Liste de l'unité

La Liste de l’unité (en danois : Enhedslisten - de rød-grønne, littéralement « la Liste de l’unité – les Rouges et Verts » également connu en français comme Alliance rouge et verte) est un parti politique danois, qui occupe la partie la plus à gauche au sein du Folketing, le parlement danois.
Histoire
[modifier | modifier le code]Ce parti est fondé en 1989 grâce à la collaboration de VS (Socialistes de gauche), DKP (Parti communiste du Danemark) et SAP (Parti socialiste des travailleurs, section danoise de la Quatrième Internationale). Il n’est représenté au parlement qu’en 1994 par six mandats. Le parti n’obtient que cinq mandats aux législatives de 1998, de même en 2001. Il consolide sa position aux élections de 2005 en obtenant une représentation de six mandats, avant de retomber à quatre mandats en 2007. Lors des élections législatives danoises de 2011, il se renforce ultérieurement en remportant huit députés supplémentaires, en multipliant par trois sa représentation au Folketing.
Le parti rassemble 24,6 % des voix des suffrages lors des élections municipales de 2021 à Copenhague, ce qui en fait la première force politique de la ville. Enhedslisten a surtout défendu la thématique du logement pendant la campagne, militant pour un plafonnement des loyers et pour la construction de logements sociaux, et a bénéficié de son image de parti le plus écologiste du pays. Les Sociaux-démocrates conservent cependant la municipalité grâce à un accord avec le centre-droit[18].
En , le porte parole politique du parti, Pelle Dragsted annonce que, pour la première fois depuis sa création, la Liste de l'unité ne votera pas automatiquement en faveur du chef de file des sociaux-démocrates pour prendre la tête du gouvernement après les prochaines élections législatives. Il reproche notamment à Mette Frederiksen d'avoir été chargée de former un gouvernement grâce aux voix des partis de gauche après les élections législatives de 2022, pour finalement former une coalition majoritaire avec le centre-droit. Il explique alors qu'il préfèrerait soutenir Pia Olsen Dyhr, la présidente du Parti populaire socialiste, pour le poste de Première ministre, et que Frederiksen devra promettre de former un gouvernement avec le bloc de gauche pour obtenir le soutien de la Liste de l'unité en vue d'être chargée de former un gouvernement[19]. Après la convocation d'élections législatives le , la Liste de l'unité déclare souhaiter à l'issue du scrutin la constitution d'un gouvernement de gauche dirigé par Frederiksen, et conditionne son soutien à toute future coalition à l'introduction d'une taxe sur la fortune[20],[21]. Le , Mette Frederiksen conclut un accord pour la formation d'un gouvernement quadripartite avec les sociaux-démocrates, le Parti populaire socialiste, les Modérés et le Parti social-libéral, et la Liste de l'unité devient un soutien sans participation du nouvel exécutif[22].
Idéologie
[modifier | modifier le code]Le parti se décrit comme socialiste et démocrate, et comme représentant les mouvements pacifiste, anti-discrimination et ouvrier.
L'idéologie du parti est exposée dans un manifeste en 2003[23]. Tenant des opinions anticapitalistes[15] et eurosceptiques modérées[12],[24],[25] ; à propos du système économique, il définit le socialisme comme une forme de société qui aboutirait, à long terme, à la fin des classes. Les méthodes préconisées, pour y parvenir, peuvent être différentes, selon le cours de la lutte des classes, mais nécessiteront, éventuellement, une révolution. À travers cette révolution, les moyens de production privées devraient être transférés à la classe ouvrière, tout en garantissant les droits démocratiques.
Il est perçu comme le plus écologiste des grands partis politiques danois[18].
Direction
[modifier | modifier le code]Le parti de la liste de l’unité se distingue des autres partis représentés au parlement par le fait qu’il n’a pas de secrétaire à sa tête mais qu’il pratique le principe de la direction collective.
Personnalités
[modifier | modifier le code]Résultats électoraux
[modifier | modifier le code]Élections parlementaires
[modifier | modifier le code]| Année | Voix | % | Sièges | Rang | Gouvernement |
|---|---|---|---|---|---|
| 1990 | 54 038 | 1,67 | 10e | Opposition | |
| 1994 | 104 701 | 3,15 | 7e | ||
| 1998 | 91 933 | 2,70 | 8e | ||
| 2001 | 82 685 | 2,40 | 7e | ||
| 2005 | 114 123 | 3,40 | 7e | ||
| 2007 | 74 982 | 2,17 | 8e | ||
| 2011 | 236 860 | 6,68 | 6e | Soutien à Helle Thorning-Schmidt I et II | |
| 2015 | 274 463 | 7,81 | 4e | Opposition | |
| 2019 | 244 664 | 6,94 | 6e | Soutien à Frederiksen I | |
| 2022 | 181 452 | 5,13 | 8e | Opposition | |
| 2026 | 226 037 | 6,34 | 8e | Soutien à Frederiksen III |
Élections européennes
[modifier | modifier le code]Jusqu'en 2016, l'Alliance n'a jamais participé directement aux élections européennes préférant soutenir le Mouvement populaire contre l'Union européenne, un parti eurosceptique dont les élus siègent au groupe GUE/NGL. Certains députés du parti ont un temps songé à se présenter sur une liste indépendante pour les élections de 2014[26], mais la décision a été rejeté par la majorité du parti lors à sa convention annuelle de 2013[27].
Le parti prend en la décision historique de se présenter aux élections de 2019[28]. Il participe à cette occasion à l'alliance européenne « Maintenant le peuple » comprenant notamment La France insoumise et Podemos[29].
| Année | Voix | % | Sièges | Rang | Tête de liste |
|---|---|---|---|---|---|
| 2019 | 151 903 | 5,51 | 7e | Nikolaj Villumsen | |
| 2024 | 172 287 | 7,04 | 7e | Per Clausen |
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Seuls 175 des 179 sièges du Parlement danois, le Folketing, sont accessibles aux partis politiques danois, car le Groenland et les îles Féroé se voient attribuer deux sièges chacun en raison de leur statut de territoires dans le royaume de Danemark.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) « The left-wing Red-Green Alliance (GUE/NGL) also look like they will make no significant gains in the election despite taking their first ever seat in the European Parliament last week, won from the left-wing People’s Movement Against the EU (GUE/NGL). », sur Europe Elects,
- ↑ (en) « Danish left-wing party changes stance on EU membership referendum », sur The Local dk,
- ↑ (en) « Fourth party leader states intentions to become Danish PM », sur The Local dk, : « Pernille Skipper, lead spokesperson with the left-wing Red-Green Alliance (Enhedslisten) party, has said she intends to run as a prime ministerial candidate at Denmark’s next general election. »
- ↑ (en) Jan Zienkowski et Ruth Breeze, Imagining the Peoples of Europe : Populist discourses across the political spectrum, John Benjamins Publishing Company, , 378 p. (ISBN 978-90-272-6225-7, lire en ligne)
- ↑ (en) Teis Jensen, « Danish government-allied populists call for EU vote, PM rejects », Reuters, (consulté le )
- ↑ (en) Luke March, Contemporary Far Left Parties in Europe : From Marxism to the Mainstream?, Berlin, Friedrich-Ebert-Stiftung, , 20 p. (ISBN 978-3-86872-000-6, lire en ligne), p. 3.
- ↑ (en) Geoffrey Edwards et Georg Wiessala, The European Union : annual review 1998/1999, Wiley-Blackwell, (ISBN 978-0-631-21598-1), p. 184.
- ↑ (en) Arthur S. Banks et Thomas C. Muller, Political Handbook of the World 1994–95, CSA Publications, , 1200 p. (ISBN 978-0-933199-10-1), p. 234.
- ↑ (en) Government and opposition, Volume 34, Weidenfeld and Nicolson, , p. 73.
- ↑ (en) « Danish elections 2015: a guide to the parties, candidates and electoral system » [archive du ], sur the Guardian, (consulté le )
- ↑ Political and cultural representations of Muslims : Islam in the plural (Christopher Flood), Leiden, Brill, , 43 p. (ISBN 978-90-04-23103-0, OCLC 808367020, lire en ligne)
- (en) Wolfram Nordsieck, « Denmark », sur parties-and-elections.eu (consulté le ).
- ↑ « Copenhagen faces backlash over €2.7B 'green' island plan », POLITICO, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ « Enhedslistens topmedlemmer: Hellere EU-kritik indefra end EU-udmeldelse » [archive du ], (consulté le )
- (en) Åsa Bengtsson, Kasper Hansen, Ólafur Þ Harõarson, Hanne Marthe Narud et Henrik Oscarsson, The Nordic Voter : Myths of Exceptionalism, ECPR Press, , 264 p. (ISBN 978-1-907301-50-6, lire en ligne), p. 204.
- ↑ (en) « Enhedslisten-GUE/NGL », sur guengl.eu
- ↑ (da) Henrik Hoffmann-Hansen, Simone Nilsson, Johan Storgaard Jespersen, Benjamin Krasnik, Kitte Fabricius, Mara Malene Raun Schmidt et Mie Borggreen Winther og Sara Mathilde Gosmann, « Overblik: Partierne i Danmark » [archive du ], sur Kristeligt Dagblad, (consulté le )
- (en-US) « In Copenhagen, the Radical Left Just Beat the Danish Social Democrats for the First Time Ever », sur jacobinmag.com,
- ↑ (da) Rikke Gjøl Mansø et Søren Larsen, « Enhedslisten vrager Mette Frederiksen: Mere oplagt at pege på Pia Olsen Dyhr som statsminister », sur DR, (consulté le )
- ↑ (da) « Enhedslisten kræver formueskat for støtte til rød regering », sur Politiken, (consulté le )
- ↑ (da) Kristian Klarskov et Johan Blem Larsen, « Pelle Dragsted annoncerer et partihistorisk nybrud », sur Politiken, (consulté le )
- ↑ (da) « Enhedslisten og Alternativet støtter den nye regering », sur Berlingske, (consulté le )
- ↑ (da) « Enhedslistens principprogram », Enhedslisten (consulté le ).
- ↑ (en) « The UK and Denmark: growing public euroscepticism », sur openDemocracy (consulté le )
- ↑ (da) « EU-politik », enhedslisten.dk (consulté le )
- ↑ (da) « Red–Green Alliance puts pressure to People's Movement Against the EU », sur Ekstra Bladet, (consulté le )
- ↑ (da) « Red–Green Alliance scraps EU election run », sur Berlingske, (consulté le )
- ↑ (da) « Red–Green Alliance will run independently in the next European Parliament election », sur dr.dk, (consulté le )
- ↑ Grégory Marin, « Élections. La FI trouve de nouveaux alliés européens », sur L'Humanité, (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Article connexe
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- (da) Site officiel
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :