Alfred de Quervain

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Alfred de Quervain
Image illustrative de l’article Alfred de Quervain
Alfred de Quervain, en 1914.

Naissance
Uebeschi (arrondissement de Thoune)
Décès (à 47 ans)
Zurich
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Famille Marcel de Quervain

Découvertes principales Schweizerland
Pour le compte de Société de Géographie de Genève
observatoire de météorologie dynamique de Trappes
Première expédition 1909, fjord Uummannaq (Groenland)
Dernière expédition 1912-1913, Baie de Disko - Sermilik
Autres activités Géophysicien, météorologue

Alfred de Quervain, né le , à Uebeschi, dans l'arrondissement de Thoune, et mort le , à Zurich, est un explorateur de la région arctique, géophysicien et météorologue suisse.

Il est notamment connu pour avoir entrepris deux explorations scientifiques suisses au Groenland en 1909 et en 1912-1913, aux côtés du glaciologue Paul-Louis Mercanton. Avec Auguste Piccard, il a conçu un sismographe pesant environ 20 tonnes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bâtiment abritant l'observatoire de météorologie de Trappes.

Fils de pasteur, de Quervain fait ses études à l'école Lerber, à Berne. Il entre ensuite en 1898 à l'université de Berne et y effectue des études dans les domaines de la géophysique et de la météorologie[1]. De Quervain obtient son doctorat en 1902, après avoir fait un séjour à l'observatoire de météorologie dynamique de Trappes[1].

Il devient ensuite assistant à l'observatoire cantonal de Neuchâtel. En 1905, il obtient le titre universitaire de privat-docent en météorologie à l'université de Strasbourg[1]. En 1906, De Quervain est adjoint à l'Institut suisse de météorologie de Zurich. À partir de , il est membre correspondant de la Société de géographie de Genève[2],[3], puis dès 1913, il obtient le poste de directeur de l'observatoire sismique de Degenried, charge qu'il exercera jusqu'en 1924[1]. Il a également été privat-docent de l'université et de l'École polytechnique fédérale de Zurich[1].

Expéditions et travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

Alfred de Quervain 1912 au Groenland

De à , de Quervain séjourne en Russie afin d'effectuer des recherches sur les températures de l'Europe continentale pendant l'hiver[2]. À Moscou et à Saint-Pétersbourg, le météorologue suisse réalise ses mesures au moyen de ballons-sondes[2].

En 1905, de Quervain entreprend des recherches sur l'atmosphère et les nuages à l'aide de ballons stratosphériques qu'il met lui-même au point — type d'aérostat dont l'astronome et climatologue allemand Alfred Wegener se servi pour ses recherches[4],[1],[5],[6]. En association avec le physicien, aéronaute et océanaute suisse Auguste Piccard, il réalise la construction d'un sismographe pesant environ 20 tonnes[1].

En 1909, de Quervain entreprend une première expédition au Groenland, dans la région du fjord Uummannaq[7],[8]. Cette exploration polaire menée dans l'ouest groenlandais a pour principal objectif d'étudier les l'évolution des glaciers de l'Ummannaq depuis les recherches réalisées par le géographe et géophysicien allemand Erich von Drygalski en 1892 et 1893[8]. De Quervain et son équipe parcourent une distance de 100 km à l'intérieur des terres et effectuent une ascension jusqu'à une altitude de 1 700 m[8].

Itinéraire parcouru de Quervain et son équipe au début des années 1910.
Expédition d'Alfred de Quervain au Groenland en 1912[9].

En 1912 et 1913, il mène une seconde expédition suisse au Groenland. Lors de cette exploration, De Quervain et son équipe traverse l'inlandsis groenlandais d'ouest en et prennent une route nettement plus au nord que l'itinéraire précédemment tracé par l'explorateur Fridtjof Nansen en 1888[8],[2],[1]. Accompagné du glaciologue Paul-Louis Mercanton et du physicien Wilhelm Jost[10], ils ouvrent la route au niveau de Godhavn — ou, actuellement, Qeqertarsuaq, en groenlandais —, un port situé dans la partie sud de l'île de Disko à l'ouest du Groenland et atteignent le fjord de Sermilik en du de la même année[11],[12]. En arrivant au fjord, De Quervain découvre une chaîne montagneuse qu'il nomme Schweizerland[12],[11],[13],[14]. En date du , l'expédition arrive au mont Forel[14]. Dans le Groenland oriental, l'expédition suisse effectue 641 km dans les glaces et parviennent à une altitude de 2 540 m[8]. Cette traversée permis au géophysicien suisse d'établir un profil (de) altimétrique de la partie centrale de l'île nord-américaine[1],[2],[14] et de collecter des données météorologiques et glaciologiques de ce territoire[15].

Il est l'un des initiateurs de la fondation d'une station de recherche, construite au début des années 1930, sur le col du Jungfraujoch[16],[1].

Publications[modifier | modifier le code]

La liste suivante, non exhaustive, présente les principales publications d'Alfred de Quervain[5] :

  • (de) avec Paul-Louis Mercanton, Ergebnisse der Schweizerischen Grönlandexpedition, Denkschriften der Schweizerischen Naturforschenden Gesellschaft, , 54 p.
  • (de) avec Paul-Louis Mercanton, Résultats scientifiques de l'expédition Suisse au Groenland 1912-1913, vol. 59, Reitzel, coll. « Meddelelser om Grønland », , 217 p.
  • (de) Der transportable Seismograph mit drei Komponenten (System Quervain-Piccard), des Erdbebendienstes der Schweizerischen Meleorologischen Zentralanstalt,
  • avec Auguste Piccard, « Description du séismographe universel de 21 tonnes système de Quervain-Piccard », Publications du Bureau Central de Séismologie Int. Sér. A, vol. 32, no 4,‎

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i et j Heinz Balmer, « Quervain, Alfred de », dans Dictionnaire historique de la Suisse, (lire en ligne [PDF]).
  2. a b c d et e Raoul Gautier, « Alfred de Quervain. », Le Globe. Revue genevoise de géographie, t. 66,‎ , p. 28-36 (lire en ligne, consulté le 25 septembre 2018).
  3. Raoul Montandon, « Rapport du président sur la marche et l'activité de la Société de géographie de Genève pendant l'exercice 1926-1927. », Le Globe. Revue genevoise de géographie, t. 67,‎ , p. 5 et 6 (lire en ligne, consulté le 2 octobre 2018).
  4. (en) Mott T. Greene, chap. 7 « The Atmospheric Physist », dans Alfred Wegener : Science, Exploration, and the Theory of Continental Drift, JHU Press, , 696 p. (lire en ligne), p. 156 à 158.
  5. a et b « Alfred de Quervain (1879-1927) », sur le site du Musée de sismologie et de magnétisme terrestre (consulté le 25 septembre 2018).
  6. (en) Mott T. Greene, chap. 7 « The Aerologist », dans Alfred Wegener : Science, Exploration, and the Theory of Continental Drift, JHU Press, , 696 p. (lire en ligne), p. 79 à 81.
  7. (en) « Alfred de Quervain », sur le site de l'Institut Polaire Uummannaq (consulté le 29 septembre 2018).
  8. a b c d et e (en) William Barr, « Alfred de Quervain's Swiss Greenland expeditions, 1909 and 1912 », Polar Reccord, vol. 51, no 4,‎ , p. 366-385 (lire en ligne, consulté le 26 septembre 2018).
  9. (de) Alfred de Quervain, Quer Durchs Grönlandeis, (lire en ligne), p. 117.
  10. (de) H. Adrian, « Wilhelm Jost : 1882-1964 », Mitteilungen der Naturforschenden Gesellschaft in Bern, vol. 22,‎ (lire en ligne [PDF], consulté le 3 octobre 2018).
  11. a et b (en) André Roch, « The Swiss Expedition to Greenland, 1938 », Alpine Journal,‎ , p. 105 et 106 (lire en ligne [PDF], consulté le 5 mars 2018).
  12. a et b Maurice Zimmermann, « Nouvelle traversée du Groenland. », Annales de géographie, t. 21, no 120,‎ , p. 472-473 (lire en ligne, consulté le 5 mars 2018).
  13. (en) Collectif - Danish Geodata Agency (en), « Umiiviip Kiammut Kangera (Kap Poul Løvenørn) − Tasiilap Karra (Kap Gustav Holm) », dans Collectif - Danish Geodata Agency, Greenland Pilot Sailing Directions for East Greenland, Danish Geodata Agency, , 1re éd. (ISBN 978-87-92107-61-9, lire en ligne [PDF]).
  14. a b et c (de) P. Walter (dir.) et al., « M de Quervain Reminiszenzen aus dem Bereich der Schweizschiren Gletscherkommission », dans Gletscher im ständigen Wandel, vdf Hochschulverlag AG, , 210 p. (lire en ligne), p. 40 à 42.
  15. (de) Marcel de Quervain, « Quervain, Alfred de », dans Deutsche Biographie, Berlin, Duncker & Humblot, (lire en ligne).
  16. Sylvain Jouty et Hubert Odier, « Jungfrauch (obsevatoire du) », dans Dictionnaire de la montagne, Place des éditeurs, , 883 p. (lire en ligne), p. 460.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Raoul Gautier, « Alfred de Quervain. », Le Globe. Revue genevoise de géographie, t. 66,‎ , p. 28-36 (lire en ligne, consulté le 25 septembre 2018). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Heinz Balmer, « Quervain, Alfred de », dans Dictionnaire historique de la Suisse, (lire en ligne [PDF]). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • William H. Hobbs, « Alfred de Quervain », dans Encyclopedia Arctica, vol. 15 : Biographies, Collège de Darmouth, coll. « Darmouth Collections », 1949-1954 (lire en ligne), p. 632 à 638.
  • (en) William Barr, « Alfred de Quervain's Swiss Greenland expeditions, 1909 and 1912 », Polar Reccord, vol. 51, no 4,‎ , p. 366-385 (lire en ligne, consulté le 26 septembre 2018). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de) Marcel de Quervain, « Quervain, Alfred de », dans Deutsche Biographie, Berlin, Duncker & Humblot, (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de) P. Walter (dir.) et al., « M de Quervain Reminiszenzen aus dem Bereich der Schweizschiren Gletscherkommission », dans Gletscher im ständigen Wandel, vdf Hochschulverlag AG, (lire en ligne), p. 40 à 42. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]