American Gothic (peinture)

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American Gothic
Image illustrative de l'article American Gothic (peinture)
Artiste Grant Wood
Date 1930
Type huile sur isorel mou
Dimensions (H × L) 78 × 65,3 cm
Localisation Institut d'art de Chicago, Chicago

American Gothic est un tableau de Grant Wood faisant partie de la collection de l'Art Institute de Chicago. Wood a été inspiré par un chalet conçu dans le style néogothique avec une fenêtre supérieure distinctive ; et il a décidé de peindre la maison parce que « le genre de personnes que j’imaginais devrait vivre dans cette maison[1]. »

Description[modifier | modifier le code]

Le tableau montre un paysan debout à côté de sa fille célibataire[2]. Les modèles étaient le dentiste et la sœur de Wood. La femme est vêtue d'un tablier imprimé colonial imitant le style traditionnel américain du XIXe siècle et le couple est dans les rôles traditionnels des hommes et des femmes, la fourche représentant le dur labeur et les fleurs sur l'épaule droite de la femme suggérant la vie domestique.

C'est une des images plus connues de l'art américain du XXe siècle et l'une des œuvres plus parodiées dans la culture populaire américaine.[réf. nécessaire]

Création[modifier | modifier le code]

La maison ayant servi de modèle à l’arrière-plan

En 1930, Grant Wood, peintre américain avec une formation européenne, remarque la maison Dibble, une petite maison blanche construite dans le style architectural gothique charpentier à Eldon (Iowa). Wood décide de peindre la maison « parce que le genre de personnes qu’il imaginait devrait vivre dans cette maison ».

Il recrute sa sœur Nan (1899-1990) comme modèle de la femme, habillée dans un tablier imprimé colonial imitant le style populaire américain du XIXe siècle. L'homme est inspiré du dentiste de Wood, Dr Byron McKeeby (1867-1950) de Cedar Rapids, Iowa. La fourche à foin à trois dents est reprise dans les coutures des salopettes de l'homme, la fenêtre gothique de la maison et la structure du visage de l'homme. Chaque élément a été peint indépendamment ; les modèles ont posé séparément, jamais devant la maison.

Réception[modifier | modifier le code]

Wood commence à montrer sa peinture dans un concours à l'Art Institute de Chicago. Les juges y ont vu une comic valentine (peinture romantique et comique), mais un mécène du Musée les a convaincus de lui accorder la médaille de bronze et 300 $. Il a également convaincu l'Institut d'acheter le tableau, qui y est encore aujourd'hui[3]. L'image commença bientôt à être reproduite dans les journaux, d'abord par le Chicago Evening Post, puis à Indianapolis, Kansas City, New York et Boston. Cependant, Wood a reçu un retour de bâton lorsque l'image est enfin parue dans la Gazette de Cedar Rapids. Les habitants de l'Iowa étaient furieux d'être représentés « pincés, grimaçants, puritains fanatiques ». Une fermière a menacé Wood de lui arracher l'oreille avec les dents. Wood a protesté qu'il n'avait pas peint une caricature des habitants de l'Iowa, mais une représentation des Américains. Nan, apparemment gênée d'être représentée sous les traits d'une femme de deux fois son âge, a commencé à dire aux gens que la peinture était un homme et sa fille[1], ce que Grant semble confirmer dans une lettre écrite par lui à une Mme Nellie Sudduth en 1941.

Les critiques qui avaient une opinion favorable sur la peinture, comme Gertrude Stein et Christopher Morley, ont également supposé que la peinture se voulait une satire de la vie dans une petite ville rurale. Elle était donc vue comme faisant partie d'une tendance vers des représentations de plus en plus critiques de l'Amérique rurale, comme Winesburg, Ohio de Sherwood Anderson (1919), Main Street de Sinclair Lewis (1920), et en littérature The Tattoed Contess de Carl Van Vechten (1924).

Une autre interprétation y voit comme un « portrait de deuil à l'ancienne mode… Fait révélateur, les rideaux suspendus dans les fenêtres de la maison, à l'étage et en bas, sont fermés au milieu de la journée, une coutume de deuil de l'Amérique victorienne. La femme porte une robe noire sous son tablier et regarde au loin comme si elle retenait ses larmes. On imagine qu'elle est en deuil de l'homme à côté d'elle… » Grant avait seulement 10 ans quand son père est mort, et a vécu ensuite une décennie « au-dessus d'un garage réservé aux corbillards », il avait donc la mort à l'esprit[4].

Quoi qu'il en soit, avec le début de la Grande Dépression, la peinture a été considérée comme une représentation de l'inébranlable esprit pionnier américain. Wood contribue à ce changement d'interprétation en renonçant à sa vie de bohème à Paris en rejoignant les peintres populistes du Midwest comme John Steuart Curry et Thomas Hart Benton, qui se révoltaient contre le prédominance des cercles d'art de la côte Est. On fait dire à Wood : « toutes les bonnes idées que j'ai eues me sont venues en trayant une vache[1]. »

Parodies[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une des œuvres peintes les plus reproduites et parodiées.[réf. nécessaire]

Article détaillé : religion aux États-Unis.

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Citations dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Ce tableau apparaît dans plusieurs œuvres de fiction.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Fineman, Mia, The Most Famous Farm Couple in the World: Why American Gothic still fascinates., Slate, 8 June 2005
  2. (en) « About This Artwork: American Gothic », The Art Institute of Chicago (consulté le June 20, 2010)
  3. (en) Andréa Fernandes, « mental_floss Blog » Iconic America: Grant Wood », Mentalfloss.com (consulté le 12 avril 2010)
  4. (en) Deborah Solomon, « Gothic American », The New York Times,‎ October 28, 2010 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]