Alfred Nobel

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Alfred Nobel
AlfredNobel adjusted.jpg
Portrait photographique assis de trois quarts d'Alfred Nobel, réalisé par Gösta Florman
Biographie
Naissance
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Jakob (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 63 ans)
SanremoVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Alfred Bernhard NobelVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Famille
Père
Mère
Karolina Andriette Ahlsell (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Ludvig Nobel
Robert Nobel (en)
Emil Oskar Nobel (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Membre de
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signature
Nobel grav 2009.jpg
Tombe d'Alfred Nobel à Stockholm

Alfred Bernhard Nobel /'alfrəd 'bɛɳhɑ:ɖ noˈbɛ:l /, né le à Stockholm en Suède et mort le à Sanremo en Italie[1], est un chimiste, industriel et fabricant d'armes suédois. Inventeur de la dynamite[2], il possédait l'entreprise d'armement Bofors.

Dans son testament, il légua son immense fortune pour la création du prix Nobel. L'élément chimique nobélium a été appelé ainsi en son honneur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alfred Bernhard Nobel est le troisième fils d'Immanuel Nobel (1801-1872) et d'Andriette Ahlsell Nobel. Membre de la famille Nobel, il descend d'Olof Rudbeck (1630-1702), l'un des scientifiques suédois les plus connus du XVIIe siècle.

À l'âge de neuf ans, il déménage avec sa famille pour Saint-Pétersbourg, où son père, qui plus tard inventera le contreplaqué moderne, fonde une entreprise de mines marines. À l'âge de 18 ans, Alfred part aux États-Unis, où il étudie la chimie pendant quatre ans et travaille pendant une courte période avec John Ericsson. En 1859, la direction de l'entreprise paternelle est laissée à son frère Ludvig Nobel (1831-1888), qui plus tard fonda, en Russie, la Machine-Building Factory Ludvig Nobel et Branobel, devenant l'un des hommes les plus riches et les plus puissants de Russie.

Durant des siècles, la poudre à canon est restée le seul explosif puissant. En 1846, est découverte la nitrocellulose, puis en 1847, par Ascanio Sobrero, la nitroglycérine. En 1850, Alfred Nobel passe un an à Paris pour étudier sous la direction de Théophile-Jules Pelouze, collègue d'Ascanio Sobrero. Rentré avec son père en Suède, Alfred se consacre entièrement à partir de 1862 à l'étude des explosifs et en particulier à l'utilisation et la commercialisation sécurisée de la nitroglycérine. En 1871, il fonde KemaNobel, une des entreprises à l'origine d'AkzoNobel. Plusieurs explosions ont eu lieu dans l'usine familiale d'Heleneborg[réf. nécessaire], dont une particulièrement désastreuse qui, le , coûta la vie à cinq personnes dont Emil, le frère cadet d'Alfred[2].

Il s'attelle donc à rendre l'usage de la nitroglycérine moins dangereux, et est le premier à réussir à maîtriser sa puissance explosive. Nobel découvre accidentellement (par hasard et sérendipité) que, lorsque la nitroglycérine est mélangée à un solide inerte et absorbant appelé Kieselguhr (terre diatomacée), elle devient beaucoup plus sûre à transporter et à manipuler, l'explosion nécessitant l'usage d'un détonateur. Il fait breveter cette invention le , sous le nom de dynamite et l'utilise pour la première fois dans une carrière à Redhill, en Angleterre (Surrey).

Alfred Nobel réside à Paris à partir de 1875. En 1876, il apprend à connaître une jeune femme de dix ans sa cadette, Bertha von Suttner, qui lui a servi de secrétaire pendant deux semaines. Il entretiendra une correspondance avec la future pacifiste. En 1881, il acquiert l'ancien château de Sevran en Seine-et-Oise (actuellement Seine-Saint-Denis).

Le 8 mars 1881, il acquiert le château dit « La Maison du Fayet », une maison caractéristique du XVIIIe siècle. Cette propriété historique à Sevran était consacrée par Nobel, pour ses recherches sur la dynamite-gomme qui est utilisée dans les travaux sous-marins. Sevran était à l’époque un village de 500 habitants, qui abritait « d’éminents pyrotechniciens qui pratiquent leurs recherches dans les bâtiments de la poudrerie nationale »[3]. Son laboratoire, construit pour ses expériences fut situé derrière la maison. Sa « Balistite » à savoir, la poudre sans fumée, pour laquelle il a travaillé avec acharnement, a été mise au point secrètement par la Poudrerie nationale. De ce fait, Nobel ne pouvait plus entrer dans le marché français et par conséquent, il tenta de se diriger vers l’Italie, ce qui créa un effet de soupçon et d’inquiétude à son sujet vu que l'Italie fut l’alliée des ennemies de la France, l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne. Sa propriété fut achetée par la commune de Sevran en 1892. Celle-ci fut transformée en mairie et en logements de fonction pour les instituteurs, alors que ses ateliers étaient devenus une école.

Dans son laboratoire français, il invente accidentellement (là encore par hasard et sérendipité) un nouvel explosif plus pratique d'emploi que la dynamite. Composée de nitroglycérine (93 %) et de collodion (7 %), la « dynamite extra Nobel » (brevet de 1875) ou gelignite (blasting gelatin) n'est autre que la dynamite gomme ou dynamite plastique (à ne pas confondre avec le plastic qui est un mélange d'hexogène et/ou de penthrite avec une huile et un plastifiant).

C'est la publication erronée par un journal français d'une nécrologie prématurée, condamnant son invention de la dynamite, en 1888 qui le décide à laisser une meilleure image de lui au monde après sa mort. La nécrologie affirmait ainsi : « Le marchand de la mort est mort. Le Dr Alfred Nobel, qui fit fortune en trouvant le moyen de tuer plus de personnes plus rapidement que jamais auparavant, est mort hier[4],[5]. ».

En 1890, Alfred Nobel quitte la France pour s'installer dans sa villa située au bord de la Méditerranée, à Sanremo en Italie. Le — au Cercle suédois et norvégien de Paris, 242, rue de Rivoli, dans des locaux où son bureau est toujours conservé[6] — Nobel met un point final à son testament en léguant l'intégralité de sa fortune pour la création du prix Nobel, dans le but de récompenser chaque année des personnes ayant rendu service à l'humanité, permettant une amélioration ou un progrès considérable dans cinq disciplines différentes : paix et diplomatie, littérature, chimie, médecine et physique. La fortune qu'il laisse est de 31,5 millions de couronnes suédoises de l'époque, ce qui est estimé à 1,7 milliard de couronnes suédoises de 2013 (179 millions d'euros)[7].

Il meurt d'un accident vasculaire cérébral le à Sanremo et est enterré au Norra begravningsplatsen à Stockholm.

Un centenaire plus tard, une oeuvre du sculpteur sevranais Christian Kazan, intitulée "L’Élévation", a été érigée sur la place centrale de Sevran, le 14 Décembre 1996 en hommage à Alfred Nobel pour le centième anniversaire de sa mort. Elle fut inaugurée par Jacques Oudot, alors maire de Sevran, en présence de l'ambassadeur de Suède, du ministre délégué à la Ville et à l’Intégration Eric Raoult, et de nombreuses autres personnalités. Autour de la sculpture sont disposées cinq colonnes qui symbolisent les cinq prix Nobel et les cinq lettres du nom du savant. Mille messages de paix, rédigés par les écoliers sevranais, ont été déposés dans un coffre scellé au pied de la dite "Élévation"[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Orlando de Rudder et Dominique Chagnollaud (dir.), Alfred Nobel : 1833-1896, Paris, Denoël, , 254 p. (ISBN 978-2-207-24179-0, notice BnF no FRBNF36186416).
  • Tore Frängsmyr, Life and Philosophy of Alfred Nobel, The Nobel Foundation, 1996.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopédia Britannica
  2. a et b Frank Niedercorn, « L'histoire explosive de la dynamite », sur Les Échos.fr, (consulté le 24 mars 2016).
  3. MERILLE Michel, Sevran. Un Val du Pays-de-France, Pavillons-sous-Bois, Amarco Éditions, Ville de Sevran, (ISBN 9782950957146), p. 133-135
  4. Frederic Golden, « The worst and the brightest », sur time.com, Time Magazine, .
  5. « Alfred Nobel », Britannica.com, (consulté le 26 janvier 2014).
  6. http://www.cerclenorvegien.com/francais/historique/nobel.html
  7. « Alfred Nobel : une invention explosive et des prix révolutionnaires », sur http://geopolis.francetvinfo.fr, Géopolis, .
  8. « Une sculpture dédiée à la PAIX », Journal de Sevran (Anciennement Sevran-Info),‎ janvier-février 1997, p. 11
  9. Madame Nobel, sur imdb.com, consulté le 14 mars 2015.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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