Ali Aref Bourhan

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Ali Aref Bourhan
14.5.71. Régine Soulé et Ali Aref la veille de leur fiançailles à Carcassonne (1971) - 53Fi5639 (cropped).jpg
Fonction
Prime Minister of Djibouti
Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Ali Aref Bourhan, né à Tadjourah en 1934, est un homme politique de la Côte française des Somalis, puis du Territoire français des Afars et des Issas, devenu la République de Djibouti.

Issu d'une famille de notables (son arrière-grand-père est «pacha de Zeila» [1], son grand-père est le premier «chef du village» de Djibouti en 1888[2], et son père chef de quartier), il tient un rôle politique de premier plan dans le territoire entre 1957 et 1976.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il commence sa vie politique au sein du Club de la jeunesse dankalie. À sa création, en juillet 1952, il en est le vice-président. Élu à l'Assemblée territoriale en juin 1957, puis en novembre 1958, il devient Premier ministre du territoire en juin 1960, remplaçant Ahmed Dini. Il est également ministre des Travaux publics et du Port, contrôlant la principale activité du territoire. En 1963, il impulse l'accord d'Arta qui tente d'unifier les communautés sous la souveraineté française.

Avec l'Union Démocratique Afar (UDA), il gagne les élections territoriales en 1963. Après les «événements» d'août 1966, il quitte le gouvernement (remplacé par Mohamed Kamil Mohamed). Il appelle à voter pour le maintien du territoire sous souveraineté française lors du référendum de mars 1967. Il devient vice-président du Conseil de gouvernement en avril 1967. En novembre 1968, Ali Aref gagne les élections territoriales. Son parti, Union dans l’ensemble français, remporte l'ensemble des circonscriptions lors des élections de novembre 1973, avec le soutien de l'administration.

Lié aux milieux gaullistes[3], il appelle à voter Jacques Chaban-Delmas au premier tour de l'élection présidentielle de 1974. Le candidat gaulliste obtient 71 % des voix au TFAI. Malgré l'appel d'Ali Aref en faveur de Valéry Giscard d'Estaing pour le second tour, l'élection entraîne sa chute[4]. En novembre 1975, il crée l'Union nationale pour l'indépendance (UNI). Il démissionne le 17 juillet 1976 (remplacé par Abdallah Mohamed Kamil), et n'est pas associé aux négociations qui précèdent l'indépendance du territoire en juin 1977.

Après que le «sultan» de l'Awsa, Ali Mirah Hanfare, entre en conflit avec le DERG qui a pris le pouvoir à la suite de la révolution éthiopienne, Ali Aref organise un soutien aux combattants «afars». Il crée en juin 1977 un «front» de soutien. Malgré son insistance, cependant, le «sultan» ne s'installe pas à Djibouti, mais en Arabie Saoudite.

Après l'indépendance, Ali Aref se lance dans les affaires. Il dirige en particulier un hôtel, le Plein Ciel[5].

Ali Aref et la violence[modifier | modifier le code]

Ali Aref a soutenu la politique de coercition imposée à la population de Djibouti entre 1966 et 1977 pour tenter de maintenir le territoire sous souveraineté française. Il a aussi été victime de violences, et a en particulier fait l'objet de plusieurs tentatives d'assassinat. En mai 1968, le militant nationaliste somali Omar Osman Rabeh est condamné à mort à la suite d'un attentat. Malgré les pressions d'Ali Aref, sa peine est commuée en prison à perpétuité et il est finalement échangé contre l'ambassadeur de France en Somalie en 1975.

Al Aref est emprisonné en janvier 1991, à la suite de l'affaire dite du «cimetière d'Ambouli». Jugé et condamné en juillet 1992, il est «gracié» en novembre 1993.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Fiançailles de Régine Soulé et Ali Aref à Carcassonne, le 15 mai 1971.

Il se fiance le à Carcassonne avec Régine Soulé, institutrice à Pibrac.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fontrier (Marc) [2003], Abou-Bakr Ibrahim, Pacha de Zeyla - Marchand d’esclaves, Paris, Aresae, L’Harmattan, 275 p.
  2. Imbert-Vier (Simon) [2010], «Eléments dans les archives françaises sur les débuts d’une ville coloniale, Djibouti (1888-1892)», Pount, n° 4, p. 89-101
  3. Dubois (Colette) [2002]
  4. Gascon (Alain) [2005]
  5. site de la Chambre de commerce.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tholomier (Robert) [1977], À Djibouti, avec les Afars et les Issas, Cagnes-sur-mer, auto-édité (sous le pseudonyme de Robert Saint-Véran), 272 p.
  • Laudouze (André) [1982], Djibouti : nation carrefour, Paris, Karthala
  • Oberlé (Philippe), Hugot (Pierre) [1985], Histoire de Djibouti - Des origines à la république, Paris, Dakar, Présence africaine, (rééd. 1996), 346 p.
  • Mohamed Aden [1999], Sombloloho Djibouti - La Chute du président Ali Aref (1975-1976), Paris-Montréal, L’Harmattan, 224 p.
  • Dubois (Colette) [2002], «Jacques Foccart et Ali Aref. Un mariage d'intérêt ?», Cahiers du Centre de recherches historiques, n° 30, octobre, p. 35-49 - ccrh.revues.org>
  • Gascon (Alain) [2005], «Djibouti : Singapour sur mer Rouge. Un confetti d’Empire futur dragon africain», Outre-Terre, n° 11, février, p. 451-466