Aliment biologique

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Un aliment biologique est un aliment produit suivant les principes de l'agriculture biologique.

Graines de luzerne biologiques poussant dans un germoir individuel pour une consommation personnelle.

Labellisation[modifier | modifier le code]

En France, le label Agriculture Biologique peut s'appliquer aux aliments issus de produits respectant les standards de l'agriculture biologique, et transformés selon des méthodes elles aussi standardisées. Il existe une tolérance de 5 % pour les ingrédients comme le sel marin qui, sans être des aliments biologiques stricto sensu, sont des produits naturels sans élément chimique de synthèse rajouté par l’homme[1].

Pots de miel biologique.

Valeur nutritionnelle[modifier | modifier le code]

Bouteilles de bière biologique.

Sur le plan de la valeur nutritionnelle, un rapport de 2003 de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a conclu que « les données disponibles ont montré, pour des situations limitées, des différences significatives, et reproductibles, entre la composition chimique des matières premières issues de l'agriculture biologique et celles issues de l’agriculture conventionnelle. Les résultats des études sont parfois contradictoires. Les nombreux facteurs de variation intervenant dans la composition chimique et la valeur nutritionnelle des aliments (variété/race, saison, climat, stade de maturité ou de développement, stockage, conduite d’élevage...) sont souvent plus importants que l'impact des facteurs liés strictement au mode d’agriculture (nature de la fertilisation, des traitements sanitaires...). »[2]. Cette équivalence nutritionnelle (en vitamines, minéraux, acides gras, protéines…) a été confirmée par une étude de 2012[3].

Une méta-analyse de 343 publications scientifiques réalisée en 2014 par dix-huit chercheurs européens a toutefois montré l'existence de différences nutritives substantielles en faveur des aliments biologiques[4]. Ces différences ne portent pas sur la teneur des aliments en nutriments mais sur la présence de substances toxiques telles que cadmium et pesticides, et sur la teneur en antioxydants[5]. Leurs effets sur la santé restent à déterminer. Selon une étude de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en 2015, il est « peu probable » que l'exposition alimentaire à des résidus de pesticides ait « des effets à long terme sur la santé des consommateurs »[6]. Inversement une étude de l'INSERM en 2013 suggère « une association positive [ce qui ne prouve cependant pas la relation causale] entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l’adulte : la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples). Par ailleurs, les expositions aux pesticides intervenant au cours de la période prénatale et périnatale ainsi que la petite enfance semblent être particulièrement à risque pour le développement de l’enfant »[7].

Stand d'aliments bio lors de l'édition 2015 du salon Marjolaine organisé par Nature et progrès au parc floral de Paris.
Stand de fruits biologiques.

Par ailleurs, une méta-analyse de l'université de Newcastle upon Tyne conclut que le lait et la viande biologiques contiennent sensiblement plus d'acides gras oméga-3, de sels minéraux essentiels et d'antioxydants que leurs homologues conventionnels[8].

Qualités organoleptiques[modifier | modifier le code]

Les qualités organoleptiques d'un aliment biologique sont difficiles à évaluer. L'INRA conclut à une absence de différence significative de ces qualités entre l'agriculture biologique et conventionnelle[9].

Risques sanitaires[modifier | modifier le code]

Dans l'évaluation de divers risques sanitaires (pesticides, nitrates, métaux lourds, mycotoxines, dioxines, médicaments vétérinaires, farines animales, parasites), de tels aliments bénéficient d'un cahier des charges[10] qui les rendrait globalement plus sûrs que les produits de l'agriculture conventionnelle[2]. Cependant, comme dans tout produit alimentaire, il est possible d'y retrouver des résidus de pesticides[11]. Ces résidus se quantifient en traces[12],[13].

L'épidémie de gastro-entérite et de syndrome hémolytique et urémique de 2011 en Europe a été causée par des graines germées produites dans une ferme biologique en Allemagne mais le lien épidémique reste pour l'heure inexpliqué.

Agriculture biologique et OGM dans l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Si un produit, conventionnel ou biologique, contient plus de 0,9 % d'OGM, il doit être étiqueté. En dessous de cette valeur, aucune indication au consommateur n'est requise. Chaque État membre reste toutefois libre de renforcer sa législation sur la labellisation des produits « bio » sur son territoire.

Graines germées biologiques[modifier | modifier le code]

Les graines germées biologiques sont obtenues en n'utilisant pas de pesticides et en excluant les OGM. Les graines déjà germées sont majoritairement produites en hydroponie par des entreprises spécialisées et vendues en grandes surfaces.

Prix et qualité des aliments biologiques en France[modifier | modifier le code]

L'association UFC-Que choisir a relevé 120 000 prix dans 1 795 magasins et montré que le panier d'articles biologiques vendus sous marque de distributeur (MDD) coûtaient 57 % de plus que l'équivalent en MDD classiques ; selon Cécile Lepers de Synabio « la grande distribution ne résiste pas à la tentation de relever ses marges ».

En 2010, les 20 000 exploitations biologiques françaises approvisionnent directement les réseaux spécialisés (La Vie claire, Biocoop, Naturalia…). Les hypermarchés se fournissent presque exclusivement à l'étranger auprès d'un « bio business bien peu écolo[14] » : de 8 à 10 % des lots de produits biologiques contrôlés contiennent des résidus phytosanitaires interdits dans leur production, en particulier dans les arrivages d'Italie et d'Espagne[14].

En 2015, la vente de produits bio a augmenté de 14,7 % pour atteindre 5,75 milliards d’euros en France[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'agriculture biologique
  2. a et b Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l’agriculture biologique - Afssa, juillet 2003, p. 180 [PDF]
  3. (en) Are Organic Foods Safer or Healthier Than Conventional Alternatives? A Systematic Review - American College of Physicians, Annals of Internal Medicine, vol. 157, no 5, 4 septembre 2012 [PDF] (voir archive)
  4. (en) « Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses », sur blog.journals.cambridge.org, (consulté le 3 septembre 2014)
  5. (en) Marcin Barański et col, « Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses », British Journal of Nutrition, vol. 112, no 5,‎ , p. 794–811 (DOI 10.1017/S0007114514001366)
  6. (en) European Food Safety Authority, « The 2013 European Union report on pesticide residues in food1 », EFSA Journal, vol. 13, no 3,‎ , p. 4038 (lire en ligne)
  7. « Pesticides : Effets sur la santé : une expertise collective de l’Inserm », sur inserm.fr,
  8. (en) « New study finds clear differences between organic and non-organic milk and meat » (consulté le 17 août 2016)
  9. Hervé Guyomard (sous la direction de), « Vers des agricultures à hautes performances. Analyse des performances de l'agriculture biologique » [PDF], France Stratégie,
  10. Règlement (CE) no 889/2008 de la Commission du 5 septembre 2008 : modifié mars 2010 - Journal officiel de l'Union européenne (voir annexe II : pesticides autorisés en Bio) [PDF] (voir archive)
  11. Les cancérogènes de l'alimentation humaine - Maurice Rabache, APRIFEL, 2000 (voir archive)
  12. Présence de traces chimiques dans les denrées : trois questions à Marc Mortureux - CareVox, 22 décembre 2010
  13. L'EFSA publie son deuxième rapport annuel sur les résidus de pesticides dans les aliments - EFSA, 12 juillet 2010
  14. a et b Le bio fait payer trop cher ses qualités - Patrick Chabert et Philippe Baqué, Capital, 4 mai 2011
  15. Laurence Girard, « Les ventes de produits bio augmentent fortement en France », sur Le Monde,

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]