Alliance VITA

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Alliance VITA
Image illustrative de l'article Alliance VITA

Devise : « Solidaire des plus fragiles »

Création 1993
Siège Paris
Membres Environ 32 000 bénévoles (revendiqués)
Président François-Xavier Pérès
Personnes clés Christine Boutin
Tugdual Derville
Site web http://www.alliancevita.org

Alliance VITA est une association du mouvement pro-vie en France militant principalement contre l'avortement et l'euthanasie[1]. Elle se donne comme objectif de « promouvoir la protection de la vie humaine et le respect de la dignité de toute personne » et prend position contre l'avortement et contre le mariage entre personnes de même sexe.

Elle est actuellement présidée par François-Xavier Pérès depuis le 23 février 2014, et par son délégué général Tugdual Derville. Le président est élu pour 4 ans.

Historique[modifier | modifier le code]

L'association a été fondée en 1993 par Christine Boutin sous le nom Alliance pour les droits de la vie (ADV). Elle prend le nom d'Alliance VITA à compter du 2 novembre 2011[2].

Engagements[modifier | modifier le code]

Refus de l'avortement[modifier | modifier le code]

Dépendance et fin de vie[modifier | modifier le code]

La position de l'Alliance VITA est d'éviter l'euthanasie mais aussi l'acharnement thérapeutique en accompagnant les personnes et leur entourage tout au long des étapes de ce processus qui vont de la découverte de la maladie, aux angoisses liées à la mort et à la souffrance jusqu'à un accompagnement respectueux de la vie jusqu'à sa fin. Par le biais de la promotion des soins palliatifs, l'association cherche à trouver les moyens d'accompagner ceux qui n'ont plus d'espoir de guérison tout en luttant contre la douleur physique et la souffrance morale[3].

Lors de l'élection présidentielle de 2012, Alliance VITA s'oppose à la campagne menée par l'ADMD auprès des candidats et de l'opinion publique en vue de légaliser l'euthanasie et de réviser la loi Léonetti. Alliance VITA organise elle aussi des rassemblements et considère comme une « terrible régression » la proposition qu'un soignant puisse « provoquer délibérément, en toute légalité, la mort »[4].

Refus du mariage et de l'adoption pour les couples de même sexe[modifier | modifier le code]

L'association se positionne contre l'adoption d'enfants par les couples homosexuels ainsi que contre le mariage homosexuel[5] et a lancé des appels à la mobilisation[6]. Christine Boutin et Tugdual Derville, délégués successifs de l'association, se positionnent également contre le Pacte civile de solidarité et, plus largement, contre toute forme d'union juridique des couples homosexuels[7],[8].

Bioéthique[modifier | modifier le code]

Les options bioéthiques d’Alliance VITA sont fondées sur les trois priorités suivantes[9] :

  • La société doit donner la priorité à l’intérêt de l’enfant sur les désirs des adultes, même légitimes, provoqués par leur souffrance : c’est cet intérêt qui détermine si les techniques et les pratiques d’assistance médicale à la procréation sont légitimes ou pas.
  • La société doit protéger l’intégrité personnelle de l’être humain, dès son stade embryonnaire, face à toute exploitation qui serait motivée par des intérêts particuliers ou collectifs : cette protection individuelle est d’autant plus nécessaire à l’embryon qu’il est sans visage et sans capacité d’expression. C’est cette conviction qui conduit l'Alliance VITA à promouvoir l’application des droits de l’homme au bénéfice des embryons humains.
  • La société doit consacrer le respect de ses membres les plus vulnérables, et en particulier ceux qui portent une maladie ou un handicap : c’est ce souci qui conditionne l'appréciation de l'Alliance VITA sur les techniques et les pratiques de diagnostic préimplantatoire (DPI) et de diagnostic prénatal (DPN).

Services[modifier | modifier le code]

L'Alliance Vita propose un service d'écoute par téléphone pour différentes situations :

  • SOS Bébé[10], pour les femmes et les couples en difficulté avec la grossesse.
  • SOS Fin de vie[11] pour les personnes confrontées à des fins de vie difficiles.

Participation à la vie politique[modifier | modifier le code]

L'association s'exprime au travers de divers médias et relais par le biais des personnalités politiques :

  • Des députés[12] et des sénateurs[13] la citent dans des questions écrites au gouvernement,
  • Ses membres sont auditionnés par les assemblées dans le cadre de la préparation de projet de loi sur ces sujets, par exemple au Sénat en 2015 sur la loi fin de vie[14],
  • Elle est invitée par les médias pour débattre avec d'autres associations ou apporter son éclairage sur les questions de bioéthique[15].

Liste des présidents[modifier | modifier le code]

Controverses[modifier | modifier le code]

Stratégies en ligne[modifier | modifier le code]

Selon des enquêtes journalistiques, Alliance Vita se cache derrière des sites tels que SOS bébé ou ÉcouteIVG.org, qui « se livrent à une forme de manipulation » en ligne au sujet de l'IVG[18],[19]. Selon l'AFP, des sites d'Alliance Vita se présentant comme « neutres et ressemblant à des sites officiels » et « comme des plateformes d'information sur l'avortement et la contraception et d'aide aux femmes enceintes »[20], « privilégient un discours anti-IVG visant à inciter les femmes à ne pas avorter ». Selon Le Monde, des sites Alliance Vita à l'allure neutre et « au contenu éditorial édulcoré et facilement accessible[s] à partir des moteurs de recherche », servent de « passerelles » pour « rediriger les internautes sur des sites au contenu plus explicite »[21].

Un rapport sur l'accès à l'IVG du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE), dit que le service d'écoute téléphonique d'Alliance Vita « entretient l'illusion d'une ligne téléphonique institutionnelle »[22],[23].

Interventions en milieu scolaire[modifier | modifier le code]

Alliance VITA intervient dans un à deux établissements catholiques (privés sous contrat avec l'État) par département en France, à la demande de ces derniers, comme la loi Debré de 1959 le permet[24].

En avril 2014, le cas du lycée Gerson, dans le 16e arrondissement de Paris est pointé du doigt à la suite d'interventions d'Alliance VITA contre l'avortement au sein de l'établissement. Certains médias nationaux parlent de « dérives intégristes »[25] d’autres parlent de soupçons de dérives[26] ou de faits invérifiables et nuancés par un autre témoignage[27]. Des liens avec l'Opus Dei sont aussi évoqués[28]. Alliance VITA parle de « mensonges » et porte plainte pour diffamation[29] ; la direction diocésaine de l’enseignement catholique reconnaît pour sa part que l'équipe dirigeante du lycée « n’est peut-être pas assez attentive à ceux qui ne pensent pas comme elle »[30]. Le ministère de l'Éducation nationale décide alors de lancer une inspection au sein du lycée[24],[31]. Celui-ci envoie le 20 août un courrier à la région donnant les conclusions de son enquête qui indique qu'« aucune atteinte à la liberté de conscience des élèves » n'a été constatée[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le monde 25 février 2013
  2. « L'Alliance pour les Droits de la Vie devient Alliance VITA », sur Alliancevita.org,‎ (consulté le 6 octobre 2015)
  3. La voix du nord
  4. Pro et anti-euthanasie manifestent à Paris, Le Point, 24 mars 2012
  5. http://blog.francetvinfo.fr/mariage-adoption-gay/2012/10/23/comment-reussir-ou-pas-son-buzz-contre-le-mariage-des-homos.html
  6. http://www.bfmtv.com/societe/collectifs-religieux-politiques-sera-a-manif-421872.html
  7. Nicolas Moscovici, « "Le Pacs n'est pas un progrès" », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne)
  8. « L’amour en question – Entretien avec Tugdual Derville », sur http://www.alliancevita.org, Alliance VITA,‎ (consulté le 18 mars 2014)
  9. Site de l'Alliance VITA, (page consultée le 6 avril 2012), http://www.alliancevita.org/vita/bioethique/
  10. SOS Bébé
  11. SOS Fin de vie
  12. Assemblée Nationale, « Question n°32090 - Assemblée nationale », sur questions.assemblee-nationale.fr (consulté le 14 septembre 2015)
  13. « Gestation pour autrui - Sénat », sur www.senat.fr (consulté le 14 septembre 2015)
  14. « Proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie », sur www.senat.fr (consulté le 14 septembre 2015)
  15. « France: l’inscription à l’état civil d’enfants nés de GPA validée - France - RFI » (consulté le 14 septembre 2015)
  16. La croix
  17. Antoine Pasquier, Faim de vie, Famille chrétienne n°1982 du 9 au 15 janvier 2016
  18. Cf. Cet article du Monde.
  19. Le figaro
  20. Cf. cet article de l'AFP.
  21. Cf. "Le Web de l'avortement : pro VS anti", Le Monde du 18 juin 2013, en ligne.
  22. rapport sur l'accès à l'IVG du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE)
  23. le figaro
  24. a et b Caroline Beyer, « Le lycée Gerson visé par une inspection », in Le Figaro, jeudi 17 avril 2014, page 10.
  25. « Des dérives intégristes secouent un lycée catholique » de Fabien Cazeaux avec Gaétan Supertino. Europe 1, « endoctrinement sous couvert de catéchèse. »
  26. « Soupçons de “dérives intégristes” au lycée Gerson : Alliance Vita se défend » par Stéphane Kovacs dans lefigaro.fr, le 17 avril 2014.
  27. « Le vrai et le faux dans l'affaire du lycée Gerson », La Vie, 28 avril 2014
  28. Les intégristes accusés d'avoir noyauté le lycée Gerson, Élodie Soulié
  29. Stéphane Kovacs, « Alliance VITA porte plainte pour diffamation », in Le Figaro, jeudi 17 avril 2014, page 10.
  30. Anne-Bénédicte Hoffner, « Alliance VITA souhaite que "la lumière soit faite" sur son intervention au lycée Gerson », la-croix.com, 15 avril 2014.
  31. Paris : accusations de dérives intégristes dans un lycée catholique
  32. Caroline Beyer, « Le lycée Gerson lavé des soupçons de «dérive» », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 9 octobre 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]