Americanah

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Americanah
Image illustrative de l’article Americanah

Auteur Chimamanda Ngozi Adichie
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis, Drapeau du Nigeria Nigeria
Genre Roman
Version originale
Langue Anglais
Titre Americanah
Éditeur Alfred A. Knopf
Lieu de parution New York
Date de parution
ISBN 978-0-307-96212-6
Version française
Traducteur Anne Damour
Éditeur Éditions Gallimard
Collection Du monde entier
Lieu de parution Paris
Type de média papier
Nombre de pages 528
ISBN 978-2-07-014-235-4

Americanah est un roman américain/nigerian (2013) de Chimamanda Ngozi Adichie, succès commercial, publié en français par les éditions Gallimard en 2015.

Composition[modifier | modifier le code]

Le roman se compose de sept parties inégales :

  1. pp. 11-49, chapitres 1 (salon de coiffure, à Trenton) et 2 (Obinze et Chief, à Lagos)
  2. pp. 51-253, chapitres 3 à 22 : Nigeria (ch. 3 à 8), puis États-Unis (ch. 9 à 22), Ifemelu, Uju, Dike, Ginika, Curt
  3. pp. 257-317, chapitres 23 à 30 : Londres, Obinze
  4. pp. 319-405, chapitres 31 à 41 : États-Unis, Ifemelu, Blaine
  5. pp. 407-415, chapitres 42 : Obinze et Ifemelu se recontactent
  6. pp. 417-421, chapitre 43 : Ifemelu au chevet de Dike
  7. pp. 423-523, chapitres 44 à 55 : Ifemelu de retour à Lagos

Trame narrative[modifier | modifier le code]

Au début du livre, une jeune femme noire, Ifemelu, d'origine nigériane igbo, installée, intégrée dans la ville blanche de Princeton (New Jersey), se rend dans la proche ville noire de Trenton (New Jersey) se faire tresser les cheveux, non défrisés. Cette blogueuse célèbre, au moins auprès de Sapphic Derrida, vient de fermer son blog Raceteenth (Observations diverses sur les Noirs américains (ceux qu'on appelait jadis les nègres) par une Noire non-américaine), de vendre son appartement, quitter son ami Blaine (depuis trois ans) et les États-Unis (depuis treize ans), pour revenir au pays, à Lagos.

Le chapitre 2 traite uniquement du retour difficile d'Obinze à Lagos, après ses trois années en Angleterre..

La seconde partie (chapitres 3-8) évoque la vie nigériane des personnages d'avant l'expatriation, les années Lycée, les retards de salaire et de loyer (des parents), les amitiés, les lectures, les sorties, les inspirations religieuses de la mère d'Ifemelu, les résistances d'Ifemelu aux contraintes sociales. Tante Uju profite des attentions du Général (J'ai la chance de lécher le cul qu'il faut (p. 94), et aide son frère, mais le décès du Général la force à déguerpir avec leur fils Dike, aux États-Unis, où elle a accouché un an plus tôt à Atlanta.

La seconde moitié de la seconde partie (chapitres 9 à 22) évoque le séjour américain, les retrouvailles avec Uju, réduite à une forme de pauvreté, et trois emplois pour payer ses études préparatoires et vivre à Brooklyn (Flatlands), avec son fils Dike. Ses voisins, Jane et Marlon, noirs de la Grenade et leurs enfants Elisabeth et Junior, l'aident à passer l'été à faire la baby-sitter de Dike, et à s'habituer un peu au nouveau monde : un service public d'éducation défaillant, un Nigerian décevant (Bartholomew), un système universitaire contraignant. Heureusement, Uju obtient l'entrée en médecine, part se faire détresser et défriser les cheveux. Ifemelu rejoint Philadelphie en bus, avec les papiers de Sécurité sociale et le permis de conduire prêtés par Ngozi Okonkwo, pour retrouver Ginika, ses amies (Stéphanie, Jessica, Teresa, Hari...), s'installer en colocation avec Jackie, Elena, Allison, suivre les cours, étudier, chercher des petits emplois, déprimer...

La troisième partie suit les piètres aventures d'Obinze, pendant trois ans, après l'expiration de son visa de six mois : insécurité, solitude, aliénation. Il rencontre le cousin Nicholas, marié à Ojiugo, intégrés, avec cours de violoncelle, piano, violon, et français pour leurs enfants, Nna et Nne. Le cousin Iloba lui fait connaître Vincent Obi, qui le laisse utiliser son numéro de Sécurité sociale, contre 35% des salaires. Il se permet uniquement une pause hebdomadaire en café-librairie. Comme assistant-livreur (Vinny Boy), il rencontre enfin des Anglais simplement humains, comme Roy Snell, et surtout Nigel, avant d'être dénoncé. Son ancien ami Emenike, intégré, lui passe mille livres pour finaliser le mariage arrangé par des Angolais avec Cleotilde, et à cette occasion, à Newcastle, il est arrêté, puis expulsé.

La quatrième partie accompagne Ifemelu, après la fin du couronnement de sa vie et la rupture avec Curt. Elle lance son blog, Raceteenth, qui lui apporte reconnaissance (observer, pas expliquer) et argent, donc appartement. Elle retrouve alors Blaine, sa sœur Shan (écrivaine, son salon), son amie Araminta. Elle finit par s'installer chez lui à New Haven, à rencontrer ses connaissances : Marcia, Michael, Stirling, Nathan, Paula, Pee, Grace, Omar, Bill, Maribelle, Joan, Ashanti, Boubacar, Kavanagh... Elle obtient une bourse de recherche en licence à l'Université de Princeton, et se sépare de fait de Blaine, au moins pour le logement.

En dernière partie, Ifemelu travaille comme rédactrice dans une revue, et tient un blog, Les petites rédemptions de Lagos...

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Ifemelu , Ifem, fille unique, diplômée de communication, revenant à Lagos après 13 ans aux États-Unis,
    • sa mère, portée sur la religion,
    • son père, discret, bienveillant, fonctionnaire démis, bras cassés,
    • tous les cousins, cousines, oncles, tantes,
    • Tante Uju (Obianuju), fille de village, bien entretenue, sans argent, médecin militaire : maison à Dolphin Estate, chauffeur Sola, jardinier Baba Flower, femme de ménage Inyang, cuisinière Chikodili, puis obligée de fuir en exil aux États-Unis, à Brooklyn (Flatlands), puis Willow,
      • le Général, Oga, marié à Abuja, mentor-amant de tante Uju et père de Dike, mort, en accident d'avion, dans la semaine après le premier anniversaire de Dike,
      • Dike, fils de tante Uju et du Général, et sa baby-sitter hispanique Alma, s'entend bien avec Curt, Bartholomew, Kweku, Page,
    • amies du secondaire : Ginika, Ranyinudo, Priye, Tochi,
    • amies des États-Unis : Wambui 5kenya, Ass. des Étudiants africains), Mwombeki, Kofi,
    • Kimbely (et Don, et Laura), mère de Morgan et Taylor, pour qui elle est baby-sitter,
    • Curt, blanc riche blond, du Potomac, avec qui elle vit assez longtemps à Baltimore,
    • Blaine, noir américain, rencontré (p. 199, perdu de vue, puis compagnon durant trois ans, à New Haven,
  • Obinze Maduewesi, Ciel, Le Zed, revenu d'Angleterre, prête-nom, agent immobilier,
    • la mère d'Obinze, professeure de littératures de langue anglaise à l'Université de Lagos,
    • amis du secondaire, les Big Guys : Kayode DaSilva (et Yinka), Ahmed, Emenike, Osahon,
    • amies du secondaire : Ginika (meilleure amie d'Ifemelu),
    • Kosi, épouse d'Obinze, mère de son enfant Buchi, de peau très claire,
      • Chioma, sœur de Kosi,
      • Marie, nouvelle domestique, béninoise,
    • Buchi, fille de Obinze et Kosi, 2 ans au début de l'histoire,
    • cousins et cousines, dont Iloba, Ranyinudo (amie du Général, facilitatrice), Nneoma (grandie au village, facilitatrice, contact de Chief),
    • Okwudiba, meilleur ami,
  • Curt, premier amour américain d'Ifemelu,
  • Blaine, second amour américain d'Ifemelu, professeur à l'Université Yale,
    • Shan, sœur de Blaine, écrivaine,
  • Chief, ami de grands personnages, comme ces chefs d'État : Abacha (1943-1998), Babangida (1941-), Obasanjo (1937-),
    • et sa cour, Les Hommes Importants et les Femmes Importantes...

Thématiques[modifier | modifier le code]

Le récit-cadre est une belle histoire d'amour entre deux jeunes Nigérians, de bon niveau, qui se quittent à 19 ans, et se retrouvent treize ans plus tard, à 32 ans, après avoir chacun vécu, lui en Angleterre, essentiellement dans le Grand Londres, elle dans le nord-est des États-Unis, une expatriation difficile, et beaucoup d'expériences (professionnelles et personnelles) : immigration, acculturation, exploitation, racisme, négritude, migritude[1], amitiés, amours, au tournant du siècle, au moment de l'élection d'Obama à la présidence américaine. L'action se déroule donc dans les années 2000-2010. Le livre s'ouvre sur le salon de coiffure africain de Trenton. Le salon revient brièvement dans plusieurs chapitres : Aisha veut qu'Ifemelu persuade un de ses prétendants de l'épouser. Et Ifemelu porte sur elle son africanité : pourquoi faudrait-il défriser et détresser les cheveux des femmes d'origine africaine ?

Éditions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Les recensions francophones sont plutôt favorables [2],[3],[4],[5],[6], [7], et assez peu consistantes, sans doute par méconnaissance des milieux évoqués, sauf une[8].

Une adaptation cinématographique est prévue.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://ethiopiques.refer.sn/spip.php?page=imprimer-article&id_article=2033
  2. Catherine Marchasson, « Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie », sur blog.com, Les lectures de dame cerise, (consulté le 10 août 2020).
  3. « Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie : Cut your hair - Addict Culture », sur Addict Culture, (consulté le 10 août 2020).
  4. « Chimamanda Ngozi Adichie - Americanah - Un dernier livre avant la fin du monde », sur Un dernier livre avant la fin du monde, (consulté le 10 août 2020).
  5. « Critiques de Americanah (328) - Chimamanda Ngozi Adichie - page 2 - Babelio », sur babelio.com (consulté le 10 août 2020).
  6. Catherine Simon, « Chimamanda Ngozi Adichie : « Nigériane, féministe, noire, Igbo et plus encore » », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  7. Gladys Marivat, « Le féminisme rayonnant de Chimamanda Ngozi Adichie », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  8. https://dial.uclouvain.be/memoire/ucl/en/object/thesis%3A16568/datastream/PDF_01/view