Alfred Dauvergne

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Alfred Dauvergne
Image illustrative de l'article Alfred Dauvergne
Médaillon représentant Alfred Dauvergne ; détail du monument funéraire érigé en sa mémoire en l'église Saint-André de Châteauroux (Indre).
Présentation
Nom de naissance Louis Henry Alfred Dauvergne
Naissance
Challans, Vendée
Décès
Le Pêchereau, Indre
Nationalité Drapeau de la France France
Activités architecture
Œuvre
Distinctions chevalier de la légion d'honneur

Alfred Dauvergne est un architecte français né le à Challans, Vendée, et mort le au Pêchereau. Il est enterré à Tendu[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Alfred Dauvergne entre à l'École des beaux-arts de Paris en octobre 1847. Il est élève, à Paris, de Guillaume Abel Blouet, architecte qui termina l'Arc de triomphe de l'Étoile. Il épouse en 1846 Radegonde Bordesol, dont le père est de Châteauroux et la mère est originaire d'Argenton. Le 1er juillet 1851, avant d'avoir 27 ans, il est nommé architecte départemental de l'Indre par arrêté préfectoral[3]. À cette date, il est déjà l’auteur d'un projet de palais de justice pour la ville de Châteauroux[2]. Le 1er février 1866, il est aussi nommé architecte de la ville de Châteauroux. En 1882, il se retire au domaine des Thibauds, dans la commune de Tendu, et laisse sa place à son fils l'architecte Henry Dauvergne. Son deuxième fils, Louis Dauvergne, également architecte, fait carrière en dehors du département de l’Indre.

Réalisations[modifier | modifier le code]

Alfred Dauvergne est l'architecte de la plupart des bâtiments publics et d'ouvrages importants qui participent encore à l'image de Châteauroux :

  • le Palais de justice (1855-1861),
  • la Manufacture des tabacs (1857), en collaboration avec F. Rolland qui devint directeur général des manufactures de l'État,
  • l'usine Balsan, à partir de 1857 et le château, dans les années suivantes,
  • l'extension, en 1864, de l'Hôtel de ville qui avait été réalisé par l'architecte Murison,
  • l'immeuble de l'avenue de la Gare dont la façade est ornée de blasons et qui fut le premier siège de la Chambre de commerce de l'Indre,
  • l'école Normale d'instituteurs, en 1870,
  • l'avant-projet de la caserne Bertrand en 1875,
  • l'église Saint-André entre 1870 et 1876,
  • l'église Notre-Dame, travaux d'agrandissements ; elle sera ouverte au culte en 1882,
  • et aussi la prison.

Il intervient aussi pour restaurer des bâtiments classés à Châteauroux :

  • à partir de 1879, il restaure le château Raoul, propriété du département. Cette restauration a été terminée en 1914 par son fils, Henry.

Par ailleurs, il intervient sur de nombreux bâtiments dans le département de l'Indre ainsi que dans le Cher :

Église Saint-André, Châteauroux (Indre).
  • entre 1852 et 1855, restauration de l'église du couvent des Récollets du Blanc, dédiée à Notre-Dame de l'Assomption,
  • il construit aussi une prison au Blanc,
  • à partir de 1857 il restaure et transforme l'église Saint-Génitour de l'ancien prieuré bénédictin du Blanc,
  • il construit la sous-préfecture d'Issoudun
  • au début des années 1860, Alfred Dauvergne travaille pour le marquis Taupinart de Tilière à moderniser le vieux château de Chazelet datant du XVe siècle. Le château était entouré de douves. Pour permettre d'atteindre plus facilement un puits, M. Taupinart demanda à l'architecte de concevoir un pont supplémentaire pour les franchir. L'architecte proposa de réaliser un pont métallique, mais le propriétaire choisit de le faire réaliser en ciment armé dont Joseph Monier venait de déposer un brevet d'invention. Monier vint donc en 1875 réaliser le premier pont en ciment armé jamais réalisé dans le parc du château de Chazelet, près de Saint-Benoît-du-Sault,
  • en 1861, il construit l'église Notre-Dame de Fontguenand,
  • en 1866, il reconstruit la chapelle Notre-Dame de Vaudouan à Briantes, sous le ministère de l'abbé Semelet,
  • en 1877 et 1878, il dirige des travaux de reconstruction de l'église Saint-Martin de Concremiers,
  • entre 1877 et 1880, il construit l'église, la mairie-école de garçons et l'école de filles puis le presbytère du village Sidiailles dans de Cher,
  • de 1880 à 1883, construction du palais de justice du Blanc dont Alfred Dauvergne avait les plans en 1868. Il construit également les palais de justice d'Issoudun et de La Châtre.
  • Il restaure le Château de Bouges[4].
  • À partir de 1870, il effectue d'importantes transformations du château de Bouges pour son propriétaire Henri Dufour[4].

Hommages[modifier | modifier le code]

Dans son état de services[5] rédigé en 1876, il fait le décompte de ses interventions dans les bâtiments civils et religieux. Il a « construit à neuf 31 églises ou grandes chapelles publiques, 24 presbytères (...) réparé, restauré ou agrandi 103 églises de l'Indre » (qui compte quelques 250 communes) ! Il est l'architecte privilégié de la famille Balsan; en plus de la manufacture, il fait aussi les plans de l'église de Lagamas, dans le Languedoc-Roussillon, village d'origine de la famille[2].

Un monument funéraire lui a été érigé par souscription dans l'église Saint-André de Châteauroux, son œuvre principale[6]. Sur sa tombe au cimetière de Tendu figurent deux médaillons représentant ses deux œuvres majeures, l'église gothique de Saint-André, et l'église romane Notre-Dame, toutes deux à Châteauroux[3].

Pour expliquer le succès d'Alfred Dauvergne et la quantité incroyable de constructions et rénovations qu'il a réalisées, on peut citer Marc du Pouget, directeur des Archives départementales de l’Indre[7], quand il parle du Second Empire comme une période de prospérité agricole et industrielle pour l'Indre :

« Un architecte sut répondre aux besoins des propriétaires qui voulaient restaurer ou reconstruire leur château, en suivant le nouveau goût néo-médiéval, avec en plus le confort des vastes baies, le chauffage et la salle de bains, dans la lignée du rationalisme de Viollet-le-Duc : Alfred Dauvergne, continué par son fils Henri. Jeune Vendéen ayant fait ses études d'architecture à Paris, fixé dans l’Indre par son mariage, architecte départemental à partir de 1851, il bénéficia du programme de travaux publics réalisés sous le Second Empire. Il fit de Châteauroux une capitale, avec ses églises, ses places, ses avenues, son palais de Justice. Ces succès (...) lui valurent de nombreuses commandes privées, attestées par ses archives. « Je ne suis pas surprise de voir d'honnêtes propriétaires de la Vallée Noire écorner fortement leur patrimoine pour mettre en œuvre un de vos dessins », s'exclama Solange Clésinger, châtelaine de Montgivray. (...) La fille de George Sand avait touché juste : là où l'architecte a obtenu les moyens, il a créé une œuvre de qualité. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. État civil du Pêchereau, année 1885.
  2. a, b et c Christine Méry-Barnabé, Célèbres en Berry : Les personnalités de l'Indre, Saint-Cyr-sur-Loire, Alain Sutton, , 256 p. (ISBN 2-84910-358-6), « Alfred Dauvergne », p. 122-124.
  3. a et b Marc du Pouget, « Le XIXe siècle : Les Dauvergne », dans Arnaud de Montigny (direction), À la découverte des églises de l'Indre, Éditions Patrimoines et Médias, (ISBN 978-2-910137-79-3), p. 30-31.
  4. a et b Vincent Cochet, Le Château de Bouges, Paris, Éditions du patrimoine, coll. Itinéraires du patrimoine, 2004, p. 20
  5. État de services, page 2 du dossier pour l'obtention de la légion d'honneur.
  6. Les architectes élèves de l'École des Beaux-Arts, 1793-1907, E. Delaire, 1907.
  7. Armelle Querrien, Annie Cospérec et Marc du Pouget, « Introduction », dans Association Promotion Patrimoine (France), Château, manoirs et logis : L'Indre, Chaudray, Éditions Patrimoines & Médias, (ISBN 2-910137-32-5), p. 7-16.