Alina Reyes

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Alina Reyes
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Alina Reyes en 2011.

Nom de naissance Aline Patricia Nardone
Naissance
Bruges (Gironde)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Aline Nardone, dite Alina Reyes[1], née le à Bruges (Gironde), est une écrivaine française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aline Nardone naît dans une famille populaire, bohème et communiste. Son père, plâtrier de métier, est aussi musicien et chanteur amateur ; sa mère est femme au foyer. Alina est l'aînée d'une fratrie de cinq enfants. Elle passe son enfance et son adolescence à Soulac-sur-Mer[2], lit beaucoup et chante dans des chœurs.

Au lycée de Royan, elle étudie le latin et le grec, mais quitte l'établissement sans le baccalauréat. Elle vit alors de petits boulots comme serveuse ou femme de ménage. Après la naissance de deux fils, en 1976 et 1980, elle reprend des études à Bordeaux en 1983, obtient en 1985 un DUT de communication option journalisme (avec un mémoire sur la langue dans le journal Libération) et en 1989 un DEA de Lettres modernes (avec un mémoire sur le thème du double chez Robert Louis Stevenson, Marcel Schwob et Jorge Luis Borges). Elle gagne ensuite sa vie en étant tour à tour journaliste, professeure remplaçante ou en travaillant dans la communication.

L'écrivaine se fait d'abord remarquer en participant à un concours de littérature érotique ouvert aux écrivains débutants, organisé par l'association culturelle bordelaise Art-Phare. Elle fait l'unanimité auprès des jurés qui lui décernent le prix Pierre Louÿs de littérature érotique. Dans un premier temps, le roman est édité par l'association Art-Phare sous forme de livre audio, lu par l'auteure elle-même, puis en 1988 sous le titre Le Boucher par les Éditions du Seuil. Il connaîtra des traductions dans vingt-cinq langues[3].

Sa « Grange », une bergerie isolée des Hautes-Pyrénées, devenue sa maison en 1989, occupe une place essentielle dans sa vie et son œuvre. En 1990, après une année à Montréal, elle accomplit un voyage en voiture à travers les États-Unis raconté dans Quand tu aimes, il faut partir. Alina Reyes continue d'employer un matériau biographique dans Moha m'aime, œuvre évoquant un automne passé dans le Sud marocain avec ses deux derniers fils, nés en 1994 et 1996.

En 2001, alors mère de quatre enfants, elle déclare[4] : « mes bébés m'ont sauvé la vie autant que la littérature ».

En 2010, elle reprend l'étude du grec et s'initie à l'hébreu pour proposer ses propres traductions de l'Ancien Testament et des Évangiles qu'elle insère dans Voyage. En 2012, elle apprend à déchiffrer l'arabe afin de compléter l'œuvre par ses lectures du Coran.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Depuis son premier roman, Le Boucher (1988), traduit dans 25 pays[3], Alina Reyes construit une œuvre littéraire marquée par le questionnement du corps revendiqué comme acte politique. Elle est aujourd'hui considérée comme l'un des plus importants auteurs contemporains de littérature érotique[3]. À travers ses ouvrages, elle s’attache tantôt à « réenchanter la sexualité, montrer la beauté de la chair en cueillant celle de l'être aimé[3] », tantôt à dénoncer l’usage morbide du corps dans la société contemporaine[réf. souhaitée]. On retrouve ces mêmes interrogations dans ses recueils d’articles, ou dans son livre Nus devant les fantômes, sur Franz Kafka et Milena Jesenská.

Son roman pamphlétaire Poupée, anale nationale (Zulma, 1998), décrivant l’abjection d’un esprit fascisant par une scatologie grand-guignolesque, provoqua lors de sa publication de vives réactions[5], et fait encore l’objet de plusieurs adaptations théâtrales. Le Nouvel Observateur écrivait en 1998[6] : « Le roman d'Alina Reyes n'est pas agréable à lire. Trop rude, agressif, « dégueu » effectivement. Mais il est intéressant en ce qu'il frappe l'esprit et force la réflexion mieux que les molles tirades et les poncifs sur « la-montée-de-l'extrême-droite ». Ce livre qui n'entre pas dans les conventions morales de notre époque est, dans son extrême violence et sa puissance abjecte, un reflet autrement plus alarmant de la menace qui pèse aujourd'hui sur l'Europe. »

Dans Forêt profonde (Le Rocher, 2007), elle décrit longuement l’agonie du monde contemporain, et sa possible renaissance. Alina Reyes vit entièrement de son écriture[réf. nécessaire], souvent caractérisée comme poétique et sauvage[réf. nécessaire]. Traduits dans plusieurs pays, ses livres sont particulièrement bien connus en Italie et en Allemagne[réf. nécessaire].

Parallèlement, elle tient de nombreuses chroniques, régulières ou ponctuelles, dans différents journaux et magazines, notamment : Le Devoir (Montréal), Globe, Libération Magazine, Edelweiss (Genève), Psychologies Magazine, La Vie, Le Pèlerin, et divers autres journaux, en France et occasionnellement en Italie ou en Grande-Bretagne[réf. nécessaire]. Elle publie aussi des tribunes dans Le Monde et Libération[réf. nécessaire], sur des sujets politiques et de société - elle a notamment pris position contre l'interdiction du voile islamique à l'école, contre l'instrumentalisation des religions, pour le retour à une vie dépouillée via le récit d'un temps de carême en montagne[réf. nécessaire]. Elle collabore à des revues : L'Infini, Le Passant ordinaire, Autrement, etc. À l'appel de Sarane Alexandrian, qui la considère comme une auteure surréaliste, elle collabore aussi à sa revue Supérieur Inconnu. Sarane Alexandrian sera plus tard évoqué[précision nécessaire] dans son livre Voyage.

Elle est également amenée à faire des lectures de ses œuvres : à l'Université de Boulder, Colorado ; à Toronto ; dans de nombreux théâtres belges lors du festival Saint-Amour ; au théâtre Molière-Maison de la Poésie à Paris, où elle lit notamment La Prose du Transsibérien de Blaise Cendrars ; avec Inventaire/Invention à la Cité de la Villette pour son long poème Autopsie.

Elle donne aussi diverses conférences, dont l'une, en 2000, dans le cadre de l'Université de tous les Savoirs, intitulée : 2001, l'Odyssée d'Éros - entre monts et merveilles, répression et régression, est publiée aux éditions Odile Jacob en 2001 dans le recueil Qu'est-ce que la culture ?.

Plusieurs livres et textes d'Alina Reyes ont été portés sur la scène théâtrale. La pièce Le Boucher, mise en scène par Philippe Ferran, est jouée au Bataclan en 1989 avec les acteurs Rufus et Evelyne Dress. La pièce a également été montée par Alexandra Tobelaim (compagnie Tandaim), et jouée par Flore Grimaud et Christophe Perruchi dans différents théâtres, dont la Cartoucherie de Vincennes.

Derrière la Porte a été adapté par le Zinc Théâtre dans une mise en scène de Gilbert Rouvière sous le titre Le conte de moi-même. La pièce a connu 1600 petites représentations sur l'espace de vingt soirées dans trente-six cellules de moines situées au-dessus du théâtre des Franciscains à Béziers.

Poupée, anale nationale a aussi fait l'objet de plusieurs adaptations théâtrales - notamment par la compagnie Escabelle, avec les comédiens Heidi Brouzeng et Denis Jarosinski, qui a tourné dans différents théâtres et représenté la pièce lors du festival off d'Avignon en 2009.

Depuis son premier site Internet en 2004, elle a tenu divers blogs, tout à la fois carnets d'écriture et tribunes.

La poésie qu'a toujours visée sa prose s'exprime de plus en plus souvent directement sous forme de poèmes dans ses œuvres (surtout Voyage) et dans son travail en ligne.

Religion[modifier | modifier le code]

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Ses ouvrages La jeune fille et la Vierge (sur Lourdes) et surtout Lumière dans le temps, témoignent d’une ardente découverte de Dieu. Dès lors elle se rapproche de l'Église catholique, tout en travaillant à une construction spirituelle nouvelle[7]. En décembre 2011, elle ouvre son site d'édition de livres numériques, où sont repris ses livres précédemment publiés sur papier, et publié un premier inédit : Voyage, sous-titré Manifeste du nouveau monde. Il s'agit d'un grand livre "total", un parcours en mille pages de la nuit à la lumière, de l'écrit à la vie[interprétation personnelle]. Au bout de ce long voyage où se conjuguent romans, poésie et méditation spirituelle, est proposée la base d'une règle pour un Ordre d'inspiration monastique, détaché des institutions mais apte à travailler avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté.

En juin 2012, elle publie elle-même, "pour des questions de liberté de parole", une version papier de Voyage, le livre ayant été réécrit pour affiner son but, qui est de libérer l'homme du carcan des religions tout en lui redonnant accès aux religions sur un mode souple et vivant. Le dimanche 30 septembre 2012, elle déclare dans son journal en ligne son « passage »[8] à l'islam.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pseudonyme tiré de la nouvelle Les armes secrètes de Julio Cortazar.
  2. Elle raconte cette période dans Le chien qui voulait me manger, Gallimard, 1996.
  3. a, b, c et d Josiane Battoue, « Sensuelles « Cueillettes » », sur www.ladepeche.fr,‎
  4. Marie-Louise Roubaud, « Alina Reyes sur la montagne des sens », sur www.ladepeche.fr,‎
  5. « Dix ans de Zulma » (consulté le 6 août 2015)
  6. Le "Nouvel Observateur", le 26/02/1998
  7. La Croix, « La deuxième naissance d'Alina Reyes » (consulté le 6 août 2015)
  8. Alina Reynes, «conversion» à l'islam, sur Journal,‎ (consulté le 16 juin 2015)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Livre audio[modifier | modifier le code]

Sur Alina Reyes[modifier | modifier le code]

  • (en) Lisa Downing, « Feminist Fictions of the Flesh (?): Alina Reyes’s Le Boucher and Rachilde’s La Marquise de Sade », Journal of Romance Studies, print. 2002, n° 2 (1), p. 51-64
  • Cécile Hanania, « Poupée, anale nationale ou la Marianne malade d’Alina Reyes », French Review, avr. 2004, n° 77 (5), p. 960-71
  • (en) Diana Holmes, « The Return to Romance: Love Stories in Recent French Women’s Writing », L’Esprit créateur, print. 2005, n° 45 (1), p. 97-109
  • L. R. Kasper, « L’Inquiétante Ambivalence de la chair : Les Passions élémentaires d’Alina Reyes », éd. et intro. Michael Bishop, Thirty Voices in the Feminine, Amsterdam, Rodopi, 1996, p. 166-73
  • (en) Warren F. Motte, « Temptations of the Flesh », L’Esprit créateur, hiver 1991, n° 31 (4), p. 51-58
  • Danielle Raquidel, « Labyrinthe obsessif du « ludibrique » dans Derrière la porte d’Alina Reyes », Neophilologus, janv. 1999, n° 83 (1), p. 51-58

Liens externes[modifier | modifier le code]