Amertume (vaisseau fantôme)

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L'Amertume
Type Paquebot
Histoire
Chantier naval Chantier naval de Saint-Nazaire
Lancement 9 janvier 1910
Mise en service 3 mai 1913
Statut coulé en mai 1920
Équipage
Commandant Capitaine Kirk C. Stubbin
Équipage 8 + le Capitaine
Carrière
Pavillon Belge

L'Amertume est un paquebot qui a fait naufrage le 21 mai 1920 au large des côtes de Saint-Pierre-et Miquelon. Le bateau n'a personne à son bord quand celui-ci est retrouvé. Près de 100 ans plus tard, les causes du drame de l'Amertume restent méconnues.

Cependant, des fouilles archéologiques (sous-marines) débutées en mars 2015 grâce à une collaboration entre la Belgique, le Canada et la France, devraient éclaircir le mystère du naufrage de l'Amertume.

Historique[modifier | modifier le code]

Construit en 1910 sur les chantiers navals de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique avant que ceux-ci ne soit internationalement connus en 1955, le paquebot l'Amertume est un modèle de petite taille équipé d'un brise-glace qui fut assemblé sur l'avant-bec du pont deux ans après sa construction[1].

Il effectua une traversée inaugurale à l'occasion d'une croisière dans la manche en 1913 et fut remisé dans un dépôt durant la Première Guerre mondiale. En 1920, la Couronne de Belgique remet le paquebot au Capitaine Kirk C. Stubbin afin d'accomplir une expédition polaire au large de Saint-Pierre-et-Miquelon. Cette expédition avait pour but d'aller chercher les corps congelés de sept hommes connus comme étant les Belges du Titanic dont les corps réapparurent non loin de la péninsule du Burin en janvier 1920[2].

Commandant du navire : Capitaine Kirk C. Stubbin et son équipage[modifier | modifier le code]

Extrait de presse - Gazette d'Ostende - 5 avril 1920
Extrait de presse - Gazette d'Ostende - 5 avril 1920

Le Capitaine Kirk C. Stubbin naît à Ostende en 1884 d'une mère inconnue et d'un père anglais. Sur l'Amertume, il est uniquement assisté par son second, Mister Bones Bones qui travailla dans la marine marchande belge de 1913 à 1920 comme en atteste de nombreux journaux de bord de l'époque.

À bord du paquebot se trouvait également un pianiste, uniquement connu sous le nom de Sam qui, selon les témoignages des habitants d'Ostende, était muet de naissance. Le reste de l'équipage était composé des veuves des Belges du Titanic :

Nom des passagères
Margaret Bloomberg
Juliette Manford
Mildred O'Brian
Anna Robinson
Bessie Sloane
JeanneTalbot
Elizabeth Von Appflestörm

Passagers et chargement lors du drame[modifier | modifier le code]

L'Amertume a quitté le port d'Ostende en avril 1920 avec, à son bord, 7 femmes et 3 hommes. Après le naufrage, aucun corps ne fut retrouvé et on présume que tous les membres de l'équipage périrent, compte tenu des températures extrêmes dans cette zone maritime et surtout par le fait qu'aucun signal de détresse ne fut envoyé aux garde-côtes.

L'Amertume n'étant pas un cargo mixte, nulle cargaison officielle ne fut reportée hormis les cercueils vides qui étaient supposés servir à rapatrier les corps ainsi qu'un piano.

Les premières fouilles effectuées en mars 2015 confirmèrent la présence de cercueils vide et mentionnèrent également des bouteilles de bière et les restes d'un piano. Les équipes d'archéologues devraient continuer leurs recherches jusqu'en 2020 en fonction du budget qui leur sera alloué (en cours).

Le drame[modifier | modifier le code]

Extrait de la Gazette d'Ostende 21 mai 1920
Extrait de la Gazette d'Ostende 21 mai 1920

Le 6 avril 1920, l'Amertume quitte le port d'Ostende (Belgique) ayant pour objectif d'atteindre les côtes de Terre-Neuve pour rapatrier les corps de sept hommes ayant perdu la vie dans le naufrage du Titanic[3].

Les circonstances du naufrage reste encore inconnues. Un reportage est en cours de réalisation suite à la découverte, en janvier 2015, de l'épave de l'Amertume au sud de la péninsule du Burin (Terre-Neuve), vers Saint-Pierre-et-Miquelon. Il apparaîtrait que suite à la découverte du paquebot en 1920, faute de moyens, la Belgique aurait demandé à la France de couler le bateau à défaut de le rapatrier. Près d'un siècle plus tard, des archéologues décidèrent de s'intéresser à ce mystère et découvrir l'épave à l'endroit précis où l'Amertume avait été envoyé par le fond.

Adaptations[modifier | modifier le code]

En 1924 "Sept veuves sur les flots"[4], un roman signé par Peter Dongle raconte la traversée ainsi que les conditions dans lesquelles s'est déroulé le présumé naufrage. Jusqu'à maintenant, personne ne sait s'il s'agissait d'une biographie ou d'un roman fictif.

En 2016, le Panach'Club, une compagnie de théâtre belge, s'approprie cette tragédie. Dès le 8 décembre 2016, la pièce sera jouée au Centre culturel des Riches-Claires.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Peter Dongle, 7 veuves sur les flots, Bruxelles, 1924
  • Frederic Goetals, Histoire de la Marine Belge, Bruxelles, Les Éditions du Petit Marin, 1958

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Goetals, Histoire de la Marine belge, Bruxelles, Les Éditions du Petit Marin, , 876 p., p. 345
  2. Gazette d'Ostende - extrait (5 janvier 1920)
    Gazette d'Ostende - extrait (5 janvier 1920)
  3. « Apparition spectrale au large de Saint-Pierre-et-Miquelon », La Gazette d'Ostende,‎
  4. Peter Dongle, Sept veuves sur les flots, Bruxelles, , 356 p.