Amir Khadir

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Amir Khadir
Amir Khadir en 2010
Amir Khadir en 2010
Fonctions
Député de Mercier
En fonction depuis le
Législature 39e et 40e législature du Québec
Prédécesseur Daniel Turp
Biographie
Date de naissance (55 ans)
Lieu de naissance Téhéran, Drapeau de l'Iran Iran
Parti politique Québec solidaire
Diplômé de Université McGill,
Université Laval
Profession Médecin

Amir Khadir (né le à Téhéran) est un physicien de formation, médecin spécialisé en microbiologie-infectiologie et homme politique québécois. Membre du parti politique de gauche Québec solidaire, il a été jusqu'en 2012 l'un de ses deux porte-parole officiels. Il est député de la circonscription de Mercier à l'Assemblée nationale du Québec depuis 2008.

Khadir a également été un candidat de l'Union des forces progressistes (UFP) et du Bloc québécois. Il est impliqué au sein de Médecins du monde, section Canada, et au sein de la Coalition des Médecins pour la Justice Sociale[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Amir Khadir naît à Téhéran, en Iran, en 1961. À dix ans, il immigre au Québec[2].

Alors qu'il est un jeune adolescent, il s'intéresse à la poésie, à la littérature, ainsi qu'à la philosophie. Cependant, ses parents se préoccupent davantage de sciences et d'économie. Afin de concilier ses intérêts et ceux de ses parents, Amir décide de ne pas entreprendre d'études dans le domaine des arts et des lettres et de se tourner vers la physique.

« En physique on retrouve l'aspect philosophique et même beaucoup de poésie. Avant l'avènement de la science moderne, la physique s'appelait d'ailleurs « philosophie de la nature ». Une certaine poésie transcende également la physique, que ce soit par la symétrie qu'on y retrouve ou par la recherche de vérités simples pour décrire la complexité des choses. La physique cherche à trouver des réponses simples, englobantes, qui résument en quelques mots ou en quelques phrases mathématiques de grandes vérités[3]. »

Amir Khadir est marié à Nima Machouf. Ils ont trois enfants[2].

Engagement social[modifier | modifier le code]

pour commencer, À la fin de ses études collégiales au Cégep du Vieux Montréal[4], il se prépare à continuer ses études en physique à l'université lorsqu'éclate la révolution iranienne. Rapidement, les islamistes s'approprient la contestation populaire[3].

Amir Khadir est alors impliqué au sein d'un mouvement d'étudiants iraniens hors-Iran qui luttent contre la dictature du Chah Mohammad Reza Pahlavi et qui se mettent alors à lutter contre le régime de l'Ayatollah Ruhollah Khomeiny[1]. L'implication de Khadir pour cette cause se fait en parallèle avec la réalisation de son baccalauréat en physique. Cependant, la répression de la République islamique que subissent les moudjahidines s'accentuant, il se voit contraint d'interrompre ses études pour se consacrer entièrement à ses engagements politiques. Il est pendant deux ans à la tête du réseau des étudiants iraniens au Canada[3] et s'implique au sein du Comité pour la défense des Droits Humains en Iran[1].

Amir Khadir soutient alors l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI), un organisme islamique socialiste voué au renversement du gouvernement de la République islamique d'Iran[5]. En désaccord avec le recours à la violence de l'OMPI, Khadir prend ses distances avec l'organisme dans le milieu des années 1980[5].

En 1985, Amir Khadir est l'un des fondateurs du Centre culturel et communautaire des Iraniens. Il en sera le coordonnateur pendant trois ans. La même année, il achève sa maîtrise en physique à l'Université McGill.

Études de médecine et militantisme humanitaire[modifier | modifier le code]

Amir Khadir décide de se réorienter vers la médecine et entre à l'Université Laval en 1986. Il obtient son diplôme en 1990 et se spécialise en microbiologie-infectiologie. Pendant un an, il s'implique à l'intérieur de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ). En 1997[3], il est engagé par le Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur, situé à Lachenaie, au nord de Montréal[2].

Khadir s'implique au sein de la campagne Outils de paix et de la caravane Québec-Cuba. De 1986 à 1989, il anime le groupe Santé-Tiers-Monde. Il participe à divers projets au Nicaragua, au Zimbabwe et en Inde, respectivement en 1987, en 1990 et en 1997. Il est membre du groupe de citoyens montréalais Objection de conscience.

En 2001, il se rend en Afghanistan afin de fournir des services médicaux à la population. Le journaliste Pierre Foglia relate cette époque à l'aide d'une anecdote où le docteur Khadir réussit, malgré les bombardements tout près, à faire venir une ambulance de Zabol, la ville frontalière iranienne, pour sauver une dame qui allait mourir[6].

Au début de l'année 2003, il prend part à une délégation humanitaire à laquelle participe, entre autres, Françoise David, envoyée en Irak pour critiquer les effets des sanctions économiques sur la population et fournir de l'aide humanitaire. La règle imposée par le régime est qu'il faut remettre au Croissant rouge tous les médicaments apportés. « Pas question, répond Amir. On va les distribuer nous-mêmes. »[6].

Enfin, de 2000 à 2003, il est président du conseil d'administration de SUCO[1], « un organisme québécois qui vise à promouvoir la solidarité entre les peuples en vue d'un développement durable dans les pays du Sud »[1].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Amir Khadir à la suite de son élection dans Mercier le 8 décembre 2008

Lors de sa fondation en 1997, Amir Khadir devient membre du Rassemblement pour l'alternative progressiste (RAP), l'un des ancêtres de l'UFP[7]. À la suite de la demande du Bloc québécois formulée aux membres de la communauté arabo-musulmane de se présenter sous sa bannière, Amir Khadir fait le saut dans l'arène politique et se présente dans la circonscription d'Outremont lors de l'élection fédérale canadienne de 2000[8]. Il obtient 11 151 voix, derrière le ministre libéral Martin Cauchon qui obtient 18 796 voix[9].

Ensuite, Amir Khadir devient porte-parole de l'Union des forces progressistes et se présente dans Mercier aux élections de 2003, où il est défait avec près de 18 % des voix[7]. Selon Amir Khadir, des organisateurs libéraux de la circonscription l'aurait informé que, à une semaine du scrutin, la course n'opposait en fait que deux joueurs : le candidat péquiste Daniel Turp et lui-même et que ceux-ci étaient à égalité. Seulement, puisque personne n'était au courant de cette information et que plusieurs ne voulaient pas voir les libéraux remporter la victoire, une partie de l'électorat de l'UFP avait finalement voté pour le Parti québécois le jour du scrutin général[10].

À l'automne 2005, Amir Khadir signe, avec Françoise David et une trentaine d'autres personnalités, le Manifeste pour un Québec solidaire qui s'oppose aux thèses avancées par le manifeste Pour un Québec lucide[11]. Par la suite, la fusion de l'UFP avec le parti Option citoyenne a abouti le 4 février 2006 sur la création du parti Québec solidaire.

C'est pour ce parti que Khadir se présente à l'élection générale québécoise de 2007. Il est encore une fois défait, mais toutefois il recueille environ 29 % des votes, terminant deuxième avec une avance de 10 points de pourcentage sur la candidate libérale Nathalie Rochefort et derrière le péquiste Daniel Turp, qui recueille un peu plus du tiers des votes[12]. Mme Rochefort avait été élue dans la même circonscription lors d'une élection partielle en 2001 pour ensuite être défaite en 2003 par le candidat péquiste[13].

Recevant plusieurs appuis, dont celui de l'ex-ministre péquiste et ancien député de Mercier Robert Perreault[14], Amir Khadir est élu député de Mercier lors de l'élection générale québécoise de 2008 avec 38,06 % des voix[15]. Lors de son assermentation, il critique l'obligation de prêter serment à la reine Élisabeth II, parlant de « vestiges archaïques de la monarchie britannique » et souhaitant l'avènement d'« une république moderne et démocratique »[16].

En juin 2010, il demande à l'Assemblée nationale de condamner l'arraisonnement, par Israël d'un navire qui cherche à casser le blocus autour de Gaza[17].

En novembre 2010, Khadir soutient une pétition électronique lancée par le Mouvement citoyen national du Québec et demandant la démission du premier ministre du Québec Jean Charest[18]. Hébergée par le site de l'Assemblée nationale du Québec, la pétition engendre une affluence record sur le site, recueillant 100 000 signatures en un peu moins de 48 heures[19]. Passant le cap des 200 000 signatures en moins d'une semaine, elle devient la pétition virtuelle officielle la plus signée de l'histoire du Québec[20],[21].

En décembre 2010, il présente une motion de réhabilitation dans le cadre des dix ans de l'Affaire Michaud[N 1],[22]. Le même mois, un sondage réalisé par la firme Léger Marketing pour le compte des quotidiens Le Devoir et The Montreal Gazette révèle que Khadir est le politicien le plus populaire parmi les 125 députés et ex-députés de l'Assemblée nationale, récoltant 45 % des votes parmi les citoyens consultés[23]. En juin 2011, un nouveau sondage de la même firme indique une chute dans la popularité d'Amir Khadir[24].

Il est réélu député de Mercier lors de l'élection générale de 2012, avec 46,7 % des votes.

En novembre 2012, il ne se représente pas au poste de porte-parole parlementaire de Québec solidaire, ce qui a pour effet d'assurer le couronnement de la seule autre personne pouvant être candidate à ce poste, sa collègue Françoise David[25].

Critiques et polémiques[modifier | modifier le code]

Certains propos et les gestes Amir Khadir auront causé plusieurs réactions au sein de la classe politique et dans les médias québécois.

Certaines de ces prises de positions politiques comme son appui à une enquête internationale concernant les attentats du 11 septembre 2001 en 2006[26],[27], sa participation participation au boycott de la boutique le Marcheur organisée par le groupe Palestiniens et Juifs Unis (PAJU)[28],[29],[30],[31],[32] ainsi que son opposition au Grand Prix automobile du Canada en juin 2011 aux côtés du Mouvement Québécois pour une Décroissance Conviviale[33],[34] furent dénoncés par la classe politique et et des personnalités des médias québécois. Khadir fut aussi critiqué pour avoir interpellé et mis en doute en commission parlementaire l'ancien premier ministre du Québec Lucien Bouchard qui agissait à titre de représentant de l'industrie pétrolières et gazières du Québec lors de consultations[35],[36].

Khadir fut aussi critiqué pour plusieurs de ces gestes d'éclat comme avoir lancé des chaussures sur une effigie du président des États-Unis George W. Bush lors d'une manifestation tenue à Montréal en 2008[37],[38],[39] et d'avoir qualifié la famille royale britannique de « système parasitaire » et « révolu » lors de la visite du prince William de Cambridge et de Kate Middleton au Québec en 2011[40],[41].

Lors de la grève étudiante québécoise de 2012, Khadir est critiqué dans les médias et par premier ministre du Québec Jean Charest pour son appel à la désobéissance civile après l'adoption de la loi 78[42],[43]. Son arrestation le 5 juin 2012 lors d'une manifestation contre la loi 78 à Québec fut aussi hautement médiatisée[44],[45].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Texte de la motion : « Que l'Assemblée reconnaisse avoir commis une erreur le 14 décembre 2000, en condamnant M. Yves Michaud, dont l'intervention aux États généraux de la langue française, la veille, ne comportait pas de propos offensants à l'égard de la communauté juive. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Notice biographique du Dr Amir Khadir, candidat dans Mercier », Union des forces progressistes, .
  2. a, b et c « Les partis et les chefs : Québec solidaire », Radio-Canada, .
  3. a, b, c et d Danielle Lapointe, « Le Dr Amir Khadir : Iranien musulman, médecin et fier de l'être », Association des médecins de langue française du Canada, .
  4. « Amir Khadir », 21 février 2012 (dernière mise à jour)
  5. a et b Fabrice De Pierrebourg, « Le SCRS a perdu son temps », sur Canoe.com, Le Journal de Montréal, (consulté le 26 décembre 2009)
  6. a et b Pierre Foglia, « Quelques mots d'Amir »
  7. a et b Québec solidaire. 2007. « Amir Khadir, porte-parole », Québec solidaire. En ligne.
  8. « Amir Khadir », Assemblée nationale du Québec (consulté le 10 avril 2015)
  9. « OUTREMONT, Québec (1966 - ) », Historique des circonscriptions depuis 1867, sur www.parl.gc.ca, Parlement du Canada, (consulté le 12 décembre 2008)
  10. KHADIR, Amir. Tout le monde en parle, 25 février 2007.
  11. LCN. « Pour un Québec solidaire : La gauche réplique au manifeste Pour un Québec lucide », LCN, 1er novembre 2005.
  12. DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC. Résultats officiels, Élections générales du 26 mars 2007.
  13. ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC. Nathalie ROCHEFORT, Assemblée nationale du Québec.
  14. Denis Lessard, « L'ex-ministre Robert Perreault appuie Amir Khadir », sur http://www.cyberpresse.ca, La Presse,
  15. Directeur général des élections du Québec
  16. Robert Dutrisac, « Khadir prête serment d'allégeance aux « mal pris » », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  17. Amir Khadir dénonce le blocus de Gaza et la répression contre la flottille de la paix
  18. « Pétition : Demande de démission du premier ministre du Québec. », Assemblée nationale du Québec,
  19. Daphnée Dion-Viens, « Pétition pour la démission de Jean Charest: un buzz à haute vitesse », sur http://www.cyberpresse.ca, Le Soleil,
  20. Marie-Josée Nantel, « Pétition virtuelle anti-Charest: la plus signée de l'histoire du Québec », sur http://www.cyberpresse.ca, Le Soleil,
  21. La Presse canadienne, « En bref - 213 000 noms », Le Devoir,
  22. « Réhabilitation d'Yves Michaud - Le PQ refuse la motion de Khadir », sur http://www.radio-canada.ca, Société Radio-Canada,
  23. « Le baromètre Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Khadir, le politicien le plus populaire », Le Devoir, 13 décembre 2010
  24. « Sondage Léger Marketing-Le Devoir: François Legault, politicien le plus aimé»
  25. « Amir Khadir ne briguera pas de nouveau le poste de porte-parole de Québec solidaire », communiqué, Québec solidaire, 4 novembre 2012
  26. Amir Khadir : Militant, médecin et député, Florent Daudens, Radio-Canada, 15 décembre 2008.
  27. Katia Gagnon, « Amir Khadir n’écarte pas la théorie du complot », La Presse,‎ (lire en ligne).
  28. (en) Postscript: Khadir's fanaticism, Concordia's revolving door policy and bringing back the word Christmas, CTV, 24 décembre 2010.
  29. Les souliers d'Amir, Journal de Québec, 17 décembre 2010.
  30. Lysiane Gagnon, « Khadir le fanatique », La Presse,‎ (lire en ligne).
  31. [1], 21 décembre 2010.
  32. [2], 23 janvier 2011.
  33. [3], 12 juin 2011.
  34. [4], 9 juin 2011.
  35. http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2011/05/20110531-121102.html
  36. [5], Canoe, 1er juin 2011.
  37. Esprit de bottine, Richard Martineau, Journal de Montréal, 24 décembre 2008.
  38. Des manifestants lancent des souliers au consulat américain, La Presse Canadienne, La Presse, 20 décembre 2008.
  39. « Amir Khadir défend son geste contre George W. Bush », sur cyberpresse.ca, La Presse canadienne, (consulté le 8 janvier 2009)
  40. [6], 31 mai 2011
  41. [7], Le Devoir, 31 mai 2011.
  42. [8], Radio-Canada, 18 mai 2012.
  43. [9], Le Devoir, 22 mai 2012.
  44. [10], La Presse, 06 juin 2012.
  45. [11], La Presse, 06 juin 2012.

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