter. Avec le début de la Seconde Guerre mondiale, toutes les organisations anarchistes japonaises sont obligées de s'arrêter. Les anarchistes doivent faire profil-bas, ne doivent plus exposer leurs idées politiques au public.

Après la guerre, le Japon subit l'occupation américaine. L'investissement important et le l'économie florissante sont accompagnés par la prise de mesures autoritaires contre les syndicats. Bien que les anarchistes se soient ré-organisés, ils trouvent difficiles de se développer dans ces conditions.

Aujourd'hui, le mouvement anarchiste est bien plus petit qu'avant.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Komatsu Ryûji, Nanta Arnaud, Un Retour sur le parcours du mouvement anarchiste au Japon, Ebisu, no 28, 2002, texte intégral.

Liens[modifier | modifier le code]

Le Libertaire japonais Seiichi, l’éditeur du Libertaire japonais

Notes et références[modifier | modifier le code]