Analyse de l'Union européenne comme superpuissance émergente

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Union européenne
Puissance émergente potentielle
L'Union européenne dans le monde
L'Union européenne dans le monde
Description Association sui generis de 28 États
Membres
Comparaison
Population
Chine 1 344 413 526 habitants
Inde 1 210 193 422 habitants
Union européenne 503 679 730 habitants
États-Unis 315 076 154 habitants
Brésil 193 946 886 habitants
Russie 143 030 106 habitants
Superficie
Russie 17 098 242 km2
États-Unis 9 629 048 km2
Chine 9 596 961 km2
Brésil 8 514 876 km2
Union européenne 4 376 780 km2
Inde 3 287 263 km2
PIB nominal
Union européenne 17 577,691 milliards $
États-Unis 15 064 milliards $
Chine 6 102 milliards $
Brésil 2 517 milliards $
Russie 1 884 milliards $
Inde 1 237 milliards $
Formes
Brésil État (Constitution du Brésil)
Chine État (Constitution de la République populaire de Chine)
États-Unis État (Constitution des États-Unis)
Inde État (Constitution de l'Inde)
Russie État (Constitution de la Fédération de Russie)
Union européenne Association sui generis, organisation supranationale (TFUE et TUE)

L’analyse de l'Union européenne comme puissance désigne l'ensemble des analyses ayant pour but de discuter l'application de la notion de puissance à l'Union européenne. La difficulté posée par ces analyses reposent sur deux ambiguïtés : l’ambiguïté du mot « puissance » étant elle-même vague – détermination de la puissance sur des bases exclusivement diplomatiques et militaires, définition de la puissance par rapport au poids économique, etc. ; et la nature indéterminée de l'Union européenne.

Ainsi, alors que certains analystes, tel que Jolyon Howorth (en), qualifieront l'Union européenne d'« acteur international »[1], d'autres, comme Asle Toje (en), considèreront qu'elle a les attributs d'une petite puissance[2]. Selon certaines de ces analyses, l'Union européenne pourrait être comparée au Brésil, à la Chine, à l'Inde, à la Russie et aux États-Unis[3].

Applicabilité de la notion de puissance[modifier | modifier le code]

Facteurs de la puissance[modifier | modifier le code]

Le concept de puissance comprend plusieurs aspects : la puissance économique et financière, la puissance démographique, la puissance politique, la puissance diplomatique, la puissance militaire, la puissance géographique et la puissance culturelle.

Économie et finance[modifier | modifier le code]

Revenu intérieur brut[modifier | modifier le code]

L'UE est la première puissance économique mondiale avec 22.07 % du PIB mondial en 2016 (World Bank) soit 16 491 milliards de dollars[4]. Le revenu par habitant moyen oscille entre 27 000 et 30 000 $ avec de fortes variations entre États.

Commerce[modifier | modifier le code]

L'économie de l'Union Européenne est une des plus dynamiques du monde. Le commerce extérieur de l'UE était de 3 456 milliards d'euros en 2016 : la valeur totale des importations atteint 1 712 milliards d'euros et celle des exportations 1 744 milliards d'euros. Les principaux partenaires commerciaux sont les Etats-Unis, la Chine, la Suisse, la Russie et la Turquie[5]. L'UE a la priorité sur ses Etats membres pour négocier des traités commerciaux avec des pays étrangers : l'Accord économique et commercial global avec le Canada, le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement avec les Etats-Unis (en gel), l'Accord de libre-échange entre le Japon et l'Union européenne, ... L'UE a aussi pu faire valoir sa puissance sur de nombreuses autres nations, ouvrant récemment des discussions avec la Chine sur les exportations de textile ou avec les États-Unis sur les subventions présumées d'Airbus et Boeing.

Monnaie[modifier | modifier le code]

L'UE dispose d'une des monnaies les plus largement acceptées dans le monde : l'euro. Un cinquième des réserves de change sont détenues en euro en 2015, ce qui en fait la seconde monnaie de réserve (loin derrière le dollar mais loin devant le yen). L'euro est aussi utilisée dans près de 30% des échanges commerciaux[6].

Aide publique au développement[modifier | modifier le code]

Plus de 50% de l'aide publique au développement distribuée en 2015 provenait des Etats de l'Union européenne[7].

Exploration spatiale[modifier | modifier le code]

Plusieurs États membres sont à l'origine de la Station spatiale internationale et dirigent ensemble un programme spatial commun, l'Agence spatiale européenne, bien que cette organisation ne soit pas parrainée par l'UE. Elle a développé avec succès sa propre série de fusées, Ariane, et possède sa propre station de lancement à Kourou en Guyane française. Néanmoins aucune nation européenne ne prit part à la "Conquête de l'espace" (à l'exception des pays de l'ancien bloc soviétique), préférant plutôt acheter une place dans un vol américain ou russe. L'Agence spatiale européenne a également envoyé plusieurs sondes sur d'autres planètes comme Vénus, Mars ou la lune de Saturne, Titan. L'UE met aussi en place son propre réseau de positionnement par satellite : Galileo pour rivaliser avec le système américain GPS et le système russe GLONASS.

Démographie[modifier | modifier le code]

Au , l'Union Européenne compte 511 millions d'habitants[8] soit 6.7% de la population mondiale, en troisième position derrière la Chine et l'Inde. Tous les pays de l'UE ont un taux de fécondité inférieur au seuil de renouvellement des générations. Sans immigration, la population de l'UE pourrait diminuer dans les années à venir. Le départ de certains pays, dont celui du Royaume-Uni, depuis janvier 2020, pourrait aussi faire baisser sa population. Cependant, cela ne prend pas en compte les futurs élargissements possibles dont le plus important, la Turquie, ferait grimper la population européenne avec un apport de 76 millions de personnes à elle seule.

Globalement, l'UE a une forte espérance de vie de 78,1 ans et un Indice de développement humain (IDH) élevé, supérieur à celui des États-Unis et à ceux de toute autre superpuissance émergente.

Politique[modifier | modifier le code]

En matière de politique, les nations membres de l'UE possèdent certains des systèmes politiques les plus stables du monde et au niveau européen, la vie politique est fortement encadrée par les institutions politiques elles-mêmes mais également par des agences européennes spécialisées et des institutions judiciaires[9]. Cela tient notamment aux obligations de disposer d'un gouvernement stable, démocratique et respectant l'état de droit avant de pouvoir entamer toutes négociations relatives à une adhésion à l'UE ; les critères de Copenhague qui régissent ces obligations reprennent également des obligations dans divers domaines (économie, droit, infrastructures, environnement, etc.) et l'obligation d'adopter l'acquis communautaire ; c'est-à-dire l'ensemble des droits et obligations auxquels l'UE et les États membres se sont contraints vis-à-vis d'États tiers ou d'institutions internationales[10].

Ainsi, les pays ayant fait partie du 5e élargissement ont dû adopter les normes démocratiques des anciens États membres et signer des accords de respect de leurs minorités et de leurs frontières respectives (notamment dans la région des Balkans). Dans le cadre de son processus d'adhésion, la Turquie a aboli la peine de mort et la torture et a reconnu à la minorité kurde le droit de parler sa langue. La politique d'élargissement, qui est l'une des compétences exclusives de l'UE, lui permet de promouvoir et de faire appliquer ses valeurs au-delà de ses frontières (dans un espace restreint aux pays proches géographiquement et qui ont vocation à travailler de plus en plus étroitement avec l'UE[10]). Dans une moindre mesure, l'UE dispose aussi une capacité de promotion et de mise en application des ses normes économiques, sociales, environnementales ou sanitaires vis-à-vis des États ou entreprises qui commercent avec elle et disposent d'un accord commercial spécifique[11].

La remise en cause après l'adhésion des valeurs fondamentales inscrites dans les traités et dont les responsables politiques européens sont les garants entraine la mise en place de sanctions. En 2018, c'est le cas pour deux des États membres qui font l'objet de procédures relatives à de « multiples violations de la démocratie et des droits de l'homme constatées par les institutions européennes »[12].

Toutefois, selon les études de Transparency International, des problèmes de corruption à grande échelle persistent (indice de perception de la corruption[13]) et d'autres indicateurs montrent également de fortes disparités dans les domaines économiques (indice de liberté économique, taux de chômage, pourcentage de femmes actives, etc.) et sociétaux (indice de développement humain, mesure des inégalités de revenusetc.) pour lesquels les politiques publiques nationales et communautaires sont tout à fait centrales[14],[15].

Diplomatie[modifier | modifier le code]

La France et le Royaume-Uni sont des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l'Allemagne fait partie du Groupe des quatre (composée de membres du G20 s'étant associés pour obtenir un siège permanent). L'UE, en plus de ses deux membres permanents, peut disposer d'un maximum de trois membres non-permanents sur les dix sièges restants (en fonction de la répartition des sièges sur une base géographique). Elle dispose par ailleurs d'une personnalité juridique et a obtenu le statut d'observateur à l'Assemblée générale et divers droits auprès des organes des Nations unies[16].

L'UE participe également dans de nombreuses autres organisations internationales ; sa représentativité est assurée par le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) et son réseau de délégations.

Géographie[modifier | modifier le code]

Politique européenne de voisinage (relations extérieures de l'UE) :

Une zone large et développée[modifier | modifier le code]

L'Union européenne s'étend sur une large zone d'environ 4,5 millions de kilomètres carrés, la septième plus importante au monde.

Des ressources naturelles[modifier | modifier le code]

L'Union européenne possède de grandes réserves de pétrole (c'est le huitième producteur de pétrole au monde), de charbon, d'uranium, de minerai de fer, etc. Toutefois, elle importe actuellement de nombreuses ressources : elle est largement dépendante en matière d'énergie notamment vis-à-vis de la Russie. En outre, l'UE est à la tête du développement des énergies renouvelables (elle contribue à 75 % de la production d'énergie éolienne mondiale) et se donne des objectifs ambitieux : satisfaire 12 % de la consommation énergétique européenne en 2010 et 20 % en 2020 par le biais des énergies renouvelables.

Défense[modifier | modifier le code]

Il est difficile de dire que la puissance militaire de l'UE soit par définition un facteur d'unité, mais cela est peut-être en train de changer (voir Eufor). Ce sujet est activement débattu, et certains membres de l'UE considèrent la neutralité défensive comme un point essentiel. C'est également parfois un sujet qui touche à la constitution des États.

Beaucoup d'États membres ont un gouvernement qui refuse d'avoir un large recours à la force militaire et plusieurs, dont l'Autriche, la Finlande, l'Irlande ou encore la Suède, ont une politique officielle de neutralité. Ce facteur peut réduire l'envergure de toute expansion future concernant le pouvoir militaire de l'UE, hormis l'incorporation de forces nationales en provenance des nouveaux États membres. Cependant, les forces armées européennes sont assez fortes pour résister aux menaces potentielles régionales et internationales dans un avenir proche ; l'ensemble des États membres de l'UE (qu'ils soient membres ou non de l'OTAN, y compris les États neutres) a d'ailleurs une obligation de défense mutuelle en cas d'agression[17] qui vient s'ajouter aux diverses alliances militaires nouées et qui s'étendent au-delà des frontières de l'UE (OTAN, NORDEFCO, BLACKSEAFORetc.)[18].

En 2002, les dépenses de la défense des États membres de l'Union européenne s'élèvent à 193 milliards de dollars, celles des États-Unis étant de 390 à 900 milliards de dollars selon les estimations. Mais ils sont tout de même, en supposant que les dépenses des États membres soient regroupées pour la pertinence de la comparaison, loin devant le pays les talonnant, la Chine, dont les dépenses sont estimées entre 35,4 (selon le SIPRI) et 90 milliards de dollars (selon le Département de la Défense américaine). Le total des dépenses européennes peut également inclure des dépenses pour la sécurité nationale dans certains États comme l'Italie[19].

Certains États membres disposent de forces armées parmi les mieux formées et les mieux équipées au monde et leur niveau technique est similaire à celui des États-Unis. En effet, ils partagent des informations sur le plan de la technique, du renseignement, de la tactique et de la stratégie. Toutefois, les nouveaux membres, plus petits et autrefois signataires du Pacte de Varsovie sont moins bien équipés et entraînés ; l'un de leur objectif est de rattraper leur retard et de mettre leurs forces armées au standard OTAN nécessaire pour les opérations conjointes (notamment prévues par les accords de Petersberg et Berlin[20]).

Deux États membres, la France et le Royaume-Uni, possèdent un arsenal nucléaire important avec approximativement 550 ogives. Bien que ces arsenaux soient plus petits que ceux des États-Unis ou de la Russie, ils sont suffisants pour dévaster n'importe quel ennemi et sont par conséquent des armes de dissuasion crédibles. D'autres États membres sont fortement opposés à la force nucléaire, c'est le cas de l'Allemagne dont l'opinion publique dénonce le recours aux armes nucléaires.

Parmi les armées des pays membres, seules celles de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni ont des capacité de projection importantes. Comme l'UE n'est pas une entité cohérente et comme la plupart des États membres ont des dépenses militaires limitées[21]. l'UE dispose de peu de forces aéronavales et de peu d'avions de transport en comparaison avec les États-Unis. Cependant, sa localisation géographique lui permet de se déployer plus rapidement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et le développement d'une politique volontariste de mutualisation des moyens de transport aérien au sein du Commandement européen du transport aérien permet tout à la fois de mutualiser les coûts et les capacités de cet élément stratégique. Fin 2017, la structure gère 204 appareils de 7 États membres[22].

Culture[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Si l'on comptabilise les médailles gagnées par les 28 pays membres de l'Union européenne (bien qu'elle ne dispose pas d'une équipe commune à l'heure actuelle), elle est sans conteste la superpuissance sportive mondiale. Aux Jeux olympiques de Pékin, l'Union européenne a remporté 87 médailles d'or, soit autant que la Chine et les États-Unis réunis[23]. En comptant le total des médailles, elle a gagné 280 médailles, contre 110 pour les États-Unis et 100 pour la Chine[23]. Il faut cependant relativiser ces chiffres car le nombre de participants par nation est limité par le règlement : une équipe européenne unie aurait obtenu moins de places de vainqueurs et de finalistes (en particulier dans les sports collectifs) que la somme des nations qui la composent.

Puissances actuelles au sein de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant présente plusieurs éléments de puissance comparée de pays pouvant être qualifiés de puissances (régionales et internationales) :

États membres de l'Union européenne
Nom Superficie
(millions km2)
(rang mondial[N 1])
Zone économique exclusive
(millions km2)
(rang mondial[N 2])
Population
(millions hab. - 2017)
(rang mondial[N 3])
PIB nominal
(milliards $ - 2017)
(rang mondial[N 4])
Dépenses de recherche scientifique
(milliards $ - 2010)
(rang mondial[N 5])
0
Dépenses militaires
(milliards $ - 2017)
(rang mondial[N 6])
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 357
(63e)
57
(113e)
83
(19e)
3 684
(4e)
119
(4e)
44
(9e)
Drapeau de l'Espagne Espagne 510
(52e)
1 039
(31e)
47
(30e)
1 313
(14e)
19
(15e)
16
(14e)
Drapeau de la France France 672
(41e)
10 070
(2e)
68
(20e)
2 583
(7e)
60
(7e)
58
(6e)
Drapeau de l'Italie Italie 301
(72e)
541
(46e)
61
(23e)
1 937
(9e)
27
(12e)
29
(12e)
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 38
(135e)
154
(85e)
17
(65e)
825
(18e)
16
(16e)
10
(20e)
Drapeau de la Pologne Pologne 313
(70e)
29
(122e)
38
(37e)
524
(24e)
12
(23e)
10
(21e)
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 243
(80e)
6 805
(5e)
66
(21e)
2 624
(5e)
45
(8e)
47
(7e)
Drapeau de l’Union européenne Union européenne 4 494
(7e)
25 600
(1er)
513
(3e)
17 308
(2e)
388
(3e)
259
(2e)

Intégration plus poussée de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

L'Union européenne est une organisation en évolution constante, certains pays européens soutiennent une évolution permettant une intégration plus poussée (par exemple, sous la forme d'une union fédérale), quand d'autres préfèrent envisager le futur européen sous la forme d'une communauté d'État nations (en ne confiant aux instances européenne qu'une partie des pouvoirs régaliens) ; ces deux visions s'opposent fréquemment et ont un impact différent sur le développement de l'UE comme une superpuissance.

Les principales politique européennes d'intégration mises en place depuis le traité de Lisbonne ont toutes pour caractéristique de renforcer la place de l'UE dans le monde (la réciproque est également vraie, le processus du Brexit tend à faire perdre de sa crédibilité à l'UE). Certaines politiques sont jugées particulièrement dans cette optique[24] :

Arguments à l'encontre du développement d'une superpuissance européenne[modifier | modifier le code]

Éléments politiques[modifier | modifier le code]

Absence d'unité politique[modifier | modifier le code]

Des progrès concernant l'Intégration européenne et la fédéralisation, si cela devait être la politique choisie par l'UE dans son ensemble, semblent nécessaire pour que l'UE accède au statut de superpuissance. Le rejet de la nouvelle constitution européenne par les citoyens des pays fondateurs de l'UE et ceux considérés comme étant largement favorables à l'intégration, la France et les Pays-Bas, en 2005, a ralenti la marche vers une intégration plus poussée. Après les commentaires faits par la présidence autrichienne, la constitution va, peut être, être remise au goût du jour, bien qu'elle soit l'objet d'un débat ininterrompu quant à sa faisabilité. Le gouvernement néerlandais a indiqué son refus de toute proposition ayant un contenu similaire à la première constitution. L'ancien gouvernement allemand veut que la constitution européenne soit soumise à la France jusqu'à ce que celle-ci dise "oui", ce qui est considéré comme antidémocratique par certains. La Pologne est tout particulièrement opposée à la constitution européenne car elle limiterait les décisions nationales en matières de politique étrangère et de défense ; de plus, tout changement affaiblirait le rôle de l'OTAN ou celui des États-Unis, soutiens importants du gouvernement polonais. Mais, un échec éventuel de la constitution ne pourra empêcher certains pays d'avancer (formant une Europe à plusieurs vitesses). C'est d'ailleurs déjà le cas avec l'euro ou les accords de Schengen.

Absence d'armée unifiée[modifier | modifier le code]

L'UE ne remplit pas tous les critères pour être nommée superpuissance car elle n'a pas d'armée unifiée, parmi d'autres raisons importantes. Par exemple, les forces du Royaume-Uni, de l'Espagne et de l'Italie ont participé à l'invasion et/ou à l'occupation de l'Irak au début de l'année 2003. Les gouvernements français et allemand ont condamné cette invasion. Le problème d'unité est dû au fait qu'il n'y a pas de politique étrangère et de défense commune sans unanimité entre les pays membres, et la possibilité de déployer des forces à l'étranger reste sous le contrôle des États membres. Que de telles forces militaires soient prises en charge ou non par l'UE et retirées aux États membres est sujet à de nombreuses altercations. Il n'y a en effet aucune proposition officielle actuellement sur ce sujet bien que bien des gens aspirent depuis longtemps à voir l'UE dotée de tels pouvoirs. La fragmentation politique et militaire est la plus grande limite à la reconnaissance de l'UE comme superpuissance.

Difficultés de parler d'une seule voix à l'international[modifier | modifier le code]

Euroscepticisme[modifier | modifier le code]

L'euroscepticisme est important au Royaume-Uni et en Scandinavie. L'élargissement de l'UE à l'Europe de l'Est créa un large débat en Europe de l'Ouest. Un débat encore plus fort a lieu concernant l'entrée de la Turquie.

Éléments sociaux et économiques[modifier | modifier le code]

Immigration[modifier | modifier le code]

Vieillissement de la population[modifier | modifier le code]

Démographiquement, la population de l'UE vieillit rapidement. Au même rythme que celle du Japon, elle n'est cependant pas aussi importante que celles de la Russie et de l'Ukraine. Pourtant l'UE devra faire face à un manque de main-d'œuvre, une croissance économique en baisse et des dépenses sociales élevées.

Croissance économique[modifier | modifier le code]

Bien que l'UE soit actuellement une économie aussi importante que celle des États-Unis, son taux de croissance économique annuel n'est que de 1,7 %, alors que celui des États-Unis est de 2,5 %. Mais ils sont virtuellement similaires avec une base par capital (en comparaison la Chine grandit à 9,2 % et l'Inde à 7,1 %). Le revenu intérieur brut n'est qu'une statistique et doit être interprété avec précaution (Comparaison économie EU/USA et Comparaison économie EU/USA de federalunion.org), son usage n'est d'ailleurs pas sans controverse. Il existe deux analyses opposées de l'économie européenne : les Européens ont plus de loisirs ou les Européens sont assommés par les taxes et une réglementation excessive. Les élargissements et les réformes futurs rendent très difficile toute prédiction sur le dynamisme de l'UE.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Howorth 2011, p. 455
  2. Toje 2010, p. 43
  3. Manning 2003
  4. (en) « World Bank », sur World Bank (consulté le 19 mai 2018)
  5. (en) « Client and Supplier Countries of the EU28 in Merchandise Trade (value %) (2016, excluding intra-EU trade) », sur ec.europa.eu, (consulté le 19 mars 2018)
  6. (en) « Rapport 2016 de la BCE » (consulté le 19 mai 2018)
  7. « L'Europe, premier donateur d'aide au développement au monde ! », sur ec.europa.eu (consulté le 12 décembre 2016)
  8. (en) « Eurostat », sur Eurostat (consulté le 19 mai 2018)
  9. « Qui exerce un pouvoir de contrôle dans l’Union européenne ? », sur Vie-publique.fr (consulté le 25 septembre 2018).
  10. a et b « Le "soft power" de l'Union européenne », sur Vie-publique.fr (consulté le 25 septembre 2018).
  11. « Normes sociales et environnementales dans l'accord économique et commercial global entre l'Union européenne et le Canada », sur Direction générale du Trésor français (consulté le 25 septembre 2018).
  12. « Procédure de sanction enclenchée par le Parlement européen contre la Hongrie », sur France info (consulté le 25 septembre 2018).
  13. (en) Transparency International, « Corruption Perceptions Index 2017 », sur www.transparency.org (consulté le 25 septembre 2018).
  14. « Politiques publiques européennes », sur EHNE (consulté le 25 septembre 2018).
  15. Hassenteufel Patrick et Surel Yves, « Des politiques publiques comme les autres ? Construction de l'objet et outils d'analyse des politiques européennes », Politique européenne, no 1,‎ , p. 8-24 (DOI 10.3917/poeu.001.0008, lire en ligne, consulté le 25 septembre 2018).
  16. (en) « Delegation of the European Union to the United Nations », sur European External Action Service, (consulté le 25 septembre 2018).
  17. Le traité de Lisbonne introduit, en son article 42.7, une clause de défense mutuelle, disposant que « si un État membre fait l'objet d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir ». Cette clause est inspirée d'une disposition de l'Union de l'Europe occidentale, également à l'origine de l'article 5 du traité instituant l'OTAN et utilisant le même principe d'assistance mutuelle en cas d’agression extérieure.
  18. « La politique de sécurité et de défense commune (PSDC) », sur Toute l'Europe (consulté le 8 août 2018).
  19. Hébert Jean-Paul, « L'Europe, vraie puissance militaire mondiale », L'Économie politique, vol. 2003/4, no 20,‎ , p. 32-43 (DOI 10.3917/leco.020.0032, lire en ligne, consulté le 8 août 2018)2.
  20. « L'appartenance à l'OTAN au sein de l'Union européenne », sur Toute l'Europe (consulté le 26 septembre 2018).
  21. « Les dépenses militaires dans l'Union européenne », sur Toute l'Europe (consulté le 8 août 2018).
  22. (en) « Flotte du Commandement européen du transport aérien », sur le site du EATC (consulté le 15 novembre 2017).
  23. a et b http://www.medaltracker.eu/
  24. « Quelle(s) politique(s) d'intégration au sein de l'Union européenne ? », sur Fondation Robert Schuman (consulté le 8 août 2018).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Selwyn Manning, « An Emerging EU Superpower & the U.S Cold-War Clash », Scoop,‎ (lire en ligne)
  • (en) Asle Toje, « The European Union as a Small Power », Journal of Common Market Studies, vol. 49, no 1,‎ , p. 43-60
  • (en) Jolyon Howorth, « The EU as a Global Actor: Grand Strategy for a Global Grand Bargain? », Journal of Common Market Studies, vol. 49, no 3,‎ , p. 455-474
  • (en) Ian Manners, « Normative power Europe: a contradiction in terms », Journal of Common Market Studies, vol. 40, no 2,‎ , p. 235-258
  • (en) Michael Smith, « A liberal grand strategy in a realist world? Power, purpose and the EU's changing global role », Journal of European Public Pplicy, vol. 18, no 2,‎ , p. 144-163
  • (en) Martijn L. P. Groenleer et Louise G. Van Schaik, « United We Stand? The European Union's International Actorness in the Cases of the International Criminal Court and the Kyoto Protocol », Journal of Common Market Studies, vol. 45, no 5,‎ , p. 969-998
  • Olivier Costa et Nathalie Brack, Le fonctionnement de l'Union européenne, Bruxelles, Université libre de Bruxelles, , 2e éd., 379 p. (ISBN 978-2-8004-1547-5)

Compléments[modifier | modifier le code]

Lectures approfondies[modifier | modifier le code]

  • "Penser l'Europe", Edgar Morin, Paris, Folio/Gallimard, 1990 (1re édition 1987).
  • "L'Europe des Européens", Henri Mendras, Paris, Folio/Gallimard, 1997.
  • The United States Of Europe: The New Superpower and the End of American Supremacy, T.R. Reid ()
  • The Next Superpower? : The Rise of Europe and Its Challenge to the United States par Rockwell, A. Schnabel, Francis X. Rocca ()
  • Europe and the superpowers;: Perceptions of European international politics, Robert S Jordan
  • Europe: Superstate or Superpower? Un article issu du World Policy Journal [HTML] par Martin Walker ()
  • Superpower Struggles : Mighty America, Faltering Europe, Rising Asia, John Redwood ()
  • From Civilian Power to Superpower: The International Identity of the European Union, Richard G. Whitman ()
  • The European Dream, Jeremy Rifkin ()
  • Allies at Odds : The United States and the European Union, Thomas Mowle ()
  • The European Dream: How Europe's Vision of the Future Is Quietly Eclipsing the American Dream, Jeremy Rifkin (Jeremy P. Tarcher, 2004)
  • Perpetual Power: Why Europe Will Run the 21st Century, Mark Leonard
  • Pays émergents, quelles leçons pour l'Europe ?, Politique, revue de débats, Bruxelles, n°58, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]