Alpes-de-haute-provence (IGP)

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Alpes-de-Haute-Provence (IGP)
Image illustrative de l'article Alpes-de-haute-provence (IGP)
Vignes et troupeau dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Désignation(s) Alpes-de-Haute-Provence (IGP)
Appellation(s) principale(s) alpes-de-haute-provence[1]
Type d'appellation(s) IGP départementale
Reconnue depuis
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Provence
Localisation Alpes-de-Haute-Provence
Climat tempéré méditerranéen avec influence des Alpes
Cépages dominants ugni blanc B, clairette B, chardonnay B, muscat blanc à petits grains B, grenache N, cinsault N, syrah N, carignan N, merlot N et cabernet sauvignon N[2]
Vins produits rouges, rosés et blancs
Production 8 000 hl
Rendement moyen à l'hectare 85 ou 90 hl/ha

L’alpes-de-haute-provence, appelé vin de pays des Alpes-de-Haute-Provence jusqu'en 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) départementale qui a vocation à labelliser, après dégustation, les vins ne pouvant postuler une appellation d'origine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Justin, dans son Abrégé des histoires philippiques (Historiarum Philippicarum, Livre XLIII, chap. IV, 1-2), un ouvrage qu'il présente dans sa préface comme un florilège des passages les plus importants et les plus intéressants du volumineux Historiæ phillippicæ et totius mundi origines et terræ situs rédigé par Trogue Pompée à l’époque d’Auguste, explique : « Sous l'influence des Phocéens, les Gaulois adoucirent et quittèrent leur barbarie et apprirent à mener une vie plus douce, à cultiver la terre et à entourer les villes de remparts. Ils s'habituèrent à vivre sous l'empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l'olivier, et le progrès des hommes et des choses fut si brillant qu'il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule, mais que la Gaule eût passé dans la Grèce »[3].

Période moderne[modifier | modifier le code]

D'une vieille famille lombarde d'extraction noble, les parents de Jean Taxis sont Jacques Taxis[4],[5],[6] et Catherine Daumas. Jacques Taxis (Giacomo Taxis), un descendant direct de Omedeo Tasso[7], qui possédait une fortune assez considérable, quitta la région lyonnaise[8],[9] pour s'installer avec sa famille au lieu-dit Portail de Soleil-Bœufs dans les environs de Digne-les-Bains[10] où il racheta à Jean Matheron de Salignac l'hôtel des Dourbes[11],[12] et plusieurs hectares de vignes à Clumanc.

Chabrot dans les Alpes-de-Haute-Provence

Jacques Taxis avait destiné son fils aîné à reprendre l'affaire viticole familiale. Jean Taxis fit ses études chez les Jésuites où il acquit de solides connaissances. Il se passionna très vite pour le commerce. La mort de son père le laissa libre de suivre ses intérêts personnels, notamment dans le domaine de la négoce de tonneaux et de fûts de chêne.

Le vin de Digne n'était qu'un vin de garde destiné à la consommation locale et à la commercialisation régionale mais le « Grand Hiver » de 1709 va précipiter sa réputation dans tout le royaume du XVIe au XIXe siècle[13]. Au cours de l'an 1709, les cours du vin augmentaient et les vins du Bas Languedoc et de de Provence, exemptés de droits, s’exportaient pour la première fois à Paris[14].

En 1709, son talent pour le commerce et surtout la réserve de tonneaux qu'il s'est constituée lui permit d'acheminer plusieurs centaines de pintes de vin par jour vers la capitale et ce qui lui fit sa fortune. On dit que le roi Louis XIV lui-même apprécia le vin de Digne.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Vente de vin au caveau

Production[modifier | modifier le code]

Le vin de pays des Alpes-de-Haute-Provence labellise environ 8 000 hectolitres par an[15].

Situation[modifier | modifier le code]

Ce vin de pays est produit majoritairement dans la vallée de la Durance et il est en progression régulière depuis 1985[15].

Types de vin[modifier | modifier le code]

Les vins rouges représentent 78 % de la production, les rosés 15 % et les blancs 7 %[15].

Encépagement[modifier | modifier le code]

Il reste traditionnel pour les cépages rouges avec grenache, cinsault, syrah, carignan, merlot et cabernet sauvigon. Les cépages blancs sont : ugni blanc, clairette, chardonnay et muscat à petits grains[15].

Accord mets / vins[modifier | modifier le code]

Pizza à la bohémienne et Alpes-de-Hautes-Provence IGP rosé

Commercialisation[modifier | modifier le code]

La part destinée à l'exportation est de 35 %. Sur le marché intérieur, le reste de ce vin est essentiellement commercialisé à 80 % dans le secteur GMS (grandes et moyennes surfaces), sur le lieu de production à 15 % et en restauration à 5 %[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine ; « Alpes de Hautes-Provence », sur www.inao.gouv.fr, Ministère de l'agriculture. Institut national de l'origine et de la qualité, (consulté le 27 mars 2011).
  2. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  3. La fondation de Massalia, Justin, écrivain latin du IIe siècle
  4. Le père de Jacques Taxis était Jean Baptiste de Taxis, l'enfant illégitime de Roger de Taxis (1513-1593) avec Cornelia de Hase, qui fut reconnu en 1584. Il devint maître de poste dans la ville de Lyon jusqu'en juin 1595 date à laquelle la maison de Habsbourg cesse de revendiquer la Bourgogne
  5. Fiche de Roger de Taxis
  6. Arbre généalogique des Taxis
  7. Jean Taxis est l'arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière petit fils de Omedeo Tasso
  8. Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence. Tome premier par Artefeuil
  9. Dictionnaire généalogique, héraldique, chronologique et historique par François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois, Académie des sciences, belles-lettres et arts
  10. Stendhal club, Volume 26,Numéros 101 à 104 (1983)
  11. L'hôtel des Dourbes sera détruit en 1970
  12. Chroniques de Haute-Provence, N°350 (2003)
  13. André de Réparaz, Terroirs perdus, terroirs constants, terroirs conquis : vigne et olivier en Haute-Provence XIXe-XXIe siècles, Méditerranée, 2007, p. 58-59
  14. Françoise Labalette, Les terribles ravages du grand hiver dans Historia, mars 2009, n°759, p46-49
  15. a, b, c, d et e Vins de pays de France, op. cit., p. 82.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Menjucq, président de l'ANIVIT (sous la direction de), Vins de pays de France, Éd. Romain Pages, Saint-Cloud, 1991, (ISBN 2908878151)
  • Marc Donato, Vignes et vin - Une aventure dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, Ed. Fournel, 2005 (ISBN 2-915493-27-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]