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Ambroise Calfa

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Ambroise Calfa
Portrait du prince de Lusignan (d'après un tableau de Diogène Maillart, 1898)
Biographie
Naissance
Décès
Nationalités
Domicile
Paris (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Fratrie
Youssouf-Léon Calfa (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Maciats Aghavni
Lycée Murat Rafaelian (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Blason des rois de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie, arboré par les Poitiers-Lusignan au XIVe siècle et récupéré à la fin du XIXe siècle par le nouveau « prince de Lusignan » et l'Ordre de Mélusine.

Ambroise Calfa Nar Bey, dit Guy de Lusignan, né à Constantinople le (ou peut-être en 1830 ou en 1834) et mort à Neuilly le , est un érudit, historien et linguiste franco-arménien. Dans le dernier quart du XIXe siècle, il s'autoproclame prince de Lusignan, une revendication contestée et considérée comme infondée par les historiens.

Ambroise Calfa naît à Constantinople le [1]. Selon certains auteurs, il est peut-être né en 1830[2] ou en 1834[3],[4]. Il est l'un des trois fils de Kévork-Youssouf (Georges-Joseph) Kalfa[5], puis Calfa dit Nar Bey[6] (né en 1802[7] et mort en 1838 ou 1859[7]), commerçant arménien installé à Constantinople, et de Sophie Cantar[1] (ou Kantaroglou), fille d'un négociant et banquier arménien de la capitale ottomane[3].

Ayant étudié dans des collèges mékhitaristes, à Venise puis, après 1848, à Paris, le jeune Ambroise s'intéressa particulièrement à l'Histoire et aux langues. Préfet des études au collège arménien Samuel Moorat de Paris (Rue Monsieur)[8] en 1854, il s'installa définitivement dans cette ville, où il fonda par la suite un « Collège national arménien » dont il assura la direction entre 1856 et 1859[9].

Membre de plusieurs sociétés savantes, dont la Société asiatique, Ambroise Calfa publia plusieurs ouvrages historiques ou linguistiques, dont une Calligraphie arménienne (Paris, 1853), ouvrage récompensé à l'Exposition universelle de 1855, et, surtout, un Dictionnaire arménien-français (Paris, Hachette, 1861) dédié à l'empereur Alexandre II[10].

Installés en France, les deux premiers fils de Georges-Youssouf Calfa Nar Bey continuèrent à entretenir des liens étroits avec leur pays d'origine :

Le , Ambroise Calfa épousa Marie-Louise Joséphine Legoupil (1833-1890)[1]. Le couple eut deux enfants :

  • Émilie-Gabrielle Calfa-Narbey (1856-1944), dite princesse Émilie de Nar-Bey, qui épousa en 1874 le marquis Gérard Jacobé de Naurois (1848-1916), dont neuf enfants ;
  • Léon-Amaury-Gaston[14] Calfa-Narbey (~1866 – 1961 au Caire), dit prince Léon de Nar-Bey. Il était le père de :
    • Khorene George Kalfa Nar Bey (1921 en Égypte – 2011 à Londres), dit « prince Khorene George de Lusignan Kalfa Nar Bey », vétéran de la Seconde Guerre mondiale, historien et diplomate culturel[12] britannique. Il était le père de :
      • Louis George de Lusignan Kalfa Nar Bey (né en 1946 à Londres), dit « prince Louis George de Lusignan Kalfa Nar Bey et grand-maître de l'ordre de Sainte-Catherine »[12].

Avant de s'installer dans une villa de Neuilly, Ambroise Calfa Nar Bey et sa famille habitaient un hôtel particulier de l'avenue d'Eylau ; il possédait aussi d'autres immeubles sur cette même voie. L'un de leurs locataires n'était autre que Victor Hugo, qui y vécut ses dix dernières années.

À partir de 1878, Ambroise et ses frères revendiquèrent leur appartenance à la branche cadette de la Maison de Lusignan, qui avait fourni à l'Arménie médiévale ses derniers souverains[15]. Ils fondaient ces prétentions sur une lettre de reconnaissance qui leur aurait été adressée par le chef de "la branche aînée de leur famille", le prétendu cousin de leur père portant le nom de « Louis-Christian de Lusignan » (1807-1884)[16], un militaire français devenu officier en Russie, qui revendiquait une parenté avec les marquis poitevins de Lusignan[12] (cf. Armand François Maximilien du Lau de Lusignan) et dont les titres de « prince royal de Chypre, de Jérusalem et d'Arménie » avaient été reconnus par les autorités impériales russes[14],[6], en tant que descendant et héritier des droits de Léon VI d'Arménie[6].

Ils présentèrent ainsi leur patronyme officiel, Calfa Nar Bey  De Kalfa (ou Calfa) devenant "prince Nar-Bey" en 1878[6] , comme une combinaison triple et symbolique composée :

  • de leur patronyme Calfa [ou Kalfa] (qui selon eux est une altération de khalîfa, qui signifie calife et littéralement « successeur » spirituel) ;
  • du mot Nar (signifiant « feu » ou « flamme », soit une allusion au mot latin lux, signifiant « lumière », qui est à l'origine du patronyme « Lusignan », issu lui-même du nom romain Lucinius dont l'origine étymologique serait le mot lux) ;
  • et du titre honorifique Bey (signifiant « seigneur » et renvoyant à la reconnaissance de leur condition aristocratique au sein de l'Empire ottoman)[4].

À la mort de son frère aîné Youssouf-Léon, le [8], Ambroise se présenta comme le chef de la branche cadette des Lusignan, prince royal de Chypre, d'Arménie et de Jérusalem, sous le nom de « Guy de Lusignan ». À ce titre, il restaure en 1891 l'Ordre de Sainte-Catherine du Mont Sinaï[17]. Son épouse, Marie-Louise, avait quant à elle fondé un « Ordre royal et humanitaire de Mélusine » le [18].

L'ascendance affichée par les Calfa Nar Bey fut vivement contestée par « le prince » Jacques Roux de Lusignan[19], descendant des Lusignan de Chypre, d'Arménie et de Jérusalem (par la famille levantine Mamachi de Lusignan, descendante de la maison de Lusignan, à laquelle appartient notamment le diplomate italien Livio Missir Mamachi de Lusignan). Un procès eut même lieu en 1880 devant le tribunal civil de la Seine, qui se déclara incompétent.

Il meurt à Neuilly le [20].

Articles connexes

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Notes et références

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  1. 1 2 3 État civil du 9e arrondissement de Paris - Registre des mariages, acte n° 719 du 12 août 1863, vue 18/31. La date de naissance d'Ambroise a été établie en vertu d'un acte de notoriété, l'Empire ottoman n'ayant pas d'état civil.
  2. Vapereau 1893
  3. 1 2 Chanoine Pascal 1896, p. 39.
  4. 1 2 Alleaume 1902
  5. Dans le monde des métiers de l'artisanat et du bâtiment sous l'Empire ottoman, un kalfa désignait un "compagnon d'œuvre expérimenté" ou un "assistant architecte". Il s'agissait de l'artisan qualifié situé juste en dessous du maître (usta). Le mot pouvait aussi qualifier les intendantes ou gouvernantes des grandes maisons de l'aristocratie.
  6. 1 2 3 4 5 « Histoire des princes de Lusignan, anciens rois de Jérusalem, de la Petite-Arménie et de Chypre (Ermerin, RJ., 1903) », sur Traces de France, (consulté le )
  7. 1 2 Ermerin 1903
  8. 1 2 3 Chanoine Pascal 1896, p. 56-58.
  9. Sylvain Chardonnet, « Le Cercle arménien Haigazian : la première association arménienne de Clermont-Ferrand (1932-1933) », Bulletin Historique et Scientifique de l'Auvergne, Clermont-Ferrand, Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand, vol. CXXI/2, no 2020, , p. 41-62 (lire en ligne)
  10. Chanoine Pascal 1896, p. 74-76.
  11. Selon Gustave Vapereau, Khorène serait né en 1835.
  12. 1 2 3 4 (en) « The Full Chronicle of a Living Royal House », sur houseoflusignan.org, (consulté le )
  13. Chanoine Pascal 1896, p. 40-56.
  14. 1 2 Chanoine Pascal 1896, p. 67-69.
  15. (en) Jennifer Manoukian, « A Princely Ploy: Inside the Ruse of a French-Armenian Scammer », sur The Public Domain Review, (consulté le )
  16. La descendance agnatique du colonel Louis-Christian de Lusignan (1807-1884) s'éteint avec son arrière-petit-fils, Vladimir de Lusignan (1906-1992), décédé en France et qui était le père naturel du chorégraphe britannique Nicolai Vladimir Costello dit de Lusignan (né en 1943 à Lees, Grand Manchester), qui fut lui-même le gendre de la princesse Antoinette de Monaco et, ainsi, le neveu par alliance du prince souverain Rainier III de Monaco.
  17. Chanoine Pascal 1896, p. 85.
  18. Chanoine Pascal 1896, p. 60.
  19. Jacques Roux de Lusignan, La Vérité sur la Famille des Lusignan du Levant, Paris, F. levé,
  20. Archives des Hauts-de-Seine, état-civil des décès de Neuilly en 1906, acte n° 488, vue 178/301.

Bibliographie

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  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, Paris, Hachette, , 6e éd., p. 271.
  • Chanoine Pascal, Histoire de la Maison royale de Lusignan, Paris, Léon Vanier, , 200 p. (lire en ligne)
  • Émile Alleaume, S. A. R. le prince Guy de Lusignan, Paris, Maton,
  • R.J. Ermerin, Histoire des princes de Lusignan, anciens Rois de Jérusalem, de la Petite-Arménie et de Chypre, dont le seul descendant légitime, le Prince-Royal Michel de Lusignan, Grand-Maître et Commandeur de l'Ordre Royal de l’Épée de Chypre, vit à Saint-Pétersbourg, Saint-Pétersbourg,
  • Jennifer Manoukian, A Princely Ploy: Inside the Ruse of a French-Armenian Scammer, Public Domain Review, 2025 https://publicdomainreview.org/essay/a-princely-ploy/

Liens externes

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