Alice Nkom

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Alice Nkom
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Alice Nkom en 2010.
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Prix Amnesty International des droits de l'homme (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Alice Nkom, née à Poutkak, dans la région du Littoral au Cameroun en 1945, est une avocate. Première femme à exercer cette profession au Cameroun, elle est principalement engagée dans la défense des droits LGBT.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Elle étudie en France et au Cameroun. Elle a 18 ans lorsqu’elle arrive à Toulouse pour y étudier le droit. Elle est inscrite de 1963 à 1964 à la faculté de droit et de sciences économiques. Elle retourne ensuite au Cameroun, son pays natal, pour finaliser sa formation. Elle sort diplômée en 1968 de l’université fédérale du Cameroun. Elle est en 1969 la première femme avocate du pays[1]. Elle ouvre un cabinet d'avocat à Douala, capitale économique du Cameroun[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Débuts et engagement politique[modifier | modifier le code]

La carrière d’avocate d’Alice Nkom commence à Douala. Elle est alors l’unique femme de la profession. Le métier d’avocat est en effet à l’époque réservé aux hommes et pour la plupart des hommes blancs. Elle se consacre au début de sa carrière à la défense des victimes de violences policières et de discriminations. Une loi anti-homosexualité est ajoutée au Code pénal camerounais en 1972. L’avocate décide alors de défendre les accusés d’homosexualité[1].

Militante du Social Democratic Front (SDF) en 1990, elle va plus tard se rallier au RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais). Dans l'optique de défendre la cause des veuves et des orphelins, elle préside l'association des avocates au Cameroun, dont elle est membre fondatrice[2].

Défense des droits des homosexuels[modifier | modifier le code]

Elle fonde en 2003, l'Association de défense des homosexuels du Cameroun (Adefho)[3].

Elle défend en 2005, onze jeunes homosexuels emprisonnés[3], et en 2013, obtient le premier acquittement de deux jeunes homosexuels[4] dans un pays où la pénalisation de l'homosexualité existe depuis 1972[5].

En 2011, elle défend un étudiant, Jean-Claude Mbede, condamné à 3 ans de prison pour l'envoi d'un texto à l'homme qu'il aimait. L'affaire fait grand bruit. Jean-Claude Mbede est libéré en 2012 et devient un symbole de la cause homosexuelle au Cameroun[6]. Il meurt en 2014, Alice Nkom accusant sa famille de l'avoir « laissé crever »[7].

Elle compte parmi les rares personnalités camerounaises à s'être investie sur le sujet[8]. En 2012, The New Yorker la sacre « Africaine de l'année »[9].

Un documentaire, Sortir du Nkuta (Sortir du placard), de Céline Metzger, lui est consacré[3].

Ce combat lui attire les foudres d’un bon nombre de ses concitoyens ainsi que du gouvernement camerounais. Régulièrement menacée, comme le prouvent les multiples plaintes qu'elle a déposées, elle a choisi de se battre à plein temps pour les droits des homosexuels, notamment en attaquant la constitutionnalité de l'article 347 bis du Code pénal camerounais, qui condamne l'homosexualité de 6 mois à 5 ans de prison[6]. Elle a été récompensée en mars 2014 pour son travail de promotion des droits des homosexuels en Afrique par le prix des droits de l'Homme de la section allemande d'Amnesty international[10].

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 2013 : Lauréat du Prix Amnesty des droits de l’homme[11].
  • 2018 : Lauréate avec le Tunisien Mounir Baatour du premier Prix pour la liberté, porté par les associations Idaho France, Mousse et Stop Homophobie, pour leur combat en faveur des droits des personnes LGBTI[12].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Alice Nkom », sur www.leaders-afrique.com, (consulté le 16 octobre 2020).
  2. a et b Dieudonné Tahafo Fonguieng, Histoire des femmes célèbres du Cameroun, Yaoundé, Editons Cognito, , 178 p. (ISBN 9956-412-01-5), p. 95-96.
  3. a b et c Agathe Duparc, « Au Cameroun, une avocate dénonce la répression de l'homosexualité », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  4. Clarisse Juompan-Yakam, « Cameroun : Alice Nkom, « Gay pride » », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne).
  5. Raoul Mbog, « Au Cameroun, ils veulent la peau des défenseurs des gays », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  6. a et b Florent Manelli, 40 LGBT+ qui ont changé le monde, Éditions Lapin, dl 2019 (ISBN 978-2-37754-036-5 et 2-37754-036-8, OCLC 1117747488, lire en ligne)
  7. « Cameroun : Roger Jean-Claude Mbédé, mort d'avoir été homosexuel », sur France 24, (consulté le 10 juillet 2020)
  8. Patrick Awondo, Peter Geschiere, Graeme Reid, Alexandre Jaunait, Amélie Le Renard et Élisabeth Marteu, « Une Afrique homophobe ? », Raisons politiques, 2013/1, n°49, p. 95-118.
  9. Maria Malagardis, « Alice Nkom : african queen », Libération,‎ (lire en ligne).
  10. « Alice Nkom », sur France inter, (consulté le 16 octobre 2020).
  11. Marie Turcan, « Qui est Alice Nkom, gagnante du prix Amnesty des droits de l’homme? », Les Inrocks,‎ (lire en ligne).
  12. « Droits des LGBTI : la Camerounaise Alice Nkom et le Tunisien Mounir Baatour distingués à Paris », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne).