Amodiaquine

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Amodiaquine
Amodiaquine.svg
Structure de l'amodiaquine
Identification
Nom UICPA 4-[(7-chloroquinolin-4-yl)amino]-2-
[(diéthylamino)méthyl]phénol
No CAS 86-42-0
6398-98-7 (chlorhydrate)
No EINECS 200-706-0 (chlorhydrate)
Code ATC P01BA06
DrugBank DB00613
PubChem 2165
6246 (chlorhydrate)
ChEBI 2674
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C20H22ClN3O  [Isomères]
Masse molaire[1] 355,861 ± 0,02 g/mol
C 67,5 %, H 6,23 %, Cl 9,96 %, N 11,81 %, O 4,5 %,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L'amodiaquine est un médicament antipaludéen et anti-inflammatoire. Il s'agit d'une 4-aminoquinoline apparentée à la chloroquine mais avec une demi-vie plasmatique plus longue que cette dernière, plus efficace que celle-ci pour traiter les affections à Plasmodium falciparum résistantes à la chloroquine, offrant peut-être également une meilleure protection pour une prophylaxie hebdomadaire. Tout comme la chloroquine, elle est généralement bien tolérée. Elle est largement distribuée en Afrique, où elle joue un rôle important en association avec d'autres médicaments[2], mais pas aux États-Unis, bien qu'elle y soit autorisée par la FDA. Son usage est plutôt destiné aux personnes séjournant durablement en Afrique et aux résidents[3].

L'amodiaquine est un inhibiteur de l'histamine N-méthyltransférase. Elle empêche le parasite de polymériser l'hémoglobine en hémozoïne[4].

Innocuité[modifier | modifier le code]

L'amodiaquine est activée dans le foie par le cytochrome P4502C8 (en) (CYP2C8), une oxydase à fonction mixte du système du cytochrome P450, par conversion en N-déséthylamodiaquine. Plusieurs cas d'effets secondaires rares mais graves ont été observés parmi les patients traités à l'amodiaquine et sont liés à la présence d'allèles de la CYP2C8 : le type naturel CYP2C8*1 présente un profil d'innocuité acceptable, tandis que les allèles CYP2C8*2, *3 et *4 se traduisent par des phénotypes dans lesquels la métabolisation de l'amodiaquine défectueuse : les personnes qui sont dans ce cas répondent moins à ce médicament, lequel présente alors une plus grande toxicité pour elles[5].

Plusieurs études ont été menées afin de déterminer la fréquence allélique de la CYP2C8 chez les patients atteints de paludisme en Afrique orientale. Ces études ont montré que les allèles variants ont une prévalence significative dans cette population[6] : l'amodiaquine est susceptible de provoquer des effets secondaires graves ou d'être peu efficace chez environ 3,6 % des personnes étudiées ; cette information est utile dans le développement de programmes de pharmacovigilance en Afrique orientale et doit être prise en compte dans la prescription de traitements antipaludéens dans les régions présentant une fréquence allélique de la CYP2C8 élevée.

Divers[modifier | modifier le code]

L'amiodaquine fait partie de la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé (liste mise à jour en avril 2013)[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. (en) Reinhold Kerb, Richard Fux, Klaus Mörike, Peter G. Kremsner, José Pedro Gil, Christoph H. Gleiter et Matthias Schwab, « Pharmacogenetics of antimalarial drugs: effect on metabolism and transport », The Lancet Infectious Diseases, vol. 9, no 12,‎ , p. 760-774 (PMID 19926036, DOI 10.1016/S1473-3099(09)70320-2, lire en ligne)
  3. (en) Revised Recommendations for Preventing Malaria in Travelers to Areas with Chloroquine-Resistant Plasmodium falciparum, sur le site des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis (CDC, 12 avril 1985).
  4. Amodiaquine sur le site du dictionnaire Vidal des spécialités pharmaceutiques.
  5. (en) Iqbal R.F. Elyazar, Simon I. Hay et J. Kevin Baird, « Chapter 2 – Malaria Distribution, Prevalence, Drug Resistance and Control in Indonesia », Advances in Parasitology, vol. 74,‎ , p. 41-175 (PMCID 3075886, DOI 10.1016/B978-0-12-385897-9.00002-1, lire en ligne)
  6. (en) Mary W. Roederer, Howard McLeod et Jonathan J. Juliano, « Can pharmacogenomics improve malaria drug policy? », Bulletin of the World Health Organization, vol. 89, no 11,‎ , p. 838-845 (PMID 22084530, PMCID 3209725, DOI 10.1590/S0042-96862011001100014, lire en ligne)
  7. WHO Model List of Essential Medicines, 18th list, avril 2013