Amar Ezzahi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Amar Ezzahi
Description de cette image, également commentée ci-après

Amar Ezzahi dans les années 80

Informations générales
Surnom Ezzahi (Amimer) / Amar rondvallee
Nom de naissance Amar Aït Zaï
Naissance
Iboudraren, Algérie
Décès (à 75 ans)
Alger, Algérie
Activité principale Interprète, musicien, chanteur
Genre musical Chaâbi
Instruments mandole, derbouka, banjo, alto, nay, tar, qanoun, piano
Années actives 1963 - 2016

Amar Ezzahi, Amar Ait Zaiï de son vrai nom, né au village d'Ighil Bouammas dans la commune d'Iboudraren, daïra de Beni Yenni, wilaya de Tizi Ouzou le , mort le [1], est un chanteur, compositeur et interprète de musique chaâbi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juin 2017)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

C'est en écoutant Boudjemaâ El Ankis, dans les années 1960, qu'il aima le chaâbi.

Amar Ezzahi fera carrière dans le Chaâbi et le Hawzi de Tlemcen après la rencontre, en 1963, avec cheïkh Lahlou mais aussi avec cheïkh Kebaïli de son vrai nom Mohamed Brahimi né en 1910 à Dellys, qui le conseillèrent et l'encouragèrent tout en lui remettant des anciennes qaçaïd et l'initièrent au rythme de chanson de ces textes. La suite, il la fera avec Kaddour Bachtobji, qui l’accompagnera durant près de deux décennies, avec lequel il a commencé à travailler en 1964. Il écoutera d’une oreille attentive les compositions de Mahboub Safar Bati. Amar Ezzahi put alors développer sa pratique musicale. Autodidacte, il apprendra le chaabi sur le tas. Il déclara lors d'une interview radiophonique accordée à la chaine francophone Alger Chaîne 3, qu'il suivit pendant quelques mois des cours de solfège chez une professeure de musique allemande qui officiait rue Charasse à Alger.

Alors que sa notoriété est grandissante dans les années 1980, il affirme lors de cette même interview " Je ne suis qu'un petit chanteur populaire, c'est tout !" Sa grande modestie va le propulser au rang de star auprès des couches populaires amatrices de chant algérois. A l'heure où on parlait de l'extinction de l'art chaabi au profit d'autres musiques commerciales telles que le raï, Amar continua sereinement sur la voix de la musique chaabi et à la surprise de tous, continua d'enchanter génération après génération de sa voix suave et de sa modestie légendaire. En effet, Amar est une véritable célébrité en Algérie et notamment à Alger. L'Algérois moyen adore Amimer à la folie, le rêve de tout Algérois est d'avoir Amar Ezzahi animer sa fête de mariage. On aime chez Amar Ezzahi sa très grande capacité d'improvisation, sa maîtrise exceptionnelle de tous les modes (ezzidane, el moual, essika, essihli, reml el maya, etc.) du chaabi et son passage d'un mode à l'autre sans la moindre difficulté. Amar, quoiqu'il connait les qassidates par cœur, se trompe parfois sur les paroles, il se reprend alors sinon il compte sur la hardiesse et sur la présence d'esprit des membres de l'orchestre pour lui souffler le vers suivant, tout un charme que seul Ezzahi connait le secret. Amar est connu également pour avoir fouillé dans les anciens recueils des poètes algériens et marocains et pour avoir mis en musique des poèmes jamais chantés auparavant. Vers la fin de sa vie, Amar s'éloigne peu à peu des chansonnettes de ses débuts et n'interprète désormais plus que des qassid en louange à la vie du Prophète de l'Islam. Cet aspect de sa vie, le rapproche de la vie du poète Mohammed Ben Mssayeb dont la carrière et la vie de scindent en deux partie, une jeunesse gaie et chantant les joies de l'amour et les plaisir de la vie, et une deuxième partie vouée aux louanges de Mahomet. Rien d'étonnant en cela, car Amar comprend, incarne et vit le poème qu'il est entrain de chanter. Des anciens membres de son orchestre décrivent un état second dans lequel Amar entre dès qu'il entame un poème chantant les louanges du prophète.

Le trait dominant de sa personnalité reste la modestie et l’accessibilité, Amimer refuse la célébrité et les projecteurs, rejette toutes les propositions de concerts grandioses, et préfère se produire sur les terrasses des maisons de la Casbah d'Alger. Alors qu'il est considéré comme le maître incontesté du Chaabi après le décès du cardinal El Hadj Mhamed Al Anka en 1978, ses honoraires restent des plus accessibles, Amar se produit même à titre gracieux et emporte des cadeaux à des Algérois démunis lors de leurs fêtes de mariage ou de circoncision. Autre anecdote témoignant de la générosité du chikh, rapporte que Amar Ezzahi passait devant le lycée Okba, il aurait entendu deux femmes évoquer l'impossible circoncision d'un enfant à cause de la situation difficile, Amar fut profondément touché et réagit immédiatement, s'adresse à l'une des femmes, lui demande son adresse et prend en charge tous les frais émanant de la circoncision allant des frais médicaux à la célébration sur la terrasse de la maison familiale. Les témoignages de cette nature fusent notamment après le décès de Amimer. Cependant, une anecdote filmée reste l'une des plus marquantes, lors d'une fête sur les hauteurs d'Alger, Amar descend du véhicule qui le transportait, se fait approcher par un homme qui discute cordialement avec lui pour ensuite lui proposer de lui offrir un pèlerinage à la Mecque. Quoique de nature calme et posée, Amar va s'offusquer légèrement et répondre par le ver suivant : كان نادالي المكتوب والتربة * نمشي نغنم ما غنموه عرب و عجم.

Son premier enregistrement date de 1968, Djhalt koul saheb et Ya el adraâ furent les deux premières chansons de son premier 45 t qui le propulseront parmi les meilleurs chanteurs de sa génération. La musique et les paroles étaient de Mahboub Bati.

En 1971, il enregistre trois 45 t et en 1976, deux 33 t. II compte trois chansons à la radio et quatre autres à la télévision. Comme Sali trache qelbi, Dik echemaâ et autre Mahajti b’dhya chemaâ considéré comme un hymne en Kabylie.

Sa première cassette Ya rab El I bad sort en 1982 ; suivent après quelques enregistrements en studio Ya Dif Allah, El Djafi, Hadjam El Ouala3ine, Zennouba, Ya Kadi nass El Ghram, Nabiwni Radou Ledjouab, Ya’l Ghafel Toub, Ghadder kassek Hat Noubti, El Harraz, Koub ou’ara, Youm El Khmis, Men Houa Rouhi W’rahti, Anaya Berrani Ghrib, Mir El Ghiwane, Asmaa Noussik Ya Insane. Le titre Esmeralda très apprécié des jeunes générations n'est en fait pas une interprétation de Ezzahi mais une pure improvisation du pianiste de l'orchestre de Amar Ezzahi. D'ailleurs, le titre de ce morceau est extrait de la comédie musicale Notre-Dame de Paris.

Amar Ezzahi disparaît pratiquement de la scène artistique à partir de 1980 et n'est présent que lors des fêtes familiales.Il réapparaît le 10 février 1987 dans un récital à la salle Ibn Khaldoun avec Mustapha Skandrani à Alger, où il interpréta entre autres « El Kaoui, Ghadder Kassek Ya Ndim, Taleb Tiri Aalla, Mekka y’al qelb El Haoui, El Harraz » pour s'effacer à nouveau.

Il revient sur scène à la fin des années 1990 lors d'un hommage à Hadj M'Hamed El Anka retransmis en direct sur la radio El Bahdja.

Selon ses amis et proches collaborateurs, Amar Ezzahi serait une sorte de soufi des temps modernes rejetant les fastes de la vie et les biens matériels. Il vit dans un simple appartement de la rue Louni Arezki, jadis rampe Vallée. Un habitant de ce même quartier déclare sur une chaîne de télévision que Amar Ezzahi lui aurait raconté qu'il a été approché par la présidence algérienne début des années 2000. En effet, ce monsieur rapporte que des hommes envoyés par le président Bouteflika lui auraient rendu visite, et lui avaient témoigné de la sympathie du président à l'égard de l'artiste et qu'ils lui auraient demandé s'il souhaitait partir se soigner à l'étranger, s'il souhaitait une quelconque autre offrande de la part du président. Amar refuse gentiment et déclare qu'il n'aurait rien fait de spécial qui mériterait un quelconque présent. Il était fatigué parce qu'il avait enchaîné les nuits de célébration car il voulait payer les dettes cumulées pendant la décennie noire où il s'est interdit de célébrer des fêtes car le pays était meurtri par le terrorisme. Amar rajoute : لو يتعب انسان ** ما يأخد الا ما اعطا لو. Les hommes alors saluent le chikh et retournent voir le président et lui rapportent les propos de Amar Ezzahi. Plus tard, les hommes de la présidence reviennent voir le chikh et lui disent : لا تخدم سلطان ** اصلا و لا تجلس حوالو. Le président a bien reçu le message de Amar Ezzahi.

Cette anecdote au demeurant sympathique témoigne de la sagesse d'Ezzahi, de son refus total des mondanités, et de son rejet de toutes formes d'autorité fusse-t-elle celle du président du pays. Amar, fatigué et victime d'une attaque cardiaque, se fait approcher une nouvelle fois par le ministre de la culture en 2016, ce ministre voulait prendre en charge les soins à l'étranger de Amar Ezzahi, ce transfert ne se fera jamais car l'artiste nous quitte des suites de sa maladie la veille. Selon ses voisins, Amar n'aurait, de toute manière, jamais accepté de partir se soigner à l'étranger, et surtout pas aux frais des autorités.


Il décède le 30 novembre 2016 à la suite d'un malaise cardiaque survenu en septembre qui a nécessité son hospitalisation. Il était alors âgé de 75 ans. La prière sur le défunt sera exécutée le lendemain à la mosquée El Barani, l'une des plus vielles mosquées de la citadelle, et il sera enterré le lendemain au mythique cimetière d'El Qettar à Alger. Des milliers de personnes assistent à ce dernier hommage rendu au grand homme que fut Amar Ezzahi. Il partira, dans la plus grande simplicité, porté et entouré par les gens qui l'aimaient vers sa demeure éternelle comme il avait vécu. Amar, dès la années 2000, chanta excessivement la vie et les qualités du prophète Mohammed, que le Salut soit sur Lui, il invoqua Allah pour qu'il lui accorde une place auprès de celui qu'il avait toujours chanté le Messager de l'Islam Mohammed fils d'Abd Allah. Il laissera un vide cruel dans les cœurs de tous ceux qui l'ont sincèrement aimé.

Notes et références[modifier | modifier le code]