Alois Estermann

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Alois Estermann, né le à Gunzwil et mort le au Vatican est une personnalité militaire suisse. Il fut le 31e commandant de la Garde suisse pontificale en 1998.

Biographie[modifier | modifier le code]

Garde Suisse dans son uniforme traditionnel

Issu d'une famille d'agriculteurs des environs de Beromünster où ses parents s'étaient installés, il suivit des études agricoles à Hohenrain et à Sursee. En 1975, il obtient un baccalauréat de l'école privée de commerce de Lucerne. De 1975 à 1976, il fréquente l'école de formation des officiers de Thoune. À l'été 1977, il passa trois mois au Vatican en servant dans la Garde suisse. Entre 1977 et 1979, il séjourna à plusieurs reprises en Argentine. Dans l'armée suisse, il avait le grade de lieutenant.

Le1er juillet 1980, il devient capitaine dans la Garde suisse et est présent lors de la tentative d'assassinat sur le pape Jean-Paul II le .

Il épouse le , la Vénézuélienne, Gladys Meza Romero.

Affaire Estermann[modifier | modifier le code]

Le , il est promu major, puis lieutenant-colonel de la Garde le . Le vers 21 heures, alors qu’il venait d’être promu la veille commandant de la garde, on le retrouve sans vie dans son appartement privé, au côté de son épouse, Gladys Meza Romero de nationalité vénézuélienne, également décédée. Un troisième cadavre, celui de Cédric Tornay (23 ans), vice-caporal de la garde y est également découvert.

Tous trois ont été tués d'une balle de pistolet, un Sig 75, l'arme de service appartenant à Tornay. L'enquête dirigée par le juge de l'État du Vatican, Gian Luigi Marrone (it), conclut officiellement à un raptus, « coup de folie » du jeune garde, reprenant la version officielle du Vatican délivrée 3 heures après le drame par le porte-parole Joaquín Navarro-Valls : Cédric Tornay, furieux de s'être vu refuser une décoration (le Benemerenti) pour être rentré d'une permission avec 48 heures de retard, aurait abattu son supérieur et son épouse avant de se suicider ; cette version officielle est cependant remise en cause par plusieurs témoignages relayés dans la presse, la seule preuve tangible étant une lettre envoyée par Cédric Tornay à sa mère Muguette Baudat mais qui est peut-être un faux. Muguette Baudat confie cette affaire à deux avocats français, Jacques Vergès et Luc Brossollet, qui font réaliser une contre-autopsie à l'Institut universitaire de pathologie de Lausanne, cette dernière révélant que la première a été bâclée (notamment elle ne retrouve pas le kyste sous-arachnoïdien dans le crâne de Tornay qui avait été avancé pour expliquer le raptus), que la reconstitution de la scène du meurtre est contradictoire[1].
Selon le journaliste Victor Guitard, Estermann aurait été un membre de la Stasi, le service des renseignements extérieurs est-allemand, alors dirigé par Markus Wolf qui a démenti ces assertions[2]. Selon Pierre de Villemarest, Aloïs Estermann d'abord agent de la Stasi, avait cependant continué de travailler pour le FSB, les services secrets russes après l'effondrement de l'URSS et du bloc de l'Est. Ses activités ayant été découvertes par les services de contre-espionnage du Vatican, il en aurait parlé à son officier traitant qui aurait donc décidé de le faire liquider par les "balayeurs" (chargés de faire disparaître sans laisser de trace les agents compromis) des services russes. Toujours selon Villemarest, Cédric Tornay aurait été assassiné uniquement parce qu'il avait eu la malchance d'être présent au moment du meurtre [3].
Selon un autre journaliste John Follain, Cédric Tornay aurait eu une aventure homosexuelle avec Estermann et aurait tué le couple par dépit amoureux[4].
Des rivalités entre Gardes Suisses, gendarmes pontificaux et la police italienne ont été également évoquées, de même des liens entre Estermann et l'Opus Dei furent aussi avancés, sans aucune preuve[5].

Alois Estermann restera dans l’histoire de la Garde suisse pontificale en tant que commandant ayant eu la plus brève carrière, s'ajoutant aux fantasmes ou aux réalités des crimes commis au Vatican.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « VSD », semaine du 25 janvier 2006
  2. Victor Guitard, L'Agent secret du Vatican, Albin Michel, , 134 p. (ISBN 2-226-13804-8)
  3. Pierre de Villemarest, Le KGB au cœur du Vatican, éditions de Paris
  4. (en) John Follain, City of Secrets : The Truth behind the murders at the Vatican, Harper Collins, , 320 p. (ISBN 0066209544)
  5. Bernard Lecomte, « L'affaire Estermann », émission L'heure du crime, 24 février 2012

Articles de presse[modifier | modifier le code]

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Émission radiophonique[modifier | modifier le code]