Cours d'eau

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On désigne par cours d'eau[1] tout chenal superficiel ou souterrain dans lequel s'écoule un flux d'eau continu ou temporaire. Généralement, ce terme s'applique aux chenaux naturels. On emploie plutôt le terme « canal » pour désigner un chenal artificiel, en principe avec de longues lignes droites.

Il existe un grand nombre de mots dans la langue française pour désigner les différents types de cours d'eau. Certains peuvent se révéler ambigus, c'est pourquoi il est préférable d'utiliser le terme générique « cours d'eau », sauf si dans le contexte un terme plus spécifique apporte des informations supplémentaires.

Types[modifier | modifier le code]

  • Rigole : peut désigner un filet d'eau s'écoulant en surface ou un sillon où s'écoulent les eaux de ruissellement. Peut aussi désigner un cours d'eau artificiel plus ou moins important destiné à alimenter un canal.
  • Ru, ruisselet : tout petit ruisseau, de faible largeur (inférieure à un mètre), souvent au démarrage d'un écoulement.
  • Ruisseau : petit cours d'eau[1], ni très large ni très long, alimenté par des sources naturelles d'eau, souvent affluent d'un étang, d'un lac ou d'une rivière. C'est la taille plus que le débit qui fait la différence entre un ruisseau et une rivière.
  • Torrent : cours d'eau au débit rapide[1] et irrégulier, situé sur une pente plus ou moins prononcée, sur des terrains accidentés ou en montagne. Lors d'orages ou de pluies violentes[1], les torrents peuvent connaître des crues très brutales (rapides dans le temps) et très importantes (en volume). Principalement, on applique ce terme aux cours d'eau de montagne, au lit rocheux et encaissé, et ayant un débit rapide et pérenne. Dans les Pyrénées, ces cours d'eau portent le nom de gaves (Gave de Pau). Dans les Alpes, le mot "nant" est parfois utilisé (Nant-Noir, Bon-Nant).
  • Oued (synonymes wadi, arroyo) : terme d'origine arabe désignant un cours d'eau temporaire dans les régions arides ou semi-arides. Son écoulement dépend des précipitations et il peut rester à sec pendant de très longues périodes.
  • Ravine : désigne les cours d'eau des îles tropicales, se jetant dans la mer, et pouvant connaître des débits extrêmement importants à la suite de fortes pluies (durant les cyclones principalement). Leur lit peut être très large et profond.
  • Rivière : en hydrologie, ce terme désigne un cours d'eau moyennement important, à l'écoulement continu ou intermittent, suivant un tracé défini et se jetant dans un autre cours d'eau, un lac, une dépression ou un marais. En géographie physique, ce terme désigne un cours d'eau faiblement ou moyennement important, recevant de l'eau d'autres cours d'eau tributaires (les affluents), et se jetant dans un cours d'eau de plus grande importance.
  • Fleuve : cours d'eau important, long[1] et au débit élevé, comptant de nombreux affluents et se jetant dans la mer (ou parfois dans une mer intérieure). Les fleuves côtiers sont de petits cours d'eau se jetant directement dans la mer.
  • Endoréique : qualifie le drainage d'une dépression fermée (aboutissant à une étendue d’eau continentale)
  • Exoréique : qualifie le drainage d’une dépression ouverte (aboutissant à la mer)
  • Cours d'eau souterrains : certains cours d'eau coulent en souterrain à travers des roches calcaires (karsts). En système karstique, un cours d'eau peut posséder des sections souterraines et d'autres en surface. Quand le flot émerge depuis l'intérieur vers la surface, c'est une résurgence ; quand il disparaît de la surface et s'enfonce vers un réseau souterrain, c'est une perte.

Éléments et géomorphologie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Hydrographie et Dynamique fluviale.

Source[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Source (hydrologie).

Amont et aval[modifier | modifier le code]

La partie plus élevée du cours d'eau par rapport à l’observateur s'appelle l'amont, la partie moins élevée s'appelle l'aval[Note 1]

Il faut se tourner dans le sens de l'écoulement du cours d'eau (de l'amont vers l'aval) pour définir la rive droite et la rive gauche d'un cours d'eau.

Lit[modifier | modifier le code]

Le lit désigne tout l'espace occupé[1], en permanence ou temporairement, par un cours d'eau. On distingue le lit majeur du lit mineur, ce dernier étant la zone limitée par les berges. Le lit majeur est l'espace occupé par le cours d'eau lors de ses plus grandes crues.

On attribue à Brunetto Latini[2], encyclopédiste médiéval, la première utilisation du terme lit pour désigner l'espace occupé par un cours d'eau : "La rivière semble dormir, mais il lui arrive de sortir de son lit."[3]

Rives[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rive (hydrographie).

Confluence[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Confluent.

Méandres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Méandre.

Un méandre est une boucle formée par le cours d'eau.

Il peut être l'expression d'un cours plus paresseux au passage d'une pente moyenne à une pente faible, soit que le lit traverse un plateau de faible dénivellation, soit que le lit s'approche du littoral. Le méandre est alors un moyen, pour le cours d'eau, de dissiper une énergie hydraulique surabondante en allongeant son parcours. Dans une telle configuration (on parle généralement de "style fluvial" de type "méandre"), le cours d'eau forme des méandres successifs qui acquièrent des caractéristiques ondulatoires (longueur d'onde, amplitude, sinuosité notamment) dont les paramètres dépendent de l'énergie hydraulique de l'écoulement morphogène et de la nature des sols traversés.

Dans des terrains érodables, Les méandres formés peuvent migrer transversalement ou longitudinalement, ou encore, les deux à la fois. En région de plateau, une succession de méandres peut s'inscrire dans les roches dures (ex. : méandres de la Seine).

Le rescindement des méandres (quand les deux parties amont et aval se rejoignent) provoque la création de bras morts appelés "délaissés". À l'endroit précis où le court-circuit a lieu, l'écoulement d'eau après se fait perpendiculairement au sens originel, ce qui accentue la migration du méandre immédiatement en aval. Une rivière très intéressante pour observer ce phénomène est la rivière de l'Aigle, coulant en Outaouais, au Québec[4]. Si on compare la carte topographique datant de 1990 aux photos aériennes récentes, on observe au moins quatre nouveaux méandres délaissés, dans les 20 derniers kilomètres de la rivière.

Embouchure[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Embouchure (hydrologie).

Les fleuves qui se jettent dans un océan où agissent les marées se terminent par un estuaire.

Les fleuves qui se jettent dans une mer sans marée se terminent par un delta[1] (Rhône, Danube, Nil)

Profil[modifier | modifier le code]

En fonction de l'altitude relevée en différents points du cours d'eau (notamment à sa source et à son embouchure) et des distances qui séparent ces différents points, il est possible de représenter le profil du fleuve. Ce tracé permet de représenter la pente du fleuve et les ruptures de dénivellation.

Partage des eaux[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Bassin versant et Ligne de partage des eaux.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hydrologie.

L'étude des cours d'eau est généralement nommée hydrologie, bien qu'il faille en fait distinguer :

  • l'hydrométéorologie qui étudie le cycle de l'eau et notamment la transformation des pluies en débits,
  • l'hydraulique qui étudie plus spécifiquement les écoulements, et notamment la transformation des débits en hauteurs et vitesses de courant dans un lit ou une vallée,
  • et l'hydrogéologie qui étudie les écoulements souterrains.

Écologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : écologie des systèmes lotiques.

Définition du cours d'eau (en France)[modifier | modifier le code]

Le « cours d’eau » est une expression fréquente en droit de l’Environnement, non seulement au titre des activités dites « IOTA » (soumises à la loi sur l’eau) mais aussi s’agissant des installations classées. En effet, plusieurs rubriques de la nomenclature des ICPE imposent aux équipements industriels des précautions vis-à-vis de « cours d’eau » (une distance minimale).

En France, une circulaire du ministère de l'Écologie et du Développement durable du 2 mars 2005, précise que la qualification de cours d'eau repose essentiellement sur les deux critères suivants :

  • la présence et la permanence d'un lit naturel à l’origine, distinguant un cours d'eau d'un canal ou d'un fossé creusé par la main de l'homme mais incluant un cours d'eau naturel à l'origine mais rendu artificiel par la suite, sous réserve d'en apporter la preuve ;
  • la permanence d'un débit suffisant une majeure partie de l'année apprécié au cas par cas par le juge en fonction des données climatiques et hydrologiques locales et à partir de présomptions au nombre desquelles par exemple l'indication du « cours d'eau » sur une carte IGN ou la mention de sa dénomination sur le cadastre.

Dans un arrêt du 21 octobre 2011[5], le Conseil d’État a confirmé la pertinence de ces critères pour la définition d’un « cours d’eau », désormais jurisprudentielle. Cet arrêt EARL Cintrat du 21 octobre 2011 confère une force juridique à la circulaire du ministère de l'Écologie et du Développement durable du 2 mars 2005 (Circ. min. Écologie, 2 mars 2005 relative à la définition de la notion de cours d'eau)[6].

Cartographie des cours d'eau[modifier | modifier le code]

Voir : "Les critères permettant de définir un cours d'eau".

Un exemple de cartographie : La carte des cours d'eau d'Indre-et-Loire sur le site de la DDT.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces deux mots sont attestés en ancien français vers 1080 dans la Chanson de Roland. A mont et a val, selon la prime écriture de ces locutions, signifient respectivement "en haut, vers les haut(eur)s ou vers le mont" et "en bas, vers le val ou la vallée". Dans le cas d'aval, il existait une variante avau, qui subsiste dans l'expression rabelaisienne "à vau l'eau".

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Charles-Athanase Walckenaer, Cosmologie, ou description générale de la terre : considérée sous ses rapports astronomiques, physiques, historiques, politiques et civils, Paris, Imprimerie Leblanc - Librairie Deterville,‎ 1815, 745 p., p. 109
  2. Brunetto Latini. Li livres dou tresor, vers 1265.
  3. Vazken Andréassian. Pourquoi les rivières débordent-elles ? Les Petites Pommes du Savoir no 61. Éditions Le Pommier, 2005.
  4. 46°22'N 76°O
  5. "arrêt du 21 octobre 2011, Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement C/ EARL CINTRAT (requête n° 334-322 publiée au Lebon)"
  6. Carl Enckell. "Définition d’un « cours d’eau » : la réponse du Conseil d’État vaut-elle pour le domaine public ?. Blog spécialisé de droit de l'environnement, 2011"

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]