Analyse du comportement appliquée

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L'analyse du comportement appliquée, ou ABA (Applied Behavior Analysis), est à la fois un champ d'étude et ses principes constituent la base de prise en charge issue de la psychologie comportementale. L'ABA se base sur l'observation directe, la mesure précise et l'analyse fonctionnelle, et présente des résultats encourageants dans de nombreux domaines de traitement, notamment de l'autisme[non neutre], mais aussi l'addiction, l'efficacité au travail et le domaine de la robotique s’intéresse aux principes de l'ABA.

Généralités[modifier | modifier le code]

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le terme anglais Behavior modification (en) a été précédemment employé[1]. D'autres termes connexes renvoient à l'ABA : The University of California at Los Angeles Young Autism Project model (YAP), early intensive behavioural intervention (EIBI), ou programme Lovaas[2].

Domaines concernés[modifier | modifier le code]

L'analyse du comportement appliquée peut s'adresser aux troubles envahissants du développement, aux troubles du comportement, au développement du langage, des conduites sociales, etc. Elle est en particulier connue dans le traitement de l'autisme, avec l'approche intensive développée par Ole Ivar Lovaas. En effet, utilisant le conditionnement opérant, l'ABA permet de favoriser les apprentissages chez les personnes n'ayant pas encore acquis de langage.

L'évaluation[modifier | modifier le code]

L'ABA porte une attention particulière à l'évaluation. Cet aspect permet des interventions ciblées, précises et efficaces[non neutre]. L'impact de l'intervention est également mesuré, permettant d'évaluer l'efficacité, et au besoin de réajuster la procédure utilisée.

Analyse fonctionnelle[modifier | modifier le code]

L'analyse fonctionnelle utilisée dans l'ABA comporte trois à quatre éléments : A,B,C.

  • A comme Antécédent : il s'agit du stimulus précédant le comportement cible, et le déclenchant ;
  • B comme Behavior (comportement) : c'est la réponse du sujet, le comportement cible ;
  • C comme Conséquence : l'élément qui contrôle le comportement cible pour les prochaines occurrences ;
  • quatrième élément : la situation dans laquelle a lieu la série ABC.

Pour agir sur le comportement cible, le thérapeute va modifier la conséquence.

Description du comportement[modifier | modifier le code]

Pour être décrit de façon objective et précise, le comportement peut être observé sous plusieurs aspects :

  • la fréquence ;
  • le taux, ou débit ;
  • la durée ;
  • la latence ;
  • la topographie ;
  • la force ;
  • la localisation.

Techniques d'observation[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs types de grilles d'observation. Celles-ci varient selon les dimensions du comportement observées. Par exemple, le comportement peut être mesuré dans sa fréquence : on choisira alors une unité de temps durant laquelle on comptera le nombre d'occurrences du comportement[réf. souhaitée].

L'intervention[modifier | modifier le code]

L'intervention porte sur la conséquence du comportement cible. L'occurrence du comportement cible augmente lorsqu'il est suivi d'un élément renforçateur, et diminue lorsqu'il est suivi d'un élément punitif. C'est ici la définition même du renforcement et de la punition.

Techniques d'intervention[modifier | modifier le code]

Le renforcement, qu'il soit positif ou négatif, constitue toute procédure visant à augmenter l’occurrence d'un comportement. A l'inverse la punition, positive ou négative, constitue les procédures visant à diminuer un comportement défini.

Choix du renforçateur[modifier | modifier le code]

Les renforçateurs sont classés en deux catégories :

  • les renforçateurs primaires renforcent un comportement sans qu'il y ait eu d'apprentissage préalable. Ils peuvent être nourriture, sommeil, stimulations, etc.
  • les renforçateurs secondaires (ou conditionnels) dépendent d'une association préalable avec un renforçateur primaire.

Plans d'intervention[modifier | modifier le code]

La punition[modifier | modifier le code]

La présentation d'un stimulus aversif, ou la suppression d'un stimulus agréable, en conséquence à un comportement constitue une punition. La punition est rarement utilisée, car son effet peut être si radical que le comportement cible n'apparaîtrait plus : on lui préférera le renforcement d'un comportement incompatible avec le comportement à réduire[réf. souhaitée]. Elle est tout de même intéressante dans des situations d'auto-agression, où elle est toujours accompagnée du renforcement d'un comportement alternatif[réf. souhaitée].

L'apprentissage[modifier | modifier le code]

L'ABA est parfois fui du fait de son apparence manipulatrice[réf. nécessaire]. Effectivement, les conséquences sont les variables manipulées pour contrôler le comportement. Rappelons que le conditionnement opérant explique tout apprentissage, et l'ABA en utilise les propriétés dans un programme transparent. L'objectif doit demeurer l'apprentissage et l'autonomie, c'est-à-dire le bien-être présent et futur de la personne. De plus, l'évaluation de la validité sociale permet d'assurer à l'intervention une éthique correspondant aux valeurs de la société plutôt qu'à celles du psychologue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) James A Mulick, « Positive Behavior Support and Applied Behavior Analysis », The Behavior Analyst, vol. 29, no 1,‎ 2006, p. 51–74 (PMCID 2223172)
  2. (en) « Early Intensive Behavioural Intervention (UCLA YAP Model) and Autism » sur researchautism.net, relu le 30 novembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rivière, Vinca. (2006) Analyse du comportement appliquée à l'enfant et à l'adolescent. Liège : Presses universitaires du septentrion.
  • Clément, Céline. (2006) Apprentissage et conditionnements. Paris : Dunod.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]