Ampélite

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L'ampélite est un schiste pyriteux, avec une proportion importante de matière organique[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du latin : ampes et du grec : ἄμπελος, ampelos, « vigne » ; αμπελιτις[γη] : « qui est propre à l'entretien de la vigne[2] ». On en répandait autrefois au pied des vignes, la pyrite qu'elle contient étant supposée éloigner les chenilles et les vers de printemps[3].

Formation[modifier | modifier le code]

Au Silurien (444 à 416 millions d'années), des sédiments argileux (pélites) se sont déposés dans une mer calme. Puis est intervenue la surrection de la chaîne varisque (chaîne de montagne hercynienne) (350 à 300 millions d'années). Les sédiments ont alors été enfouis sous forte pression et haute température, subissant ainsi un métamorphisme modéré. Ce milieu confiné réducteur (pauvre en oxygène) a préservé le plancton et autres matières organiques marines contenus dans les sédiments.

Sa texture simule une stratification[3].

Composition[modifier | modifier le code]

Comme tous les schistes elle comporte des silicates, surtout des phyllosilicates.

  • Carbone, dont elle peut contenir jusqu'à 25 % (provenant de la matière organique). C'est de ce carbone qu'elle tient sa couleur noire.
  • Pyrite (sulfure de fer, FeS2) en grains fins ou en nodules. Des taches couleur de rouille apparaissent quand elle est altérée.
  • Calcaire, en bancs ou en lits fins, ou plus souvent en gros nodules. La dissolution occasionnelle de ces nodules amène parfois des trous dans l'ampélite.
  • Fossiles de graptolites (ou graptolithes) : animaux marins préservés par une mince pellicule de charbon. Ils forment des dessins de lignes droites ou courbes, simples ou composées, qui permettent souvent de dater cette roche du Silurien[3].

Autres noms connus[modifier | modifier le code]

  • schistes ampéliteux
  • schistes noirs
  • schistes graphiteux
  • schistes carburés quand le graphite est abondant
  • schistes noirs
  • schistes alunifères[3]
  • pierre des charpentiers[4] (parce qu'ils l'utilisaient pour tracer des traits sur le bois).
  • pierre noire (dans le cadre des arts graphiques)[5]

Utilisation[modifier | modifier le code]

Outre l'usage concernant les vignes, elle était exploitée jadis pour la fabrication de l’alun (sulfate double d'aluminium et de potassium), obtenu par décomposition de l'ampélite[3].

La pierre noire, outil de dessin, est constitué d'ampélite de Bretagne, comportant de l'alun.

On l'utilisait également autrefois pour se noircir sourcils et cheveux[3].

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Le Condroz, une entité géographique, reflet de son passé géologique, Eric Groessens, géologue, dans géologie-info.
  2. Ampélite dans le lexique du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL).
  3. a, b, c, d, e et f Le cirque de Barrosa. L'ampélite.
  4. Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, no 1 à 15, 1848-1853, séance du 13 décembre 1850. Compte-rendu de M. Dupuis.
  5. Historiographie des matériaux et des instruments du dessin à la Renaissance, de Joseph Meder à Annamaria Petrioli Tofani, Sophie Larochelle, Mémoire M.A. Histoire de l'art, Université Laval, Québec, 2005.

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