Ali Bader

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Ali Bader
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Ali Bader (arabe: علي بدر, Bader Ali) écrivains habite à Bruxelles, né à Bagdad Irak . Ce romancier, dramaturge, essayiste, poète et scénariste occupe le devant de la scène littéraire ces deux dernières décennies dans le monde arabe [1]. Ses romans sont vus comme tout à fait uniques dans le monde de la fiction arabe. Ali Bader est un romancier prolifique, grand chroniqueur de la petite histoire irakienne, et plus globalement arabe, il est l’une des voix les plus originales de la génération des années 1990. Son roman Papa Sartre, couronné par plusieurs prix littéraires dans le monde arabe, est le premier de ses romans à être traduit en français[2] (le titre est une référence à Jean-Paul Sartre).

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

  • 2001, le roman "Papa Sartre", réédité sept fois, obtient de nombreux prix dans le monde arabe. Édité en français aux Éditions du Seuil.
  • 2002, "Un Hiver en famille", son deuxième roman porte sur l'aristocratie bagdadienne des années cinquante, et obtient le prix de la création aux Émirats arabes unis.
  • 2003, "Sur La Route de Tel al Moutran" également publié à Beyrouth, a pour personnage principal un poète excentrique qui cherche à dominer une petite ville au nord de l'Irak.
  • 2004, "Le Festin nu" sur le divorce entre les intellectuels laïcs et le pouvoir religieux de l'état à la fin du XIXe-début XXe siècle.
  • 2005, "Du Tumulte, des femmes et un écrivain inconnu" est un roman satirique sur la dernière génération des intellectuels de l'après guerre en Irak.
  • 2006, "Les Lanternes de Jérusalem", sur l'écrivain palestinien Édouard Saïd et la querelle qu'il provoque entre les intellectuels irakiens après l'entrée à Bagdad des forces alliées.
  • 2006, "Les Plans de minuit", est un recueil de récits de voyages effectués par Ali Bader en Iran, Istanbul, et quelques grandes villes du Moyen-Orient, pour lequel il obtient le prix "Ibn Batouta" , décerné par la Fondation émiratie "le voyage des horizons".
  • 2007, "Courir après les loups ", un rapport écrit par un journaliste sur les communistes irakiens qui, fuyant l'enfer de Saddam Hussein arrivent à Addis-Ababa vers la fin des années soixante dix.
  • 2008," Le Gardien du tabac" le plus problématique de ses romans - et pourtant le mieux accueilli - par son traitement audacieux du problème des identités religieuses et du conflit des classes en Irak.
  • 2009, "Les Rois des sables" une patrouille se lance aux trousses d'un groupe de bédouins, pendant la deuxième guerre du Golf.
  • 2010, "Le Crime, l'art, et le dictionnaire de Bagdad" relate l'histoire des écoles philosophiques et gnostiques à Bagdad à l'époque abbasside.
  • 2011 , "Les professeurs des illusions".

Papa Sartre[modifier | modifier le code]

"Papa Sartre" est une parodie satirique de l'imitation de la culture occidentale. Techniquement, le roman adopte la forme d'enchâssement, dont l'origine est à retrouver dans la narration des intrigues des Mille et une nuits : le narrateur se voit confier par deux personnes la mission d'écrire la biographie d'une personnalité éminente, celle d'Abdel-Rahman, le philosophe du quartier de Sadriya obsédé par Sartre et qui cherche à lui ressembler en tout, et à tout prix : sa coupe de cheveux, ses lunettes, etc. Il part pour la capitale de l'existentialisme, afin de préparer un doctorat à la Sorbonne, mais il échoue, et revient en compagnie d'une blonde française qu'il présente comme étant la cousine de Sartre. Il ne s'agit pas dans ce roman de présenter une œuvre de genre ironique seulement, mais aussi de brosser une image de la vie sociale et culturelle des années cinquante. De plus, le brassage communautaire des trois religions du Livre que sont l'islam, le christianisme et le judaïsme présentes en Irak est brillamment démontré.

La poésie[modifier | modifier le code]

La poésie d’Ali Bader traduise admirablement une transposition constante de l’expérience vécue en écrits. Les aventures de soldat, de la vie loin du pays, de voyageur, d’amoureux, d’homme politique, de poète, et de romancier, sont exprimées par une poétique extrêmement possible. Ce sont des textes qui révèlent une expérience vécue, une réaction d’un individu en plein mouvement de l’histoire, un itinéraire non choisi, impossible à fuir. .
En 2001 il écrit un recueil de poèmes avec un thème bizarre, portant le titre: 'le livre du métier: Bagdad en 1898, poèmes ethnographiques. Il y rassemble tous les métiers maintenant disparus mais exercés à Bagdad au IXe siècle. Chaque poème porte sur un métier accompagné de notes d’en bas de page, et de faits historiques. La terminologie de ces métiers est conservée dans ces poèmes qui respectent le rythme, la rime, et la mesure de la poésie arabe classique. En 2000 son premier recueil Crimes de velours et crème est publié dans les revues. Grâce à cette publication Ali Bader réussit à s’attirer l’attention du public. Il s’impose comme une nouvelle voix poétique, par un langage sublime, des métaphores singulières, et une vision créative. Il donne à la poésie douce une symbolique fine, teintée d’idées philosophiques évidentes. Mais malgré ses allusions faites à l’ordre condamné à la disparition, à la situation dégradante, et effrayante de l’homme, l’érotisme heureux reste la marque dominante de ces poèmes. Le corps est une source de jubilation évidente, le corps et tout ce qui l’entoure sont joyeusement exaltés. En 2004, Ali Bader, publie son recueil de poésies: Le livre d’assassins  qui est un long poème sur les saints assassins en Islam, en quatre parties.
La premier partie décrit al Hassan al Sabah, le créateur de l’opposition et la politique d’assassinat en Islam, le philosophe soufi, Avicenne, fait l’objet de la deuxième partie, Khajeh Nizam ul Mulk, ministre et auteur du livre La politique, est la troisième et la dernière est consacré au poète Oumar al Khayyâm. Ses poèmes gardent l’essence rythmique de la poésie arabe, mais ils nous donnent une expérience d’une nouvelle mesure, complètement différente de la traditionnelle, une mesure qu’il va plus tard abandonner pour écrire des textes poétiques qui seront plutôt en prose, une prose qui lui est inspirée par le prosaïsme du monde, une prose dont abonde son long poème partiellement publié en 2002: le livre du désert, soldats citadins et femmes de bédouins. Par son vocabulaire et l’originalité de ses images, ce poème ravive le langage inerte de la poésie d’alors, si bien que certains critiques disent qu’il à poétisé la prose et prosaïsé la poésie.
Ce recueil est formé d’un long poème à différentes strophes où les voix, les images, les sensations, et le tout est marqué par une forte charge érotique et politique. Ce livre, ou poème est l’enregistrement poétique d’une expérience réelle, Ali Bader a passé, en effet, deux ans en soldat dans le Sahara à l’ouest de l’Irak, en soldat citadin, et élégant, venu de la capitale pour vivre parmi les bédouins. Ce poème est, une dénonciation de la formation politique des sociétés arabes. Avec force et dureté évidente, ce poème détruit des tabous et des interdits. Dans son ensemble le poème est une métonymie de la dureté du Sahara qui une fois arrivé au point de la civilisation, détruit pour la reconstituer politiquement. Ce poème nous présente un abrégé poétique du Sahara qui est le symbole opposé de la cité. Source de sentiments contradictions, le Sahara est à la fois convoitée et redouté par les soldats venus de la ville. Attirés par la sensualité de bédouines, ces soldats sont aussi menacés par le bédouin perfide et violent, ils risquent, d’ailleurs d’être enlèves pour assouvir les appétits sexuels de bédouine. Le soldats dans le désert est aussi le symbole de la force de la cité détentrice du pouvoir, pourtant il est fragile et faible, car les villes d’où il vient, sont susceptibles d’être envahies par les bédouins. D’ailleurs le langage de ce recueil offre un mélange magnifique d’images sensuelles, et d’aspects historiques et religieux, de la région du Moyen-Orient.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans

  • Papa Sartre (2001)
  • Un Hiver en famille (2002)
  • Le Festin nu (2003)
  • Sur La Route de Tel al Moutran (2004)
  • Du Tumulte, des femmes et un écrivain inconnu (2005)
  • Les Lanternes de Jérusalem (2006)
  • Courir après les loups (2007)
  • Le Gardien du tabac (2008)
  • 'Les Rois des sables (2009)
  • Le crime, l'art et le dictionnaire de Bagdad (2010)
  • Les professeurs des illusions (2011)

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Le Livre du métier : Bagdad en 1898, poèmes ethnographiques (1996)
  • Crimes de velours et de crème (2002)
  • Le Livre des assassins (2004)
  • Le Livre du désert (2005)
  • Le livre d'un homme érotique (2009)
  • Le livre d'un exilé heureux (2012)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Le Monde des femmes célibataires (2004)
  • Dans la taverne des émigrés (2009)
  • Quand Fatima se fait appeler Sophie (Monodrame 2013)

Écrits ne relevant pas de la fiction[modifier | modifier le code]

  • Les Cartes de minuit (2006)
  • Massignion a Bagdad (2005)
  • Un Prince endormi et une campagne en attente (2005)
  • Témoignages sur la transformation de l'Irak après 2003 (2006)
  • L'Identité entre l'exil et la nation (2008)
  • Invitation à la fête des célébrités (2009)

Films[modifier | modifier le code]

  • Sous le cendre (2006)
  • L'Histoire de la littérature irakienne (2007)

Prix[modifier | modifier le code]

  • Prix d'État pour la littérature (Bagdad 2003)
  • Prix Abu al-Qassim Al-Shabi (Tunisie 2003)
  • Prix de la créativité littéraire (U E A 2004)
  • Prix Ibn Battuta pour les récits de voyages (Abu Dhabi 2005)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rafif Sidaoui, Le roman arabe entre la réalité et l'imaginaire, Dar al Farabi publishers, Beirut, 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Prix littéraire irakien en 2002 et prix littéraire tunisien
  2. Papa Sartre, traduit en français aux Éditions du Seuil